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Test dvd

Werner Herzog Volume 1 - 1962/1974

DVD - Région 2
Potemkine
Parution : 4 / 11 / 2014

Image

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Hérakles : Pas de miracle, l'image est le reflet des sources ; qu'il s'agisse des plans de culturisme ou des images d'archives, la définition est très moyenne et les rayures sont nombreuses. Mais il parait difficile d'espérer mieux pour ce premier film.

La Défense sans pareil de la forteresse Deutschkreutz : Pas de défauts de pellicule à relever, l'image est correctement contrastée et définie, il est sans doute difficile d'obtenir mieux vu les conditions de production.

Signes de vie : Une belle surprise. La copie d'origine est en excellent état, n'offrant que très peu de défauts. Définition remarquable, beaux contrastes, on notera juste quelques blancs brûlés mais qui ne gênent pas dans un très bel ensemble.

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Les Nains aussi ont commencé petit : Dans l'ensemble, un très beau noir & blanc, bien défini. Certains extraits dans les bonus montrent la qualité de la restauration présentée ici, où ne subsistent que très peu de défauts. Les séquences d'intérieur révèlent quelques blancs brûlés, mais rien de gênant.

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Aguirre, la colère de Dieu (proposé en DVD et en Blu-ray) : Une très belle copie, sans défaut notable, respectant les couleurs d'origine, avec un rendu très cinéma. Compte tenu des conditions de tournage, une image parfaitement satisfaisante.

Derniers mots : Très belle définition, contrastes remarquables, une réussite qu'on n'espérerait pas forcément sur ce type de film.

Mesures contre les fanatiques  : Belle tenue des couleurs, aucun défaut de pellicule, une image tout à fait satisfaisante.

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Pays du silence et de l'obscurité : Si le rendu est globalement correct, on notera que la définition est par moments moins précise, sans doute en raison du tournage en caméra à l'épaule.

Avenir handicapé : On ne peut ignorer qu'on regarde un reportage télévisé des années 70, mais le rendu général est plus qu'acceptable.

Fata Morgana : Des couleurs éclatantes, aucun défaut de pellicule, très belle définition, même si on remarque quelques traces ponctuelles de Edge Enhancement. On regrettera juste de ne pas pouvoir en profiter en haute-définition.

La Grande extase du sculpteur sur bois Steiner : Le rendu diffère selon les sources ; les images issues de retransmission télé sont bien évidemment moins définies, voire brouillées par moments ; le reste, soit l'essentiel du film, est globalement de belle tenue, même si on note une baisse de définition sur les plans d'envol tournés en haute-vitesse.

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L'Enigme de Kaspar Hauser : La définition et le rendu des couleurs sont globalement satisfaisants, même si ce n'est pas la plus belle image du coffret. Toutefois, certains plans brumeux en basse luminosité, comme l'ouverture au ton très romantique, mettent l'encodage à rude épreuve.

Son

Hérakles : Un mono d'origine étouffé mais qui reste audible.

La Défense sans pareil de la forteresse Deutschkreutz : Mono d'origine non restauré, un peu de souffle, mais rien de vraiment gênant.

Signes de vie : Le 5.0 donne une certaine ampleur à la musique, pour le reste dialogues et bruits restent concentrés sur les voies avant. Si on remarque une très légère saturation durant la scène du piano, l'ensemble est très agréable à l'oreille.

Derniers mots : Un 2.0 souvent chuintant et tendant à saturer, mais globalement audible.

Mesures contre les fanatiques  : Un peu de souffle de temps en temps, mais sinon un mono très correct.

Les Nains aussi ont commencé petit : Un peu de souffle ponctuel, mais dans l'ensemble un mono de bonne tenue.

Aguirre, la colère de Dieu (proposé en DVD et en Blu-ray) : Le DTS multi-canaux bénéficie surtout à la musique qui prend une ampleur notable. On note aussi des bruits d'ambiance sur les voies arrière, mais on n'en ressort pas avec une impression de trahison, la couleur sonore du film est respectée, ce qui est l'essentiel. La VF 2.0 est bien évidemment plus ramassée, mais très claire et agréable à l'oreille. 

Pays du silence et de l'obscurité : Un mono correct, sans saturation.

Avenir handicapé : Un mono clair, sans défaut notable.

