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Test dvd

Werner Herzog Volume 2 - 1976/1982

DVD - Région 2
Potemkine
Parution : 5 / 5 / 2015

Image

digipack 1 (1 dvd)

Coeur de verre : Issue d'une belle copie, l'image ne présente pas de défaut notables, et la définition et la tenue des couleurs sont très satisfaisantes. La compression montre parfois ses limites lors de certaines scènes en basse lumière, ou par exemple sur les plans de nuages en mouvement, mais cela reste très ponctuel.

digipack 2 (1 dvd)

Personne ne veut jouer avec moi : Définition moyenne et persistance de bruit numérique, l'image de ce film reste inférieure à l'ensemble des courts présentés dans cette collection, mais reste regardable. 

How Much Wood Would a Woodchuck Chuck : Une définition correcte, un grain très naturel, pas de défaut de compression notable, bref une image très agréable. 

La Soufrière : Compte tenu des conditions de tournage chaotiques, l'image est plutôt satisfaisante, même si on note des poussières, et des variations de couleur. On observe aussi quelques défauts de compression dans les plans de ciel, mais rien de très génant. 

Fric et foi : À l'exception des plans directement issus de l'émission, bien évidemment de faible qualité, l'ensemble est satisfaisant, que ce soit au niveau de la définition ou de la tenue des couleurs.

digipack 3 (1 dvd)

La Ballade de Bruno : L'image est correcte, même si la définition est moyenne ; on note aussi du bruit numérique et quelques soucis de compression dans les arrière-plans. Un rendu global qui reste inférieur aux autres films du coffret. 

digipack 4 (1 dvd)

Nosferatu, fantôme de la nuit : Une belle copie, sans défaut, avec une belle tenue des couleurs, même si ces dernières s'avèrent peu nombreuses. La définition, assez douce, est fidèle à l'image d'origine. En revanche, on note une poignée de plans bruités, à la définition minimale - la plupart sont des plans tournés en ralentis. A noter que, comme de nombreux films des années 30, le Nosferatu d'Herzog a été tourné deux fois, l'une en allemand, l'autre en anglais - cette dernière devant servir de base à la version internationale, celle disponible en France jusqu'à présent. Toutefois, certaines scènes coûteuses n'ont été tournées qu'en anglais. Les deux versions offrent quelques différences, parfois très subtiles : dialogues déplacés, différents angles de caméra... Potemkine nous permet donc de découvrir aujourd'hui cette version allemande sans recourir à l'import.

digipack 5 (1 dvd)

Woyzeck : Une copie sans défauts, aucune poussière, belle définition, couleurs impeccables et un grain assez doux, un très bel ensemble. 

digipack 6 (1 blu-ray + 1 DVD)

Fitzcarraldo : Il s'agit sans doute de la meilleure édition du film à ce jour : copie sans défauts, parfaitement nettoyée, belle tenue des couleurs, définition remarquable sur les gros plans. On notera juste quelques plans en basse lumière plus bruités et moins bien définis, mais ils ne sont qu'une poignée, l'ensemble est tout à fait satisfaisant. 

Son

Coeur de verre : Un mono clair dans l'ensemble, mais on observe quelques craquements et une tendance à la saturation sur les passages musicaux. La VF s'en sort mieux, mais on ne conseillera pas pour autant l'abandon de la version allemande. 

Personne ne veut jouer avec moi : Mono d'origine clair, sans parasite ni souffle.

How Much Wood Would a Woodchuck Chuck : Mono clair, sans défaut notable.

La Soufrière : Un mono correct, dans lequel la narration de Werner Herzog est privilégiée.

Fric et foi : Tout comme La Soufrière, un mono clair, sans souffle, précis. 

La Ballade de Bruno : Une piste son inférieure à la moyenne du coffret : un souffle persistant, surtout notable dans les passages musicaux, des dialogues chuintants, et dans l'ensemble une sonorité presque agressive. 

Nosferatu, fantôme de la nuit : Le remix 5.1 apporte une légère ouverture sur la musique, mais ça reste très léger, en revanche les dialogues sont nettement plus présents sur le mono d'origine, on conseillera plutôt d'opter pour cette dernière piste. 

Woyzeck : Un mono clair et dynamique où les dialogues se détachent nettement, aucun défaut à noter.

Fitzcarraldo : Un mono clair sur la version anglaise, sans souffle, où tous les dialogues se détachent nettement. La VF est nettement moins dynamique, et certaines voix sont même un peu chuintantes. On note aussi du souffle et des craquements ; cette piste n'a sans doute jamais été nettoyée, au contraire de la VA. 

