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Test blu-ray

Bertrand Tavernier - La Collection

BLU-RAY - Région B
Studiocanal
Parution : 13 / 10 / 2021

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L'un des évènements de cette fin d'année en vidéo est l'hommage de StudioCanal au cinéaste et passeur cinéphile Bertrand Tavernier, disparu en mars dernier, à travers un coffret-somme qui reprend presque l'intégralité de ses longs-métrages. L'éditeur avait depuis quelques années entrepris les restauration de certains de ses films, avec l'idée probable de sortir un jour ou l'autre un imposant coffret (comme ce fut le cas pour Luis Buñuel ou Jean-Pierre Melville), projet qui s'est sans doute élargi à d'autres catalogues au moment de sa mort. Pour ce faire, StudioCanal s'est associé à Pathé et Orange Studio mais les tractations n'ont visiblement pas abouti avec TF1 Studio concernant Dans la brume électrique et La Fille de d'Artagnan (pourtant restauré en 2020), ni avec Warner, probable détenteur des droits d'Autour de minuit (qu'ils avaient sorti en DVD en 2006). C'est malheureusement toujours très compliqué de négocier avec un studio américain... même si le film est apparemment en cours de restauration (donc affaire à suivre !). D'autres questions se posent avec Daddy Nostalgie (sorti en DVD en 2003, sans doute détenu par Orange/Studio37, mais probablement pas encore restauré en HD) et surtout pour La Passion Béatrice, peu visible depuis des années et jamais sorti en DVD, dont le réalisateur avait essayé de démêler les noeuds juridiques de son vivant, sans y parvenir...


Le coffret reprend les anciennes éditions Blu-ray sorties en 2014/2015 par StudioCanal pour L'Horloger de Saint-Paul, Le Juge et l'assassin, Un dimanche à la campagne, La Vie et rien d'autre et Capitaine Conan. Le disque de Quai d'Orsay est également celui sorti chez Pathé en 2014. L.627 et Ca commence aujourd'hui, sortis en 2019 et 2020 dans des éditions simples chez StudioCanal, se voient ajouter les suppléments des anciennes éditions DVD.

Le coffret contient également neuf films inédits en Haute-Définition : à l'exception de La Mort en direct (Orange Studio) qui est déjà sorti dans plusieurs pays, les Blu-ray de Que la fête commence, Des enfants gâtés (Orange Studio), Une semaine de vacances, Coup de torchonLa Guerre sans nom , L'Appât, Laissez-passer et Holy Lola sont des premières mondiales.

Techniquement, si la qualité des restaurations est forcément disparate en fonction de leur ancienneté, aucun titre n'a été sacrifié au final et les conditions de visionnage sont au minimum correctes, pour aller jusqu'à très bonnes - un certain nombre de films ayant été restaurés récemment.

On remarque plusieurs tendances de restauration en parcourant le coffret, différentes "écoles" notamment repérables dans les parti pris esthétiques d'étalonnage et de colorimétrie.

Que la fête commence et Coup de torchon ont été magnifiquement restaurés en 4K par L'Immagine Ritrovata. Les images sont précises, fines et détaillées - à l'exception des habituels plans truqués et de quelques mises au point plus ou moins nettes au moment du tournage (sur Que la fête commence). Le grain est organique et homogène, bien palpable (parfois un peu discret sur Coup de torchon). Les contrastes sont marqués, avec des ombres renforcées par rapport aux masters DVD qui avaient tendance à les atténuer systématiquement. Les niveaux de noir sont restitués conformément au rendu en salle, avec un bon équilibre général. Quelques plans nocturnes possèdent un contraste un peu plus relâché, parfois coloré. On a surtout la très agréable impression de regarder des images argentiques, au plus proche de la pellicule, et non de sentir que les rendus ont été trop réajustés pour le support vidéo, idée que les comparatifs ci-dessous renforcent. Que la fête commence était vraiment très désaturé en DVD, les visages reprennent aujourd'hui couleur humaine. Un filtre magenta peu subtil était appliqué sur Coup de torchon qui retrouve enfin des nuances plus naturelles. Les visages peuvent parfois apparaître un peu rosés. De très belles restaurations, en tout cas, qui permettent de redécouvrir des films qu'on n'avait jamais vus dans de telles conditions jusqu'à présent.

QUE LA FÊTE COMMENCE
DVD StudioCanal (2001) vs. Blu-ray StudioCanal (2021) : 1 2 3 4 5 6 7

COUP DE TORCHON
DVD StudioCanal (2001) vs. Blu-ray StudioCanal (2021)
: 1 2 3 4 5 6 7

D'une facture très proche, on trouve L'Appât qui a été restauré en 4K par Eclair il y a peu de temps. L'éthique du laboratoire, proche de L'Immagine Ritrovata dans son refus de sacrifier aux goûts plus modernes des spectateurs, fait que le rendu est d'abord très naturel et très argentique, là aussi, avec une texture bien granuleuse et très homogène. Par rapport aux deux films précédents, on peut néanmoins sentir quelques différences dans la sensibilité légèrement accentuée des couleurs primaires ou à des relents verdâtres plus francs, tout en constatant une colorimétrie toujours cohérente, des contrastes marqués, un niveau de noir parfois relâché, conforme aux caractéristiques de la pellicule. Une restauration qui a été supervisée et validée par Alain Choquart, le directeur de la photographie du film. Rien à redire sur la qualité de la copie, stable et immaculée.

L'APPÂT
DVD StudioCanal (2003) vs. Blu-ray StudioCanal (2021) : 1 2 3 4 5 6 7

La restauration du film suivant s'éloigne un peu de "l'école" L'immagine Ritrovata / Eclair pour un résultat légèrement différent. Des enfants gâtés a été restauré par Hiventy en 4K. Aucun reproche particulier à faire, de nouveau, concernant la propreté et la stabilité de la copie, ni dans la restitution du grain fin et homogène, bien géré par l'encodage. Les différences se retrouvent de manière visible sur certains choix d'étalonnage parfois plus mesurés, comme la saturation plus posée de certaines dominantes ou par le rendu de tonalités peut-être aussi plus justes, qui sait. Les primaires ne sont plus aussi marquées, on peut retrouver l'arrière-fond vert-jaune typique des images photochimiques, mais cette fois de manière plus subtile, moins écrasante. La palette de couleurs se montre un peu plus neutre, en tout cas moins typée, plus adoucie et sans dérive magenta. Elle apparaît surtout très convaincante dans son respect du matériau d'origine tout en réajustant subtilement la palette vers des tonalités naturelles et harmonieuses, surtout toujours photochimiques. Le niveau de contraste est aussi très mesuré, conforme à ceux d'une projection en salle, avec des noirs peu denses mais encore équilibrés.

DES ENFANTS GÂTES
DVD StudioCanal (2003) vs. Blu-ray StudioCanal (2021) : 1 2 3 4 5 6 7

D'autres restaurations présentent des caractéristiques visuelles assez proches, le curseur colorimétrique bouge encore un peu, s'éloigne de quelques crans de la facture photochimique "pure" pour glisser subtilement vers un rendu un peu plus "moderne". Nous supposons, sans en avoir la certitude, que ces restaurations ont été effectuées par le laboratoire VDM, partenaire de StudioCanal depuis plusieurs années et sur près de 200 titres. L.627 et Ca commence aujourd'hui ont été restaurés en 4K, et de belle manière. Le trait est précis, le niveau de détail très convaincant, les images sont texturées d'un grain bien géré, fin et homogène, plus ou moins abondant selon les scènes - on soulignera la belle patine argentique de L.627. Les contrastes sont solides, bien ajustés, respectant les niveaux de noir tout en conservant du détail. Les palettes sont cohérentes et très naturelles, tout en étant légèrement réajustées pour obtenir une gamme de tonalités très agréable à l'oeil, mais aux nuances sans doute un peu plus vives qu'en simple photochimie. La retouche occasionne aussi régulièrement une infime dérive magenta, en particulier sur les carnations de Ca commence aujourd'hui, que l'on dira justifiée par sa photo froide. Les copies sont très stables et totalement nettoyées.