Fata Morgana : Un mono clair, où la voix off se distingue nettement, mais qui manque légèrement d'ampleur dans les passages musicaux, notamment dans la première partie.

La Grande extase du sculpteur sur bois Steiner : Un mono basique, sans éclat ni défauts particuliers. Précisons que certains sous-titres semblent manquer et qu'ils ne sont pas exempts de coquilles.

L'Enigme de Kaspar Hauser : Un souffle quasi-constant, avec des craquements ponctuels - et on ne parle pas de l'enregistrement ancien en ouverture du film. Cela n'empêche pas les dialogues d'être clairement audibles, mais de tout le coffret c'est la piste son la moins restaurée. La VF est au contraire exempte de souffle, mais sa sonorité est très artificielle, avec des dialogues bien trop détachés. À déconseiller donc.

Suppléments

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Présentation de Hérakles (3 min 36) : Hervé Aubron montre que le premier court-métrage de Werner Herzog contient déjà en germes l'essentiel de l'oeuvre à venir du cinéaste : la porosité de la frontière entre fiction et documentaire, la rencontre d'une réflexion sur les origines de la civilisation et sa fin, mais aussi un certain humour qui n'est pas souvent souligné.

Présentation de Signes de vie (4 min 19) : Hervé Aubron établit un parallèle entre la situation des personnages du film et celle de l'équipe de tournage : il montre ainsi que cette première fiction de Herzog s'interroge déjà sur le langage, l'impossibilité à communiquer, la solitude de celui dont les "signes de vie" ne sont pas compris. Il explique également que le choix de situer son film durant la Seconde Guerre mondiale différencie Herzog de la majorité du Nouveau Cinéma Allemand, Wenders en tête.

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Présentation des Nains aussi ont commencé petits (4 min 31) : Après avoir évoqué l'accueil très frais reçu par le film, Hervé Aubron montre qu'il ne s'agit en rien d'une provocation à la petite semaine et renvoie dos à dos les interprétations qui en ont été faites : pour lui, le film se situe au-delà de la notion d'allégorie.

Commentaire audio de Werner Herzog : Un commentaire mené par le journaliste Norman Hill, avec la participation de Crispin Glover, qui venait alors de sortir son premier film, What Is It ?, influencé par Herzog. Le cinéaste revient en détail sur le tournage, la réception du film et ses méthodes de travail en général. Passionnant.

Rencontre avec des personnes de petite taille après la projection du film (9 min 10) : Visiblement choqués par le film, sans doute autant par l'utilisation des personnes de petite taille que par son fond propre, ces spectateurs s'interrogent sur la représentation du nain à l'écran et fustigent le cliché "nain = surnaturel". L'un des intervenants évoque un épisode de CSI devant lequel, pour la première fois, il n'a pas ressenti de gène. Une autre parle de Joséphine, ange gardien comme d'une date dans la représentation des nains à l'écran. Au final, le sens du film de Herzog n'est que très peu discuté, sans doute le bonus le plus dispensable du coffret.

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Présentation d'Aguirre (6 min 01) : En le comparant à Fitzcarraldo, Hervé Aubron montre comment Aguirre réussit l'association entre le gigantisme carnavalesque et le minimalisme quasi abstrait. Il souligne également la vision de la nature comme espace de mort, un thème fétiche de Herzog.

Commentaire audio de Werner Herzog : Le commentaire prend la forme d'une conversation détendue entre le journaliste Norman Hill et Werner Herzog. Le cinéaste n'est pas avare d'anecdotes et évoque avec humour l'écriture du scénario dans un bus rempli de footballeurs ivres - dont l'un a vomi sur sa machine à écrire -, ainsi qu'un tournage qu'on sait difficile. Un supplément très agréable et instructif.

La Surréalité - Entretien avec Pierre-Henri Deleau (21 min 58) : Le fondateur de la Quinzaine des Réalisateurs commence par retracer la longue route de l'acceptation du cinéma de Herzog à Cannes - Signes de vie jugé trop austère, Les Nains... qualifié de film fasciste... il faudra attendre le succès public d'Aguirre. Il explique ensuite en quoi Herzog n'est pas un réalisateur surréaliste, mais un cinéaste de la surréalité, qui filme au-delà de ce que l'on voit. Proche de Herzog, il raconte de nombreuses anecdotes, comme celle de la recherche du joueur de flute de pan dans Aguirre, ou encore les tentatives de Herzog pour parvenir à l'hypnotiser. 