Suppléments

digipack 1

Présentation de Coeur de verre (3 min 05) : Olivier Bitoun, que les lecteurs de DVDClassik connaissent bien, résume en trois minutes tout ce qu'il y a à savoir avant d'aborder le film : les origines bavaroises de Werner Herzog, l'inspiration du berger Hias et du cinéma de Jean Rouch ainsi que la raison du tournage sous hypnose. Un module nécessaire, tant Coeur de verre est sans doute l'une des oeuvres les plus cryptique d'Herzog.

Commentaire audio (stf) : Interrogé par Norman Hill, Herzog parle longuement de l’hypnose, de la façon dont il a dirigé les acteurs en y faisant appel. Il évoque la Bavière, son folklore et ses paysages, l’enfance pauvre et heureuse qu’il y a menée. Assez loquace, il parle avec facilité de lui et de sa façon de penser ses films, comme par exemple la manière dont il attend qu’une oeuvre s’impose à lui dans son entier et qu’alors seulement il la couche sur papier, d’un jet, dans l’urgence, écrivant ainsi généralement ses scénarios en cinq, six jours. Ceux-ci sont conçus comme des œuvres littéraires, presque autonomes au film, Herzog se considérant avant tout comme un conteur. Le tournage est par la suite ouvert à l’improvisation et le cinéaste raconte de nombreuses anecdotes sur celui de Cœur de verre, le travail sous hypnose étant un terrain propice pour les histoires les plus singulières !

digipack 2

Présentation de How Much Wood a Woodchuck Chuck ( 3 min 07) : Hervé Aubron montre qu'à l'opposé de son image de mégalomane, Werner Herzog excelle dans les films d'apparence modeste, et explique que ce qui pourrait n'être qu'une curiosité touristique illustre ses principaux thèmes, dont la confrontation entre l'archaïsme et la modernité.

Présentation de La Soufrière (4 min 29) : Hervé Aubron décrit La Soufrière comme un film "emphatique et ironique", et explique son importance dans la carrière d'Herzog. Situé entre les premiers succès et "la catastrophe organisée" qu'est Fitzcarraldo, La Soufrière, film sur un désastre qui n'arrive pas et où l'agitation des cinéastes est rendue vaine par l'attitude des ermites restés sur l'île, est un canevas de tous les films à venir.

Werner Herzog à la Cinémathèque française (26 min 08) : le 17 novembre 2014, Werner Herzog a donné une master class à la Cinémathèque française. Interrogé par Serge Toubiana, il revient en détail sur l'expérience de La Soufrière et son rapport à l'hypnose et aux rêves. Il précise qu'il ne cherche pas à affronter le danger, et que chaque film impose ses conditions de tournage - à ce propos, il explique que si son projet en film IMAX sur les volcans se concrétise, il utilisera sans doute des drones. Un entretien presque trop court, chaleureux et empli d'humour.

Présentation (2 min 32) : Olivier Bitoun rattache ce film à La Ballade de Bruno et Le Sermon de Huie dans ce qu'il nomme la trilogie de la croyance : en traitant à la fois de la croyance religieuse et de la foi en la réussite financière, sans commentaire ni intervention, Werner Herzog réussit sans en avoir l'air une critique virulente du télévangélisme en laissant le prédicateur s'exprimer et afficher ses contradictions. 

digipacK 3

Présentation de La Ballade de Bruno (5 min 24) : Hervé Aubron rappelle brièvement les origines tragiques de Bruno S., explicite les nombreuxx points communs entre l'acteur et son personnage, avant de souligner la singularité de La Ballade de Bruno, seul film de Herzog à être en partie ancré dans la réalité allemande de l'époque ; il évoque même un "mélo à la Fassbinder". La deuxième partie se rapproche plus du Herzog des années 70, qui filme l'Amérique comme un terrain vague, un paysage d'après l'apocalypse.

Commentaire audio par Werner Herzog : Dans ce commentaire, mené par Norman Hill, Herzog parle essentiellement de l’histoire de Kaspar Hauser et de la vie de son interprète, Bruno S. Mais il évoque aussi l’influence de Klaus Wyborny, un cinéaste d’avant-garde allemand qui l’a aidé pour les scènes de rêve du film et, plus généralement, de tous ceux qui ont marqué sa vie, artistes, sportifs ou acteurs, Bruno S. et Klaus Kinski en tête.