L.627
DVD StudioCanal (2003) vs. Blu-ray StudioCanal (2021)
: 1 2 3 4 5 6 7

CA COMMENCE AUJOURD'HUI
DVD StudioCanal (2000) vs. Blu-ray StudioCanal (2020)
: 1 2 3 4 5 6 7

La Guerre sans nom présente des signes de restauration assez proches (donc sans doute effectuée par VDM). C'est le seul long-métrage documentaire du coffret : on aurait adoré y trouver Histoires de vies brisées, Mississippi Blues sorti en 2012 en DVD chez Tamasa, comme De l'autre côté du périph', il est vrai produit pour la télévision et non distribué en salle, qui est heureusement prévu prochainement en DVD chez cet éditeur. Le bond technique est significatif sur La Guerre sans nom qui n'avait jamais été spécialement choyé par le passé en vidéo, jamais réédité depuis le DVD sorti en 2002. Peut-être l'ancien master datait-il même de la sortie du film en VHS et son passage à la télévision... La qualité d'image était alors tributaire de la technologie de l'époque et surtout des moyens très limités qui y avaient été alloués : un master analogique et au format 4/3, sans aucune espèce de nuances. Comme le montre le spectaculaire comparatif ci-dessous, le spectateur de 2021 découvre donc, avec cette récente restauration 4K, un tout autre résultat au niveau de la forme, et c'est tant mieux. La colorimétrie retrouve des nuances et l'on peut dire, à quelques petits détails près (notamment la vivacité suspecte de certaines couleurs), que le rendu est très agréable et bien plus respectueux de la photo d'origine. Les contrastes sont enfin équilibrés, les noirs ne sont plus aussi bouchés. La qualité du transfert provient également de la fidélité à la texture 16mm d'origine, enfin retranscrite à sa juste valeur. L'image est bien définie, le détail est poussé. Surtout, le grain bien palpable retrouve son aspect organique, sans abus ni dégradation particulière, malgré les quatre heures de film (l'encodage s'en sort très bien, à quelques pulsations près dans les bandes noires latérales). La copie est stable et immaculée, hormis quelques très rares poils résiduels en bord de cadre et une brève rayure verticale vers la fin du film.

LA GUERRE SANS NOM
DVD StudioCanal (2002) vs. Blu-ray StudioCanal (2021)
: 1 2 3 4 5 6 7

Plusieurs Blu-ray reprennent des restaurations anciennes, entre autres les disques de 2014/2015, L'Horloger de Saint-Paul, Le Juge et l'assassin, Un dimanche à la campagne, La Vie et rien d'autre et Capitaine Conan, dont vous pouvez retrouver les tests complets sur DVDClassik. Bien qu'encore honorables, les images souffrent toutes du même point commun : le rendu doux, la précision limitée. La dernière place au classement revenant à Un dimanche à la campagne qui, malgré un étalonnage visiblement retouché à l'époque (et se voudrait voisin d'un genre de sépia), ne parvient pas vraiment à convaincre sur l'impression de Haute-Définition, encore bien modeste, le scan HD étant sur ce titre sensiblement daté. L'Horloger de Saint-Paul mériterait lui aussi une petite remise à niveau technique, même si l'aspect général est toujours vaillant : la définition est correcte mais le détail est affaibli par une granulation un peu épaisse et abondante. Colorimétrie et contraste se défendent. Le Juge et l'assassin souffre de maux voisins, là aussi la précision a ses limites, malgré du détail palpable en gros plan. L'étalonnage est peut-être un peu clair. Le master de La Vie et rien d'autre, de bonne facture mais en 1080i, a visiblement eu droit à un réétalonnage en règle lors de sa dernière restauration, avec un réajustement des contrastes (noirs "collés") et une palette retravaillée dans les tons gris et bleutés. Tout comme Capitaine Conan, il bénéficie d'une précision palpable mais encore améliorable. Toujours concernant Capitaine Conan, on pourra repérer plusieurs cadrages un peu serrés en hauteur, avec des têtes supprimées ou presque coupées. Erreur de cadrage au tournage ou mauvais fenêtrage du scan, la question est posée...

Laissez-passer et Holy Lola, inédits en Blu-ray, bénéficient eux aussi de masters non récents. Les scans (sans doute en "simple" HD) se montrent de qualité honnête, avec des rendus encore soumis aux limitations techniques de l'époque. Pour les deux films, l'aspect général est tout de même assez doux : le trait est somme toute correct mais le niveau de détail laisse sur sa faim, les textures en pâtissent un peu. On aurait aussi aimé un grain moins épais et plus affirmé. Les contrastes sont assez équilibrés, les colorimétries semblent raisonnables, très naturelles sur Holy Lola, peut-être un peu retouchées sur Laissez-passer (étalonnage numérique d'époque ?). Les copies sont propres et stables.

LAISSEZ-PASSER
DVD StudioCanal (2002) vs. Blu-ray StudioCanal (2021) : 1 2 3 4 5 6 7

HOLY LOLA
DVD StudioCanal (2004) vs. Blu-ray StudioCanal (2021) : 1 2 3 4 5 6 7

Proposé pour la première fois en Blu-ray en France, La Mort en direct reprend le master HD sorti aux Etats-Unis (Shout ! Factory) et en Angleterre (Park Circus) en 2012, repris également en Allemagne en 2020. Il s'agit sans doute d'un scan proche du 2K, aux images très stables et complètement nettoyées, assez convaincant sur certains points, notamment pour la précision des visages et la qualité de l'étalonnage. Les contrastes sont très équilibrés, la colorimétrie se montre pleine de nuances argentiques tout en étant très naturelle. On remarque en revanche une limitation fréquente du grain et du niveau de détail dans certaines zones de l'image ou plus simplement dans les plans plus larges : une sorte de léger lissage qui semble avoir épargné la majeure partie des plans rapprochés, aux rendus bien plus argentiques. Un choix qui semble imputable à la fabrication du master, à l'époque, et non le résultat d'un mauvais encodage du disque (le débit vidéo est très confortable).

LA MORT EN DIRECT
DVD StudioCanal (2009) vs. Blu-ray Orange Studio (2021) : 1 2 3 4 5 6 7

Une semaine de vacances, également proposé pour la première fois en Blu-ray, reprend visiblement la restauration utilisée pour le DVD sorti... en 2003. Malgré l'ancienneté sur le papier, le travail effectué à l'époque n'était finalement pas si mauvais puisque la qualité du scan HD reste encore honorable aujourd'hui. Mais l'image montre tout de même plusieurs limitations dues aux techniques de l'époque de restauration, tant au niveau de la précision (légère accentuation des contours) que du détail (un peu limité) ou de l'étalonnage, sensiblement réajusté pour la vidéo (noirs denses, nuances de couleurs un peu restreintes). Le grain est heureusement palpable, la copie est propre et assez stable, là aussi.

