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Test blu-ray

Je suis un aventurier

BLU-RAY - Région B
Sidonis / Calysta
Parution : 2 / 2 / 2021

Image

Cette édition Blu-ray était annoncée par l'éditeur depuis plusieurs années, il semblerait qu'elle fût repoussée à maintes reprises pour cause de matériel haute définition peu satisfaisant. Nous reviendrons plus loin sur le bien-fondé de cette attente. Le master HD utilisé est en fait le même que celui édité par Arrow en Grande-Bretagne en 2020, l'éditeur britannique ayant lui-même conçu un Blu-ray proposant une restauration 4K exclusive réalisée à partir du négatif original. La seule différence avec l'édition Sidonis, c'est que le film est proposé dans deux formats différents dont une version au format 2.00 absente de l'édition française, celle-ci ne proposant que la version 1.85. La différence entre ces deux versions modifie sensiblement la composition du cadre, les barres noires étant légèrement plus hautes en 2.00, comme vous pouvez le constater sur notre notre premier comparatif ci-dessous. La version 2.00 masque en partie le tueur à l'arrière-plan (comparatif 1) ou bien coupe les chapeaux systématiquement (comparatifs 2 et 3), ainsi la version 1.85 propose un cadrage  mieux équilibré :

Comparatif 1 Comparatif 2 Comparatif 3

Précisons une nouvelle fois que le format 2.00 était le format de prédilection du studio Universal au milieu des années 50, alors que les écrans larges se multipliaient dans les salles de cinéma aux Etats-Unis à cette époque, mais les versions en 1.37 restaient toujours en exploitation pour les salles non équipées. En fait, présence de la version alternative 1.37 aurait été plus judicieuse que celle des deux versions larges. C'est d'ailleurs dans ce format que le film était exploité en vidéo jusqu'en 2004 environ. Ainsi, nous vous proposons de comparer le film en 1.85 et le DVD en 1.33 sorti par Universal en 2003. Une version dite open matte qui propose, certes, plus d'image dans la verticalité mais qui en perd en horizontalité, et avec un cadrage qui nous paraît moins harmonieux que le 1.85.

                                                 BR 1.85                                                                                           DVD 1.33

Après ce long et nécessaire chapitre consacré au format du film, nous pouvons maintenant aborder les qualités techniques de ce nouveau transfert qui nous déçoit. Nous ne comprenons pas qu'un supposé scan 4K fait à partir du négatif original (selon Arrow) ne parvienne pas, en termes de piqué et de texture, à rivaliser avec le modeste transfert 2K des Affameurs (image à droite ci-dessous).

Certes, Les Affameurs a été tourné en Technicolor trichrome et au format 1.37, ce qui suffit à expliquer en partie cette différence de piqué et de précision. Ce transfert de Je suis un aventurier nous semble avoir été réalisé à partir d'un élément de deuxième ou troisième génération plutôt que du négatif original, tellement l'image paraît cotonneuse et anémique. Faible consolation, il n'en reste pas moins supérieur au master disponible en 2007, dernier DVD de ce film en date à être édité par Universal en France. Comme l'atteste notre comparatif ci-dessous, même si l'on s'attendait à une différence beaucoup plus marquée, le gain en définition est réel bien que limité :

Comparatif 1 Comparatif 2 Comparatif 3 Comparatif 4 Comparatif 5

Notre dernière série de comparatifs montre que les deux versions 1.85 éditées par Arrow et Sidonis sont rigoureusement identiques, que ce soit pour ce qui concerne le master utilisé ou  l'encodage AVC qui est qualitativement très proche dans les deux éditions.

Comparatif 1 Comparatif 2

Son

La version originale est un mixage mono restauré à partir des éléments optiques d'origine. Anthony Mann est un adepte des bandes sonores naturalistes et cette restauration ne dénature aucunement son travail. C'est clair, précis et le souffle est très peu présent. La version française d'époque se tient bien, il faut juste ne pas être las de la gouaille parisienne de certains doubleurs.