Bruno S. - Estrangement is Death (1h27) : En 2003, Miron Zownir retrouve Bruno S; dans son minuscule appartement et en dresse le portrait. Il raconte sa terrifiante enfance dans les hoîtaux et orphelinats du IIIe Reich, sa vie d'ouvrier, de peintre et de musicien de rue, sa courte expérience du cinéma - il n'a reçu aucune proposition après les deux Herzog - mais surtout lui laisse très largement la parole. Un voyage au coeur de la pensée d'une personnalité hors normes, dans tous les sens du terme.

digipacK 4

Présentation de Nosferatu (4 min): Après un rappel sur le Nosferatu de Murnau, adaptation illégale de Bram Stoker devenue littéralement objet de culte, Hervé Aubron explicite les raisons ayant poussé Herzog à s'attaquer à un remake très fidèle d'un tel monument ; il le voit comme une volonté d'arracher cet emblème de l'expressionnisme allemand à son statut d'oeuvre pré-IIIe Reich, et de se le moderniser pour se le réapproprier, comme il l'avait fait avec le romantisme dans Coeur de verre.

Commentaire audio de Werner Herzog,(stf)  Werner Herzog évoque le tournage de Nosferatu, son budget très conséquent dans le cadre d'une production allemande; le soin apporté à la reconstitution, Klaus Kinski et l'ensemble de la distribution. Assez disert, il fait très bien passer l’importance que revêtait pour lui à l'époque ce projet visant à créer un pont entre le cinéma allemand des années 20 et celui qui lui était contemporain.

digipacK 5

Présentation de Woyzeck (2 min 46)  : Olivier Bitoun commence par souligner que Woyzeck n'est pas le film le plus accessible de Herzog, mais est l'un des plus importants. Après avoir rappelé l'histoire de cette pièce inachevée et les conditions d'un tournage très rapide, il montre comment Woyzeck se rattache aux autres personnages de Herzog en lutte pour trouver un sens à l'existence.


Werner Herzog Eats his Shoe (19 min 29) : Lorsqu'il rencontra Errol Morris, alors apprenti cinéaste, Werner Herzog lui dit qu'il n'aurait jamais le cran de tourner un film, mais que s'il y arrivait, il mangerait sa chaussure. À l'occasion de la projection de Gates of Heaven, Les Blank film Werner Herzog honorant son pari. Au-delà d'une nouvelle preuve de l'humour du cinéaste, un manifeste encourageant les jeunes réalisateurs à se lancer.

digipacK 6

Présentation de Fitzacarraldo (4 min 40) : Après avoir rappelé que Fitzcarraldo marque une rupture dans la carrière d'Herzog en ce sens qu'il lui vaudra une longue traversée du désert médiatique, Hervé Aubron réfute les critiques de mégalomanie envers le cinéaste : il montre que le film est en fait une critique de la mégalomanie occidentale, qu'il qualifie de "mégalopathie". Il rapproche enfin Herzog du Cimino de La Porte du Paradis, et plus curieusement du Fellini de Et vogue le navire.


Burden of Dreams (1h34 - VOSTF) : Ce film sidérant est un making of de Fitzcarraldo réalisé par Les Blank qui suivit le tournage du film pendant cinq semaines. Burden of Dreams montre la façon dont Herzog a travaillé avec les indiens, les multiples mésaventures du tournage, ses relations conflictuelles avec Kinski. Les Banks ramène de très nombreuses images des différents campements installés dans la jungle, du tournage à Iquitos, de la descente des rapides, de l’incroyable odyssée qu’est le hissage du bateau en haut de la montagne, offrant ainsi une illustration parfaite au récit du tournage écrit par Herzog (Conquête de l’inutile). Des interviews d’Herzog et d’autres participants à l’aventure (techniciens, ingénieurs, indiens…) ponctuent le film mais l’essentiel de la narration est faite en voix off par Les Banks qui rend compte de l’atmosphère de ce tournage hors norme. On sent la volonté de fer du réalisateur qui lui permet de contrecarrer les doutes qui saisissent son entourage, leur lassitude suite aux multiples interruptions de tournage, la tension qui ne cesse de monter. Très intéressant également tout ce qui entoure les indiens, leurs modes de vies, les questions qu’ils se posent sur ce tournage, sur cet homme étrange qu’est Herzog. L’ascension du bateau est le grand moment du film avec la descente des rapides, passage absolument sidérant où la petite équipe et les acteurs paniquent sur le bateau qui heurte violemment les rochers, la lentille de la caméra qui vole sous le choc, le chef opérateur qui se coupe la main, Kinski qui hurle…

Herzog, état second : livret de 100 pages d'Hervé Aubron. Le coffret est donc complété d'un très beau livret, dans lequel Hervé Aubron approfondi les thèmes évoqués durant les présentations, le tout richement illustré de magnifiques photos de tournage.

Fitzcarraldo et Burden of Dreams sont proposés en Blu-Ray et en DVD dans le coffret.

Par Franck Suzanne - le 5 mai 2015

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