UNE SEMAINE DE VACANCES
DVD StudioCanal (2003) vs. Blu-ray StudioCanal (2021)
: 1 2 3 4 5 6 7

Les films les plus récents ne sont pas forcément les mieux lotis. La Princesse de Montpensier est proposé dans un nouveau disque par rapport à l'édition sortie en 2011 mais le master reste strictement identique. L'image provient d'un scan en "simple" HD (c'était avant le 2K malheureusement). Le rendu est correct mais, avouons-le, un peu décevant, manquant régulièrement de la précision attendue, avec un niveau de détail toujours un peu limité (flagrant dans les plans de nature qui manquent de texture). La copie est propre et stable, l'étalonnage apparaît soigné, aux teintes certes naturelles mais sans doute un peu limitées.

Rien à avoir avec Quai d'Orsay repris du disque Pathé de 2014 (encodé en AC1, aucune différence au visionnage par rapport au Mpeg4). Pourtant tourné trois ans seulement après La Princesse de Montpensier, l'image est autrement plus convaincante ici, Pathé ayant investi dans un transfert aux petits oignons. Le rendu est juste exceptionnel, la retranscription de la magnifique photographie numérique de Jérôme Alméras se montre tout simplement parfaite. L'image est immaculée et d'une très grande précision, notamment pour les plans tournés dans les luxueuses salles du Quai d'Orsay.

Son

Peu de choses à redire sur les pistes son du coffret, là aussi techniquement très correctes. Les rendus sont en général convaincants, propres et clairs. Les films plus anciens souffrent parfois davantage, on notera par exemple sur Que la fête commence, quelques mots pas toujours totalement intelligibles captés en son direct, avec aussi quelques différences de niveau. Les films produits en stéréo sont bien retranscrits, précis et équilibrés. Les mixages d'origine semblent fidèlement restitués, sans problèmes apparents et avec souvent une dynamique appréciable. Notez que La Princesse de Montpensier bénéficie désormais d'une piste stéréo (2.0) supplémentaire. Bertrand Tavernier regrettait que La Mort en direct ne soit pas sorti en version originale dans les salles, à l'époque : ironie du sort, le Blu-ray ne propose aujourd'hui que la version originale, sans la version française...

Certains films bénéficient d'Audiodescriptions pour les malvoyants : L'Horloger de Saint Paul, Le Juge et l'assassin, Un dimanche à la campagne, La Vie et rien d'autre, Capitaine Conan, et Quai d'Orsay. Tous les films sont sous-titrés pour les sourds et malentendants à l'exception de Des enfants gâtés et La Mort en direct.

Une semaine de vacances, L.627, La Guerre sans nom, Ca commence aujourd'hui, Laissez-passer sont prévus pour les marchés anglais et allemands (où un coffret de 11 films sort le 2 décembre). Ils bénéficient donc de sous-titres dans ces langues et de doublages allemands. Sous-titres anglais présents sur Quai d'Orsay.

Suppléments

La collection Bertrand Tavernier propose 19 disques (18 films et un disque de bonus pour La Guerre sans nom) placés dans les épaisses pages cartonnées d'un grand livre au format paysage, où est également inséré un livret (broché et à couverture souple) de 76 pages. On trouve en préface la lettre publiée par Thierry Frémeaux sur le site de l'Institut Lumière le 31 mars 2021, au lendemain des obsèques du cinéaste : le portrait émouvant d'un compagnon de route au long cours, vibrant d'une amitié lyonnaise et cinéphile de près de quarante ans, dans lequel il évoque la filmographie "impeccable" du cinéaste, "la culture et l'engagement en bandoulière", parlant d'un bon vivant qui "aimantait les fantaisies de l'existence", et de l'"héritage prometteur" qu'il va laisser. Guillemette Odicino, journaliste à Télérama et chroniqueuse au Cercle sur Canal+, résume sur une vingtaine de pages le cinéma de Tavernier, "éternel curieux" et "observateur attentif des creux des bosses du monde". Passionné par les gens au travail et les personnages qui "luttent contre leurs destins", il parsemait ses films de "son appétit pour l'humain", captant "les malaises contemporains" ou révélant une Histoire pleine d'authenticité. Guillemette Odicino résume ce coffret comme un "précipité d'humanité" et livre, ensuite, pour chaque film, de courtes notules à consulter au gré des visionnages, avec des informations sur les projets, des anecdotes ou des indiscrétions de tournage. Un livret pas inintéressant, et même agréable à consulter, mais de facture très générale. Les fans de Tavernier regretteront peut-être que StudioCanal n'ait pas eu la même ambition que pour les livres plus analytiques des coffrets Carlotta ou Hors-série de la collection Make My Day !...

Sauf précision, les films sont accompagnés des suppléments des anciens DVD. Quelques nouveaux modules ont été spécialement produits pour certains films.

L'horloger de Saint-Paul

Entretien avec Bertrand Tavernier et Philippe Noiret (40 min - SD)
Entretien avec Jean Rochefort (15 min - SD)
Bande-annonce (3 min 09 s - SD)

Le disque est identique à l'édition sortie en 2015.

Voir le test publié sur DVDClassik

Que la fête commence

L’analyse du film par Guillemette Odicino (33 min - HD)
Supplément inédit où la journaliste revient longuement sur ce film historique "éructif" et "fiévreux", loin de l'académisme, sur lequel Bertrand Tavernier a eu "du pif pour tout". Elle explique ainsi la justesse de la reconstitution, les choix esthétiques et thématiques modernes, le réalisme attaqué à l'époque par les historiens avant d'être réhabilité quelques décennies plus tard. C'est avec ce film que Tavernier "apprend la liberté" de filmer et de raconter, en partie grâce au talent de Pierre William Glenn qui lui a montré que "la caméra pouvait être une amie". Elle parle du sens aigu du casting chez Tavernier, "des constructions folles mais toujours étonnantes" où se croisent la "prostituée existentielle" Christine Pascale et la troupe du Splendid (Gérard Jugnot fut malheureusement coupé aux côtés du cinéaste Michael Powell dans une scène aujourd'hui perdue). Guillemette Odicino évoque "l'épaisseur humaine" chère à Tavernier et certaines thématiques récurrentes de sa filmographie, notamment la masculinité douloureuse, faire bonne figure derrière une souffrance, qu'illustre la mélancolie du Régent. Malgré quelques redites par rapport au livre et aux autres suppléments, c'est un bon complément qui, derrière une gouaille certaine, condense pas mal d'informations et de pistes d'analyses.

Entretien de Bertrand Tavernier et Philippe Noiret (24 min - SD)
Toujours interrogés par Michel Boujut, le réalisateur et son interprète principal reviennent sur la genèse de Que la fête commence, un film "pudique et non puritain", aux personnages comme "en phase terminale" qui symbolisent la fin d'un monde. Noiret parle de sa "grande tendresse" pour le Régent, son mal-être évident, son refus du pouvoir et son côté suicidaire, dont la modernité des idées annonce le Siècle des Lumières. Il parle de l'importance de la notion de troupe dans un tournage ("on gagne du temps, on va à l'essentiel") et ils évoquent ensemble la très contemporaine Emilie, "avec sa morale à elle", ou l'utopiste marquis de Pontcallec. Tavernier revient sur la dernière scène, qu'il défend toujours malgré l'aspect explicite qui a pu lui être reproché... Toujours instructif.

