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Dossiers

Introduction à la série

Les épisodes de la saison 1

Les épisodes de la saison 2

Les épisodes de la saison 3

Les épisodes de la saison 4

Les épisodes de la saison 5

Les épisodes de la saison 6

Les Episodes de la saison 7

A signaler d'emblée que tous ces textes devraient être garantis sans importants spoilers.

  • 7.01- The Saddle Warmer
  • Réalisation : Charles S. Dubin
  • Scénario : Robert Van Scoyk
  • Guest stars : Tom Skerritt, Ralph Bellamy & David Hartman
  • Première diffusion 18/09/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 6/10

Le Pitch : David Sutton (David Hartman) vagabonde de ville en ville à la recherche de petits boulots. Faisant une halte dans une ferme pour étancher sa soif, il tombe sur une femme au comportement assez étrange et qui lui demande de l’emmener avec lui. Mais David est chassé par le propriétaire des lieux, un vieil homme peu commode. Il se retrouve à Medicine Bow où, embauché au saloon, il est la cause involontaire d’un accident au cours duquel Trampas est privé quelques semaines de l’usage de ses jambes. En compensation, David vient demander à Shiloh de remplacer bénévolement Trampas le temps qu’il se rétablisse…

Mon avis : Nouveau générique et nouvel arrivant pour cette septième saison en la personne du comédien David Hartman dont la carrière fut assez courte puisqu’il ne tourna que dans 4 films (dont Le Ranch de l’injustice – The Ballad of Josie de Andrew V. McLaglen aux côtés de Doris Day) puis quelques séries avec notamment parmi elles de 1969 à 1973 The Bold Ones: The New Doctors au sein de laquelle il tenait le rôle principal. Il se tourna ensuite vers le journalisme et présenta Good Morning America de 1975 à 1987. Il ne sera à l’affiche du Virginien que durant cette seule saison, remplaçant en quelque sorte le départ de Don Quine. L’épisode tient avant tout sur ses épaules et il faut avouer qu’il s’avère aussi convaincant que sympathique dans la peau de David Sutton, vagabond orphelin de tempérament doux et optimiste allant de ville en ville pour effectuer de petits boulots et qui finit par atterrir à Shiloh après quelques déboires. Mais avant d’en revenir à cet épisode, rappelons – car son visage ne nous semblait pas inconnu - que nous avions découvert David Hartman dans le sixième épisode de la saison précédente et qu’il nous avait déjà tapé dans l’œil. Il s’agissait du formidable The Masquerade réalisé par Don McDougall dans lequel il interprétait avec un immense talent un modeste employé de banque devant se faire passer quelques jours pour le shérif d’une petite ville le temps que son père, qui vient rapidement lui rendre visite, puisse continuer à en être fier.

Quelques mots rapides sur ce tout nouveau générique toujours bercé par le même thème musical de Percy Faith mais réorchestré avec plus de rythmique et de basse ; non seulement David Hartman s’y invite mais également - hormis John McIntire statique -, toujours caracolant à cheval et venant vers le spectateur, nos personnages récurrents traversent un paysage un peu différent, plus arboré et ombragé, un beau sourire de James Drury venant y mettre fin. On se rend alors également compte du temps qui est passé car par rapport au premier générique seuls Trampas et Le Virginien ont pour l'instant résisté aux sept saisons de la série. The Saddle Warmer qui ouvre cette nouvelle saison de 26 épisodes ne fait pas d’étincelles malgré un départ prometteur mais reste cependant tout à fait honorable malgré une seconde partie assez décevante, le fautif en étant principalement le scénariste Robert Van Scoyk qui ne renouvelle pas le superbe travail d’écriture qu’il nous avait démontré peu de temps avant sur l’excellent The Good-Hearted Badman avec un inoubliable Pete Duel. Ici l’auteur mise sur deux tableaux qui ont parfois du mal à bien se coupler et s’harmoniser. Le premier c’est celui de l’arrivée d’un nouveau personnage récurrent au sein de la série, David Sutton interprété par David Hartman ; le second c’est l’histoire de Saranora, une jeune femme qui semble perturbée par un passé oppressant et qui fait tout pour fuir la maison familiale dont les autres occupants sont un vieil homme peu aimable dont on en sait pas immédiatement s’il s’agit de son tuteur ou de son père (Ralph Bellamy), ainsi que son homme de main libidineux qui la harcèle sans cesse (excellent Tom Skerritt, petit habitué de la série) et qui ne perd pas une occasion pour tenter de lui voler un baiser.

Il faut dire qu’au premier abord le comportement de Saranora parait être tout à la fois celui d'une personne très naïve mais également celui d’une nymphomane, notamment lors de la première séquence qui voit David Sutton atterrir dans la ferme où elle est seule à cette heure. Alors qu’il demande juste à étancher sa soif, Saranora se fait aguichante et pressante mais finit par lui faire comprendre qu’elle aimerait qu’il l’emmène loin d’ici. Cette ambiguïté énigmatique du personnage féminin renforcée par le jeu tout à fait digne de l’actrice Quentin Dean (on la verra dans le très bon Will Penny de Tom Gries) fait une partie de la qualité de la première partie de cet épisode alors extrêmement encourageant d’autant que le personnage de David Sutton s’avère tout autant intrigant/attachant, espèce de vagabond dégingandé toujours de bonne humeur et débordant d’humanité qui, après avoir provoqué un accident ayant couté une jambe cassée à Trampas, vient à Shiloh se proposer de le remplacer bénévolement le temps qu’il se rétablisse et malgré son inexpérience pour le métier. Indépendamment les unes des autres, les deux intrigues se tiennent plutôt bien et s’avèrent toutes deux aussi intéressantes, mais le bât blesse dès qu’elles reviennent à se côtoyer à partir du moment où Saranora s’échappe de chez elle et vient se réfugier auprès de David à Shiloh ; et voilà son 'père' parti à sa recherche, se jurant cette fois ci d'abattre l'homme avec qui elle s'est enfui afin de lui faire comprendre qu'il y en a maintenant assez de ses multiples fugues. L’ambigüité de départ se transforme alors parfois en mièvrerie – à l’image de la musique de Pat Williams, tour à tour joliment romantique puis sirupeuse -, l'espèce de folie de Saranora sombrant souvent dans la psychanalyse de bazar avec ces séquences bavardes et un peu pesantes rassemblant nos deux protagonistes dans une cabane abandonnée où apparaissent poupées en bois et fantômes du passé de manière lourdement symboliques ; jusqu’à une séquence sur la fin péniblement moralisatrice, David faisant la leçon au père de la jeune fille comme s’il s’agissait d’un petit enfant.

