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Test blu-ray

L'Anglais

BLU-RAY - Région B
L'Atelier d'images
Parution : 26 / 1 / 2021

Image

L'Anglais a été restauré en 4K en 2019 à l'occasion de son vingtième anniversaire, aux Etats-Unis, ce nouveau transfert est proposé uniquement en VOD par l'éditeur Lionsgate. Alors qu'en Grande-Bretagne il est disponible uniquement en Blu-ray HD, en France L'Atelier d'Images a l'excellente idée de le proposer en Blu-ray UHD / HDR / Dolby Vision. Il faut dire que ce néo film noir est visuellement magnifique et ce transfert 4K lui rend tout à fait justice, que ce soit en HD ou en UHD... mais de manière différente, nous y reviendrons plus loin. Le réalisateur Steven Soderbergh semble avoir été impliqué dans la réalisation de ce nouveau transfert, il en résulte une image qui tranche avec les anciens masters produits pour les précédentes éditions DVD, principalement en termes de cadrage avec une image moins zoomée. La colorimétrie présente également des différences notables, le film étant très travaillé de ce point de vue, alternant les ambiances chaudes et crépusculaires avec des ambiances beaucoup plus froides. La comparaison avec le DVD BAC Films est assez intéressante car ce nouveau transfert semble prendre systématiquement le contrepied : lorsque le DVD est froid, le nouveau transfert est plus chaud et inversement. Nos comparatifs accessibles ci-dessous indiquent également, et de manière peu surprenante, une définition largement supérieure pour ce nouveau Blu-ray :

Comparatif 1 Comparatif 2 Comparatif 3 Comparatif 4 Comparatif 5

Précisons que pour les quelques flash-back où le personnage joué par Terence Stamp est plus jeune, Soderbegh a emprunté quelques scènes de Poor Cow, le premier film réalisé par Ken Loach avec le comédien britannique. Il est intéressant d'observer la manière dont Steven Soderbergh s'est approprié les images du film de Ken Loach pour les adapter à son univers visuel, en dé-chromatisant les plans choisis et en ajoutant une teinte uniforme, à la manière des films muets.

A gauche une capture tirée du Blu-ray StudiocCanal de Poor Cow, à droite le même plan utilisé dans L'Anglais.

Le Blu-Ray UHD

Il est rare de voir de telles différences entre un Blu-ray UHD et un Blu-ray HD issu du même transfert. La première évidence, c'est que l'encodage HEVC du BR UHD est bien mieux maîtrisé que l'encodage AVC du BR HD. Ce dernier est réalisé avec un débit trop bas, ce qui structure le grain en macroblocks et fait perdre en définition (comparatifs 1 et 3 ci-dessous). On note également des différences d'étalonnage très marquées sur certains plans entre les deux versions, ce qui ne peut pas seulement s'expliquer par une conversion d'espace colorimétrique car les variations sont importantes en termes de teinte et de saturation (comparatifs 2 et 4).

 Comparatif UHD 1  Comparatif UHD 2 Comparatif UHD 3 Comparatif UHD 4 

Au-delà du jeu des comparaisons, la version UHD est assurément la plus plaisante à regarder avec une constante qualité de précision (si l'on excepte les inserts du film de Ken Loach) et une utilisation judicieuse du HDR, révélant naturellement les spéculaires sans forcer les contrastes. Les captures proposées dans la galerie sont toutes issues du disque UHD.

Son

Le mixage 5.1 de la version originale est tout à fait remarquable dans sa manière de restituer les ambiances sonores, avec subtilité et précision - donc tout le contraire d'un mixage confus et pétaradant qui serait noyé dans une musique omniprésente, cela fait du bien. Le mixage 5.1 de la version française est très correct également, mais on perd la belle voix toute en rondeur de Terence Stamp.