Interview de Jean Rochefort (14 min - SD)
L'acteur évoque Que la fête commence, un film très important pour lui, à un moment où il découvrait avec euphorie "le langage du cinéma". Il se souvient de la modernité de la caméra de Tavernier, qui "désamidonnait" la reconstitution historique et donnait l'impression d'être en direct au Journal télévisé. Il parle du "régal" d'être grossier devant une caméra (et dans une église) et des méthodes de concentration qu'il utilisait avec son compère Noiret. Il évoque Jean-Pierre Marielle, "habité par son rôle", ou Nicole Garcia qu'il rencontra sur le film (quelques années avant leur liaison et leurs enfants). Il revient lui aussi sur la scène finale, qu'il trouve cette fois "un peu pesante", "au marteau-piqueur"...

Il manque malheureusement la bande-annonce.

Le Juge et l'assassin

Entretien de Bertrand Tavernier et Philippe Noiret (24 min - SD)
Entretien avec Michel Galabru (27 min - SD)
Bande-annonce (SD)

Le disque est identique à l'édition sortie en 2015.

Voir le test publié sur DVDClassik

Des enfants gâtés

Le film n'est malheureusement accompagné d'aucun supplément, Orange Studio n'ayant pas repris les modules des DVD StudioCanal (un commentaire audio et les entretiens avec Bertrand Tavernier, Philippe Sarde et Gérard Jugnot).

La Mort en direct

Même constat là aussi, le film n'est plus accompagné des suppléments produits par StudioCanal pour son DVD de 2009 (un entretien avec le réalisateur et son chef opérateur, ainsi qu'un making of). On ne trouve pas non plus les compléments du disque anglais (un entretien de 40 min du cinéaste).

Une Semaine de vacances

Commentaire audio de Bertrand Tavernier, Nathalie Baye et Pierre-William Glenn
Non indiqué sur le coffret, Une semaine de vacances est pourtant accompagné du commentaire audio à trois voix, déjà proposé sur le DVD de 2003. Bertrand Tavernier est, sans surprise, extrêmement habile dans l'exercice, racontant d'infimes détails du tournage ou de la production, comme le remplacement "en catastrophe" d'un acteur "exécrable" par Philippe Léotard, dans un petit rôle. Tavernier parle de la scène qui l'a décidé à faire le film, celle de la jeune fille qui avoue à sa prof ne pas se croire intelligente, ou évoque Michel Galabru et son passé de cancre dont les histoires ont alimenté le scénario ; ce personnage est également fortement inspiré d'une restauratrice chez qui Tavernier et son équipe déjeunaient régulièrement pendant le tournage de L'horloger de Saint Paul. Nathalie Baye se souvient entre autres du "trac fou" de ce premier "premier rôle" de sa carrière, d'autant qu'elle souffrait d'une hépatite (remise en forme grâce à la cuisine lyonnaise!), elle parle de son appartement "formidable" et de l'importance de tourner dans un décor réel pour la qualité du jeu. Pierre-William Glenn apporte des précisions techniques bienvenues sur la fabrication du film, le choix des "températures" et de la pellicule (japonaise) pour se différencier du rendu américain traditionnel sur les couleurs. Ils racontent quelques astuces de tournage, comme un plan à la complexité invisible de cette caméra tenue à l'intérieur de la voiture par l'assistant opérateur puis passée "en relai" à l'extérieur à Glenn, avec ensuite des pompiers dans les arbres qui simulaient la pluie. Un commentaire riche, foisonnant et très intéressant

L’analyse du film par Guillemette Odicino (25 min - HD)
Un supplément inédit où la journaliste évoque Une semaine de vacances et la "douce errance" d'une femme qui se pose des questions. Exemple du "grand amour de Tavernier pour l'enseignement", le film pressent la perte de foi et de curiosité du monde éducatif en montrant la désillusion d'une jeune professeur qui doute sous la lumière de Lyon, dont on ne sait d'ailleurs jamais si elle est triste ou gaie. Guillemette Odicino loue le Tavernier chroniqueur de son temps, qui capte par de petits riens les difficultés et la grandeur d'un métier. Une semaine de vacances est sans doute daté sur la forme (mode vestimentaire, le Lyon de l'époque) mais toujours très actuel sur le fond, avec un féminisme discret et de beaux moments poétiques. Odicino revient sur le casting, notamment Gérard Lanvin, "une nature", ou Michel Galabru, ancien cancre qui improvise ici un long monologue, qui est ici un exemple de masculinité "un peu médiocre" dans sa maladroite attirance pour Nathalie Baye. Guillemette Odicino est aussi ravie du "retour de l'horloger" : Philippe Noiret donne, quelques années après, des nouvelles des personnages de L'horloger de Saint Paul et, au détour d'une réplique, résume le cinéma de Tavernier : "apprendre à écouter"...

Sur le tournage du film (12 min - SD)
Une archive de FR3 Lyon dans le lycée où se tourne Une semaine de vacances. Tavernier retrouve ici ses racines, souhaitant faire un film "très français" après l'Angleterre de La mort en direct. Il revient sur ses rapports avec les élèves et loue le jeu "qui va à l'intérieur des choses" de Nathalie Baye. Cette dernière parle de son rôle "éprouvant", la jeune Geneviève Vauzeilles parle timidement de son expérience, et un jeune figurant impressionné raconte sa scène avec un Michel Galabru "écrasant" d'expérience. L'acteur évoque Bertrand Tavernier comme "un homme extrêmement cultivé". Un sujet télévisé passe-partout où le journaliste résume le futur film comme "un coup de chapeau aux enseignants". Restent heureusement les images furtives du tournage, qui en font tout le charme...

Coup de torchon

L’analyse de séquences par Guillemette Odicino (33 min - HD)
Un supplément inédit dans lequel la critique de Télérama rappelle de nombreuses anecdotes des bonus DVD (cf. ci-dessous) et commente des scènes de Coup de torchon, "farce macabre" et "cauchemar éveillé" où Tavernier "invente une manière d'être un film d'époque" dans un polar existentiel au héros, plié sous la violence du monde, qui va devenir un ange exterminateur. Guillemette Odicino parle des autres personnages, notamment l'institutrice, figure lumineuse et seule femme positive de l'histoire, et évoque les performances des acteurs, Isabelle Huppert qui est ici poussée à la gouaille par Tavernier, le "génial" François Perrot ou l'interprétation "abyssale" de Philippe Noiret.

Interview de Bertrand Tavernier et Philippe Noiret (34 min - SD)
Suite de la discussion toujours très intéressante, menée par Michel Boujut en 2001. Tavernier revient sur son adaptation de Jim Thompson, la difficulté de préserver "la part de métaphysique" et de transposer le roman original en France. Les deux compères racontent un tournage très agréable et joyeux, se souviennent du "complètement malicieux" Alexandre Trauner ou des répétitions impossibles de Stéphane Audran, à "l'étrangeté pas du tout fabriquée". Ils évoquent l'univers jubilatoire du film, sa noirceur plus insolite que "pré-déterminée", expliquent l'idée de l'éclipse qui situe le récit "ailleurs", rappellent l'impression de flottement assumé grâce au steadycam, et reviennent sur les personnages "givrés", dénués de psychologie, portés par leurs pulsions.

