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Personnalités

Billy Wilder

Billy Wilder

Biographie

Billy Wilder est né en 1906, dans une possession polonaise de l’Empire austro-hongrois. Installé très jeune à Vienne, il y travaille dans le journalisme, en écrivant en particulier des critiques de films. Il émigre à Berlin en 1926, où il diversifie ses activités journalistiques. De plus en plus attiré vers le cinéma, il commence à trainer sur les plateaux, rédige des scénarios (sans en être crédité) et participe en 1929 au tournage en amateur d’un film devenu mythique, Menschen am Sonntag (Les Hommes le dimanche), auprès de Robert Siodmak.

Wilder fuit le nazisme en venant s’installer en France en 1933, à Paris. En compagnie d’Alexandre Esway, il tourne son premier film, Mauvaise graine, avec la jeune Danielle Darrieux, puis il est contacté à Hollywood (l'un de ses scénarios, emporté par le réalisateur Joe May, a attiré l’attention). Avant même la sortie de son premier film, il part et deviendra vite un scénariste sous contrat à la Paramount. Il y rencontre Charles Brackett, avec lequel il va former un tandem de luxe : Bluebeard’s Eighth Wife (La Huitième femme de Barbe-Bleue, Ernst Lubitsch), Ninotchka (Ernst Lubitsch), Midnight (La Baronne de minuit, Mitchell Leisen) ou encore Ball of Fire (Boule de feu, Howard Hawks) témoignent de leur inspiration. La voie est toute tracée : en 1942, le tandem signe le premier scénario d’un film Paramount de... Billy Wilder The Major and the Minor (Uniformes et jupons courts).

Wilder va passer plus de dix ans à la Paramount, l’un de ses films y gagnera l’Oscar du meilleur film, et il ira ensuite de studio en studio, passant également 13 ans à tourner des films pour la Mirisch Company. Sa carrière, qui va des années 1930 en France à 1981 aux Etats-Unis, est longue, et symboliquement semble presque accompagner toute l’histoire des grands studios. Doté d’un talent inné pour la comédie, ce cinéphile acharné passé de l’autre côté du miroir était un metteur en scène exigeant, aimant le travail soigné et rigoureux; un dialoguiste-scénariste surdoué dont le texte devait être respecté à la virgule près. C’était aussi un homme qui savait s’entourer, de sa rencontre  avec Charles Brackett jusqu’à la collaboration avec I. A. L. Diamond sur ses derniers films, en passant par son long partenariat avec Alexandre Trauner, ou encore les acteurs William Holden (4 films), Walter Matthau (3 films) et surtout Jack Lemmon (7 films).

Ayant traversé le siècle des débuts du parlant jusqu’à la fin des grands studios, Wilder est un peu le chaînon manquant entre les Lubitsch, Hawks, ou Mankiewicz d’un côté et le Nouvel Hollywood des années 80 et 90, dont certains, Cameron Crowe en tête, se réclameront humblement de son héritage. Ses films, notables pour la précision maniaque de leur mise en scène, sont peuplés d’humains portés sur le mensonge et la dissimulation, d’êtres exceptionnels et mythologiques (héros populaires, militaires, détectives, avocats géniaux, etc…) et de médiocres, le plus souvent américains. Les cibles de Billy Wilder seront justement souvent la culture américaine, ses médias, aussi bien la presse que le cinéma, mais aussi le capitalisme triomphant et carnassier. Ses films se veulent aussi un reflet fascinant de la culture populaire contemporaine, soit de la création du film, soit de l’époque à laquelle il se déroule. Wilder utilise les dialogues pour montrer l’évolution culturelle et langagière, mais aussi, comme Mankiewicz, pour en dénoncer parfois l’appauvrissement...

Ayant d’une certaine façon réalisé son rêve américain, Billy Wilder meurt en 2002 en Californie, 21 ans après son ultime film, non sans avoir un temps caressé l’espoir d’en tourner un 27ème...

Films chroniqués sur DVDClassik

En savoir plus

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Critique livre : Billy Wilder de Patrick Brion

Entretien avec Michel Ciment et N.T. Binh

La fiche IMDb

Informations

Naissance : 22 juin 1906
Décès : 27 mars 2002
Pays : Pologne
Métiers : scénariste, réalisateur, producteur

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