Sinon, tout ce qui tourne autour de David comme nouvel employé au ranch de Shiloh est plutôt bien vu et notamment sa formation de cow-boy ainsi que la rivalité qui l’oppose avec l’un d’entre eux qu’interprète Chris Robinson qui nous avait néanmoins habitué à des performances bien plus mémorables au sein même de la série. Belle relation qui se tisse aussi entre David et Elisabeth - l’actrice Sara Lane n’ayant jamais semblé aussi jolie que dans cet épisode -, cette dernière ayant insisté pour faire embaucher ce vagabond qu’elle a immédiatement trouvé très amical ; également entre David et Trampas qui vont semble-t-il devenir les meilleurs amis du monde tout au long de la saison. Sinon la réalisation de Charles S. Dubin se révèle tout à fait correcte – à l’exception de quelques idées bien maladroites comme ces flash-back floutés – et nous propose quelques belles séquences en extérieur comme la poursuite des mustangs sauvages même s’il est évident que de nombreux plans proviennent de stock-shots d’anciens westerns Universal. Pour un épisode d’exposition à la saison servant surtout de présentation du nouveau venu dans l’équipe du Virginien, The Saddle Warmer est plutôt sympathique à l’image de son dernier invité récurrent ; dramatiquement parlant avec notamment cette histoire de famille aux relations plutôt difficiles, c’est un peu moins convaincant mais l'ensemble reste néanmoins tout à fait regardable. Pour les amateurs de folk irlandais, notons la présence du groupe The Irish Rovers qui nous interprète pas moins de deux chansons très dynamiques Come In et Don't Mind if I Do. Espérons quand même que la saison saura par la suite nous captiver un peu plus !

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  • 7.02- Silver Images
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Don Tait
  • Guest stars : William Smith
  • Première diffusion 25/09/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 5/10

Le Pitch : Le photographe Dan Sheppard (James Daly) arrive à Medicine Bow à bord de son 'wagon-studio' privé pour prendre des clichés de ‘l’Ouest véritable’. Il a été invité à Shiloh pour suivre les cowboys dans leur vie quotidienne et leur travail journalier. Pendant ce temps son fils reste à bord du wagon pour faire des portraits studio des habitants qui le souhaitent. Il reçoit la visite de Della (Geraldine Brooks), voisine des Grainger, les deux ranchs étant actuellement en conflit car la jeune femme voudrait bien vendre ses terrains à un prospecteur de pétrole, ce qui dans un proche avenir pourrait polluer les points d’eau pour le bétail…

Mon avis : A quelques très rares exceptions, le personnage du photographe a rarement été mis en avant au sein du western ; sous les traits de James Daly il trouve cependant dans cet épisode une place de choix (malheureusement assez mal exploitée par les auteurs). Dans son wagon-studio, il sillonne les États-Unis afin de prendre des clichés et lorsqu’il arrive à Medicine Bow il est invité quelques jours par Grainger à Shiloh pour y capter sans embellissement le travail journalier des cow-boys : "I want to show the men working. When people look at my photographs, I want them to be able to smell the smoke of a branding fire, taste the grit of the dust in their teeth. I want to photograph the feel of things like those 40-below mornings you get out here!" Tout au long de cette histoire nous verrons à travers des images fixes en noir et blanc les photographies prises par Dan Sheppard de tous nos héros dans leurs différentes situations quotidiennes, au travail comme dans leurs vies privées. Dan voyage avec son fils d’une vingtaine d’années qui, pendant lui photographie les ‘scènes’ extérieures, est chargé de faire des portraits des habitants de Medicine Bow qui en font la demande, à l’intérieur du wagon où plusieurs fonds de décors sont proposés. Il fait ainsi la connaissance d’une certaine Dellia devenue récemment veuve et qui voulant désormais vivre autre chose et ailleurs a décidé de vendre sa propriété et ses terres. Seulement le potentiel acheteur qui lui fait la meilleure proposition n’est autre qu’un prospecteur pétrolier qui a déjà une installation pas très loin d'ici et qui pollue déjà l’eau alentour.

C’est d’ailleurs ainsi que débute l’épisode avec Le Virginien chevauchant pas très loin des puits en marche et découvrant l’eau de la rivière noircie par cet or noir. Avec les autres ranchers du coin, il voudrait décider Dellia par une offre intéressante à leur vendre ses terres plutôt qu’au spéculateur pétrolier. Une phrase du Virginien nous fait comprendre qu’il n’est pas nécessairement réactionnaire et opposé au progrès – il l’avait déjà prouvé à nombreuses reprises – et qu’il faut apprendre à vivre avec s’il est ‘légitime’ mais à condition donc que ce dernier n’ait pas de retombées négatives sur le travail des autres : "there's room for cattle and oil if it's developed right". En revanche je doute que certains trouvent l’intendant de Shiloh si progressiste lorsqu’il aura cette réplique qui de nos jours en fera bondir beaucoup : "being a woman is one thing. Doing business like a man is another." Mais passons et ne nous offusquons pas pour si peu ! Autre temps, autres mœurs : ça représentait probablement tout à fait ce qui se pensait majoritairement à la fin du 19ème siècle aux USA et d’ailleurs aussi encore bien plus récemment. Mais revenons-en à notre récit ! Comment raccrocher cette histoire de photographe et cette autre de veuve devant se séparer de ses propriétés au profit d’un homme qui risque de polluer cette région de bétail ? Trouvaille aussi facile qu'improbable : lorsque Dan regarde les portraits que son fils a fait alors qu’il était en train de photographier les cow-boys il reconnait en Dellia son amour d'enfance ainsi que la femme avec qui il avait failli se marier plusieurs années auparavant.