Interview d’Eddy Mitchell (17 min - SD)
Pas forcément très inventif lorsqu'il répond aux questions, Eddy Mitchell raconte toutefois suffisamment de choses sur son premier vrai rôle au cinéma et l'adaptation "remarquable" du roman original qu'il connaissait bien. Il transparaît chez le chanteur une approche assez pragmatique et sans chichi du métier de comédien, lui qui n'est pas un acteur-né. Il raconte comment il s'est approprié son personnage d'"âne" qui n'est pas méchant, précisant avoir besoin d'appréhender les décors et connaître les répliques des autres comédiens pour mieux se sentir à l'aise. Il est longuement questionné sur les scènes plus ou moins violentes qu'il a eues à tourner, les gifles de Stéphane Audran ou le gigot utilisé par Isabelle Huppert pour mieux recevoir les coups, idée en répétition qui fût vite abandonnée.

Fin alternative (6 min - SD)
Bertrand Tavernier évoque une scène qu'il regrette d'avoir coupé, où Lucien Cordier va parler à des lépreux pendant la fête. Si la prise a été visiblement perdue, on a pu la reconstituer dans les grandes largeurs grâce aux images et au son d'un reportage et d'un making-of archivés par l'INA. Deux documents malheureusement absents du Blu-ray, par ailleurs. Le réalisateur revient également sur le final tel que l'avait imaginé Jean Aurenche, dont une partie a été filmée : deux singes s'invitent dans la fête et dansent ensemble. Un final qui a causé des émois aux villageois... et plus tard au producteur (qui n'en a pas voulu). Tavernier explique surtout que c'est Philippe Sarde, de bon conseil pour le montage et la structure d'un récit, qui a eu l'idée de la conclusion du film.

Bande-annonce originale (2 min 23 s - SD) racontée par Lucien Cordier.

Bande annonce américaine (2 min 09 s - SD - non sous-titré)

Un Dimanche à la campagne

Commentaire audio de Bertrand Tavernier et Bruno de Keyzer
Interview de Alain Sarde (10 min - SD)
Bande annonce (1 min 43 s - SD)

Le disque est identique au Blu-ray sorti en 2015.

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La Vie et rien d'autre

Entretien avec Bertrand Tavernier et Philippe Noiret (35 min - SD)
Entretien, avec Jean Cosmos (30 min - SD)
Bande-annonce (1 min 02 s - SD)

Le disque est identique au Blu-ray sorti en 2014.

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L.627

Le disque inclus dans le coffret est un nouveau pressage par rapport au Blu-ray sans supplément sorti en juillet 2020. L.627 retrouve ici les bonus du précédent DVD :

Commentaire audio de Bertrand Tavernier, Michel Alexandre et Charlotte Kady
Encore un commentaire passionnant et très riche des nombreuses explications qu'apportent Tavernier et son co-scénariste Michel Alexandre, la comédienne étant un peu plus discrète. Ils donnent quelques précisions sur les pratiques policières ou les "détails authentiques" et très "Système D" que l'on voit à l'écran, et reviennent sur la fabrication du film, la volonté du réalisateur de ne pas reprendre les figures visuelles habituelles du polar. On évoque entre autres le "tournage infernal" sur les maréchaux, au milieu des prostituées, l'absence de cascadeurs pour montrer que les policiers ne savent pas forcément bien se battre, Jean-Roger Milo qui était parfois "dans un sale état" et surtout très (trop?) imprégné par son personnage, ou le "petit luxe" du générique à la Saul Bass dont Tavernier rêvait depuis longtemps. Le réalisateur évoque également les réactions peu aimables du Ministre de l'Intérieur de l'époque, Paul Quilès, après la sortie du film... Le supplément de loin le plus intéressant sur L.627.


Carnets de tournage (35 min - SD - 4/3)
Les coulisses de la fabrication de L.627 filmées au camescope S-VHS par le co-scénariste Michel Alexandre, et montées façon making-of, sans commentaire, entrecoupé d'extraits du film. Parfois intéressant, notamment lorsqu'on parvient à suivre Tavernier en pleine direction de ses acteurs, lorsqu'il met la pression à ses assistants, témoigne d'une intimité avec son équipe ("Tonton, elle est bien?", lancé en fin de prise à l'ingénieur du son) ou raconte des anecdotes sur le cinéma, un peu comme dans ses innombrables bonus...


Scènes inédites (7 min - SD - 4/3)
Deux scènes coupées au montage et une prise "chantée" pendant laquelle les comédiens se sont amusés à surprendre le cinéaste.

La Guerre sans nom

Entretien avec Vincent Martigny (50 min - HD)
Rencontre inédite avec un historien et politologue, spécialiste des "controverses françaises" qui analyse La guerre sans nom, un documentaire qui révèle "le paradoxe" français de la Guerre d'Algérie et libère la parole "éteinte et refoulée" de ses conscrits "obligés de suivre", contre leurs idéaux et leur morale. Il analyse ce "témoignage fondamental" sur l'expérience de la guerre mais surtout un film qui parle de son pays "en parlant d'un ailleurs", comment "la France d'en bas" va prendre part à "un évènement qui [la] dépasse". La guerre sans nom rend compte de l'absurdité des guerres coloniales (y ont-ils été pour rien ?) à une époque (les années 90) où on commence à "retravailler la mémoire française" et regarder un peu plus le passé. L'Algérie revient dans l'actualité par la guerre civile qui y sévit, par des livres d'historiens qui évoquent "la thèse du refoulé", on s'intéresse à des évènements "minorés" (comme la Rafle du Vel' d'Hiv') au risque de réécrire l'Histoire et la mémoire, de l'instrumentaliser pour son potentiel électoral. Vincent Marigny raconte les conséquences nationales de la Guerre d'Algérie, ce "fantôme" qui hante la vie politique française depuis soixante ans, élément fondateur de la Ve République en même temps que catalyseur d'une profonde restructuration de la gauche comme de la droite. Pour l'historien, la France est encore dans "l'autocensure collective", avec beaucoup de travail à faire pour rendre compte de la Guerre d'Algérie dans toute sa complexité. Le sujet ne concerne pas que les anciennes générations mais beaucoup de jeunes d'aujourd'hui. Il reste beaucoup à dire sur ces années et LE grand film, qui inclurait sans doute le contrepoint algérien toujours absent, n'a pas encore été fait. Un excellent supplément.

Présentation du film par Bertrand Tavernier et Patrick Rotman (17 min - SD)
Repris du DVD de 2002, un bref entretien avec les auteurs qui expliquent les partis pris du documentaire, "une sorte de chronique" non exhaustive "sur la vérité de la guerre", "un moyen d'exorciser le silence" à travers l'intime et les secrets cachés, comme "une véritable séance d'analyse" menée à partir de près de quarante heures d'interviews. Ils expliquent comment ils ont pensé la structure du film pour éviter de "se disperser", notamment sur l'absence volontaire des paroles des soldats algériens qui reflétait l'ambiance que les appelés français avaient vécu là-bas (l'ennemi invisible). Tavernier et Rotman expliquent pourquoi ils ont choisi Grenoble (pas seulement à cause de la proximité avec Lyon, chère au cinéaste) et ce qu'ils ont découvert sur ces années de guerre suite aux entretiens. Ils évoquent la "pilule amère" des partisans de gauche, envoyés en Algérie par un gouvernement socialiste qui a maintenu "une politique de guerre à outrance", ou les dernières scènes dans l'hôpital psychiatrique, "symbolique de la manière dont on a voulu enfouir" le passé...

L'Appât

Du commentaire audio et des 30 minutes d'entretien qui étaient inclus sur le DVD sorti en 2003, il ne reste que la bande annonce (1min 28 s - HD).

