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Dossiers

Introduction à la série

Les épisodes de la saison 1

Les épisodes de la saison 2

Les épisodes de la saison 3

Les épisodes de la saison 4

Les épisodes de la saison 5

Les épisodes de la saison 6

Les Episodes de la saison 7

A signaler d'emblée que tous ces textes devraient être garantis sans importants spoilers.

  • 7.01- The Saddle Warmer
  • Réalisation : Charles S. Dubin
  • Scénario : Robert Van Scoyk
  • Guest stars : Tom Skerritt, Ralph Bellamy & David Hartman
  • Première diffusion 18/09/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 6/10

Le Pitch : David Sutton (David Hartman) vagabonde de ville en ville à la recherche de petits boulots. Faisant une halte dans une ferme pour étancher sa soif, il tombe sur une femme au comportement assez étrange et qui lui demande de l’emmener avec lui. Mais David est chassé par le propriétaire des lieux, un vieil homme peu commode. Il se retrouve à Medicine Bow où, embauché au saloon, il est la cause involontaire d’un accident au cours duquel Trampas est privé quelques semaines de l’usage de ses jambes. En compensation, David vient demander à Shiloh de remplacer bénévolement Trampas le temps qu’il se rétablisse…

Mon avis : Nouveau générique et nouvel arrivant pour cette septième saison en la personne du comédien David Hartman dont la carrière fut assez courte puisqu’il ne tourna que dans 4 films (dont Le Ranch de l’injustice – The Ballad of Josie de Andrew V. McLaglen aux côtés de Doris Day) puis quelques séries avec notamment parmi elles de 1969 à 1973 The Bold Ones: The New Doctors au sein de laquelle il tenait le rôle principal. Il se tourna ensuite vers le journalisme et présenta Good Morning America de 1975 à 1987. Il ne sera à l’affiche du Virginien que durant cette seule saison, remplaçant en quelque sorte le départ de Don Quine. L’épisode tient avant tout sur ses épaules et il faut avouer qu’il s’avère aussi convaincant que sympathique dans la peau de David Sutton, vagabond orphelin de tempérament doux et optimiste allant de ville en ville pour effectuer de petits boulots et qui finit par atterrir à Shiloh après quelques déboires. Mais avant d’en revenir à cet épisode, rappelons – car son visage ne nous semblait pas inconnu - que nous avions découvert David Hartman dans le sixième épisode de la saison précédente et qu’il nous avait déjà tapé dans l’œil. Il s’agissait du formidable The Masquerade réalisé par Don McDougall dans lequel il interprétait avec un immense talent un modeste employé de banque devant se faire passer quelques jours pour le shérif d’une petite ville le temps que son père, qui vient rapidement lui rendre visite, puisse continuer à en être fier.

Quelques mots rapides sur ce tout nouveau générique toujours bercé par le même thème musical de Percy Faith mais réorchestré avec plus de rythmique et de basse ; non seulement David Hartman s’y invite mais également - hormis John McIntire statique -, toujours caracolant à cheval et venant vers le spectateur, nos personnages récurrents traversent un paysage un peu différent, plus arboré et ombragé, un beau sourire de James Drury venant y mettre fin. On se rend alors également compte du temps qui est passé car par rapport au premier générique seuls Trampas et Le Virginien ont pour l'instant résisté aux sept saisons de la série. The Saddle Warmer qui ouvre cette nouvelle saison de 26 épisodes ne fait pas d’étincelles malgré un départ prometteur mais reste cependant tout à fait honorable malgré une seconde partie assez décevante, le fautif en étant principalement le scénariste Robert Van Scoyk qui ne renouvelle pas le superbe travail d’écriture qu’il nous avait démontré peu de temps avant sur l’excellent The Good-Hearted Badman avec un inoubliable Pete Duel. Ici l’auteur mise sur deux tableaux qui ont parfois du mal à bien se coupler et s’harmoniser. Le premier c’est celui de l’arrivée d’un nouveau personnage récurrent au sein de la série, David Sutton interprété par David Hartman ; le second c’est l’histoire de Saranora, une jeune femme qui semble perturbée par un passé oppressant et qui fait tout pour fuir la maison familiale dont les autres occupants sont un vieil homme peu aimable dont on en sait pas immédiatement s’il s’agit de son tuteur ou de son père (Ralph Bellamy), ainsi que son homme de main libidineux qui la harcèle sans cesse (excellent Tom Skerritt, petit habitué de la série) et qui ne perd pas une occasion pour tenter de lui voler un baiser.

Il faut dire qu’au premier abord le comportement de Saranora parait être tout à la fois celui d'une personne très naïve mais également celui d’une nymphomane, notamment lors de la première séquence qui voit David Sutton atterrir dans la ferme où elle est seule à cette heure. Alors qu’il demande juste à étancher sa soif, Saranora se fait aguichante et pressante mais finit par lui faire comprendre qu’elle aimerait qu’il l’emmène loin d’ici. Cette ambiguïté énigmatique du personnage féminin renforcée par le jeu tout à fait digne de l’actrice Quentin Dean (on la verra dans le très bon Will Penny de Tom Gries) fait une partie de la qualité de la première partie de cet épisode alors extrêmement encourageant d’autant que le personnage de David Sutton s’avère tout autant intrigant/attachant, espèce de vagabond dégingandé toujours de bonne humeur et débordant d’humanité qui, après avoir provoqué un accident ayant couté une jambe cassée à Trampas, vient à Shiloh se proposer de le remplacer bénévolement le temps qu’il se rétablisse et malgré son inexpérience pour le métier. Indépendamment les unes des autres, les deux intrigues se tiennent plutôt bien et s’avèrent toutes deux aussi intéressantes, mais le bât blesse dès qu’elles reviennent à se côtoyer à partir du moment où Saranora s’échappe de chez elle et vient se réfugier auprès de David à Shiloh ; et voilà son 'père' parti à sa recherche, se jurant cette fois ci d'abattre l'homme avec qui elle s'est enfui afin de lui faire comprendre qu'il y en a maintenant assez de ses multiples fugues. L’ambigüité de départ se transforme alors parfois en mièvrerie – à l’image de la musique de Pat Williams, tour à tour joliment romantique puis sirupeuse -, l'espèce de folie de Saranora sombrant souvent dans la psychanalyse de bazar avec ces séquences bavardes et un peu pesantes rassemblant nos deux protagonistes dans une cabane abandonnée où apparaissent poupées en bois et fantômes du passé de manière lourdement symboliques ; jusqu’à une séquence sur la fin péniblement moralisatrice, David faisant la leçon au père de la jeune fille comme s’il s’agissait d’un petit enfant.

Sinon, tout ce qui tourne autour de David comme nouvel employé au ranch de Shiloh est plutôt bien vu et notamment sa formation de cow-boy ainsi que la rivalité qui l’oppose avec l’un d’entre eux qu’interprète Chris Robinson qui nous avait néanmoins habitué à des performances bien plus mémorables au sein même de la série. Belle relation qui se tisse aussi entre David et Elisabeth - l’actrice Sara Lane n’ayant jamais semblé aussi jolie que dans cet épisode -, cette dernière ayant insisté pour faire embaucher ce vagabond qu’elle a immédiatement trouvé très amical ; également entre David et Trampas qui vont semble-t-il devenir les meilleurs amis du monde tout au long de la saison. Sinon la réalisation de Charles S. Dubin se révèle tout à fait correcte – à l’exception de quelques idées bien maladroites comme ces flash-back floutés – et nous propose quelques belles séquences en extérieur comme la poursuite des mustangs sauvages même s’il est évident que de nombreux plans proviennent de stock-shots d’anciens westerns Universal. Pour un épisode d’exposition à la saison servant surtout de présentation du nouveau venu dans l’équipe du Virginien, The Saddle Warmer est plutôt sympathique à l’image de son dernier invité récurrent ; dramatiquement parlant avec notamment cette histoire de famille aux relations plutôt difficiles, c’est un peu moins convaincant mais l'ensemble reste néanmoins tout à fait regardable. Pour les amateurs de folk irlandais, notons la présence du groupe The Irish Rovers qui nous interprète pas moins de deux chansons très dynamiques Come In et Don't Mind if I Do. Espérons quand même que la saison saura par la suite nous captiver un peu plus !

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  • 7.02- Silver Images
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Don Tait
  • Guest stars : William Smith
  • Première diffusion 25/09/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 5/10

Le Pitch : Le photographe Dan Sheppard (James Daly) arrive à Medicine Bow à bord de son 'wagon-studio' privé pour prendre des clichés de ‘l’Ouest véritable’. Il a été invité à Shiloh pour suivre les cowboys dans leur vie quotidienne et leur travail journalier. Pendant ce temps son fils reste à bord du wagon pour faire des portraits studio des habitants qui le souhaitent. Il reçoit la visite de Della (Geraldine Brooks), voisine des Grainger, les deux ranchs étant actuellement en conflit car la jeune femme voudrait bien vendre ses terrains à un prospecteur de pétrole, ce qui dans un proche avenir pourrait polluer les points d’eau pour le bétail…

Mon avis : A quelques très rares exceptions, le personnage du photographe a rarement été mis en avant au sein du western ; sous les traits de James Daly il trouve cependant dans cet épisode une place de choix (malheureusement assez mal exploitée par les auteurs). Dans son wagon-studio, il sillonne les États-Unis afin de prendre des clichés et lorsqu’il arrive à Medicine Bow il est invité quelques jours par Grainger à Shiloh pour y capter sans embellissement le travail journalier des cow-boys : "I want to show the men working. When people look at my photographs, I want them to be able to smell the smoke of a branding fire, taste the grit of the dust in their teeth. I want to photograph the feel of things like those 40-below mornings you get out here!" Tout au long de cette histoire nous verrons à travers des images fixes en noir et blanc les photographies prises par Dan Sheppard de tous nos héros dans leurs différentes situations quotidiennes, au travail comme dans leurs vies privées. Dan voyage avec son fils d’une vingtaine d’années qui, pendant lui photographie les ‘scènes’ extérieures, est chargé de faire des portraits des habitants de Medicine Bow qui en font la demande, à l’intérieur du wagon où plusieurs fonds de décors sont proposés. Il fait ainsi la connaissance d’une certaine Dellia devenue récemment veuve et qui voulant désormais vivre autre chose et ailleurs a décidé de vendre sa propriété et ses terres. Seulement le potentiel acheteur qui lui fait la meilleure proposition n’est autre qu’un prospecteur pétrolier qui a déjà une installation pas très loin d'ici et qui pollue déjà l’eau alentour.