Voilà les deux intrigues reliées ; seulement, comme c’était déjà le cas concernant le précédent épisode, là où le bât blesse principalement c’est dans l’écriture un peu laborieuse pour lier avec harmonie les deux, l’histoire de Joel Rogosin ayant beau être intéressante, ce qu’en retire le scénariste Don Tait n’est franchement pas très fluide et du coup assez moyennement captivant. Même si Don McDougall emballe le tout avec son talent habituel, il ne parvient pas à rehausser le travail médiocre du scénariste Don Tait - qui travaillera dans les années 70 principalement pour les studios Disney et ses films non animés – dont l’écriture manque en effet sacrément de conviction et de mordant comme c’était déjà le cas concernant ses quatre précédentes participations au Virginien, Two Men Named Laredo, Ride to Delphi, Star Crossed et récemment The Gentle Tamers, quatre épisodes pourtant eux aussi grandement appréciés par les amateurs de la série. Pour ma part, il s’agit là une fois encore d’un épisode fort décevant voire très moyen par son incapacité à nous captiver pour un récit qui avait pourtant au départ toute les chances d’être passionnant. Un autre paramètre vient renforcer ce manque de passion qui anime le tout, le choix pas très heureux de comédiens vraiment peu convaincants, que ce soit James Daly – bien meilleur en inquiétant en sergent de l'US Army dans l’excellent Nightmare at Fort Killman - mais plus encore Geraldine Brooks – déjà présente dans la saison 1 dans Duel at Shiloh, l’épisode-remake de Man without a Star de King Vidor - que la direction d’acteurs habituellement implacable de McDougall ne parvient pourtant pas à nous rendre satisfaisante. Étant les deux interprètes principaux de cette histoire, il est évident que leur jeu participe à la déception d’ensemble, la romance qui va voir le jour entre les deux personnages allant s’avérer plus mièvre qu’émouvante, celle allant naitre entre Elizabeth et le fils de Dan se révélant elle totalement transparente.

Difficile harmonisation de plusieurs pistes dramatiques, comédiens pas très concluants… reste une mise en scène tout à fait correcte avec quelques nouveaux lieux de tournage et quelques effets très efficaces comme celui de l’incendie du puits, toute une partie de l’histoire vraiment sympathique et notamment tout ce qui tourne autour de la photographie et des conditions de travail des cow-boys. On appréciera également la prestation de William Smith dans le rôle de l’homme cruel et vicieux qui travaille en sous-main pour le prospecteur pétrolier mais qui est en fait le régisseur de Dellia qu’il tente de courtiser afin de lui faire vendre sa propriété ‘objet de toutes les convoitises’ à ‘la bonne personne’. Ce n'est pas encore avec ce Silver Images que la saison 7 se met réellement à décoller mais il ne fait aucun doute que ça ne saurait tarder !

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  • 7.03- The Orchard
  • Réalisation : James Sheldon
  • Scénario : Andy Lewis
  • Guest stars : Burgess Meredith, Brandon De Wilde & Ben Murphy
  • Première diffusion 02/10/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7.5/10

Le Pitch : Tim (Burgess Meredith), gros rancher texan, a été ruiné et il est revenu tenter sa chance près de Medicine Bow. Cet ancien associé de Clay, même s’il a déjà de fortes dettes à lui rembourser, lui demande encore de l’aide financière pour pouvoir redémarrer un élevage. Le propriétaire de Shiloh qui estime lui être redevable de sa réussite et qui a déjà embauché l’ainé de ses deux fils n’hésite pas même s’il est actuellement perturbé par des voleurs de bétail. Le cadet dont la femme est enceinte pense qu’ils feraient mieux de se lancer dans l’agriculture plutôt que de s’occuper de troupeaux et se heurte à ce propos avec son frère et son père…

Mon avis : L’expression ‘jamais deux sans trois’ ne fonctionne décidément et heureusement pas concernant le nombre d’épisodes consécutifs du Virginien moyennement convaincants. Et du coup après un démarrage un peu mou, la saison 7 nous propose enfin pour son troisième essai un excellent millésime sauf que David Hartman n’est toujours pas revenu en scène depuis que l’on a fait connaissance avec cette nouvelle recrue au tout premier épisode. A propos de The Good-hearted Badman au cours de la saison précédente, j’écrivais à peu de choses près que savoir James Sheldon derrière la caméra pour encore six épisodes assez rapprochés dans le temps me réjouissait par avance. Il confirme à nouveau cette confiance que l'on peut avoir en lui, remplaçant en quelque sorte Don McDougall qui fut durant six saisons le réalisateur le plus satisfaisant de la série. On pourrait ainsi brièvement résumer les plus grandes qualités de cet homme qui aura fait sa carrière entière à la télévision : une astucieuse utilisation des ellipses, une belle gestion du suspense, une mise en scène de qualité et une grande rigueur de l'ensemble. Aidé par le duo de scénaristes qui avait déjà signé Bitter Autumn, l’épisode qui nous présentait le couple Clay et Holly Grainger, James Sheldon réalise une fiction non seulement très bien ficelée mais également très mature et intelligente, témoin avant tout la longue séquence qui réunit le couple joué par John McIntire et Jeanette Nolan : la femme pragmatique, psychologue et remarquablement lucide nous démontre par ces qualités avoir un ascendant sur son époux qui ne lui en veut absolument pas, l’amour que se portent les deux personnages – rappelons qu’il s’agissait également d’un couple à la ville – faisant partie des éléments qui font des épisodes les réunissant souvent de bons crus.