Suppléments

The Limey par Soderbergh (19 min - HD)
Pour cette présentation tournée spécifiquement pour cette nouvelle édition, le réalisateur de The Limey nous propose, comme pour rendre hommage à son film, de nous narrer sa conception de manière déconstruite. Ainsi, il nous apparaît alternativement en couleur devant un fond vert sans incrustation, puis en contre-champ en noir et blanc. L'originalité de la présentation ne l'empêche pas de nous raconter avec précision les différentes étapes de la genèse de L'Anglais, l'écriture du scénario, le choix du comédien principal qui aurait pu être Michael Caine, mais c'est finalement l'énigmatique Terence Stamp qui aura sa préférence. L'achat des droits du film de Ken Loach, Poor Cow, où quelques plans sont utilisés pour illustrer la jeunesse du personnage joué par le comédien britannique, fait partie des moments importants narrés par Soderbergh dans cette sympathique présentation.

L'Anglais : retour sur la scène du crime (29 min - HD)
Philippe Guedj, journaliste pour le magasine Le Point, remet en perspective le début de carrière chaotique de Steven Soderbergh après le succès de Sexe, mensonges et vidéo. D'après le journaliste, l'originalité formelle de The Limey serait inspirée de deux polars de la fin des années 60 et du début des années 70 : Point Blank de John Boorman et Get Carter de Mike Hodges. Cet excellent module s'attache donc à décrire la manière dont Soderbergh a déstructuré son récit, en modifiant la chronologie des faits, alors que le premier montage du film racontait cette histoire de manière linéaire. Soderbergh fut totalement insatisfait et décida donc de déstructurer son récit en s'inspirant cette fois ci d'Alain Resnais, et plus particulièrement de L'Année dernière à Marienbad.


Sur le tournage du film (8 min - SD)
Ce document promotionnel a été tourné peu de temps après la sortie du film. Steven Soderbergh y apparaît plus crispé qu'il ne l'est aujourd'hui, et certainement moins à l'aise pour nous parler de son film. On retrouve également des entretiens avec les comédiens principaux. Terence Stamp décrit Steven Soderbegh comme étant un réalisateur intuitif, le comparant ainsi à Fellini, Wyler et Ustinov (réalisateurs avec lesquels l'acteur a travaillé au début de sa carrière). Lesley Ann Warren et Peter Fonda abordent leurs rôles respectifs et complètent ce document à l'intérêt non négligeable.


Bande-annonce restaurée (1 min - HD)

Commentaires audio
La première piste de commentaires concerne le réalisateur Steven Soderbergh et son scénariste Lem Dobbs. Elle a probablement été enregistrée au début des années 2000 à l'occasion de la première sortie du film sur support DVD. Elle démarre de manière assez brutale et l'on comprend très vite que les deux protagonistes sont simplement en train de s'engueuler, Lem Dobbs reprochant à Soderbergh le fait d'avoir déstructuré son récit au montage. Difficile de dire s'il s'agit d'une mise en scène ou s'ils se confrontaient réellement, on entend le preneur de son leur signaler que l'enregistrement est commencé au bout d'une minute de commentaire. La suite est plus apaisée et se termine de manière également surprenante par une citation de Bertrand Tavernier et d'Un dimanche à la campagne par Steven Soderbergh. Notre seul regret est que ce commentaire audio ne soit pas sous-titré en français. L'autre piste de commentaire propose des interventions des comédiens : Terence Stamp, Peter Fonda, Lesley Ann Warren, Barry Newman et Joe Dallesandro.

En savoir plus

Disque HD
Disc Title: L'Anglais
Disc Label: L_ANGLAIS
Disc Size: 24,862,531,771 bytes
Protection: AACS
Playlist: 00000.MPLS
Size: 17,682,376,896 bytes
Length: 1:28:54.078
Total Bitrate: 26.52 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 19893 kbps / 1080p / 23.976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz /  2164 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz /  1509 kbps / 16-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz /  2312 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz /  1509 kbps / 16-bit)
Audio: English / Dolby Digital Audio / 2.0 / 48 kHz /   192 kbps / DN -31dB
Audio: English / Dolby Digital Audio / 2.0 / 48 kHz /   192 kbps / DN -31dB
Subtitle: French / 0.459 kbps
Subtitle: French / 53.872 kbps

Par Antoine Royer & Jean-Marc Oudry - le 23 février 2021

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