C’est d’ailleurs ainsi que débute l’épisode avec Le Virginien chevauchant pas très loin des puits en marche et découvrant l’eau de la rivière noircie par cet or noir. Avec les autres ranchers du coin, il voudrait décider Dellia par une offre intéressante à leur vendre ses terres plutôt qu’au spéculateur pétrolier. Une phrase du Virginien nous fait comprendre qu’il n’est pas nécessairement réactionnaire et opposé au progrès – il l’avait déjà prouvé à nombreuses reprises – et qu’il faut apprendre à vivre avec s’il est ‘légitime’ mais à condition donc que ce dernier n’ait pas de retombées négatives sur le travail des autres : "there's room for cattle and oil if it's developed right". En revanche je doute que certains trouvent l’intendant de Shiloh si progressiste lorsqu’il aura cette réplique qui de nos jours en fera bondir beaucoup : "being a woman is one thing. Doing business like a man is another." Mais passons et ne nous offusquons pas pour si peu ! Autre temps, autres mœurs : ça représentait probablement tout à fait ce qui se pensait majoritairement à la fin du 19ème siècle aux USA et d’ailleurs aussi encore bien plus récemment. Mais revenons-en à notre récit ! Comment raccrocher cette histoire de photographe et cette autre de veuve devant se séparer de ses propriétés au profit d’un homme qui risque de polluer cette région de bétail ? Trouvaille aussi facile qu'improbable : lorsque Dan regarde les portraits que son fils a fait alors qu’il était en train de photographier les cow-boys il reconnait en Dellia son amour d'enfance ainsi que la femme avec qui il avait failli se marier plusieurs années auparavant.

Voilà les deux intrigues reliées ; seulement, comme c’était déjà le cas concernant le précédent épisode, là où le bât blesse principalement c’est dans l’écriture un peu laborieuse pour lier avec harmonie les deux, l’histoire de Joel Rogosin ayant beau être intéressante, ce qu’en retire le scénariste Don Tait n’est franchement pas très fluide et du coup assez moyennement captivant. Même si Don McDougall emballe le tout avec son talent habituel, il ne parvient pas à rehausser le travail médiocre du scénariste Don Tait - qui travaillera dans les années 70 principalement pour les studios Disney et ses films non animés – dont l’écriture manque en effet sacrément de conviction et de mordant comme c’était déjà le cas concernant ses quatre précédentes participations au Virginien, Two Men Named Laredo, Ride to Delphi, Star Crossed et récemment The Gentle Tamers, quatre épisodes pourtant eux aussi grandement appréciés par les amateurs de la série. Pour ma part, il s’agit là une fois encore d’un épisode fort décevant voire très moyen par son incapacité à nous captiver pour un récit qui avait pourtant au départ toute les chances d’être passionnant. Un autre paramètre vient renforcer ce manque de passion qui anime le tout, le choix pas très heureux de comédiens vraiment peu convaincants, que ce soit James Daly – bien meilleur en inquiétant en sergent de l'US Army dans l’excellent Nightmare at Fort Killman - mais plus encore Geraldine Brooks – déjà présente dans la saison 1 dans Duel at Shiloh, l’épisode-remake de Man without a Star de King Vidor - que la direction d’acteurs habituellement implacable de McDougall ne parvient pourtant pas à nous rendre satisfaisante. Étant les deux interprètes principaux de cette histoire, il est évident que leur jeu participe à la déception d’ensemble, la romance qui va voir le jour entre les deux personnages allant s’avérer plus mièvre qu’émouvante, celle allant naitre entre Elizabeth et le fils de Dan se révélant elle totalement transparente.

Difficile harmonisation de plusieurs pistes dramatiques, comédiens pas très concluants… reste une mise en scène tout à fait correcte avec quelques nouveaux lieux de tournage et quelques effets très efficaces comme celui de l’incendie du puits, toute une partie de l’histoire vraiment sympathique et notamment tout ce qui tourne autour de la photographie et des conditions de travail des cow-boys. On appréciera également la prestation de William Smith dans le rôle de l’homme cruel et vicieux qui travaille en sous-main pour le prospecteur pétrolier mais qui est en fait le régisseur de Dellia qu’il tente de courtiser afin de lui faire vendre sa propriété ‘objet de toutes les convoitises’ à ‘la bonne personne’. Ce n'est pas encore avec ce Silver Images que la saison 7 se met réellement à décoller mais il ne fait aucun doute que ça ne saurait tarder !

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  • 7.03- The Orchard
  • Réalisation : James Sheldon
  • Scénario : Andy Lewis
  • Guest stars : Burgess Meredith, Brandon De Wilde & Ben Murphy
  • Première diffusion 02/10/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7.5/10

Le Pitch : Tim (Burgess Meredith), gros rancher texan, a été ruiné et il est revenu tenter sa chance près de Medicine Bow. Cet ancien associé de Clay, même s’il a déjà de fortes dettes à lui rembourser, lui demande encore de l’aide financière pour pouvoir redémarrer un élevage. Le propriétaire de Shiloh qui estime lui être redevable de sa réussite et qui a déjà embauché l’ainé de ses deux fils n’hésite pas même s’il est actuellement perturbé par des voleurs de bétail. Le cadet dont la femme est enceinte pense qu’ils feraient mieux de se lancer dans l’agriculture plutôt que de s’occuper de troupeaux et se heurte à ce propos avec son frère et son père…

Mon avis : L’expression ‘jamais deux sans trois’ ne fonctionne décidément et heureusement pas concernant le nombre d’épisodes consécutifs du Virginien moyennement convaincants. Et du coup après un démarrage un peu mou, la saison 7 nous propose enfin pour son troisième essai un excellent millésime sauf que David Hartman n’est toujours pas revenu en scène depuis que l’on a fait connaissance avec cette nouvelle recrue au tout premier épisode. A propos de The Good-hearted Badman au cours de la saison précédente, j’écrivais à peu de choses près que savoir James Sheldon derrière la caméra pour encore six épisodes assez rapprochés dans le temps me réjouissait par avance. Il confirme à nouveau cette confiance que l'on peut avoir en lui, remplaçant en quelque sorte Don McDougall qui fut durant six saisons le réalisateur le plus satisfaisant de la série. On pourrait ainsi brièvement résumer les plus grandes qualités de cet homme qui aura fait sa carrière entière à la télévision : une astucieuse utilisation des ellipses, une belle gestion du suspense, une mise en scène de qualité et une grande rigueur de l'ensemble. Aidé par le duo de scénaristes qui avait déjà signé Bitter Autumn, l’épisode qui nous présentait le couple Clay et Holly Grainger, James Sheldon réalise une fiction non seulement très bien ficelée mais également très mature et intelligente, témoin avant tout la longue séquence qui réunit le couple joué par John McIntire et Jeanette Nolan : la femme pragmatique, psychologue et remarquablement lucide nous démontre par ces qualités avoir un ascendant sur son époux qui ne lui en veut absolument pas, l’amour que se portent les deux personnages – rappelons qu’il s’agissait également d’un couple à la ville – faisant partie des éléments qui font des épisodes les réunissant souvent de bons crus.

Avant de revenir sur cette scène en particulier, retournonss au début de l’histoire en affirmant néanmoins d’emblée que le casting a été superbement choisi et que la direction d’acteurs ne saurait souffrir ici d’aucun reproches, chacune des nombreuses Guest Star nous livrant de remarquables performances. L’épisode démarre sur les chapeaux de roue par une séquence de fusillade, un jeune homme se faisant tirer dessus par des voleurs de bétail. Il s’agit de Walt, le cadet de Tim Bradbury, ex-associé de Clay Granger alors qu’ils possédaient tous deux un ranch au Texas. Alors que Clay avait quitté son mentor pour créer son propre élevage dans le Wyoming, Tim avait été ruiné par la sécheresse et avait tout perdu. 20 ans plus tard, Tim est venu s’installer avec ses deux fils et sa bru sur des terres adjacentes à celles de Shiloh avec comme rêve totalement irréaliste de retrouver sa splendeur d’antan : "the Bradburys are cattlemen, not farmers peddling vegetables." Persuadé de lui être redevable de presque tout, Clay lui fait crédit de sommes considérables pour donner à Tim la chance de se relever. Seulement Tim est non seulement trop âgé et trop faible pour repartir de zéro mais son fils ainé Mike, cowboy à Shiloh, dilapide sa maigre paye au jeu et doit de l’argent à de nombreux cow-boys alors que Walt, son cadet, sur le point d’être père, n'imagine pas une seule seconde qu’ils pourraient réussir à faire fortune dans l’élevage ; il croit au contraire dur comme fer à l’avenir de l’agriculture d’autant que le verger qu’ils possèdent pourrait aisément se transformer en terre de culture. Seulement, le verger - titre de l’épisode assez bien trouvé et au sein duquel se déroulera la très belle conclusion du récit - est un peu le symbole pour Tim de sa grandeur passée puisqu’il se souvient des pommiers en fleurs qui paraient le devant de son ranch. Il refuse ainsi que Walt se débarrasse des arbres même s’ils sont pour la plupart mourants. Walt a tellement les pieds sur terre qu’alors que son père est sur le point d’aller trouver Clay pour prolonger sa dette afin de s’acheter un taureau, il demande à ce dernier de ne pas lui accorder cette faveur, sachant pertinemment qu’ils ne seraient jamais solvables et que ‘ce serait reculer pour mieux sauter’. Clay, tout à son amitié pour son ancien partenaire, trouve Walt peu respectueux pour son père, estime même que par cette requête il le trahit en quelque sorte.

Nous allons donc assister à quelques rivalités familiales, Walt voyant d’un mauvais œil les projets chimériques de son père et ne supportant plus les incartades de son frère qui va même se voir entrainé malgré lui dans le vol de bétail. Encore plus captivant, l’avis qu’à Holly sur le fait que son époux continue à céder à tous les caprices de son ancien associé de qui il se sent redevable en lui prêtant de l’argent à chaque fois qu’il lui en demande. D’un côté elle le vénère d’être un homme aussi charitable, respectueux et reconnaissant mais lui fait comprendre que ce n’est finalement peut-être pas ce qui pourra le mieux aider son ami. Elle lui offre par la même occasion une petite séquence de psychanalyse en lui faisant comprendre que ses gestes altruistes et son aide désintéressée pourraient inconsciemment cacher une certaine vanité de se sentir à son tour ‘The Big Man’, un certain sentiment de supériorité après qu’il ait tout appris de Tim. Une scène brillamment dialoguée et interprétée qui fait comprendre à quel point la série initiée par Charles Marquis Warren pouvait être adulte et mature contrairement à des séries 'westerniennes' plus légères telles Bonanza par exemple, pour ne citer que l’autre plus célèbre de l’époque. Filmé au sein de superbes décors naturels encore jamais côtoyés - comme l’endroit où se situe la ferme des Bradbury au centre d’une plaine très étendue où le regard peut s’étendre à perte de vue -, The Orchard ne manque pas d'efficaces séquences d’actions ainsi que de bagarres parmi les plus sèches et teigneuses de la série, notamment celle très courte mais chorégraphiée par des cascadeurs sacrément chevronnés qui dans l’histoire oppose Walt et Chick, le chef de bande des voleurs de bétail, l’homme qui a réussi à entrainer son frère ainé sur la mauvaise pente, cause du pugilat musclé qui se déroule sous nos yeux, impressionnés que nous sommes par une telle violence au sein d’une série dite familiale. Nous n’oublierons pas non plus la fusillade finale superbement mise en scène.