Avant de revenir sur cette scène en particulier, retournonss au début de l’histoire en affirmant néanmoins d’emblée que le casting a été superbement choisi et que la direction d’acteurs ne saurait souffrir ici d’aucun reproches, chacune des nombreuses Guest Star nous livrant de remarquables performances. L’épisode démarre sur les chapeaux de roue par une séquence de fusillade, un jeune homme se faisant tirer dessus par des voleurs de bétail. Il s’agit de Walt, le cadet de Tim Bradbury, ex-associé de Clay Granger alors qu’ils possédaient tous deux un ranch au Texas. Alors que Clay avait quitté son mentor pour créer son propre élevage dans le Wyoming, Tim avait été ruiné par la sécheresse et avait tout perdu. 20 ans plus tard, Tim est venu s’installer avec ses deux fils et sa bru sur des terres adjacentes à celles de Shiloh avec comme rêve totalement irréaliste de retrouver sa splendeur d’antan : "the Bradburys are cattlemen, not farmers peddling vegetables." Persuadé de lui être redevable de presque tout, Clay lui fait crédit de sommes considérables pour donner à Tim la chance de se relever. Seulement Tim est non seulement trop âgé et trop faible pour repartir de zéro mais son fils ainé Mike, cowboy à Shiloh, dilapide sa maigre paye au jeu et doit de l’argent à de nombreux cow-boys alors que Walt, son cadet, sur le point d’être père, n'imagine pas une seule seconde qu’ils pourraient réussir à faire fortune dans l’élevage ; il croit au contraire dur comme fer à l’avenir de l’agriculture d’autant que le verger qu’ils possèdent pourrait aisément se transformer en terre de culture. Seulement, le verger - titre de l’épisode assez bien trouvé et au sein duquel se déroulera la très belle conclusion du récit - est un peu le symbole pour Tim de sa grandeur passée puisqu’il se souvient des pommiers en fleurs qui paraient le devant de son ranch. Il refuse ainsi que Walt se débarrasse des arbres même s’ils sont pour la plupart mourants. Walt a tellement les pieds sur terre qu’alors que son père est sur le point d’aller trouver Clay pour prolonger sa dette afin de s’acheter un taureau, il demande à ce dernier de ne pas lui accorder cette faveur, sachant pertinemment qu’ils ne seraient jamais solvables et que ‘ce serait reculer pour mieux sauter’. Clay, tout à son amitié pour son ancien partenaire, trouve Walt peu respectueux pour son père, estime même que par cette requête il le trahit en quelque sorte.

Nous allons donc assister à quelques rivalités familiales, Walt voyant d’un mauvais œil les projets chimériques de son père et ne supportant plus les incartades de son frère qui va même se voir entrainé malgré lui dans le vol de bétail. Encore plus captivant, l’avis qu’à Holly sur le fait que son époux continue à céder à tous les caprices de son ancien associé de qui il se sent redevable en lui prêtant de l’argent à chaque fois qu’il lui en demande. D’un côté elle le vénère d’être un homme aussi charitable, respectueux et reconnaissant mais lui fait comprendre que ce n’est finalement peut-être pas ce qui pourra le mieux aider son ami. Elle lui offre par la même occasion une petite séquence de psychanalyse en lui faisant comprendre que ses gestes altruistes et son aide désintéressée pourraient inconsciemment cacher une certaine vanité de se sentir à son tour ‘The Big Man’, un certain sentiment de supériorité après qu’il ait tout appris de Tim. Une scène brillamment dialoguée et interprétée qui fait comprendre à quel point la série initiée par Charles Marquis Warren pouvait être adulte et mature contrairement à des séries 'westerniennes' plus légères telles Bonanza par exemple, pour ne citer que l’autre plus célèbre de l’époque. Filmé au sein de superbes décors naturels encore jamais côtoyés - comme l’endroit où se situe la ferme des Bradbury au centre d’une plaine très étendue où le regard peut s’étendre à perte de vue -, The Orchard ne manque pas d'efficaces séquences d’actions ainsi que de bagarres parmi les plus sèches et teigneuses de la série, notamment celle très courte mais chorégraphiée par des cascadeurs sacrément chevronnés qui dans l’histoire oppose Walt et Chick, le chef de bande des voleurs de bétail, l’homme qui a réussi à entrainer son frère ainé sur la mauvaise pente, cause du pugilat musclé qui se déroule sous nos yeux, impressionnés que nous sommes par une telle violence au sein d’une série dite familiale. Nous n’oublierons pas non plus la fusillade finale superbement mise en scène.

Mais qui sont ces excellents comédiens invités par la production le temps de cet épisode et qui auront permis de nous rendre très crédibles tous ces personnages pour la plupart attachants et d'une grande richesse d'écriture ? Le père c’est Burgess Meredith, surtout connu pour avoir été Mickey, le vieil entraineur de Stallone dans la série des Rocky ; son fils ainé est interprété par un formidable Ben Murphy qui fût déjà très récemment Guest Star d’un des épisodes précédents, comédien surtout apprécié des cinquantenaires pour avoir été Gemini man, le nouvel homme invisible durant les années 70 à la télévision ; le cadet n’est autre qu’un petit habitué de la série, Brandon De Wilde, surtout connu pour avoir été le jeune ‘groupie’ de Shane dans L’Homme des vallées perdues de George Stevens et que j’ai toujours trouvé très juste et notamment dans cet épisode où il se révèle remarquable de sobriété. N'oublions pas non plus la douce Tyne Daly dans le rôle de la jeune épouse de Walt ainsi que William Windom dans celui du vicieux chef des ‘rustlers’, ce dernier ayant une scène d’une formidable tension et d'une puissante montée dramatique avec Ben Murphy lorsqu’il essaie d’attirer ce dernier dans ses filets. Un superbe épisode tournant autour de tout un tas de thèmes passionnants et questionnant la fierté, l’ambition, la culpabilité, le prix de l’amitié et de la reconnaissance, les ‘conflits’ entre rêve et réalité... Riche, profond, émouvant et captivant !

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  • 7.04- A Vision of Blindness
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Gerald Sanford & James Menzies
  • Guest stars : John Saxon & Ben Johnson
  • Première diffusion 09/10/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 4/10

Le Pitch : Trampas s’est rendu à Hanna avec Elizabeth ; alors qu’il doit récupérer du matériel pour Shiloh, la jeune fille fait des emplettes. Trampas étant retardé, Elizabeth décide de rentrer seule par la diligence. Mais l’une de ses roues casse et la voiture tombe dans un ravin. Tous les passagers et le conducteur sont tués sauf Elizabeth que le choc a rendue aveugle. Elle est recueillie par Ben (John Saxon) qui suivait la diligence, espérant lors de son prochain arrêt tuer par vengeance Trampas qu’il pensait à bord ; en effet ce dernier avait autrefois accidentellement tué son frère en plein cambriolage d’une banque…

