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Test blu-ray

U-Turn

BLU-RAY - Région B
L'Atelier d'images
Parution : 21 / 9 / 2021

Image

Sorti en DVD en 1998, U-Turn n'avait encore jamais eu droit à un Blu-ray en France. L'Atelier d'Images reprend pour l'occasion le master édité aux Etats-Unis en 2015 (aujourd'hui épuisé) et en Australie en 2019. Il s'agit vraisemblablement du seul master HD actuellement disponible, qu'il sera intéressant de comparer un jour avec une restauration faite dans des normes plus actuelles, exemptes de tout bidouillage numérique, comme c'est probablement un peu le cas ici. Mais, bien qu'on sente de temps en temps les faiblesses techniques d'un scan pré-2K, et donc plutôt ancien, ainsi que quelques libertés d'étalonnage ou de rendu, l'image semble reprendre assez fidèlement les choix de la photographie tout sauf lisse de Robert Richardson. Car après JFK ou Tueurs nés, ce grand directeur photo s'était de nouveau essayé à quelques expérimentations formelles en tournant une partie du film avec de la pellicule inversible : ces plans ressortent de manière un peu plus épaisse, avec une légère surexposition assumée et des contrastes poussés, blancs brûlés et noirs "collés". Le master présente, quant à lui, une définition convenable à défaut d'être ciselée, mais avec des gros plans mieux lotis et mieux détaillés. La copie est assez stable, très propre, et bénéficie d'une colorimétrie affirmée, terreuse et bien saturée. Le grain volontairement abondant est plutôt bien retranscrit, épais en extérieur, plus fin dans les intérieurs. L'encodage s'en sort bien, on relèvera seulement 2-3 plans avec posterisation (banding) assez brève.

comparatif DVD Sony (1998) vs. Blu-ray L'Atelier d'Images (2021) : 1 2 3 4 5 6

Son

Les pistes son en DTS-HD MA 5.1 quasiment à plein débit s'avèrent extrêmement détaillées et bien équilibrées, avec une dynamique palpable et efficace, des arrière-plans enveloppants et une belle mise en valeur de la musique d'Ennio Morricone. Film récent oblige, on ne relève aucune trace d'usure du temps, pas de souffle ni de craquements. Les rendus des versions originale et française sont quasiment identiques.

Suppléments

L'Atelier d'Images propose tout d'abord deux des suppléments de l'édition américaine :

Introduction d'Oliver Stone (3 min - HD - VOSTF)
Brève présentation générale de ce "film étrange" et inclassifiable qui ne révèle heureusement rien de l'intrigue. Le cinéaste évoque à la fois un Film Noir et un "film soleil", se réjouissant que le public le redécouvre aujourd'hui. Il explique avoir eu l'idée de U-Turn pendant une "période sombre" où il voulait abandonner le métier, d'où un résultat "plein de désespoir", comme "du Jean-Paul Sartre"...

Flash-back sur le film (14 min - HD - VOSTF)
Huit séquences commentées par Oliver Stone. Il évoque la "période difficile" qu'il vivait quand il a mis en chantier U-Turn, film censé lui être rentable après le "partenariat horrible" avec le producteur Arnold Milchan. Il regrette l'accueil critique, le film était "trop sombre pour le public", et se défend d'avoir "joué au con", ce nouvel échec ayant causé sa "mort artistique" pendant un temps. Il explique plusieurs éléments du film, comment il a trouvé le titre, puisqu'il ne pouvait pas utiliser celui du livre, déjà pris par Akira Kurosawa (Chien enragé), et raconte sa collaboration houleuse et contrariée avec Ennio Morricone, qui s'est braqué lorsqu'il lui a demandé de faire de la "musique de cartoons" comme par le passé. Il analyse brièvement son film, l'aspect étrange et dramatique des petites villes du Sud, ou l'Amérique qui souille son propre sang avec un inceste sans doute très répandu mais qu'on essaie toujours de ne pas voir....

L'Atelier d'Images ne s'arrête heureusement pas là et fait un bel effort pour les fans du film, avec deux compléments de choix :

Un concentré d'Amérique (24 min - HD)
Le journaliste Samuel Blumenfeld livre, comme à son habitude, une très bonne analyse de U-Turn, un "film de transition" qui permet à Oliver Stone de se dépeindre tel qu'il se voit, à un moment difficile de sa carrière (il essaie de se refaire après l'échec cuisant de Nixon). Il reprend ici les codes du Film Noir, manipule les références du genre (James Cain et Le Facteur sonne toujours deux fois, Chinatown ou L'Ange exterminateur de Luis Bunuel), délaisse l'habituel monde urbain pour le désert ("on passe de quelque part à nulle part"), avec un bestiaire animalier utilisé à l'image comme au son (le score d'Ennio Morricone). Oliver Stone poursuit sa peinture d'une Amérique qu'il comprend de moins en moins, pointant du doigt un "complexe militaro-industriel" qui a pris le pouvoir, et dépeignant une "ville-poubelle" pleine de métaphores (les vétérans, les Indiens). Blumenfeld explique la "signature visuelle" de Robert Richardson qui éclaire de manière exagérée des personnages en pleine dépression nerveuse. Il évoque un réalisateur parfois difficile avec son équipe ("il n'aime pas les comédiens qu'il filme"), malgré un Sean Penn "dans un emploi à la Robert Mitchum", à la hauteur de son modèle, et explique l'échec d'un film arrivé trop en retard, après les frères Coen ou Quentin Tarantino...


Conversation avec Olivier Stone (78 min - HD)
Au cours d'une masterclass menée à Paris, le 8 octobre 2020, à l'occasion de la publication de ses mémoires, Oliver Stone répond aux questions de Fabien Gaffez, directeur des programmes du Forum des Images. Le réalisateur, sorte d'Achille devenu Ulysse, parle de ce roman d'apprentissage ("on apprend de ses échecs, sans échec la réussite n'existe pas") et évoque les évènements fondateurs de son existence : le divorce de ses parents, l'assassinat de JFK et son enrôlement dans la Guerre du Vietnam. Il revient sur l'importance du vécu qui inspire et "apporte la matière à l'écriture", et commente plusieurs extraits de ses films : une scène de Salvador qui représente l'évidence de sa démarche de cinéaste, son rêve devenu réalité ; l'introduction de Platoon où il explique l'importance de la mémoire, le besoin de raconter ; ou la construction compliquée du village vietcong d'Entre ciel et terre. Un moment intéressant, non monté, avec traduction simultanée (et de mémoire !) par une étonnante interprète.


Bande-annonce originale (2 min 27 - SD - VOSTF)

L'Atelier d'Images propose également plusieurs bandes-annonces de ses sorties récentes : L'Anglais (1 min 09 - HD), The Game (2 min 20 - SD upscalé en HD), Detour (1 min 57 - HD) et War on Everyone (1 min 40 - HD).


En savoir plus

Taille du Disque : 47 366 161 163 bytes
Taille du Film : 28 788 412 416 bytes
Durée : 2:04:23.998
Total Bitrate: 30,86 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 24,85 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 24858 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 1998 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 2151 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 0,111 kbps
Subtitle: French / 22,343 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 16 septembre 2021