Mais qui sont ces excellents comédiens invités par la production le temps de cet épisode et qui auront permis de nous rendre très crédibles tous ces personnages pour la plupart attachants et d'une grande richesse d'écriture ? Le père c’est Burgess Meredith, surtout connu pour avoir été Mickey, le vieil entraineur de Stallone dans la série des Rocky ; son fils ainé est interprété par un formidable Ben Murphy qui fût déjà très récemment Guest Star d’un des épisodes précédents, comédien surtout apprécié des cinquantenaires pour avoir été Gemini man, le nouvel homme invisible durant les années 70 à la télévision ; le cadet n’est autre qu’un petit habitué de la série, Brandon De Wilde, surtout connu pour avoir été le jeune ‘groupie’ de Shane dans L’Homme des vallées perdues de George Stevens et que j’ai toujours trouvé très juste et notamment dans cet épisode où il se révèle remarquable de sobriété. N'oublions pas non plus la douce Tyne Daly dans le rôle de la jeune épouse de Walt ainsi que William Windom dans celui du vicieux chef des ‘rustlers’, ce dernier ayant une scène d’une formidable tension et d'une puissante montée dramatique avec Ben Murphy lorsqu’il essaie d’attirer ce dernier dans ses filets. Un superbe épisode tournant autour de tout un tas de thèmes passionnants et questionnant la fierté, l’ambition, la culpabilité, le prix de l’amitié et de la reconnaissance, les ‘conflits’ entre rêve et réalité... Riche, profond, émouvant et captivant !

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  • 7.04- A Vision of Blindness
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Gerald Sanford & James Menzies
  • Guest stars : John Saxon & Ben Johnson
  • Première diffusion 09/10/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 4/10

Le Pitch : Trampas s’est rendu à Hanna avec Elizabeth ; alors qu’il doit récupérer du matériel pour Shiloh, la jeune fille fait des emplettes. Trampas étant retardé, Elizabeth décide de rentrer seule par la diligence. Mais l’une de ses roues casse et la voiture tombe dans un ravin. Tous les passagers et le conducteur sont tués sauf Elizabeth que le choc a rendue aveugle. Elle est recueillie par Ben (John Saxon) qui suivait la diligence, espérant lors de son prochain arrêt tuer par vengeance Trampas qu’il pensait à bord ; en effet ce dernier avait autrefois accidentellement tué son frère en plein cambriolage d’une banque…

Mon avis : Après le formidable The Orchard, la série rétropédale et nous déçoit à nouveau beaucoup en nous proposant un mélodrame assez ennuyeux et souvent bien trop mièvre comme c'est malheureusement souvent le cas en ce qui concerne la majorité des histoires avec handicaps, ici la cécité. Les premières séquences laissaient pourtant présager un bon millésime avec notamment la présentation de deux bandits assez inquiétants interprétés par John Saxon et surtout Ben Johnson, tous deux déjà invités à quelques reprises au sein de la série. Ben Johnson que l’on ne présente plus, aussi inoubliable chez Ford que Peckinpah, jouait dans Johnny Moon de Abner Biberman un chef de ce groupe charismatique tandis que son partenaire s'était avéré mémorable dans The Modoc Kid, lui aussi signé Biberman, en interprétant l’un des bad guys les plus inquiétants depuis les débuts de la série, un bandit sans absolument aucune conscience. Mais avant ça, au cinéma il fut l’intrigant Johnny Portugal dans Le Vent de la plaine (The Unforgiven) de John Huston ; puis, dans L’Homme de la sierra (The Appalossa) de Sidney J. Furie, pour faire face à Marlon Brando et contraster avec l’interprétation toute en intériorité de ce dernier, les auteurs auront eu la bonne idée de faire appel à lui qui nous offrait à cette occasion une prestation bien plus extravertie et presque tout aussi mémorable dans la peau du rancher cruel et sadique. Dans Les Cavaliers de l’enfer (Posse From Hell) de Herbert Coleman, il vola même la vedette à Audie Murphy. Disons-le d’emblée, même s’il se révèle loin d'être mauvais dans l’épisode qui nous concerne, rien ne nous fera néanmoins nous souvenir de son interprétation d'un outlaw voulant venger la mort de son frère.

Le début de l’épisode se déroule dans la petite ville de Hanna où se sont rendus Trampas et Elizabeth, le premier pour acheter du matériel destiné à Shiloh, la seconde en profitant pour faire du 'shopping'. Alors qu’il entre au saloon pour se désaltérer, Trampas est remarqué par deux hommes attablés, Ben (John Saxon) et Jed (Ben Johnson). Immédiatement on apprend de quoi il en retourne : il y a cinq ans en arrière, ces deux bandits plus le frère Ben ont échoué dans le cambriolage d’une banque à cause de l’arrivée de Trampas qui s’est retrouvé en ces lieux par hasard et qui dans la débandade a tué l’un des trois voleurs. Les deux autres ont fait cinq ans de cellule et Ben, ardemment poussé par son compère, n’a eu de cesse durant son emprisonnement de penser à la vendetta qu’il déclencherait à sa sortie. Ben attend donc le moment propice pour venger son cadet et voilà qu’il se présente : il attend que Trampas s'installe à bord de la diligence pour Medicine Bow pour pouvoir le descendre sans difficultés. Jed s'attardera tranquillement sur place en attendant le retour de son acolyte après qu'il ait réussi son coup pour dévaliser avec lui la banque de la petite ville où ils ont atterri. Voyant Elizabeth monter dans la diligence, Ben décide donc de suivre la voiture et d’attendre un de ses nombreux arrêts pour mettre à éxécution ses représailles. Ce qu’il n’a cependant pas remarqué c'est que Trampas n’est pas du voyage, ayant décidé de rester quelques jours de plus à Hanna car les pièces qu’il attendait ne sont pas encore arrivées. Ben assiste à l’accident de la voiture qui a cassé une de ses roues et qui est tombée dans un ravin. Seule survivante de cette tragédie, Elizabeth que le choc a par contre rendu aveugle.

Sachant qu’elle se rend à Medicine Bow et ayant appris l’absence parmi les victimes de l’homme qu’il voulait tuer, Ben décide de raccompagner la jeune fille en espérant ainsi retrouver Trampas. Sauf qu’ils se perdent dans la montagne et sont sur le point de succomber au froid et à la faim lorsque le Virginien et David les retrouvent au tout dernier moment. Il s’agit donc là de la deuxième participation de David Hartman à la série ; certes toujours sympathique mais guère inoubliable ici, la faute en incombant principalement aux auteurs qui ne lui ont pas vraiment donné l'occasion de s'exprimer et de montrer l'étendue de ses talents, les deux scénaristes n'ayant malheureusement pas accordé beaucoup d’importance à son personnage. Et nous voilà revenus à Shiloh après quelques séquences joliment photographiées, tournées en grandioses décors naturels à Los Padres National Forest ; séquences néanmoins un peu trop bavardes et en partie gâchées par l’interprétation de Sara Lane qui ne sait pas quoi faire de sa cécité ainsi que par des plans en studios totalement ratés et peu raccords avec le reste comme ceux de la chute de Elizabeth qui se raccroche in extremis à une branche. Au ranch, alors que Trampas n’est pas encore de retour, on va assister à une romance qui va se mettre en place entre Ben et Elizabeth ; histoire d’amour sans grande passion et assez mièvre qui permettra néanmoins aux plus fleurs bleues d’entre nous d’être témoins du premier baiser de la nièce des Grainger. Rien de spécialement marquant durant toute cette longue partie centrale, un regain d'intérêt se faisant sentir dès que Ben Johnson refait son apparition pour tenter de contraindre son associé d’escamoter l’argent qui pourrait se trouver à Shiloh, et se poursuivant jusqu’au règlement de comptes final attendu mais assez efficace.

A signaler pour les amateurs de folk que le groupe Irish Rovers leur aura gratifié d’une chanson (Fare Thee Well, My Darlin') que l'on peut entendre durant la fête donnée en l’honneur de Elizabeth que tout le monde prend en pitié à cause de son nouvel handicap ; mais dans l’ensemble le duo Gerald Sanford & James Menzies (ce cernier pourtant auteur du superbe The Death Wagon) ne nous aura guère captivé, le fait que Elizabeth retrouve miraculeusement et instantanément la vue ne nous ayant pas non plus semblé très crédible. Quelques apparitions du Virginien qui comme David n’aura pas eu grand-chose à faire, quelques beaux paysages bien photographiés, une bonne interprétation des deux Guest Stars que sont John Saxon et Ben Johnson, une touchante image finale… pas spécialement honteux mais quand même bien pauvre dans l’ensemble !

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  • 7.05- The Wind of Outrage
  • Réalisation : James Sheldon
  • Scénario : Alvin Sapinsley
  • Guest stars : Ricardo Montalban
  • Première diffusion 16/10/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7.5/10

Le Pitch : Trampas et le Virginien se sont rendus pour affaires non loin de la frontière canadienne. Pour attendre l’homme qui leur doit de l’argent, ils font une halte dans une auberge tenue par un canadien (Ricardo Montalban). En sa fiancée, Trampas reconnait une femme qui l’a jadis escroqué ; mais à sa pressante demande il n’en dit rien à son futur époux. Quatre trappeurs viennent eux aussi faire une pause en ces lieux. Comme le patron de l’établissement, ce sont en fait des rebelles au gouvernement en place au canada ; persuadés que nos deux hommes de Shiloh sont des chasseurs de primes payés pour les arrêter, ils les emprisonnent…

Mon avis : Après The Orchard peu de temps avant, James Sheldon confirme à nouveau cette totale confiance que l'on peut avoir en lui, faisant figure de remarquable remplaçant de Don McDougall qui fut durant six saisons le réalisateur le plus constant et doué de la série. On pourrait ainsi de nouveau brièvement résumer les plus grandes qualités de Sheldon qui aura fait sa carrière entière sur la petite lucarne : une astucieuse utilisation des ellipses, une attention toute particulière portée aux paysages et à la photographie, une belle gestion du suspense, une mise en scène globalement de qualité et une grande rigueur de l'ensemble. A propos de la photographie, rarement nous n’avions vu au cours de la série des nuits américaines aussi réussies et il faut mentionner de nouveaux lieux de tournage particulièrement bien mis en valeur et notamment ce lac magnifique d’où repartent au final les métis ‘héros’ de cette histoire qui ont décidé de reprendre le combat contre le gouvernement canadien qui leur a menti et qui les a spoliés. Ce fait historique vous rappelle peut-être un épisode antérieur et vous auriez raison ; il s’agit du splendide et puissant Harvest of Strangers qui mettait déjà sur le devant de la scène ces canadiens au sang mêlé français et indiens Crees qui vivaient sur la baie d’Hudson depuis longtemps mais qui dès 1867 se font fait déposséder de leurs terres par la confédération canadienne du gouverneur William McDougall, ce dernier devant alors faire face à une rébellion légitime due à l'opposition des colons encore majoritairement francophones qui n’avaient pas été consultés quant à l’annexion de ce qui deviendra la province de Manitoba, étant depuis ce jour considérés et traités plus mal que des chiens. Les Métis s’organisèrent alors pour reconquérir leurs droits ainsi que les terres qui leur avaient été confisquées.