Mon avis : Après le formidable The Orchard, la série rétropédale et nous déçoit à nouveau beaucoup en nous proposant un mélodrame assez ennuyeux et souvent bien trop mièvre comme c'est malheureusement souvent le cas en ce qui concerne la majorité des histoires avec handicaps, ici la cécité. Les premières séquences laissaient pourtant présager un bon millésime avec notamment la présentation de deux bandits assez inquiétants interprétés par John Saxon et surtout Ben Johnson, tous deux déjà invités à quelques reprises au sein de la série. Ben Johnson que l’on ne présente plus, aussi inoubliable chez Ford que Peckinpah, jouait dans Johnny Moon de Abner Biberman un chef de ce groupe charismatique tandis que son partenaire s'était avéré mémorable dans The Modoc Kid, lui aussi signé Biberman, en interprétant l’un des bad guys les plus inquiétants depuis les débuts de la série, un bandit sans absolument aucune conscience. Mais avant ça, au cinéma il fut l’intrigant Johnny Portugal dans Le Vent de la plaine (The Unforgiven) de John Huston ; puis, dans L’Homme de la sierra (The Appalossa) de Sidney J. Furie, pour faire face à Marlon Brando et contraster avec l’interprétation toute en intériorité de ce dernier, les auteurs auront eu la bonne idée de faire appel à lui qui nous offrait à cette occasion une prestation bien plus extravertie et presque tout aussi mémorable dans la peau du rancher cruel et sadique. Dans Les Cavaliers de l’enfer (Posse From Hell) de Herbert Coleman, il vola même la vedette à Audie Murphy. Disons-le d’emblée, même s’il se révèle loin d'être mauvais dans l’épisode qui nous concerne, rien ne nous fera néanmoins nous souvenir de son interprétation d'un outlaw voulant venger la mort de son frère.

Le début de l’épisode se déroule dans la petite ville de Hanna où se sont rendus Trampas et Elizabeth, le premier pour acheter du matériel destiné à Shiloh, la seconde en profitant pour faire du 'shopping'. Alors qu’il entre au saloon pour se désaltérer, Trampas est remarqué par deux hommes attablés, Ben (John Saxon) et Jed (Ben Johnson). Immédiatement on apprend de quoi il en retourne : il y a cinq ans en arrière, ces deux bandits plus le frère Ben ont échoué dans le cambriolage d’une banque à cause de l’arrivée de Trampas qui s’est retrouvé en ces lieux par hasard et qui dans la débandade a tué l’un des trois voleurs. Les deux autres ont fait cinq ans de cellule et Ben, ardemment poussé par son compère, n’a eu de cesse durant son emprisonnement de penser à la vendetta qu’il déclencherait à sa sortie. Ben attend donc le moment propice pour venger son cadet et voilà qu’il se présente : il attend que Trampas s'installe à bord de la diligence pour Medicine Bow pour pouvoir le descendre sans difficultés. Jed s'attardera tranquillement sur place en attendant le retour de son acolyte après qu'il ait réussi son coup pour dévaliser avec lui la banque de la petite ville où ils ont atterri. Voyant Elizabeth monter dans la diligence, Ben décide donc de suivre la voiture et d’attendre un de ses nombreux arrêts pour mettre à éxécution ses représailles. Ce qu’il n’a cependant pas remarqué c'est que Trampas n’est pas du voyage, ayant décidé de rester quelques jours de plus à Hanna car les pièces qu’il attendait ne sont pas encore arrivées. Ben assiste à l’accident de la voiture qui a cassé une de ses roues et qui est tombée dans un ravin. Seule survivante de cette tragédie, Elizabeth que le choc a par contre rendu aveugle.

Sachant qu’elle se rend à Medicine Bow et ayant appris l’absence parmi les victimes de l’homme qu’il voulait tuer, Ben décide de raccompagner la jeune fille en espérant ainsi retrouver Trampas. Sauf qu’ils se perdent dans la montagne et sont sur le point de succomber au froid et à la faim lorsque le Virginien et David les retrouvent au tout dernier moment. Il s’agit donc là de la deuxième participation de David Hartman à la série ; certes toujours sympathique mais guère inoubliable ici, la faute en incombant principalement aux auteurs qui ne lui ont pas vraiment donné l'occasion de s'exprimer et de montrer l'étendue de ses talents, les deux scénaristes n'ayant malheureusement pas accordé beaucoup d’importance à son personnage. Et nous voilà revenus à Shiloh après quelques séquences joliment photographiées, tournées en grandioses décors naturels à Los Padres National Forest ; séquences néanmoins un peu trop bavardes et en partie gâchées par l’interprétation de Sara Lane qui ne sait pas quoi faire de sa cécité ainsi que par des plans en studios totalement ratés et peu raccords avec le reste comme ceux de la chute de Elizabeth qui se raccroche in extremis à une branche. Au ranch, alors que Trampas n’est pas encore de retour, on va assister à une romance qui va se mettre en place entre Ben et Elizabeth ; histoire d’amour sans grande passion et assez mièvre qui permettra néanmoins aux plus fleurs bleues d’entre nous d’être témoins du premier baiser de la nièce des Grainger. Rien de spécialement marquant durant toute cette longue partie centrale, un regain d'intérêt se faisant sentir dès que Ben Johnson refait son apparition pour tenter de contraindre son associé d’escamoter l’argent qui pourrait se trouver à Shiloh, et se poursuivant jusqu’au règlement de comptes final attendu mais assez efficace.

A signaler pour les amateurs de folk que le groupe Irish Rovers leur aura gratifié d’une chanson (Fare Thee Well, My Darlin') que l'on peut entendre durant la fête donnée en l’honneur de Elizabeth que tout le monde prend en pitié à cause de son nouvel handicap ; mais dans l’ensemble le duo Gerald Sanford & James Menzies (ce cernier pourtant auteur du superbe The Death Wagon) ne nous aura guère captivé, le fait que Elizabeth retrouve miraculeusement et instantanément la vue ne nous ayant pas non plus semblé très crédible. Quelques apparitions du Virginien qui comme David n’aura pas eu grand-chose à faire, quelques beaux paysages bien photographiés, une bonne interprétation des deux Guest Stars que sont John Saxon et Ben Johnson, une touchante image finale… pas spécialement honteux mais quand même bien pauvre dans l’ensemble !