Capitaine Conan

Commentaire audio de Bertrand Tavernier et Guy-Claude François
Capitaine Tavernier
(24 min - HD)
Making-of (55 min - SD)
Entretien avec Stéphane Audoin-Rouzeau et Emmanuel Laurentin (40 min - SD)
Archives du décorateur Guy-Claude François (14 min - SD)
Scènes coupées (7 min - SD)
Bande-annonce (1 min 31 s - SD)

Le disque est identique à l'édition sortie en 2014.

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Ça commence aujourd'hui

Le film est accompagné des suppléments produits pour le DVD sorti en 2000.

Scènes inédites (11 min - SD)
Pour se replonger un peu dans le film et retrouver quelques moments coupés au montage (qu'on aperçoit, pour certains, dans le générique final).


Commentaire audio de Bertrand Tavernier
Malgré quelques silences, le réalisateur donne beaucoup de détails sur Ca commence aujourd'hui, un film sans autre intrigue qu'un homme à son travail. Il se souvient de l'implication de l'équipe qui s'est installée parmi les enfants plusieurs semaines avant le début des prises de vues, une troupe qui a su écouter et observer pour mieux se fondre dans un monde délaissé mais toujours solidaire. Tavernier explique avoir voulu éviter l'histoire d'un héros qui avance seul contre le monde entier, à l'américaine, mais plutôt montrer quelqu'un qui ne résout rien tout en remportant des victoires grâce au soutien des autres, une histoire où chaque camp a ses raisons, avec un personnage moteur qui peut aussi avoir tort et se tromper. Le cinéaste revient sur les petites histoires vécues qui ont inspiré le scénario, ne tarit pas d'éloges sur le casting partiellement amateur mais également composé de comédiens de théâtre peu connus comme Nathalie Bécu, que "la moitié des critiques français" a pris pour une habitante de la région. Tavernier explique ses choix de mise en scène, sa volonté de ne pas filmer malhonnêtement la pauvreté en montrant les démunis avec pudeur, distance et respect, notamment grâce au travail "en symbiose" d'Alain Choquart. Il évoque également la bureaucratie tatillonne, entre autres incarnée par Didier Bezace en Inspecteur d'Académie, qui rappelait à Tavernier le critique cinéma Jean-Michel Frodon du Monde, qui entretenait "le même genre de morgue et d'attitude supérieure"...


Ca commence comme un film (48 min - SD)
Le documentariste Nicolas Baulieu a suivi l'équipe de Ca commence aujourd'hui dans le Nord, observant comment "le passage des saltimbanques" a bouleversé la vie des habitants d'une région "à l'âme puissante" et le personnel de l'école maternelle où a été tourné le film. Loin du making-of classique focalisé sur la fabrication d'un long-métrage, ce supplément est un ressenti "en instantané" sur un quartier délaissé mais encore plein d'espoir, avec les témoignages d'une population en recherche de la dignité qui leur est refusée (il craignent que Tavernier peigne un tableau digne de Germinal), où l'abandon des institutions est criante par le manque de moyens alloués (le "manque de souplesse du système centralisé", comme le précise à Philippe Torreton le maire de Valenciennes de l'époque, un certain Jean-Louis Borloo). Torreton, par ailleurs témoin de "l'état de détresse" d'une population au chômage qui ne demande pourtant qu'à travailler, dans une région qui ne tient que grâce "au coeur des hommes". "Un film peut-il changer les choses ?", se demande-t-on. Au moment de l'émouvante présentation du film au gens du quartier, Bertrand Tavernier dit avoir souhaité montrer que cette situation devait bouger, même si "le chemin est encore long"... 


Interview de Bertrand Tavernier (48 min - HD)
Spécialement produit pour le Blu-ray sorti en 2018, un entretien du cinéaste par le critique Philippe Rouyer, plume de Positif ou chroniqueur du Cercle sur Canal+. Bertrand Tavernier parle de Ca commence aujourd'hui, un film dont il est "vraiment fier", par lequel il voulait "apprendre et comprendre" l'école maternelle, "l'un des oasis qui résiste" dans cette région oubliée de la République. Il raconte le dîner avec son gendre, directeur d'école, qui a titillé son imagination et captivé son instinct de réalisateur par les récits d'histoires vécues, le motivant à se lancer dans cette idée de film. Lorsqu'il découvre le Nord, ses vies modestes et de misère, le cerveau de Tavernier se met en marche, pense cinéma et mise en scène, comme un besoin irrépressible de raconter une vérité méconnue de son pays et, en même temps, un challenge de filmer les drames avec la juste distance (et sans doute aussi se confronter aux "prouesses" de Ken Loach). Tavernier évoque un tournage "prodigieusement enrichissant", porté par l'énergie d'un Philippe Torreton "passionnément investi" et l'"apport énorme" d'Alain Choquart. Il revient sur son équipe qui s'est fondue dans la vie de l'école, au point de s'y faire adopter, créant une atmosphère propice à l'improvisation. Il explique sa méthode de montage, parallèle au tournage, qui lui permet d'ajouter des scènes non prévues, et revient sur la musique de Louis Sclavis, "un homme merveilleux". Des propos qui sont parfois un peu redondants avec le commentaire audio. Enfin, avouons-le, nous aurions aimé davantage de propos sur la situation actuelle, comment cette région a évolué depuis la sortie du film, il y a vingt ans. Tavernier évoque très brièvement les politiques technocratiques, résume leur action au néant (le film est "encore plus actuel" et peut-être "encore plus urgent"), regrettant que les ministres de l'époque soient si déconnectés du réel : Lionel Jospin et Claude Allègre l'ont trouvé "trop noir", tandis que Christine Boutin semble avoir été un peu plus à l'écoute quelques années plus tard.

Laissez-passer

Commentaire audio de Bertrand Tavernier
Avec quelques petits silences, le réalisateur évoque Laissez-passer, un film qu'il a voulu "libre" et original, aux changements de ton inattendus. Il évoque l'influence de Robert Altman sur certains plans-séquence, ou les parti-pris de couleur utilisés entre un Paris plus sombre, proche du noir & blanc, et des scènes de campagne qui retrouvent une vivacité visuelle. Il explique la présence du papier craft sur les vitres, les nombreuses discussions sur la nourriture qui parsèment Laissez-passer, ou son admiration pour ces équipes de cinéma qui ont travaillé à l'époque dans des conditions de tournage "particulièrement éprouvantes". Il revient sur ses multiples hommages à Danièle Darrieux ("ma comédienne favorite de cette époque"), l'importance du vélo en ce temps-là ("quelque chose de sacré"), Jacques Gamblin, "un acteur exceptionnel", ou le film qui se termine "comme un murmure", par "une déclaration d'amitié"...



Choses vues sur un tournage de Bertrand Tavernier (76 min - SD)
Le documentariste Christophe Otzenberger a suivi le tournage de Laissez-passer, en 2001. Outre la bonne ambiance générale et la complicité de l'équipe nous sont montrés des moments de vie et de travail, succession de petits détails de la fabrication d'un film, montés sans commentaires : la conception d'un plan-séquence avec effets pyrotechniques qui oblige Tavernier à revoir sa mise en place ; les explications du cinéaste à ses acteurs pour affiner leur jeu et les resituer dans l'action ; la recherche des petits mots justes dans les dialogues, les appels téléphoniques au scénariste Jean Aurenche pour obtenir des exemples d'insultes historiquement crédibles à lancer aux allemands ; le fameux ingénieur du son Michel Desrois (dit "Tonton"), partenaire au long cours de Tavernier, qui réclame un plateau plus calme et sans bruits parasites pour mieux entendre le son ambiant, notamment celui de la pluie ("la poésie") ; Tavernier main dans la main avec sa 1ère assistante Valérie Othnin-Girard en train d'observer le moniteur "pour voir à quelle tête ressemble le plan, ça me fait rêver" ; la gestion des figurants dans une rue ou une gare, où un couple d'apprentis comédiens jouent des émotions en guise d'entretien d'embauche ; le dernier jour de tournage de Jacques Gamblin...