Dans Harvest of Strangers de Paul Stanley (le meilleur épisode de la série à ce jour) un petit groupe de métis - comme ils se prénomment eux-mêmes avec fierté - arrivait à Medicine Bow pour y recevoir une somme conséquente destinée à combattre ceux qui les avaient dépossédé de leurs biens et accueillir celui qui avait été désigné comme leur chef. Sauf qu'ils ne voulaient pas ébruiter le but de leur visite, les espions canadiens étant déjà à leur recherche. Il en va de même dans The Wind of Courage, un groupe de quatre trappeurs arrivant à l’auberge tenue par un homme qui n’est autre que leur ancien leader à qui le gouvernement canadien avait promis d’accorder la liberté à son peuple à la seule condition que lui s’exile aux USA. Apprenant que les hommes politiques canadiens n’ont pas tenu leurs promesses, les métis veulent repartir au combat et viennent rechercher celui qu’ils considèrent comme le plus apte à les diriger. Ce dernier, Louis Boissevain, est interprété par l’excellent Ricardo Montalban qui nous avait déjà fait grande impression dans un des premiers épisodes de la série au ton bien plus léger, The Big Deal. Il est à nouveau parfait dans ce rôle bien plus sérieux de leader politique qui finira par décider de reprendre la lutte aux dépens de l’amour. En effet, exilé de l’autre côté de la frontière pour respecter l’accord qu’il avait passé avec le gouvernement, il a rencontré Suzanne dont il est tombé amoureux et dont il a fait sa fiancée ; il ne connait cependant pas le passé de cette jeune femme qui fût un temps - sans trop pouvoir faire autrement - complice d’un escroc qui n’était autre que son mari. Trampas en avait alors fait les frais (exactement comme dans l’assez récent épisode The Hell Wind dans la saison 6 où il expliquait déjà s'être fait voler tout l'argent qu'il possédait) et plus tard la jeune femme avait été non seulement emprisonnée mais également dans l’interdiction de revoir son tout jeune fils qui avait été placé dans une famille d’accueil. Elle narre son histoire tragique un soir à Trampas en lui disant instamment de ne rien en dire à son futur mari qui en concevrait non seulement de la colère mais aussi de la jalousie ; dans son intention de se faire épouser elle avoue qu’elle a surtout comme arrière-pensée de récupérer son enfant, ce qui ne l’empêche pas d’être sincèrement amoureuse de Louis dont elle ignorait de son côté qu’il fut ce célèbre leader politique.

Devant tant d’arguments convaincants, Trampas décide de rester muet ; peu de temps après il est fait prisonnier par les métis qui voient en lui un espion à la solde du Canada chargé de les faire tomber dans un piège. Il aurait été passé par les armes sans l'intervention de Boissevain qui avait juré ne plus jamais vouloir verser le sang, encore traumatisé par un lynchage qu'il avait autrefois ordonné. Quant au Virginien soupçonné lui aussi, il échappe de peu à l’enfermement en s’enfuyant à temps mais en restant dans les parages pour tenter de délivrer son ami. Bref, comme on peut le constater à la lecture de ces lignes cet épisode part sur plusieurs pistes toutes d’égale importance mais se révèle être au final un patchwork étonnement harmonieux constitué d’un arrière-plan historique passionnant, d’une réflexion sur la condition des métis et leurs revendications, d’une transaction politique et financière captivante car s’avérant être une vile machination qui met à mal l’éthique des institutions gouvernementales et des grosses sociétés et qui par ce fait s’avère toujours autant d’actualité, d’une histoire d’amour qui peut capoter d’un moment à l’autre si certains secrets venaient à être dévoilés, d’un suspense tendu quant au sort de nos deux héros pris pour des espions et qui pourraient être assassinés et enfin par de magnifiques séquences d’actions aérées, filmées au sein de paysages majestueux de forêts et de lacs. Un épisode très cinématographique dans sa mise en scène qui n’est pas avare de savoureuses idées comme cette auberge située au sein d’un fort abandonné, ainsi que très adulte dans son scénario aux superbes dialogues : en voici un exemple lors d’une séquence d’adieux bouleversante entre Ricardo Montalban et Lois Nettleton (déjà émouvante dans l’épisode Nobility of Kings) :
Louis : - “Have you ever, my darling, waked in the morning from a beautiful dream and tried to reach out, clutch, draw back those last disappearing wisps to keep the dream for a moment more but knowing all the time, it would never return.
Suzanne : - “Can't you dream the dream again?
Louis : - “Yes, but, in the end, you will always wake up again. It is better to live with memories than with dreams, far better. My memories will be the most beautiful. More than the most beautiful of dreams. I wish yours could be the same. Goodbye, my precious.

Pour l’anecdote, le Virginien porte une veste en cuir noir qui nous change un peu de son habituel vêtement rouge et noir et qui lui permet de mieux se faire discret la nuit alors qu’il est recherché par les trappeurs. Et comme à leur honorables habitudes, les auteurs de la série reviennent une fois de plus sur la deuxième chance accordée à chacun ; ici Louis Boissevain fait taire sa future épouse lorsqu’elle décide enfin de lui révéler les secrets pas très reluisants concernant son passé : "Whatever you have done in your life, you have made Louis Boissevain the happiest man that ever walked the earth. As long as there is a God in the sky, he will smile upon you for this. Goodbye, my dearest love, may our dreams meet in the days and nights ahead.” A chaque fois que la série a abordé des thématiques politiques en est sorti un épisode captivant ; c’est ici encore le cas d’autant que tous les comédiens sont magistralement dirigés à commencer par notre touchant couple de Guest Stars : régalez-vous !

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  • 7.06- Image of an Outlaw
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Joseph Hoffman
  • Guest stars : Don Stroud
  • Première diffusion 23/10/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 5/10

Le Pitch : Un cavalier se retrouvant face à face avec Rafe Judson (Don Stroud) prend peur, fait volte-face et se rend à Medicine Bow annoncer au shérif Abbott qu’il vient de croiser la route d’un tristement célèbre bandit qu’il a reconnu pour avoir récemment été victime d’une de ses attaques. L’homme de loi se rend donc à Shiloh arrêter ce cowboy pourtant sérieux et travailleur d’après les dires de Trampas et du Virginien. Rafe réussit facilement à s’innocenter et il est vite prouvé que le dangereux outlaw est un sosie de Rafe, ce dernier allant profiter de cette ressemblance pour s’accaparer l’argent dont il a besoin pour se mettre à son compte…

Mon avis : Don McDougall semble s’être un peu lassé depuis toutes ces années, montrant pas mal de signes de faiblesse depuis quelques épisodes alors qu’il avait été jusque-là le réalisateur le plus régulier et le plus convaincant de la série ; James Sheldon parait avoir les capacités de le remplacer de ce point de vue qualitatif. Quoiqu’il en soit, même s’il se laisse parfois aller à un peu trop de nonchalance technique et s’il cède parfois aux sirènes de la mode (abus de zooms avant et arrière…), son travail demeure tout à fait honorable et nous permet de suivre Image of an Outlaw sans trop s’ennuyer malgré un scénario vraiment peu crédible. L’épisode débute en plein air avec une séquence assez insolite, celle de la rencontre de deux hommes, l’un semblant reconnaitre l’autre avec frayeur, tournant immédiatement les talons et chevauchant ventre à terre jusqu’au bureau du shérif de Medicine Bow pour le prévenir être tombé nez à nez avec le bandit dont il venait d’être victime quelques jours auparavant lors de l’attaque d’une diligence. Ce qui nous surprend immédiatement est la réaction de l’homme censé être le hors-la-loi et qui parait encore plus étonné par le fait que le cavalier ait eu peur de lui comme s’il avait vu un fantôme. Il comprendra mieux ce réflexe lorsque quelques heures après on viendra l’arrêter et on lui présentera l’avis de recherche avec la tête d’un homme totalement identique à la sienne. Ayant un alibi en béton puisque se trouvant loin du lieu de l’attaque lorsqu’elle eut lieu, Trampas et le Virginien appuyant le fait puisqu’étant avec lui ce jour-là à marquer des bêtes, Rafe Judson comprend alors qu’il a un parfait sosie dans les parages.

Au début cette situation va le mettre dans l’embarras car certains resteront néanmoins méfiants malgré les preuves de son innocence et un chasseur de prime viendra même lui chercher des noises. Mais lorsqu’il constate que le banquier ne lui fait pas trop confiance pour un prêt alors qu’il a toujours économisé pour pouvoir s’acheter un petit lopin de terre, il va avoir dans l’idée de se servir du fait d’avoir un sosie mauvais garçon terré dans la région et de tirer avantage de cette confusion pour faire quelques coups tranquilles en sachant qu’il ne serait pas inquiété par la police qui fera endosser tous ses méfaits au véritable bandit. Difficile de croire à un tel revirement au vu de la description initiale des auteurs concernant Rafe ; certes il s’agit d’un homme qui, comme la plupart lorsqu’ils sont attirés par l’argent facile, pourrait commettre des actes répréhensibles ; de là à se transformer en un tueur au sang-froid, il n’y a pas qu’un petit pas mais un gouffre. Le thème est intéressant mais Don Stroud qui interprète donc les deux rôles a bien du mal à nous rendre tout ça très vraisemblable ; on l’a connu plus inspiré dans Paid in Full déjà réalisé par Don McDougall au début de la saison 6 où il interprétait le fils tout juste sorti de prison de James Whitmore. Il faut néanmoins dire qu'il n'est pas vraiment aidé par le scénariste Joseph Hoffman peu à l’aise avec les portraits psychologiques de ces personnages qui auraient mérité d’être un peu plus fouillés, déjà auteur des médiocres Dead-Eye Dick, l’épisode un peu bêta réalisé par Ida Lupino, ainsi que The Strange Quest of Claire Bingham qui comme celui qui nous concerne ici auront bien eu du mal à nous tenir en haleine.