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  • 7.05- The Wind of Outrage
  • Réalisation : James Sheldon
  • Scénario : Alvin Sapinsley
  • Guest stars : Ricardo Montalban
  • Première diffusion 16/10/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7.5/10

Le Pitch : Trampas et le Virginien se sont rendus pour affaires non loin de la frontière canadienne. Pour attendre l’homme qui leur doit de l’argent, ils font une halte dans une auberge tenue par un canadien (Ricardo Montalban). En sa fiancée, Trampas reconnait une femme qui l’a jadis escroqué ; mais à sa pressante demande il n’en dit rien à son futur époux. Quatre trappeurs viennent eux aussi faire une pause en ces lieux. Comme le patron de l’établissement, ce sont en fait des rebelles au gouvernement en place au canada ; persuadés que nos deux hommes de Shiloh sont des chasseurs de primes payés pour les arrêter, ils les emprisonnent…

Mon avis : Après The Orchard peu de temps avant, James Sheldon confirme à nouveau cette totale confiance que l'on peut avoir en lui, faisant figure de remarquable remplaçant de Don McDougall qui fut durant six saisons le réalisateur le plus constant et doué de la série. On pourrait ainsi de nouveau brièvement résumer les plus grandes qualités de Sheldon qui aura fait sa carrière entière sur la petite lucarne : une astucieuse utilisation des ellipses, une attention toute particulière portée aux paysages et à la photographie, une belle gestion du suspense, une mise en scène globalement de qualité et une grande rigueur de l'ensemble. A propos de la photographie, rarement nous n’avions vu au cours de la série des nuits américaines aussi réussies et il faut mentionner de nouveaux lieux de tournage particulièrement bien mis en valeur et notamment ce lac magnifique d’où repartent au final les métis ‘héros’ de cette histoire qui ont décidé de reprendre le combat contre le gouvernement canadien qui leur a menti et qui les a spoliés. Ce fait historique vous rappelle peut-être un épisode antérieur et vous auriez raison ; il s’agit du splendide et puissant Harvest of Strangers qui mettait déjà sur le devant de la scène ces canadiens au sang mêlé français et indiens Crees qui vivaient sur la baie d’Hudson depuis longtemps mais qui dès 1867 se font fait déposséder de leurs terres par la confédération canadienne du gouverneur William McDougall, ce dernier devant alors faire face à une rébellion légitime due à l'opposition des colons encore majoritairement francophones qui n’avaient pas été consultés quant à l’annexion de ce qui deviendra la province de Manitoba, étant depuis ce jour considérés et traités plus mal que des chiens. Les Métis s’organisèrent alors pour reconquérir leurs droits ainsi que les terres qui leur avaient été confisquées.

Dans Harvest of Strangers de Paul Stanley (le meilleur épisode de la série à ce jour) un petit groupe de métis - comme ils se prénomment eux-mêmes avec fierté - arrivait à Medicine Bow pour y recevoir une somme conséquente destinée à combattre ceux qui les avaient dépossédé de leurs biens et accueillir celui qui avait été désigné comme leur chef. Sauf qu'ils ne voulaient pas ébruiter le but de leur visite, les espions canadiens étant déjà à leur recherche. Il en va de même dans The Wind of Courage, un groupe de quatre trappeurs arrivant à l’auberge tenue par un homme qui n’est autre que leur ancien leader à qui le gouvernement canadien avait promis d’accorder la liberté à son peuple à la seule condition que lui s’exile aux USA. Apprenant que les hommes politiques canadiens n’ont pas tenu leurs promesses, les métis veulent repartir au combat et viennent rechercher celui qu’ils considèrent comme le plus apte à les diriger. Ce dernier, Louis Boissevain, est interprété par l’excellent Ricardo Montalban qui nous avait déjà fait grande impression dans un des premiers épisodes de la série au ton bien plus léger, The Big Deal. Il est à nouveau parfait dans ce rôle bien plus sérieux de leader politique qui finira par décider de reprendre la lutte aux dépens de l’amour. En effet, exilé de l’autre côté de la frontière pour respecter l’accord qu’il avait passé avec le gouvernement, il a rencontré Suzanne dont il est tombé amoureux et dont il a fait sa fiancée ; il ne connait cependant pas le passé de cette jeune femme qui fût un temps - sans trop pouvoir faire autrement - complice d’un escroc qui n’était autre que son mari. Trampas en avait alors fait les frais (exactement comme dans l’assez récent épisode The Hell Wind dans la saison 6 où il expliquait déjà s'être fait voler tout l'argent qu'il possédait) et plus tard la jeune femme avait été non seulement emprisonnée mais également dans l’interdiction de revoir son tout jeune fils qui avait été placé dans une famille d’accueil. Elle narre son histoire tragique un soir à Trampas en lui disant instamment de ne rien en dire à son futur mari qui en concevrait non seulement de la colère mais aussi de la jalousie ; dans son intention de se faire épouser elle avoue qu’elle a surtout comme arrière-pensée de récupérer son enfant, ce qui ne l’empêche pas d’être sincèrement amoureuse de Louis dont elle ignorait de son côté qu’il fut ce célèbre leader politique.

Devant tant d’arguments convaincants, Trampas décide de rester muet ; peu de temps après il est fait prisonnier par les métis qui voient en lui un espion à la solde du Canada chargé de les faire tomber dans un piège. Il aurait été passé par les armes sans l'intervention de Boissevain qui avait juré ne plus jamais vouloir verser le sang, encore traumatisé par un lynchage qu'il avait autrefois ordonné. Quant au Virginien soupçonné lui aussi, il échappe de peu à l’enfermement en s’enfuyant à temps mais en restant dans les parages pour tenter de délivrer son ami. Bref, comme on peut le constater à la lecture de ces lignes cet épisode part sur plusieurs pistes toutes d’égale importance mais se révèle être au final un patchwork étonnement harmonieux constitué d’un arrière-plan historique passionnant, d’une réflexion sur la condition des métis et leurs revendications, d’une transaction politique et financière captivante car s’avérant être une vile machination qui met à mal l’éthique des institutions gouvernementales et des grosses sociétés et qui par ce fait s’avère toujours autant d’actualité, d’une histoire d’amour qui peut capoter d’un moment à l’autre si certains secrets venaient à être dévoilés, d’un suspense tendu quant au sort de nos deux héros pris pour des espions et qui pourraient être assassinés et enfin par de magnifiques séquences d’actions aérées, filmées au sein de paysages majestueux de forêts et de lacs. Un épisode très cinématographique dans sa mise en scène qui n’est pas avare de savoureuses idées comme cette auberge située au sein d’un fort abandonné, ainsi que très adulte dans son scénario aux superbes dialogues : en voici un exemple lors d’une séquence d’adieux bouleversante entre Ricardo Montalban et Lois Nettleton (déjà émouvante dans l’épisode Nobility of Kings) :
Louis : - “Have you ever, my darling, waked in the morning from a beautiful dream and tried to reach out, clutch, draw back those last disappearing wisps to keep the dream for a moment more but knowing all the time, it would never return.
Suzanne : - “Can't you dream the dream again?
Louis : - “Yes, but, in the end, you will always wake up again. It is better to live with memories than with dreams, far better. My memories will be the most beautiful. More than the most beautiful of dreams. I wish yours could be the same. Goodbye, my precious.

