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Test dvd

Werner Herzog : Documentaries and Shorts

DVD - Région All
Werner Herzog Films
Parution : - / - / -

Image

Convenons-en, la qualité de l’ensemble du coffret Documentaries and shorts est très moyenne au regard de ce que propose habituellement le support DVD. Les films ont connu souvent un long cheminement technique, pas toujours exécuté dans les meilleures conditions : tournage en 16mm, transfert vidéo, passage du PAL au NTSC, encodage pour le DVD... L’état des copies est plutôt correct, aussi le problème principal (l’image est souvent fade, les couleurs ternes…) vient bien des conditions techniques dans lesquelles les films on été tournés puis exploités et non du travail de transfert final en DVD, même si l’on remarque un bruit numérique parfois très sensible sur certains des films. Malgré tout cela, la qualité est suffisante pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte de ces films pour la plupart inédits en France. En attendant qu’un éditeur prenne la mesure de l’importance de tout ce pan méconnu du cinéma de Werner Herzog et s’en empare, on recommandera donc à tous de se précipiter illico sur ce coffret - multizone - dont seule l’absence de sous-titres français et un prix (il faut l’avouer) un peu décourageant peuvent excuser que l’on en freine l’achat !

Son

Les bandes sonores, proposées en mono ou en stéréo selon les films, sont dans l’ensemble de bonne tenue. Si elles ne brillent pas par une grande dynamique, elles sont propres et les dialogues sont tout à fait clairs et compréhensibles.

Détail des DVD

DVD 1 :
Héraclès : allemand mono, sous-titres anglais
Dernières paroles : grec mono, sous-titres allemands ou anglais
La Défense sans pareil de la forteresse Deutschkreutz : allemand mono, sous-titres anglais
Le Sermon de Huie : anglais mono, sous-titres anglais
Les Médecins volants de l’Afrique de l’est : anglais et allemand mono, sous-titres italiens
Les Ailes de l’espoir : anglais stéréo
Mesures contre les fanatiques : allemand mono, sous-titres anglais

DVD 2 :
Le Pays du silence et de l’obscurité : allemand mono, sous-titres anglais
Avenir handicapé : allemand mono, sous-titres anglais et italiens
Fata Morgana : anglais et allemand mono

DVD 3 :
Fric et foi (l’homme de Dieu en colère) : allemand mono, sous-titres anglais et italiens
Échos d’un sombre empire : français mono, sous-titres allemands et anglais
How much Wood would a Woodchuck chuck... : anglais ou allemand mono, sous-titres italiens

DVD 4 :
La Soufrière :
anglais ou allemand mono, sous-titres italiens
I’m My Films : allemand mono, sous-titres anglais et italiens
Jag Mandir : allemand mono, sous-titres anglais

DVD 5 :
La Grande extase du sculpteur sur bois Steiner : allemand mono, sous-titres anglais et italiens
Gasherbrum, la montagne lumineuse : anglais ou allemand mono
Personne ne veut jouer avec moi : allemand mono, sous-titres anglais
La Ballade du petit soldat : anglais ou allemand mono

DVD 6 :
Wodaabe, les bergers du soleil : anglais ou allemand mono
Leçons des ténèbres : 1.78 anamorphique, anglais ou allemand stéréo, sous-titres anglais et italiens
Les Cloches des profondeurs : anglais ou allemand mono, sous-titres italiens
Portrait Werner Herzog : allemand mono, sous-titres anglais

