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Critique de film
Le film

Geronimo le peau-rouge

(The Story of a Great Enemy)

Partenariat

L'histoire

Le chef des Apaches Geronimo (Chief Thundercloud) ne cesse d’attaquer, piller et tuer les colons, poussé par le vil Gillespie (Gene Lockhart), un trafiquant d’armes qui très logiquement profite bien plus des conflits que de la paix. Le président Grant demande au Général Steele (Ralph Morgan) de bien vouloir régler le problème en essayant de faire cesser les hostilités. Pour mener à bien sa mission, ce dernier délègue un vétéran des guerres indiennes, le capitaine Starrett (Preston Forrest), ainsi que son éclaireur Sneezer (Andy Devine) qui connaît bien les tactiques de Geronimo. Le problème se corse pour le général le jour où il voit arriver dans son escouade, tout frais sorti de West Point, son fils (William Henry), qu'il appréhende de voir partir au combat.

Analyse et critique


Le Brigand bien-aimé de Henry King, La Chevauchée fantastique (Stagecoach) et Sur la piste des Mohawks (Drums Along the Mohawk) de John Ford, Les Conquérants (Dodge City) de Michael Curtiz, Pacific Express (Union Pacific) de Cecil B. DeMille, Femme ou démon (Destry Rides Again) de George Marshall... L’année 1939 fut une cuvée tout à fait exceptionnelle pour le western d’autant qu’elle en profita pour faire acquérir au genre sa maturité et surtout sa légitimité, les critiques prenant enfin le genre au sérieux. En revanche, disons-le d’emblée, le film de ce total inconnu qu’est Paul Sloane ne mérite pas vraiment que l’on perde du temps à longuement s’y arrêter. La Paramount semble avoir voulu le lancer à la manière "épique" de The Plainsman (magnifique western de Cecil B. DeMille) sauf qu’il ne s’agit cette fois que d’un film de série au budget plus que réduit, usant jusqu’à plus soif de stock-shots et de séquences entières d’autres précédents westerns comme principalement Une Aventure de Buffalo Bill justement mais aussi The Texas Rangers de King Vidor ou encore Wells Fargo de Frank Lloyd. La mise en scène est sinon aussi peu inspirée que le scénario, Paul Sloane étant d’ailleurs responsable de l’ensemble.


Non seulement Geronimo est décrit comme un Indien sanguinaire - un sentiment renforcé par le fait que l’acteur Chief Thundercloud a été affublé d’un nez crochu postiche - mais ce qui est surtout dommage est que ce passionnant personnage historique ait été relégué au second, voire troisième plan, puisque l’auteur a préféré s’attacher aux soldats et à une histoire familiale qui préfigure celle de Rio Grande (film avec lequel nous ne nous amuserons pas à faire de comparaisons au risque d’être encore plus lapidaire pour le western de Sloane), le Général voyant arriver dans le fort qu’il commande non moins que son fils tout frais émoulu de West Point. Non seulement le film peine à se mettre en place et à démarrer mais il n’arrivera jamais vraiment à quitter son rythme languissant, son "typage caricatural", son aspect très cheap et son ton larmoyant. Quel dommage également que le personnage féminin interprété par la ravissante Ellen Drew se retrouve les trois-quarts du temps alité, qu’Andy Devine écope encore et toujours d’un rôle similaire et souvent pas très drôle, que le talent de Preston Foster ne soit pas mieux mis en valeur, que le scénario soit aussi ennuyeux qu’invraisemblable, à l’image de la bataille finale au cours de laquelle quelques soldats sont confinés et piégés sur une "île", et enfin que l’histoire narrée ici soit dans son ensemble totalement fantaisiste.


Ne reste donc pas grand-chose à se mettre sous la dent, hormis un Gene Lockhart toujours parfait dans la peau des plus vils salopards, ainsi que quelques thèmes musicaux de Gerard Carbonara plutôt enlevés, notamment celui de la séquence de l’attaque par les Indiens de la diligence où se trouvent la fille et la femme du général et qui va conduire au drame. Geronimo est une curiosité et une rareté plus qu’une réussite, une oeuvre qui a vraiment du mal à nous intéresser et du coup à retenir notre attention. Le film éponyme d'Arnold Laven consacré en 1962 au même Geronimo ne sera malheureusement guère plus convaincant. Pour l'anecdote, mais nous nous n'avons pas revu le film de Henry Hathaway depuis longtemps, il s’agirait dans la progression dramatique d’une sorte de remake non avoué des Trois lanciers du Bengale, Preston Foster reprenant le rôle de Gary Cooper, Andy Devine celui de Franchot Tone et Ralph Morgan celui de Guy Standing.

En savoir plus

La fiche IMDb du film
Par Erick Maurel - le 24 janvier 2020