Suppléments

Présentation par Bertrand Tavernier (30 min - HD)
Cette présentation semble avoir été tournée il y a quatre ans si l'on en croit le copyright de fin (2017). Comme souvent, Bertrand Tavernier entame sa présentation en évoquant la relation entre le réalisateur Anthony Mann et son scénariste Borden Chase, qu'il suppose conflictuelle de par leurs opinions politiques opposées. La phase d'écriture d'un film est toujours l'élément qui semble le plus passionner Bertrand Tavernier et The Far Country n'échappe pas à cette règle. Plus surprenant, cette présentation est l'occasion pour lui d'évoquer ses échanges avec quelques internautes sur son blog, on y voit là la manifestation d'un certain agacement sur le caractère superficiel de certains commentaires sur les films et celui-ci en particulier. A noter également une rare intervention dans le domaine technico-artistique où Bertrand Tavernier évoque des doutes sur le format d'origine du film, se référant ainsi à certains travaux  d'archivistes (certainement Bob Furmanek et son site 3dfilmarchive, auquel nous nous référons fréquemment).

Présentation par Patrick Brion (12 min - HD)
Comme à son habitude, Patrick Brion commence sa présentation en situant Je suis un aventurier dans le contexte de son année de tournage en citant les autres westerns important produits en 1954. Puis il développe son analyse autour de la noirceur du personnage joué par James Stewart, assez éloigné de ses rôles habituels de gendre idéal chez Capra et Cukor. Notons également quelques anecdotes de tournage bien choisies, comme cette citation de Corinne Calvet surprise de devoir jouer à 29 ans une jeune fille âgée de 16 ans désirant se marier avec le personnage joué par James Stewart.

Les deux suppléments suivant sont repris de l'édition Arrow, ils sont en langue anglaise et sous-titrés en français.

Frontières américaines : Anthony Mann chez Universal (33 min - HD)
Quelques historiens du cinéma comme Alan K. Rode et Rob Word évoquent la fructueuse carrière du réalisateur Anthony Mann chez Universal. Ici l'approche critique tranche quelque peu avec les propos tenus par Bertrand Tavernier et Patrick Brion. Davantage que la noirceur des personnages évoquée plus haut, il est plus souvent question de succès public, du salaire de James Stewart ou de la recherche du renouvellement de ce succès avec d'autres films du trio Rosenberg / Mann / Stewart. On retiendra malgré tout les rares interventions de Mickael Preece, script supervisor d'Anthony Mann, pour ses précieuses évocations des méthodes de travail du réalisateur de L'Appât, ainsi que la dernière partie de ce document consacrée à la brouille entre James Stewart et Anthony Mann suite au refus de ce dernier de réaliser Le Survivant des monts lointains.

L'Ouest de Mann (24 min - HD)
Kim Newman est un critique et romancier britannique spécialisé dans le cinéma d'horreur, il se livre ici avec un style enjoué et enthousiaste à une analyse parcellaire et incomplète de la contribution d'Anthony Mann au genre western. En fait, son évocation s'arrête aux quatre westerns tournés avec James Stewart et oublie des titres comme Les Furies ou bien La Porte du diable. On se contentera donc ici d'une description assez basique du casting de seconds rôles de Je suis un aventurier. L'intérêt de ce supplément est assez limité, l'essentiel ayant déjà été évoqué précédemment.

Bande-annonce originale (2 min - HD)

Livre de 144 pages rédigé par Marc Toullec
Titré Les Icônes du western, ce livre reprend le même format que celui proposé dans l'édition Blu-ray de Bravados consacré à Gregory Peck et les nombreux western que comportent sa filmographie. Cette fois-ci, c'est à la carrière westernienne de James Stewart que se consacre Marc Toullec. Ce livre est constitué d'un prologue dans lequel est résumée la carrière de l'acteur dans sa globalité, puis entre quatre et dix pages selon la notoriété de l'oeuvre sont consacrées à chaque western tourné par le comédien en commençant par Femme ou démon jusqu'au Dernier des géants de Don Siegel. Les cinq westerns interprétés par James Stewart pour le réalisateur Anthony Mann sont regroupés en un seul chapitre de 38 pages. L'ensemble est sobre, agréable à lire et bien documenté. On relèvera malgré tout une erreur de citation : "De celles dont se moquait John Ford, les considérant juste bonnes à cadrer des serpents et des cortèges funéraires", cette critique du Cinémascope étant de Fritz Lang et non pas John Ford.

En savoir plus

Taille du Disque : 47,893,958,728 bytes
Taille du Film : 24,580,823,040 bytes
Durée : 1:37:00.898
Total Bitrate: 33.78 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 27,98 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 27981 kbps / 1080p / 23.976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz /  1986 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz /  1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz /  1816 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz /  1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 0.491 kbps
Subtitle: French / 33.937 kbps

Par Jean-Marc Oudry - le 10 février 2021