8 scènes coupées ou alternatives (10min - SD - 4/3)

Holy Lola

Commentaire audio de Bertrand Tavernier et Isabelle Carré
Un bon supplément où le réalisateur et son actrice évoquent non un film sur l'adoption mais "sur un couple qui adopte". Ils parlent de l'écriture et l'ambiance qu'a voulu transmettre Tavernier, notamment l'idée de ces français déstabilisés par le Cambodge, par certains lieux comme ce restaurant "un peu gênant" où des jeunes filles massent les crânes des hommes. Ils parlent du tournage dans l'ordre chronologique, des spectateurs souriants dans les rues, des plans "non répétés" dans l'orphelinat et du plaisir de jouer avec des enfants "parce qu'on ne s'occupe pas de soi", ou l'implication de Jacques Gamblin qui défendait sa vision du personnage auprès de la scénariste Tiffany Tavernier, voire réécrivait une partie de ses scènes...


Making of (74 min - SD)
"On fait aussi des films sur les films ?"... Non signé, sans crédits, mais visiblement réalisé par un cambodgien qui retourne dans son pays pour la première fois depuis longtemps, il s'agit d'un documentaire qui s'intéresse à la fabrication de Holy Lola côté coulisses, capté dans un réel exotique qui ne favorise pas toujours la simplicité de la logistique. On voit beaucoup d'interaction entre l'équipe et la population locale, les offrandes aux dieux pour demander la permission de filmer dans une maison ou pour que la journée de travail se passe bien, l'apprentissage de la langue, les jeux avec les orphelins, les pauses où Tavernier en profite pour se faire masser le crâne, s'acheter quelques T-Shirts au marché, ou est défié pour manger des insectes séchés ("moi je ne suis pas dans ce genre de truc!"), les stagiaires locaux qui apprennent les métiers du cinéma auprès des chefs de poste (comment bien tenir la perche, par exemple), l'assistant-réalisateur qui donne des indications aux figurants, la pluie simulée en pleine chaleur torride, les scènes jouées par le réalisateur Rithy Panh. Plusieurs témoignages évoquent avec émotion le régime des Khmers rouges, les déportations, les familles décimées. Intéressant et décousu à la fois.


Scènes coupées (5 min - SD)

La Princesse de Montpensier

Reprise des nombreux suppléments de l'édition 2011, à l'exception regrettable de "Bertrand Tavernier, cinéaste de toutes les batailles", réalisé par N.T. Bihn en 2010 pour la série documentaire "Empreintes" (France 5). Quel dommage de ne pas avoir pu inclure ce très beau portrait intime du réalisateur, qui aurait été un parfait complément de cette presque intégrale...

Commentaire audio de Bertrand Tavernier
Le réalisateur est captivant lorsqu'il analyse ses westerns de chevet, il l'est tout autant dans l'exercice du commentaire audio (nous sommes largement gâtés avec ce coffret). Tavernier revient sur La princesse de Montpensier, son "tournage exaltant" et son écriture passionnante dont il raconte les difficultés et les contournements, sa façon de combler les trous narratifs de la nouvelle de Madame de La Fayette, ou comment un décor (le château et le pont) a pu inspirer l'ajout d'une scène et la mise en place d'une séquence. Il n'est jamais avare en détails, relevant par exemple ces infimes nuances, ces petits gestes qui font tout le réalisme de l'époque contre l'impression de reconstitution. Ou son évocation du camp royal fabriqué "avec rien" et surtout sans effets spéciaux, mais qui paraît labyrinthique grâce au placement des tentes et la gestion des fumigènes ou des figurants. Il évoque le miraculeux cadreur Chris Squires, les plan épiques qui lui rappellent John Ford ou Kurosawa ("tout ce que j'aime au cinéma"), ou le "rôle capital" de Philippe Sarde, son écriture musicale très percussive, à la fois lyrique, violente et dynamique.

Interview de Didier le Fur (10 min - HD)
Le conseiller historique du film revient sur "le contexte assez délicat" d'une France divisée entre deux religions, dans un siècle encore ambigu où la liberté laisse peu à peu la place à "un début de pruderie". Il évoque le travail de Bertrand Tavernier pour replacer le personnage de Marie dans son époque, et non plus dans l'imaginaire du XVIIe siècle de la nouvelle de Madame de Lafayette. Il explique pourquoi la "vie fragile" et éphémère de l'époque (l'espérance de vie moyenne ne dépassait pas 40 ans) incite ces jeunes personnages à vivre "à plein", et analyse la scène de la nuit de noces, symbole du mariage comme marchandage, où le rôle principal d'une princesse est de faire des enfants. Il explique également la façon dont se font désormais les guerres à cette époque, davantage dans des corps à corps où les adversaires ne peuvent pas forcément se reconnaître. Des guerres plus seulement réservés aux seuls nobles, où l'on va gonfler les contingents dans les pays voisins - pour éviter de demander aux paysans nationaux qui pourraient, un jour, se retourner contre leur propre roi... Très instructif mais bien court !



Bertrand Tavernier, portrait en mouvement (59 min - HD)
A travers les témoignages de l'équipe et des images du tournage, Pierre-Henri Gibert dresse un très bon portrait du cinéaste, infatigable passionné, à l'énergie juvénile contagieuse, qui est sur un plateau à "l'endroit où il vit le plus complètement". Ce documentaire dissèque ses méthodes de travail, son improvisation organisée pour dépasser la simple reconstitution, comprendre l'espace et montrer l'homme dans son environnement ("un film un peu Fordien"), avec un éternel souci du détail historique, même s'il n'est pas à l'image. Il a un "rapport passionné" avec les acteurs, "des compagnonnages d'amitié" qui lui permettent de se projeter dans ses scènes, en recherche permanente d'émotions pour dépasser son introspection naturelle. Une personnalité très attachante, riche et curieuse, à la soif d'apprendre intarissable ("en tournant, je fais mon éducation").


Rencontres de cinéma (21 min - SD)
Mélanie Thierry et Raphaël Personnaz, la grande révélation du film, sont les invités de Laurent Weil dans cette émission diffusée sur Canal+ quelques jours avant la sortie du film. Ils évoquent leur arrivée sur le projet, leur appropriation des dialogues, du phrasé, des personnages, Personnaz retrouvant le "sens historique" du Duc d'Anjou, souvent caricaturé, en faisant de sa sophistication sa carapace. Ils reviennent sur l'aspect "résolument moderne" qui fait disparaître le "pompeux" du film d'époque, et la mise en scène de Tavernier, "dans un état d'alerte permanent". Malgré l'impératif de la promotion, des propos intéressant sur l'approche des acteurs à leurs rôles.