Malgré son talent, Don McDougall ne peut pas faire grand-chose pour relever la sauce si ce n’est mettre en boite l'ensemble avec soin et nous proposer de très bonnes séquences comme celle entièrement tournée en extérieur du piège final mis en place par nos héros pour dévoiler le véritable coupable et mettre fin à ses agissements. On sent alors que le réalisateur avait encore de la ressource malgré beaucoup moins de subtilité que par le passé ainsi que quelques fautes de gouts et qu’il allait peut-être encore falloir compter sur lui pour empêcher de mauvais scénarios d’aboutir à de trop mauvais épisodes. A signaler aussi une musique très inégale signée Jack Marshall avec dans l’ensemble une orchestration qui parait un peu au rabais mais relevée par de nombreuses jolies variations très lyriques autour du thème principal de Percy Faith que l’on aura rarement entendu aussi souvent que dans cet épisode. Autre remarque sans grande importance mais qui pourra intéresser les fans de la série : alors que la durée moyenne de quasiment tous les épisodes tourne autour de 74 minutes, on note que celui-ci dure trois bonnes minutes de moins. De là en tirer quelque conclusion que ce soit ! Au final, un épisode on ne peut plus moyen comme en atteste ma note. Une fiction assez peu crédible (tout comme le fait pour Rafe d’acheter une carabine pour l’envoyer en cadeau de Noël à son frère) mais cependant pas trop désagréable grâce à de bons acteurs et une réalisation correcte.

On appréciera notamment aussi le côté sacrément vicieux de la compagne du bandit, l’humour du shérif quant à la difficulté de son métier, les aveux du Virginien comme quoi il est têtu de notoriété publique (à la remarque de Trampas "Did anybody ever tell you you were stubborn?" notre régisseur lui rétorque tout de go "All the time") et enfin la conclusion de nos deux compères dévoilant une fois encore une partie de leurs personnalités respectives : alors que la hors-la-loi a pu être appréhendé, Trampas observe que "If he'd been smart enough to quit while he was ahead he'd be home free" ; sur quoi, plus, plus sage et droit dans ses bottes le Virginien lui répond en guise de conclusion "If he was that smart, he never would have started in the first place." Une intéressante réflexion sur la duplicité et la cupidité de la nature humaine ; dommage que l’écriture manque à ce point de rigueur ! Pas mauvais pour autant mais probablement guère mémorable.

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  • 7.07- The Heritage
  • Réalisation : Leo Penn
  • Scénario : Stephen Lord
  • Guest stars : Buffy Sainte-Marie
  • Première diffusion 30/10/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 3/10

Le Pitch : Nai’Be (Buffy Sainte Marie) est une jeune fille de la tribu Shoshone que ses amis les Grainger ont trouvé astucieux d’envoyer étudier dans l’Est. De retour à Medicine Bow, elle revoit avec plaisir ses connaissances, son prétendant et sa famille sauf que quelque chose semble s’être cassé en elle ; elle est certaine de la disparition prochaine de son mode de vie et de ses coutumes ; en quoi elle n’a pas tort, les membres de sa tribu étant obligés de quitter leurs terres pour se rendre dans une réserve, les politiciens ayant fait machine arrière quant à leurs droits, un éleveur faisant pression pour récupérer leur point d’eau…

Mon avis : Leo Penn avait déjà réalisé Stacey, le dernier épisode qui allait mettre en scène le neveu des Grainger interprété par Don Quine, son départ d’ailleurs jamais expliqué ayant désormais laissé Elizabeth seule à Shiloh auprès de son oncle et sa tante. Quoiqu’il en soit, cet épisode était un des plus mauvais de la saison voire même de la série et il en est malheureusement de même pour The Heritage malgré ses très bonnes intentions de départ, ce qui nous amène une nouvelle fois à nous rendre à l’évidence comme quoi un postulat aussi digne et honorable soit-il peut aboutir à un résultat catastrophique ou (et) ennuyeux. The Heritage est la contribution la plus radicalement pro-indienne de la série le Virginien qui avait presque complètement délaissée cette thématique, les natives étant jusque-là en son sein très peu ou très mal représentés. Mais si c’était pour en arriver à un tel résultat, elle aurait d’ailleurs très bien pu éviter d’emprunter ce passage obligé du politiquement correct à l’époque – et encore plus maintenant – à savoir pour un western de prendre faits et causes pour les indiens. Il est bien évidemment tout à fait noble et légitime de prendre la défense de ce peuple opprimé et décimé sauf qu’en 1968 il n’était pas spécialement courageux de le faire car presque tout un chacun avait déjà posé sa pierre à propos de ce tragique sujet. Ceci dit notre Guest Star, la Folk Singer Buffy Sainte Marie, a accepté d’interpréter le personnage principal à condition que tous les figurants indiens soient issus de ce peuple, ce qui en soit fut non seulement une très bonne chose mais apporta également un peu de crédibilité à l’ensemble. Au moins ça !

L’actrice était elle-même née au Canada dans une tribu indienne. En plus de composer, de chanter ses propres chansons et d’avoir eu quelques rôles à la télévision, elle fut également renommée comme activiste ferme et vigoureuse, fondatrice du North American Women's Association. Sa chanson ‘Until It's Time for You to Go’ fut reprise par Elvis Presley ; quant à ‘Universal Soldier’ elle est en sorte devenue l'hymne des mouvements pour la paix. C’est elle qui chantait également la même année que cet épisode du Virginien la chanson du western culte de Ralph Nelson, Soldat Bleu (Soldier Blue) et qui écrira encore en 1982 ‘Up where we belong’ pour Officer and Gentleman de Taylor Hackford. Pour tout ceci, elle sera en tête des listes noires des artistes militantes politiquement ‘trop’ engagés et ne sera jamais bien vue de la Maison Blanche, Lyndon Johnson tout comme Richard Nixon la mettant en quelque sorte à l’index, ses titres étant alors interdits de diffusions à la radio et à la télévision. En 1983, elle épouse l’excellent compositeur américain Jack Nitzsche et continuait encore assez récemment à chanter sur les scènes du monde entier. Une personnalité tout à fait intéressante malheureusement pour nous meilleure chanteuse que comédienne ; son manque d’aptitude pour le métier d’actrice est en grande partie la cause du ratage de cet épisode qui pourtant empruntait les sombres et désespérants sentiers tracés par John Ford pour son Cheyenne Autumn (Les Cheyennes).

Comme dans ce célèbre western, l’épisode du Virginien va se révéler sans concessions, l’avenir des Indiens étant définitivement scellé, le peuple n’ayant pas d’autres solutions que de ployer l’échine et de se plier aux décisions gouvernementales, à savoir aller s’installer loin de leurs terres, dans des réserves qui leurs sont attribués, celles-ci de plus contrôlées et administrées par des blancs. L’image finale est très sombre voyant notre couple d’indiens traverser la rivière pour se rendre dans les nouveaux lieux qui leurs sont imposés, leur village situé au bord d’un magnifique plan d’eau leur étant désormais interdit pour que les ranchers puissent aller y faire se ravitailler leurs bêtes. Trompés et floués une nouvelle fois, le peu qu'il reste de cette tribu des Shoshones part en exil contraint et forcé. C’est le personnage de Nai’Be qui est témoin de ces changements qu’elle prévoyait mais qui s’avèrent d’autant plus tristes et cruels lorsqu’elle y est directement plongée. Cette jeune femme avait été envoyée par ses amis les Grainger étudier dans une université de l’Est des États-Unis, les patrons de Shiloh pensant naïvement que cette éducation lui aurait permis de pouvoir ensuite mieux faire bénéficier son peuple de la compréhension de la langue et des coutumes de ceux avec qui ils allaient devoir s’habituer à cohabiter. Mais c’est une jeune femme déstabilisée qui revient à Medicine Bow, n’arrivant plus à se situer ni parmi les blancs ni parmi les siens, ayant perdu une part de son identité et n’ayant pas trouvé beaucoup de réponses à toutes les questions qu’elle se posait. C’est son prétendant qui en fait les frais, Nai’Be n’étant pas loin de la déprime et n’étant du coup pas très attentive ni très aimable à son égard ; un homme qui avait été embauché à Shiloh pour pouvoir apprendre le métier d’éleveur de bétail afin de pouvoir lui aussi faire profiter son peuple de son expérience. L’épisode reposera principalement sur ces questionnements et le trouble psychologique que vit la jeune femme au quotidien au travers de nombreuses séquences très bavardes mais toutes à peu près semblables et vite lassantes.

D’autant plus dommage que cette réflexion autour du déchirement provoqué par la situation conflictuelle entre éducation américaine et racines indiennes aurait facilement pu être passionnante si la principale intéressée avait été convaincante et si le scénariste avait été un peu plus original. On se consolera avec un dernier quart d’heure plutôt efficace montrant entre autre l’impossibilité de faire quoi que ce soit de la part de nos héros totalement démunis pour apporter leur aide aux indiens, une dernière image poignante, de belles répliques ("When no more land remains, what will you do with our people? Tie a rope around our necks and pet us like the dogs you keep?" s’interrogera le chef Shoshone), ainsi que des seconds rôles au temps de présence très brefs mais qui auront marqué ces quelques minutes de leur charisme, à savoir Jim Davis dans le rôle de McKinley, le patron du ranch à cause de qui les conflits et les drames vont se produire, Karl Swenson dans celui du directeur des affaires indiennes et enfin Jay Silverhells interprétant pour la Xième fois le chef de la tribu. A signaler qu’une fois encore, tout comme dans le précédent épisode, le thème musical principal de Percy Faith continue à squatter la bande originale comme si les compositeurs commençaient à manquer d’inspiration ; serait-ce due à la qualité un peu vacillante de la série en ce début de saison 7 ? Espérons un sursaut rapide !