Pour l’anecdote, le Virginien porte une veste en cuir noir qui nous change un peu de son habituel vêtement rouge et noir et qui lui permet de mieux se faire discret la nuit alors qu’il est recherché par les trappeurs. Et comme à leur honorables habitudes, les auteurs de la série reviennent une fois de plus sur la deuxième chance accordée à chacun ; ici Louis Boissevain fait taire sa future épouse lorsqu’elle décide enfin de lui révéler les secrets pas très reluisants concernant son passé : "Whatever you have done in your life, you have made Louis Boissevain the happiest man that ever walked the earth. As long as there is a God in the sky, he will smile upon you for this. Goodbye, my dearest love, may our dreams meet in the days and nights ahead.” A chaque fois que la série a abordé des thématiques politiques en est sorti un épisode captivant ; c’est ici encore le cas d’autant que tous les comédiens sont magistralement dirigés à commencer par notre touchant couple de Guest Stars : régalez-vous !

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  • 7.06- Image of an Outlaw
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Joseph Hoffman
  • Guest stars : Don Stroud
  • Première diffusion 23/10/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 5/10

Le Pitch : Un cavalier se retrouvant face à face avec Rafe Judson (Don Stroud) prend peur, fait volte-face et se rend à Medicine Bow annoncer au shérif Abbott qu’il vient de croiser la route d’un tristement célèbre bandit qu’il a reconnu pour avoir récemment été victime d’une de ses attaques. L’homme de loi se rend donc à Shiloh arrêter ce cowboy pourtant sérieux et travailleur d’après les dires de Trampas et du Virginien. Rafe réussit facilement à s’innocenter et il est vite prouvé que le dangereux outlaw est un sosie de Rafe, ce dernier allant profiter de cette ressemblance pour s’accaparer l’argent dont il a besoin pour se mettre à son compte…

Mon avis : Don McDougall semble s’être un peu lassé depuis toutes ces années, montrant pas mal de signes de faiblesse depuis quelques épisodes alors qu’il avait été jusque-là le réalisateur le plus régulier et le plus convaincant de la série ; James Sheldon parait avoir les capacités de le remplacer de ce point de vue qualitatif. Quoiqu’il en soit, même s’il se laisse parfois aller à un peu trop de nonchalance technique et s’il cède parfois aux sirènes de la mode (abus de zooms avant et arrière…), son travail demeure tout à fait honorable et nous permet de suivre Image of an Outlaw sans trop s’ennuyer malgré un scénario vraiment peu crédible. L’épisode débute en plein air avec une séquence assez insolite, celle de la rencontre de deux hommes, l’un semblant reconnaitre l’autre avec frayeur, tournant immédiatement les talons et chevauchant ventre à terre jusqu’au bureau du shérif de Medicine Bow pour le prévenir être tombé nez à nez avec le bandit dont il venait d’être victime quelques jours auparavant lors de l’attaque d’une diligence. Ce qui nous surprend immédiatement est la réaction de l’homme censé être le hors-la-loi et qui parait encore plus étonné par le fait que le cavalier ait eu peur de lui comme s’il avait vu un fantôme. Il comprendra mieux ce réflexe lorsque quelques heures après on viendra l’arrêter et on lui présentera l’avis de recherche avec la tête d’un homme totalement identique à la sienne. Ayant un alibi en béton puisque se trouvant loin du lieu de l’attaque lorsqu’elle eut lieu, Trampas et le Virginien appuyant le fait puisqu’étant avec lui ce jour-là à marquer des bêtes, Rafe Judson comprend alors qu’il a un parfait sosie dans les parages.

Au début cette situation va le mettre dans l’embarras car certains resteront néanmoins méfiants malgré les preuves de son innocence et un chasseur de prime viendra même lui chercher des noises. Mais lorsqu’il constate que le banquier ne lui fait pas trop confiance pour un prêt alors qu’il a toujours économisé pour pouvoir s’acheter un petit lopin de terre, il va avoir dans l’idée de se servir du fait d’avoir un sosie mauvais garçon terré dans la région et de tirer avantage de cette confusion pour faire quelques coups tranquilles en sachant qu’il ne serait pas inquiété par la police qui fera endosser tous ses méfaits au véritable bandit. Difficile de croire à un tel revirement au vu de la description initiale des auteurs concernant Rafe ; certes il s’agit d’un homme qui, comme la plupart lorsqu’ils sont attirés par l’argent facile, pourrait commettre des actes répréhensibles ; de là à se transformer en un tueur au sang-froid, il n’y a pas qu’un petit pas mais un gouffre. Le thème est intéressant mais Don Stroud qui interprète donc les deux rôles a bien du mal à nous rendre tout ça très vraisemblable ; on l’a connu plus inspiré dans Paid in Full déjà réalisé par Don McDougall au début de la saison 6 où il interprétait le fils tout juste sorti de prison de James Whitmore. Il faut néanmoins dire qu'il n'est pas vraiment aidé par le scénariste Joseph Hoffman peu à l’aise avec les portraits psychologiques de ces personnages qui auraient mérité d’être un peu plus fouillés, déjà auteur des médiocres Dead-Eye Dick, l’épisode un peu bêta réalisé par Ida Lupino, ainsi que The Strange Quest of Claire Bingham qui comme celui qui nous concerne ici auront bien eu du mal à nous tenir en haleine.