Quai d'Orsay

Commentaire audio de Bertrand Tavernier
Encore un moment passionnant avec le réalisateur qui explique la façon dont il a reconstruit le scénario de Quai d'Orsay en modifiant la bande-dessinée originale, comment sa mise en scène en traduit la folie. Il évoque le tournage dans le vrai Quai d'Orsay, les autorisations "arrachées" durant certains weekends. Il est dithyrambique concernant le casting : "la rencontre formidable" avec Nils Arestrup, la conviction du jeu de Thierry Lhermitte qui "ne joue jamais comique", les ruptures de ton de François Perrot ("une merveille"). Peut-être moins dense qu'à l'habitude,Tavernier n'en est pas moins très généreux avec les anecdotes et les explications sur ses intentions par rapport au résultat.



A bord du Quai d'Orsay (91 min - HD)
Un bon making-of qui balaye en 14 chapitres de très nombreux aspects de la production, de l'adaptation de la BD ("une image juste du Quai d'Orsay") au tournage dans les locaux de l'ONU, à New York. Bertrand Tavernier a renouvelé une grande partie de son équipe et se sent presque "refaire un premier film". Très à son aise, "complètement dans le plaisir du travail", il est "un petit enfant de 70 ans" qui sait donner envie. Le documentaire capte un peu de l'ambiance des plateaux où "il se passe des choses entre les gens", fourmilière de petites mains coordonnées par un chef d'orchestre, toujours pédagogue, qui nous raconte les mille et une choses qui font la fabrication d'un film : trouver la vie dans l'écriture de dialogues très techniques et très écrits ; la longue préparation (et les répétitions) pour "débroussailler beaucoup de choses" et ensuite tourner vite ; le soin apporté aux décors réalistes, la précision des accessoires, des costumes ; les raccords entre les décors des grandes salles du Quai d'Orsay, les petits couloirs tournés dans un autre lieu et les bureaux reconstitués en studio ; la rapidité du directeur photo Jérôme Alméras qui a dû se confronter à "l'impatience charmante" du cinéaste... Déjà bien dense et pourtant bien trop court !



Bande-annonce (1 min 47 s - HD)

En savoir plus

L'horloger de Saint-Paul

Taille du Disque : 27 971 526 742 bytes
Taille du Film : 25 227 141 120 bytes
Durée : 1:45:02.291
Total Bitrate: 32,02 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 26,90 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 26904 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1569 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1657 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 27,603 kbps

Que la fête commence

Taille du Disque : 37 203 762 473 bytes
Taille du Film : 29 987 911 680 bytes
Durée : 1:59:18.791
Total Bitrate: 33,51 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29991 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1785 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 43,282 kbps

Le Juge et l'assassin

Taille du Disque : 37 416 373 243 bytes
Taille du Film : 33 517 473 792 bytes
Durée : 2:06:46.333
Total Bitrate: 35,25 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,96 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29964 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1561 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1674 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 33,847 kbps

Des enfants gâtés

Taille du Disque : 23 617 540 001 bytes
Taille du Film : 23 410 397 184 bytes
Durée : 1:54:37.041
Total Bitrate: 27,23 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 23,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 23996 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1801 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)

La Mort en direct

Taille du Disque : 33 097 501 831 bytes
Taille du Film : 32 879 984 640 bytes
Durée : 2:10:18.000
Total Bitrate: 33,65 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,91 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29991 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1926 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 24,324 kbps

Une Semaine de vacances

Taille du Disque : 34 025 835 023 bytes
Taille du Film : 28 997 240 832 bytes
Durée : 1:43:17.500
Total Bitrate: 37,43 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29999 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1886 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
* Audio: German / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1562 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 1536 kbps / 16-bit
Subtitle: French / 42,463 kbps
* Subtitle: English / 33,967 kbps
* Subtitle: German / 38,547 kbps

Coup de torchon

Taille du Disque : 40 442 656 823 bytes
Taille du Film : 32 354 961 408 bytes
Durée : 2:08:39.583
Total Bitrate: 33,53 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29991 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1804 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 39,032 kbps

Un Dimanche à la campagne

Taille du Disque : 27 287 142 445 bytes
Taille du Film : 26 403 624 960 bytes
Durée : 1:34:16.208
Total Bitrate: 37,34 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,97 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29975 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1645 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1652 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1712 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 27,906 kbps

La Vie et rien d'autre

Taille du Disque : 36 993 411 085 bytes
Taille du Film : 34 245 390 336 bytes
Durée : 2:11:21.080
Total Bitrate: 34,76 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,55 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29554 kbps / 1080i / 25 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1567 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1612 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 34,111 kbps

L.627

Taille du Disque : 42 530 505 621 bytes
Taille du Film : 40 704 964 608 bytes
Durée : 2:26:21.000
Total Bitrate: 37,08 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,98 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29980 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1562 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
* Audio: German / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1562 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 1536 kbps / 16-bit
Subtitle: French / 44,067 kbps
* Subtitle: English / 32,454 kbps
* Subtitle: German / 46,050 kbps

La Guerre sans nom

Taille du Disque : 47 012 870 914 bytes
Taille du Film : 46 886 436 864 bytes
Durée : 4:06:33.666
Total Bitrate: 25,35 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 21,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 21997 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1824 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 55,983 kbps
* Subtitle: German / 60,536 kbps
* Subtitle: English / 52,391 kbps

L'Appât

Taille du Disque : 30 103 550 284 bytes
Taille du Film : 29 629 360 128 bytes
Durée : 1:57:01.958
Total Bitrate: 33,76 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29999 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2022 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 29,688 kbps

Capitaine Conan

Taille du Disque : 42 247 876 561 bytes
Taille du Film : 31 749 611 520 bytes
Durée : 2:12:21.833
Total Bitrate: 31,98 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 24,42 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 24426 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 1995 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1736 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1676 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 34,405 kbps

Ça commence aujourd'hui

Taille du Disque : 45 914 247 688 bytes
Taille du Film : 33 296 959 488 bytes
Durée : 1:58:17.333
Total Bitrate: 37,53 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29995 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2009 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
* Audio: German / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1563 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 1536 kbps / 16-bit
Subtitle: French / 34,547 kbps
* Subtitle: English / 29,399 kbps
* Subtitle: German / 36,092 kbps

Laissez-passer

Taille du Disque : 45 992 739 398 bytes
Taille du Film : 41 572 349 952 bytes
Durée : 2:50:21.500
Total Bitrate: 32,54 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 23,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 23993 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 2388 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 1536 kbps / 16-bit
* Audio: German / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 2386 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 39,669 kbps
* Subtitle: English / 34,919 kbps
* Subtitle: German / 54,524 kbps
Subtitle: French / 0,209 kbps
* Subtitle: German / 1,876 kbps

Holy Lola

Taille du Disque : 38 038 577 757 bytes
Taille du Film : 34 712 973 312 bytes
Durée : 2:10:02.833
Total Bitrate: 35,59 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29997 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2016 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 1536 kbps / 16-bit
Subtitle: French / 35,478 kbps

La Princesse de Montpensier

Taille du Disque : 48 114 604 587 bytes
Taille du Film : 41 697 275 904 bytes
Durée : 2:19:37.791
Total Bitrate: 39,82 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29998 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2022 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3791 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 1536 kbps / 16-bit
Subtitle: French / 25,578 kbps
* Subtitle: English / 26,457 kbps

Quai d'Orsay

Taille du Disque : 46 413 387 258 bytes
Taille du Film : 30 567 942 144 bytes
Durée : 1:53:54.708
Total Bitrate: 35,78 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 26,15 Mbps
Video: VC-1 Video / 26154 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / Advanced Profile 3
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1563 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 1705 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1720 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2077 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 42,848 kbps
Subtitle: English / 35,717 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 29 novembre 2021