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  • 7.08- Ride to Misadventure
  • Réalisation : Michael Caffey
  • Scénario : Gerald Sanford
  • Guest stars : Joseph Campanella & Katherine Justice
  • Première diffusion 06/11/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7.5/10

Le Pitch : Les ranchers de Medicine Bow doivent faire face à une épidémie d’anthrax qui touche leur bétail. Malheureusement les vaccins attendus ne sont pas arrivés à destination ; en effet la diligence qui les transportait a été subtilisée par la bande de Colton, un dangereux bandit. Walker (Joseph Campanella), un chasseur de primes, était l’un des passagers en compagnie de Ruby qu’il venait d’arrêter et qui n’est autre que la petite amie de Colton. Ayant réussi à prendre la fuite avec la jeune femme, Walker se retrouve à Shiloh et va demander de l’aide au Virginien pour aller appréhender le gang et récupérer les médicaments…

Mon avis : Il n’y aura pas eu de période plus inégale que ce premier tiers de saison 7 qui fait souffler sans arrêt le chaud et le froid aux amateurs du Virginien. Aux côtés de cinq épisodes assez médiocres voire mauvais pourtant réalisés par les réalisateurs les plus chevronnés de la série, à savoir Abner Biberman et Don McDougall, se seront imposées trois immenses réussites, les deux épisodes signés James Sheldon ainsi que celui qui nous concerne ici qui devrait ravir avant tout les aficionados purs et durs de westerns remuants, carrés et efficaces. Il faut dire que le duo Michael Caffey/Gerald Sanford réussit sur tous les tableaux, leur récit s'avérant plus proche ici dans son âpreté d’un Sam Peckinpah ou du western italien que de la série westernienne familiale traditionnelle dont certains épisodes se sont effectivement quelque peu rapprochés ces derniers temps. Un scénario d’une formidable densité tout autant pour ce qui est du nombre de personnages intéressants - qu’ils aient ou non une grande importance pour l’avancée de l’intrigue - qu’en ce qui concerne les pistes dramatiques et retournements divers. Rien que les trois premières minutes nous font partir dans deux directions qui semblent totalement opposées alors que tout se raccroche non seulement très vite mais aussi en toute crédibilité. Mais plongeons directement au cœur de cette histoire captivante de bout en bout grâce aussi à une formidable direction d’acteurs et évidemment à des comédiens tous en très grande forme, premiers comme seconds rôles.

L’épisode démarre sur les chapeaux de roues puisque nous assistons d'emblée à une course poursuite entre deux groupes ; à un moment donné les poursuivis s’arrêtent, se cachent derrière un arbre et tirent sur leurs poursuivants qui préfèrent abandonner l’affaire de peur de se faire tuer. Les deux hommes repartent et rejoignent un groupe qui est en train de s’accaparer une diligence dans laquelle il semble ne plus y avoir ni le conducteur ni les passagers. Le premier a été tué ; quant aux deux autres ce sont nos poursuivis de la première minute, un homme et une femme, un chasseur de primes et ‘sa proie’, cette dernière s'avérant être la petite amie d’un dangereux chef de bande, celle-là même qui est en train de mettre à sac la diligence. L’on imagine que le chef est venu récupérer sa fiancée en faisant dans le même temps pas mal de dégâts… Retour à Shiloh où des bêtes sont abattues et brulées, une épidémie d’anthrax s’étant répandue au sein du troupeau, les voisins de Grainger commençant à craindre l’expansion de la maladie et étant prêts à massacrer eux même les vaches de Shiloh. On parvient à leur faire entendre raison ou plutôt à les faire patienter en leur apprenant que les vaccins doivent arriver dès le lendemain par diligence. Vous devinez probablement déjà le raccrochage de ces deux pistes à priori sans aucuns rapports ? Voilà que Walker et Ruby, le Bounty Hunter et sa prisonnière, arrivent à Shiloh pour demander des montures fraiches. Après quelques minutes de conversation le Virginien comprend que la diligence dont ils sont parvenus à s’enfuir est la même qui transportait les médicaments tant attendus. Et voici que se forme un groupe de quatre, tous aussi impatients de mettre la main sur le gang, Walker pour arrêter les autres membres en plus de la jeune femme, l’intendant de Shiloh accompagné de David pressé de récupérer les fioles qui pourraient sauver leurs troupeaux et le ranch.

Sans que ce ne soit trop lourdement appuyé, ce qui nous laissera sans cesse dans le doute et le questionnement, on notera l’étrange comportement du duo formé par le chasseur de primes et sa prisonnière dont les échanges de regards nous font douter de la véritable situation entre eux deux : ne pourraient-ils pas être complices ? Et de quoi ? Quoiqu'il en soit, notre groupe de quatre arrive à localiser la bande qui après avoir mise à sac une petite localité et occasionnée de nombreux morts se sont réfugiés à Misadventure, petite ville dominée par des gens peu recommandables qui érigent en règles principales auxquelles ne pas déroger : "Mind your own business, ask no questions and respect the property of others no matter how they come by it." Le danger est partout présent mais notre Virginien prouvera à nouveau ici à la fois son courage, sa grande loyauté et sa dignité morale : pour ne pas perdre de temps dans sa mission il refusera les avances d’une Saloon Gal (magnifique séquence avec le personnage le plus touchant de l’histoire formidablement interprété par Barbara Werle pour sa sixième participation à la série ; toute aussi talentueuse chanteuse qui nous gratifiera d’ailleurs d’une superbe mélodie) puis celles de la fiancée de Colton qui finit par le bouleverser à lui narrer son histoire ; à de nombreuses reprises il reviendra aussi sur le fait qu’il n’existe néanmoins aucune justifications pour devenir meurtrier et tuer, pas même les circonstances atténuantes que certains mettront en avant concernant la jeunesse meurtrie par exemple ou encore la vengeance de grandes injustices subies par le passé ; enfin il demandera à ses comparses de terminer leur mission en évitant au maximum d’autres tueries, le sang ayant à son avis déjà bien assez coulé. Nous serons également témoins de discussions intéressantes entre ranchers concernant la maladie contractée par les bêtes et les moyens à mettre en œuvre pour l’éradiquer, presque chacun mettant en avant une bonne part d’égoïsme quant à leurs avis sur la question.

En ce qui concerne la mise en scène c’est quasiment du niveau d’un bon film de cinéma, les pistes dramatiques et rebondissements sont nombreux, l’action est remarquablement efficace, l’intrigue est bien menée avec un mystère qui demeure entier jusqu’au final assez surprenant et les personnages sont tous richement décrits et surtout parfaitement interprétés notamment par Joseph Campanella qui fut déjà inoubliables à deux reprises au cours de la saison 2, tour à tour détective et bandit mexicain, à chaque fois aussi convaincant et crédible comme c'est le cas à nouveau ici dans le rôle du chasseur de primes violent et peu affable. On notera une étonnante sécheresse du ton, une âpreté de l’ensemble très éloignée des canons habituels de la télévision et on se souviendra de l’espèce d’inquiétante Ma Dalton interprétée par Virginia Gregg et de son bras droit, un tout jeune Harry Dean Stanton (Paris, Texas). Une grande et sombre réussite au final tragique qui devrait pouvoir plaire au plus grand nombre et au cours de laquelle nous regretterons juste un David Hartman encore un peu trop sous employé malgré ses possibilités dramatiques bien réelles décelées dans le premier épisode de cette septième saison. Avec ce Ride to Misadventure on se remet à rêver d’une série qui pourrait enfin définitivement reprendre son envol sans être trop souvent coupée dans son élan par de médiocres scénarios.

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  • 7.09- The Storm Gate
  • Réalisation : Richard Colla
  • Scénario : Jerry McNeely & Alvin Sapinsley
  • Guest stars : Susan Oliver
  • Première diffusion 13/11/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 6.5/10

Le Pitch : Trampas rend visite dans le Nebraska à son ami d’enfance Jason Crowder (Burr DeBenning). A son arrivée il est très mal reçu par son régisseur (Scott Brady) mais dès qu’il se retrouve face à face avec Jason ce sont de franches embrassades. Crowder qui a dans l’idée de construire un barrage dans la région voudrait en faire son homme de main mais devant ses agissements pour le moins étranges et après avoir écouté les révélations de son épouse Anne (Susan Olivier) au comportement non moins bizarre, Trampas décide de ne pas accepter ; ce qui va provoquer la colère de Jason qui va tenter de le mettre dans l’embarras…

Mon avis : Dès la première séquence de cet épisode qui prend place loin de Shiloh et du Wyoming, Doug McClure nous fait la démonstration de sa dextérité en tant que cavalier, assis négligemment sur le côté de sa selle en sifflant alors que son cheval avance nonchalamment. Ce sera un épisode lui étant entièrement consacré comme beaucoup durant la série, un de ces récits où notre sympathique cow-boy part dans un autre état pour affaires ou bien souvent aussi pour rendre visite à une veille connaissance ; ce qui lui en fait des amis à droite à gauche depuis le début de la série et malgré son jeune âge ! A chaque fois ces retrouvailles le mettent dans des situations souvent inextricables où il ne s’en sort que difficilement et après avoir provoqué quelques drames ou tragédies ; ce ne sera pas le cas ici mais nous serons passés très près. Tout heureux de pouvoir retrouver ce Jason Crowder avec qui il a fait les 400 coups dans son enfance, arrivé à destination Trampas se fait directement remettre à sa place, accueilli avec hostilité par les hommes de Crowder qui en viennent directement aux mains pour lui faire comprendre qu’il n’est pas le bienvenue en ces lieux et qu’il ferait mieux de retourner d’où il vient. Tout autant borné que susceptible, Trampas n’ayant pas apprécié qu’on le traite de la sorte poursuit son voyage jusqu’à la petite ville de River Oaks où il tombe enfin sur Jason qui se jette dans ses bras avec force cris de joie et embrassades ; autant dire que d’emblée il ne se montre pas comme un homme introverti et que l’interprétation outrée de l’acteur de télévision Burr DeBenning agace un peu durant le premier tiers. A tel point que l’on commence à se dire que la série est en train d’accoucher d’un de ses quelques pénibles épisodes.


Il est ici question de la construction d’un barrage qu’entreprend ce volubile et prétentieux ingénieur et homme d’affaires, d’un fermier qui menace de le tuer pour on ne sait quelle raison mais qui se fait gravement blesser par Trampas qui se trouvait là, croyant ainsi sauver la vie à son ami, de la proposition qui est faite à Trampas de travailler pour Crowder avec l’assurance qu’il deviendra ainsi très rapidement riche, bien plus qu'en tant que simple employé de ranch, etc. De prime abord le cabotinage de Burr DeBenning déconcerte un peu et on a beaucoup de mal à entrer dans ce récit qui avait pourtant tous les éléments pour arriver à nous captiver. Mais alors que nous n’y croyons plus, le personnage de Crowder, devant la réticence de Trampas à accepter l’emploi qu’il lui propose, demande à sa jeune et jolie épouse de lui faire visiter son immense domaine avec dans l’idée qu’il tombera sous son charme et ainsi se décidera à rester à leurs côtés. Le talent et la beauté de Susan Olivier - après déjà plusieurs participations mémorables au Virginien - font une fois encore leur effet non seulement sur Trampas mais aussi sur les spectateurs que nous sommes ; et grâce à elle nous raccrochons miraculeusement à cette histoire finalement assez mystérieuse, et ce dès la séquence au cours de laquelle elle et Trampas doivent se réfugier une nuit dans une grotte pour échapper à un violent orage qui les surprend alors qu’ils sont très loin de la propriété. Une scène ambiguë et très sensuelle conduite de main de maître par les auteurs et la belle blonde aux yeux bleus qui ne laisse pas insensible notre 'cowboy à femmes'. Dès lors, le jeu de DeBenning devient lui aussi plus maitrisé, moins grandiloquent et au fur et à mesure que l’on comprend où il veut en venir, on accepte un peu mieux ce côté hâbleur et agaçant.