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Présentation de Fata Morgana (4 min 27) : D'entrée de jeu, Hervé Aubron récuse la qualification de film trip, et montre que le désert filmé par Herzog n'a rien d'un espace rédempteur pour hippies en quête de sagesse ; au contraire, il se rattache à l'un de ses principaux thèmes : s'agit-il du désert des origines, ou de celui d'après la fin du monde ?

Commentaire audio de Werner Herzog sur Fata Morgana : Le cinéaste retrouve Norman Hill et Crispin - et non Christian comme l'indiquent les sous-titres - Glover. Herzog explique que le projet prend sa source dans un scénario de science-fiction où des aliens débarquaient sur une planète quasi inhabitée se révélant être la Terre. Comme toujours, il revient en détails sur les conditions de tournage du film, et nous ne pouvons qu'être captivés.

Herzog et le cinéma allemand : Entretien avec Noël Simsolo (21 min 35) : Après avoir retracé l'histoire de la découverte du cinéma de Werner Herzog, en grande partie grâce à la Quinzaine des Réalisateurs, au sein d'un cinéma allemand au seuil de sa renaissance, Noël Simsolo démontre en quoi Herzog est un cinéaste fondamentalement allemand. Alors qu'on a l'image d'un Herzog cinéaste mondial et globe-trotter, il explique son besoin fondamental de revenir régulièrement à sa terre d'origine. Il montre également en quoi sa nature de mystique non-religieux le rattache à la culture allemande. Un entretien passionnant.

Présentation de La Grande extase du sculpteur sur bois Steiner  (5 min 04) : Hervé Aubron souligne l'importance de ce court-métrage mal connu dans l'oeuvre de Herzog, et montre ses nombreux liens avec le reste de sa filmographie ; il souligne encore une fois l'humour du cinéaste qui endosse le rôle du commentateur, paradoxe pour un cinéaste qui se méfie de la parole tout en faisant un usage fréquent de la voix off.

Présentation de Pays du silence et de l'obscurité (4 min 56) : Hervé Aubron commence par évoquer les accusations de manipulation auxquelles Herzog a comme souvent dû faire face ; de fait Herzog fictionalise ses documentaires, et ça ne plait pas à tout le monde. Hervé Aubron montre comment Fini préfigure Kaspar Hauser en tant que personnage non pollué par les signes du monde extérieur, ce qui fascine Herzog - leurs voix ont d'ailleurs tendance à se ressembler.

digipack 5

Présentation de Kaspar Hauser (6 min 05) : Hervé Aubron montre que ce film, s'il fait suite à Aguirre, en prend totalement le contrepied, d'une part en ce qu'il constitue un retour à l'Allemagne, sa terre, son histoire et sa culture, d'autre part car Kaspar Hauser représente un défi permanent au langage là où Aguirre s'en servait comme d'une arme. Il souligne également qu'il se rattache à d'autres thèmes de Herzog, dont l'obsession du désert.

Commentaire audio de Werner Herzog : A nouveau interrogé par Norman Hill, Werner Herzog revient en détails sur l'histoire de Kaspar Hauser, sur les libertés ponctuelles prises avec les faits réels, ainsi que sur son travail avec Bruno S. Encore une fois, un commentaire très intéressant.

livrets

Livret : le livret s'ouvre sur un texte d'Emmanuel Burdeau, "Werner Herzog le premier", qui développe des thèmes traités ailleurs dans les suppléments et qui constitue une bonne introduction au visionnage de ce coffret. Il comprend également une présentation du contenu de ce premier volume. Le tout est illustré de très nombreuses et souvent splendides photos de tournage.

Livret Aguirre : ce livret comprend "Combien de fois dans le même fleuve", un texte d'Emmanuel Burdeau sur Aguirre, ainsi qu'un long extrait des entretiens accordés par Werner Herzog à Emmanuel Burdeau et Hervé Aubron - on ne saurait trop vous encourager à lire son intégralité, publiée chez Capricci. De très belles photos de tournage illustrent le tout.

Par Franck Suzanne - le 18 novembre 2014

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