Malgré son talent, Don McDougall ne peut pas faire grand-chose pour relever la sauce si ce n’est mettre en boite l'ensemble avec soin et nous proposer de très bonnes séquences comme celle entièrement tournée en extérieur du piège final mis en place par nos héros pour dévoiler le véritable coupable et mettre fin à ses agissements. On sent alors que le réalisateur avait encore de la ressource malgré beaucoup moins de subtilité que par le passé ainsi que quelques fautes de gouts et qu’il allait peut-être encore falloir compter sur lui pour empêcher de mauvais scénarios d’aboutir à de trop mauvais épisodes. A signaler aussi une musique très inégale signée Jack Marshall avec dans l’ensemble une orchestration qui parait un peu au rabais mais relevée par de nombreuses jolies variations très lyriques autour du thème principal de Percy Faith que l’on aura rarement entendu aussi souvent que dans cet épisode. Autre remarque sans grande importance mais qui pourra intéresser les fans de la série : alors que la durée moyenne de quasiment tous les épisodes tourne autour de 74 minutes, on note que celui-ci dure trois bonnes minutes de moins. De là en tirer quelque conclusion que ce soit ! Au final, un épisode on ne peut plus moyen comme en atteste ma note. Une fiction assez peu crédible (tout comme le fait pour Rafe d’acheter une carabine pour l’envoyer en cadeau de Noël à son frère) mais cependant pas trop désagréable grâce à de bons acteurs et une réalisation correcte.

On appréciera notamment aussi le côté sacrément vicieux de la compagne du bandit, l’humour du shérif quant à la difficulté de son métier, les aveux du Virginien comme quoi il est têtu de notoriété publique (à la remarque de Trampas "Did anybody ever tell you you were stubborn?" notre régisseur lui rétorque tout de go "All the time") et enfin la conclusion de nos deux compères dévoilant une fois encore une partie de leurs personnalités respectives : alors que la hors-la-loi a pu être appréhendé, Trampas observe que "If he'd been smart enough to quit while he was ahead he'd be home free" ; sur quoi, plus, plus sage et droit dans ses bottes le Virginien lui répond en guise de conclusion "If he was that smart, he never would have started in the first place." Une intéressante réflexion sur la duplicité et la cupidité de la nature humaine ; dommage que l’écriture manque à ce point de rigueur ! Pas mauvais pour autant mais probablement guère mémorable.

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  • 7.07- The Heritage
  • Réalisation : Leo Penn
  • Scénario : Stephen Lord
  • Guest stars : Buffy Sainte-Marie
  • Première diffusion 30/10/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.08- Ride to Misadventure
  • Réalisation : Michael Caffey
  • Scénario : Gerald Sanford
  • Guest stars : Joe Maross
  • Première diffusion 06/11/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.09- The Storm Gate
  • Réalisation : Richard Colla
  • Scénario : Jerry McNeely & Alvin Sapinsley
  • Guest stars : Susan Oliver
  • Première diffusion 13/11/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.10- The Dark Corridor
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Jean Holloway
  • Guest stars : James Craig
  • Première diffusion 27/11/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.11- The Mustangers
  • Réalisation : Charles S. Dubin
  • Scénario : Norman Jolley
  • Guest stars : James Edwards & John Agar
  • Première diffusion 04/12/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.12- Nora
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : True Boardman
  • Guest stars : Anne Baxter & Hugh Beaumont
  • Première diffusion 11/12/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.13- Big Tiny
  • Réalisation : James Sheldon
  • Scénario : Norman Katkov & Joy Dexter
  • Guest stars : Julie Sommars & Dick Foran
  • Première diffusion 18/12/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.14- Stopover
  • Réalisation : Joel Rogosin
  • Scénario : John Kneubuhl
  • Guest stars : John Kellogg & Jay C. Flippen
  • Première diffusion 08/01/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.15- Death Wait
  • Réalisation : Charles S. Dubin
  • Scénario : Gerald Sanford
  • Guest stars : Harold J. Stone
  • Première diffusion 15/01/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.16- Last Grave at Socorro Creek
  • Réalisation : Leo Penn
  • Scénario : David Levinson & Stanford Whitmore
  • Guest stars : Steve Inhat
  • Première diffusion 22/01/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.17- Crime Wave at Buffalo Spring
  • Réalisation : Charles S. Dubin
  • Scénario : Robert Van Scoyk
  • Guest stars : Yvonne de Carlo & James Brolin
  • Première diffusion 29/01/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.18- The Price of Love
  • Réalisation : Michael Caffey
  • Scénario : Richard Carr
  • Guest stars : Pete Duel, James Gregory, Jeanette Nolan & Skip Homeier
  • Première diffusion 12/02/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.19- The Ordeal
  • Réalisation : Michael Caffey
  • Scénario : Don Ingalls
  • Guest stars : Robert Pine & Jennifer Gan
  • Première diffusion 19/02/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.20- The Land Dreamer
  • Réalisation : James Sheldon
  • Scénario : Robert Van Scoyk
  • Guest stars : Don Francks, James Olson & Cloris Leachman
  • Première diffusion 26/02/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.21- Eileen
  • Réalisation : Anton Leader
  • Scénario : Don Ingalls
  • Guest stars : Debbie Watson & Richard Van Vleet
  • Première diffusion 05/03/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.22- Incident at Diablo Crossing
    • Réalisation : William Witney
  • Scénario : Andrew Blanc
  • Guest stars : Gary Collins, Kiel Martin, Lee Kroeger & Anthony Caruso
  • Première diffusion 12/03/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.23- Storm over Shiloh
  • Réalisation : Michael Caffey
  • Scénario : Frank Chase
  • Guest stars :
  • Première diffusion 19/03/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.24- The Girl in the Shadows
  • Réalisation : James Sheldon
  • Scénario : Phylis White, Robert White & Robert Van Scoyk
  • Guest stars : Jack Albertson & Brend Scott
  • Première diffusion 26/03/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.25- Fox, Hound and the Widow McCloud
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Judith Barrows
  • Guest stars : Victor Jory, Troy Donahue & Jean Inness
  • Première diffusion 02/04/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.26- The Stranger
  • Réalisation : Michael Caffey
  • Scénario : Mel Goldberg
  • Guest stars : Shelly Novack
  • Première diffusion 09/04/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

A suivre...

Lien vers le test du coffret DVD saison 7 vol.1

Par Erick Maurel - le 5 juin 2020