Car on l’aura néanmoins deviné dès le début, Crowder est non seulement un menteur égocentrique invétéré mais également un manipulateur éhonté et un escroc de haute volée ; mais là où le scénario devient presque passionnant c’est lorsque lui et Trampas commencent sérieusement à se quereller, le cowboy de Shiloh droit dans ses bottes préférant rester ‘pauvre’ que de servir un fraudeur, Crowder avouant au contraire sans aucune honte ses vils travers mais estimant n’avoir aucun problème de conscience avec ça : il a souffert de la pauvreté dans sa jeunesse et affirme la tête haute et avec une sorte de naïveté désarmante – "I’m headed for the moon" - qu’il est prêt à tout pour ne jamais y retomber, compromissions et malversations comprises ; d’ailleurs, ses larmes de tristesse et de rage lorsqu’il comprend que l’escroquerie qu’il a mis en place depuis tant d’années a échoué nous ferait presque le prendre en pitié tellement le comédien arrive à nous convaincre durant la seconde partie de l’épisode et malgré que son personnage ne soit guère devenu plus fréquentable fréquentable qu'au début ("Just as Pappy always predicted, the meek have gone and inherited the earth again"). Une fois n'est pas coutume mais il n’est pas impensable que, connaissant désormais le déroulement de l’intrigue jusque dans son final, une deuxième vision ne serait pas plus satisfaisante, ce que nous prenions pour du cabotinage éhonté se mariant finalement assez harmonieusement avec le caractère du personnage ; il serait intéressant à l’occasion de s’en assurer. Et du coup, après avoir été un peu circonspect durant le premier tiers - les 30 premières minutes environ -, les deux autres sont parvenus à me tenir en haleine jusqu’au bout avec notamment cette longue séquence au sein d’une grotte toute aussi tendue que touchante. Une première au cours de la série car habituellement une première demi-heure laborieuse à du mal à me faire raccrocher à l'ensemble.

Il faut dire aussi que l’excellent Scott Brady - entre autres l’inoubliable Dancing Kid dans le non moins inoubliable Johnny Guitar - est de la partie et qu’il est excellent malgré son faible temps de présence. Et puis nous ne pouvons que nous satisfaire d'une honnête mise en scène de Richard Colla, d’un récit qui nous propose des décors encore jamais rencontrés dans la série, et enfin du fait qu’il mette en avant la droiture d’un Trampas qui préfère passer pour un ‘plouc’ et rester pauvre toute sa vie plutôt que d’accepter l’argent facile que lui proposait son ami d’enfance : "Maybe I'm dumb enough to believe that people should be honest and dumb enough to try to stop them when they're not." Toujours Trampas à propos du fait que Jason ne sache pas la chance qu’il a d’avoir une telle loyale épouse : "He was so busy trying to figure out schemes to be the richest man in the world he didn't realize he already was." Une première dans la série : un épisode que l’on commence à ne pas apprécier durant un certain temps mais qui se retourne miraculeusement en sa faveur pour finir par devenir passionnant ; un récit qu’il serait donc bon de voir au moins deux fois.

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  • 7.10- The Dark Corridor
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Jean Holloway
  • Guest stars : Paul Winchell & Judy Lang
  • Première diffusion 27/11/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 3/10

Le Pitch : Sur le chemin qui le conduit en montagne jusqu’à la cabane où vit une vieille connaissance (Paul Winchell), le Virginien trouve une femme inconsciente (Judy Lang). Il l’amène jusqu’à la maison de son ami où elle finit par reprendre connaissance ; sauf qu’elle ne parle pas et semble avoir tout oublié, non seulement ce qui s’est passé pour la mettre en cet état mais aussi pas moins que son identité, persuadée que le régisseur de Shiloh est son fiancé. Les deux hommes vont s’armer de patience pour arriver à bout de cette amnésie mais un certain Ellis finit par les rejoindre, faisant croire que son cheval est blessé pour rester auprès d’eux…

Mon avis : Comme c’est le cas pour Don McDougall, le tout aussi prolifique Abner Biberman semble également avoir perdu la motivation en ce qui concerne la réalisation des épisodes de la série. De plus ce dernier s'est récemment vu attribué tous les récits pas évidents à gérer avec handicaps à la clé, que ce soit un handicap physique (Elizabeth s'étant retrouvé aveugle dans A Vision of Blindness) ou psychologique, Judy Lang étant devenu amnésique dans ce The Dark Corridor, deux épisodes aussi mous et ennuyeux l’un que l’autre. Ajoutons à ces deux-là le tout aussi pénible The Heritage et force est de constater que les auteurs avaient durant cette septième saison bien moins de talents pour nous peindre de beaux portraits féminins alors que les saisons précédentes en regorgeaient au contraire de passionnants. Le malaise se met en place dès la première séquence au cours de laquelle l’on suit une femme sur un cheval au galop, le tout monté et filmé comme si le réalisateur voulait nous dire sans subtilité (avec force flous et teintes irréalistes de la photographie) qu’il se passait quelque chose de pas très normal ou de pas très rassurant dans le cerveau de cette cavalière. Et quelques secondes après elle se heurte violemment à une branche, est désarçonnée et tombe inconsciente sur le sol. La séquence suivante voit le Virginien finir son café en haut d’une montagne et repartir tranquillement. Superbes paysages, ambiance bucolique et scène plus apaisée que la précédente qui nous fait comprendre que le régisseur de Shiloh est parti loin du ranch. On devine qu’il va tomber sur la femme évanouie et c’est ce qui se passe à la séquence suivante. Et de là, il la conduit jusqu’à une cabane perdue qui était sa destination première, à savoir celle d’un de ses amis, un 'Mountain Man' nommé Jingo.

Cet ermite chaleureux et pétri d’humanité est interprété par Paul Winchell, acteur sympathique tout comme l'est son personnage malheureusement bien trop sous utilisé. De plus les dialogues s'avèrent quelconques et il ne se passe pas grand-chose pendant ce séjour du Virginien ; la seule chose que les hommes essaient de faire durant tout ce récit est de tenter de faire retrouver la mémoire à la jeune femme qui semble totalement amnésique. Au départ, sans aucune perception de ce qu’il se passe autour d’elle, elle demeure sourde et muette ; puis une fois retrouvée l’usage de la parole elle prend le Virginien pour son fiancé alors qu’elle ne l’avait jamais vu auparavant. L’on comprend à travers quelques flashbacks qu’elle a subi un grave choc psychologique suite à une scène violente à laquelle elle a assisté, et que depuis ce moment elle a totalement oublié jusqu’à son identité. Les meilleurs scènes de cet épisode sont celles au cours desquelles le Virginien s’éloigne un peu de ce lieu pour aller trouver de l’aide, entre autres celle d’un médecin auprès d’une troupe de l’armée qui patrouille dans le coin. Disons que ces quelques minutes nous font nous promener au sein de beaux paysages et nous éloignent de cette femme à vrai dire vite assez pénible d’autant que le talent de Judy Lang ne saute pas forcément aux yeux et que l’on a hâte qu’elle cesse de regarder au plafond et de nous sortir sa collection de mimiques vite agaçantes. Même si ce genre d’histoires n’aboutit jamais vraiment à des résultats captivants, gageons qu’avec une comédienne plus chevronnée l’ennui ne se serait pas invité de la sorte et quasiment dès le début.

Le seul fait qui nous fasse sortir de notre torpeur - due également à une romance assez mièvre - est l’arrivée d’un mystérieux jeune homme à la recherche d’une femme dont on devine de suite qu’il s’agit de celle qui a été recueillie par Le Virginien. Une fois tombé dessus, il fait croire à la blessure de sa monture pour pouvoir bivouaquer dans les parages. On le voit alors espionner l’amnésique, s’approcher d’elle sans qu’elle ne le reconnaisse : sauf que lors des flashbacks la faisant se remémorer la scène l’ayant traumatisée, ce puissant choc psychologique l'ayant rendue quasi ‘folle’, le spectateur reconnait parfaitement bien l’étranger malgré sa coiffure un peu différente. Ce petit mystère nous permet de ne pas trop lâcher prise même si l’on espère connaitre rapidement le mot de la fin. Pas de chance car le final s'avère aussi raté que le reste et l’on ne peut que se dire "tout ça pour ça" au vu de cette longue explication avec voix off, ralentis et retours arrière guère plus passionnant que tout ce qui a précédé. Quelques points positifs à retenir néanmoins dans le courant de cet épisode : on retiendra surtout quelques phrases prononcées par le Virginien à propos de Shiloh et de ses modestes aspirations à la tranquillité et à la saine convivialité : "The ranch is out a ways from Medicine Bow. It's ah, close enough to be handy but far enough away to be alone if you wanna be. Hope it doesn't get too big. It's kind of nice to call everyone by their first name." On apprendra également que Shiloh a été nommé ainsi en souvenir de la fameuse bataille s’étant déroulée durant la Guerre de Sécession.

Un épisode qui repose presque intégralement sur les épaules d’une seule actrice nécessite que celle-ci soit compétente ; étant donné que ce n’est pas le cas, il reste très difficile de s’intéresser longtemps à ce récit au cours duquel les amoureux des animaux auront cependant eu l’occasion de croiser un écureuil apprivoisé et un raton laveur peu farouche ! Entre Abner Biberman qui en fait soit des tonnes soit pas assez, Joel Rogosin qui aurait dû se contenter de son rôle de producteur au lieu d’écrire des histoires si mièvres, Jean Holloway qui ne peut pas faire grand-chose à l'écriture du scénario pour rehausser le récit de son collaborateur, peu aidée par quelques médiocres comédiens… pas grand-chose à se mettre sous la dent en cette fin de premier tiers de saison !