Suppléments

Portrait Werner Herzog (Allemagne, 1986, Super16mm, couleur, 29 mn)
Datant de 1986, il s'agit d'un reportage pour une télé allemande qui s’ouvre sur Herzog à la Fête de la bière. On le voit entouré d’amis sur une tablée couverte de pichets ou en haut d’une roue surplombant la foule… cette mise en scène simplement pour expliquer qu’il n’apprécie guère la foule. Un soudain cut nous emmène en pleine campagne où l’on retrouve notre héros au pied d’une petite chapelle paisible, non loin du village de son enfance. Herzog parle de la marche et nous emmène à sa suite dans les Alpes du Sud à la rencontre de son ami Reinhold Messner avec qui il a un projet de film dans l’Himalaya. Tout est de cet acabit et le reportage fait de Werner Herzog un personnage romantique, le filmant enveloppé d’une cape et parcourant les montagnes, écrivant de la poésie devant des paysages grandioses et solitaires. Romantisme dont parle également Lotte Eisner, que l’on retrouve ici en compagnie de Herzog pour évoquer le cinéma allemand. Contrairement à son habitude, le cinéaste accepte cette étiquette de romantisme et parle de son amour pour la peinture de Kaspar D. Friedrich. Herzog évoque très brièvement quelques uns de ses films dont on peut voir des extraits. Parmi ceux-ci, on note des images en couleur de Signes de vie et surtout deux séquences du premier tournage de Fitzcarraldo avec Jason Robards et Mick Jagger. Herzog nous entraîne sur les lieux de son enfance, là où il s’entraînait à sauter à ski, là où Dieu lui est apparu, à Carnac où il a imaginé Fitzcarraldo… C'est au final un reportage télé au final très classique et peu approfondi, Herzog se contentant la plupart du temps de raconter ses habituelles aventures de tournages.

Je suis ce que sont mes films (Allemagne, 1978, couleur, 91 mn)
Ce documentaire est tourné par Erwin Keusch et Christian Weisenborn alors que Werner Herzog est en train de réaliser La Ballade de Bruno. Ce film est d’abord très intéressant car cette rencontre avec le cinéaste à la fin des années 70 permet de voir, en le mettant en regard avec les entretiens plus récents habituellement proposés, à quel point sa vision du cinéma est cohérente et construite. L’autre plaisir est de découvrir, entrecoupant l’interview, des images du tournage de La Ballade de Bruno. Herzog, interrogé par Laurens Straub, parle d’abord de son enfance : sa rencontre avec Dieu alors qu’il a trois ans (on ne dévoilera pas cette histoire très drôle), la vie presque sauvage des enfants livrés à eux-mêmes dans le petit village où sa mère et ses deux frères avaient trouvé refuge pendant la guerre, son comportement parfois étrange, passant des journées à gamberger et régulièrement pris d’accès de violences qu’il ne parviendra à contrôler que bien plus tard. Le cinéaste revient ensuite sur la nécessité pour lui de voyager, sur ce qui nourrit ses films, sur son rejet du cinéma-vérité. Il évoque plus particulièrement La Soufrière, Le Pays du silence et de l’obscurité et Aguirre, parlant longuement à propos de ce dernier film de ses relations avec Klaus Kinski. Les deux hommes n’ont alors tourné qu’un film ensemble, mais ce que raconte Herzog préfigure déjà ce qui deviendra l’un des plus étranges couples réalisateur/acteur de l’histoire du cinéma. Le cinéaste passe une bande prise en cachette par l’ingénieur du son, et l’on peut vérifier sur pièce la folie mégalomane de l’acteur et le calme inquiétant du réalisateur. C’est le climax de ce film, passionnant par ce qu’il raconte du cinéma de Werner Herzog et assez original dans la forme, celui-ci ressemblant à un work in progress où l’intervieweur complice se demande avec le cinéaste comment mener la discussion, quels chemins prendre. Le titre vient d’une phrase lancée par Herzog alors qu’il refuse de répondre à Straub qui le presse de livrer ses secrets. Herzog est contre la psychologie, trouve effrayant de vouloir éclairer l’intérieur du cerveau humain. Il est contre le fait de se focaliser sur la vie d’un artiste, ses œuvres parlent pour lui, son histoire, son enfance et ses secrets sont là, visibles et offerts aux spectateurs. Le documentaire est chapitré en douze parties. Au milieu, une séquence présente en une série d’extraits sa carrière de ses débuts jusqu’à Stroszek.

Par Olivier Bitoun - le 1 mars 2010

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