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  • 7.11- The Mustangers
  • Réalisation : Charles S. Dubin
  • Scénario : Norman Jolley
  • Guest stars : James Edwards, Don Knight & John Agar
  • Première diffusion 04/12/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le Pitch : Dewey n’a plus assez d’argent pour poursuivre ses études et revient au ranch aider son père (James Edwards) à dresser des chevaux sauvages pour Joe (John Agar). Un rêve qui se brise chez le vieil homme qui aurait souhaité pour son fils un métier plus enrichissant que le sien. Quoiqu’il en soit, à cause de son inattention alors qu’il était de garde, tous les chevaux sont volés, la plupart ayant dû être achetés par Shiloh. Le Virginien et David qui se trouvaient sur place partent avec l’équipe de Joe à la recherche d’un nouveau troupeau de mustangs tout en enquêtant sur ce vol qui pourrait avoir été commis par Hobson (Don Knight)…

Mon avis : Les amateurs de westerns purs et durs qui auront dernièrement parfois pu être un peu frustrés par des épisodes tendance mélodramatiques seront ici à la fête car tout est cette fois en place pour leur apporter le maximum de plaisirs liés au genre. Si l’intrigue de fond est principalement basée sur les relations un peu tendues entre un père et son fils, le premier espérant que son rejeton ne pratique pas le même métier que lui et fasse de hautes études pour avoir une situation plus intéressante, l’ensemble du récit se déroule alors que les cowboys tentent de se constituer un troupeau de chevaux sauvages après que celui qui était prêt à vendre leur ait été volé. Nous assisterons en cours d’épisode à une grosse bagarre à poings nus dans un bistrot tenu par une vieille prostituée, à des fusillades nourries, à des poursuites bien enlevées, à des séances de dressage ainsi qu’à de nombreuses chevauchées au sein d'amples paysages ; nous aurons également eu la chance de tomber sur un Bad Guy sarcastique et inquiétant à souhait interprété par un Don Knight qui avait l’habitude de tenir ce genre de rôle dans les différentes séries auxquelles il a participé durant les années 60/70. En même temps que tous ces éléments nous avons deux personnages principaux noirs sans que jamais le scénariste ne verse dans l’antiracisme primaire par le fait de ne jamais mentionner la couleur de peau de Dewey et de son père ; Norman Jolley – déjà auteur avec William Talman de ce western unique, atypique et sacrément savoureux qu’était Joe Dakota de Richard Bartlett avec un Jock Mahoney inoubliable – y fait néanmoins allusion avec discrétion et subtilité en mettant le doigt sur la plus grande difficulté pour la communauté noire d’accéder à l’éducation et plus précisément à d’intéressants cursus universitaires.

Mais reprenons depuis le début. Ben Harper voit avec stupéfaction son fils, bagages sur le dos, revenir s’installer avec lui : il n’avait plus assez d’argent pour poursuivre ses études. Ben est très déçu que son rêve s’effondre ainsi, lui qui a toujours voulu le mieux pour son fils et qui estime trop difficile et dangereux pour lui de dompter des mustangs : "These ain't no horsesboy! These are mustangs and it takes a man to work 'em!" Il l’accepte donc à ses côtés mais sans enthousiasme, se braquant à chaque fois qu’il veut lui apporter son aide ; les relations seront tendues jusqu’au tragique final que je ne me permettrais pas de vous révéler mais qui fait se terminer l’épisode d’une manière sombre et poignante. Nous sommes au ranch dirigé par Joe, un homme bon et honnête superbement campé par John Agar, déjà mémorable dans Another’s Footsteps au cours de la saison 2, un épisode d'une formidable densité, d'une étonnante richesse thématique et émotionnelle, ainsi que d'une efficacité qui en faisait non seulement un sommet de la série mais également du western tout court ; mais c’était déjà auparavant aussi par exemple l’inoubliable Lieutenant Cohill dans le chef-d’œuvre de John Ford, She Wore a Yellow Ribbon (La Charge héroïque). Ce jour du retour de Dewey, Joe recevait la visite du Virginien accompagné de David, venus tous deux lui acheter un troupeau de mustangs domptés par Ben. Sauf que durant la soirée, Ben et David, monopolisés par une conversation à portée philosophique, ne font pas assez attention alors qu’ils sont de garde et se font assommer par des voleurs de chevaux qui emmènent tout le cheptel. Joe pense savoir qui est le coupable mais, sans preuves, estime qu’il ne sert à rien de partir à sa poursuite d’autant plus que le temps qui s’est déroulé entre le moment du vol et sa découverte est selon lui suffisant pour que les marques du ranch aient été effacées des bêtes. Il conseille donc au Virginien de se rendre chez cet homme qu’il soupçonne pour lui acheter des chevaux. Ce dernier Carl Hobson, dit n’avoir rien à lui vendre mais l’on sent qu’il se trame des choses peu recommandable et que le Virginien n’est pas dupe même si sans aucun fondement il ne peut rien faire d’autre pour le moment que de lui lancer des piques lui faisant comprendre qu’au moindre faux pas il ne lui fera aucun cadeaux.

Du coup l’équipe décide de partir attraper d’autres troupeaux de mustangs qui traversent actuellement la région. L’épisode restera tout du long un mélange harmonieux d’enquête policière (pour arriver à se faire dévoiler l’équipe de voleurs), de drame familial (les relations entre le père et le fils Harper) et d’action (violente ou seulement mouvementée pour tout ce qui touche à la "chasse" aux chevaux). On regrettera cependant que les deux acteurs noirs ne possèdent pas plus de charisme malgré leur travail plutôt correct ; on pouvait en effet attendre un tout petit peu mieux de James Edwards qui tourna au cinéma dans quelques classiques tels Nous avons gagné ce soir (The Set-Up) de Robert Wise, Côte 465 (Men in War) d’Anthony Mann, La Gloire et la peur (Pork Chop Hill) de Lewis Milestone ou encore dans Un crime dans la tête (The Manchurian Candidate). Ceci étant dit il arrive néanmoins à nous faire frissonner d’émotion durant la dernière séquence, ce qui n’était pas gagné d’avance. Mais comme déjà évoqué plus haut, nous retiendrons plutôt les performances de John Agar, de Don Knight dans la peau du Bad Guy, ainsi que celle de David Hartman qui parvient enfin à s’imposer et à tenir tête au Virginien, lui faisant prendre confiance de sa trop grande dureté lorsqu’il se met à suspecter des gens que lui estime au contraire être d’une noblesse de sentiments qui les place au-dessus de tous soupçons ; le spectateur en étant également persuadé se range facilement du côté de David en opposition à notre héros qui manque parfois un peu trop de confiance en l’humanité. "Now look, I know you're under a lot of pressure and I can appreciate that. But if your idea of experience means that I've got to suspect a man like Ben Harper of being a horse thief, then I'm glad I'm still green!" rétorquera David au Virginien après que ce dernier lui ait dit être trop naïf.

Le scénario de Norman Jolley est très joliment écrit et parfois non dénué d’humour, la réalisation de Charles S. Dubin très efficace, et l’on ne s’ennuie pas une seconde dans ce récit 100% westernien contrairement à beaucoup récemment qui prenaient d’autres directions pas toujours pour le meilleur. Dans le dernier tiers, Ben, dans le but de se constituer un pécule à donner à son fils afin qu’il puisse poursuivre ses études, mais aussi par jalousie ou (et) fierté mal placée (des éléments que je ne développerais pas plus afin de garder quelques surprises au sein de ce récit très fluide), va être tenté de suivre une mauvaise pente qui lui permettrait de gagner de l’argent facile… ce qui va déclencher l’action et le drame final que je vous laisse également découvrir. Nous aurons également pu assister à une très belle scène entre John Agar et James Drury tous deux d’une grande droiture lorsque le premier refusera d’accepter l’argent pour les chevaux volés, le second estimant au contraire qu’il le lui doit par le fait que David ait fait partie des hommes de guet qui ont failli. Même s’il manque quelque peu d’intensité dramatique faute à des Guest Star un peu en deçà, un épisode très réussi.

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  • 7.12- Nora
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : True Boardman
  • Guest stars : Anne Baxter & Hugh Beaumont
  • Première diffusion 11/12/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.13- Big Tiny
  • Réalisation : James Sheldon
  • Scénario : Norman Katkov & Joy Dexter
  • Guest stars : Julie Sommars & Dick Foran
  • Première diffusion 18/12/1968 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.14- Stopover
  • Réalisation : Joel Rogosin
  • Scénario : John Kneubuhl
  • Guest stars : John Kellogg & Jay C. Flippen
  • Première diffusion 08/01/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.15- Death Wait
  • Réalisation : Charles S. Dubin
  • Scénario : Gerald Sanford
  • Guest stars : Harold J. Stone
  • Première diffusion 15/01/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.16- Last Grave at Socorro Creek
  • Réalisation : Leo Penn
  • Scénario : David Levinson & Stanford Whitmore
  • Guest stars : Steve Inhat
  • Première diffusion 22/01/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.17- Crime Wave at Buffalo Spring
  • Réalisation : Charles S. Dubin
  • Scénario : Robert Van Scoyk
  • Guest stars : Yvonne de Carlo & James Brolin
  • Première diffusion 29/01/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.18- The Price of Love
  • Réalisation : Michael Caffey
  • Scénario : Richard Carr
  • Guest stars : Pete Duel, James Gregory, Jeanette Nolan & Skip Homeier
  • Première diffusion 12/02/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.19- The Ordeal
  • Réalisation : Michael Caffey
  • Scénario : Don Ingalls
  • Guest stars : Robert Pine & Jennifer Gan
  • Première diffusion 19/02/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.20- The Land Dreamer
  • Réalisation : James Sheldon
  • Scénario : Robert Van Scoyk
  • Guest stars : Don Francks, James Olson & Cloris Leachman
  • Première diffusion 26/02/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.21- Eileen
  • Réalisation : Anton Leader
  • Scénario : Don Ingalls
  • Guest stars : Debbie Watson & Richard Van Vleet
  • Première diffusion 05/03/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.22- Incident at Diablo Crossing
    • Réalisation : William Witney
  • Scénario : Andrew Blanc
  • Guest stars : Gary Collins, Kiel Martin, Lee Kroeger & Anthony Caruso
  • Première diffusion 12/03/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.23- Storm over Shiloh
  • Réalisation : Michael Caffey
  • Scénario : Frank Chase
  • Guest stars :
  • Première diffusion 19/03/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.24- The Girl in the Shadows
  • Réalisation : James Sheldon
  • Scénario : Phylis White, Robert White & Robert Van Scoyk
  • Guest stars : Jack Albertson & Brend Scott
  • Première diffusion 26/03/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.25- Fox, Hound and the Widow McCloud
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Judith Barrows
  • Guest stars : Victor Jory, Troy Donahue & Jean Inness
  • Première diffusion 02/04/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 7.26- The Stranger
  • Réalisation : Michael Caffey
  • Scénario : Mel Goldberg
  • Guest stars : Shelly Novack
  • Première diffusion 09/04/1969 aux USA
  • DVD : VOSTF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

A suivre...

Lien vers le test du coffret DVD saison 7 vol.1

Par Erick Maurel - le 5 juin 2020