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Critique de film
Le film

El Dorado

Partenariat

L'histoire

Cole Thornton, mercenaire et grand tireur, arrive à El Dorado afin d’honorer un contrat qui le lie au propriétaire terrien Bart Jason. Ce dernier veut s’emparer des sources d’eau de l’autre puissante famille de la région, les McDonald. Prévenu par son ami, le shérif Harrah, qu’il va travailler pour une crapule, Thornton refuse le travail et rend son argent à Jason. Le patriarche de la famille McDonald, persuadé que Thornton est là pour les tuer, place l’un de ses fils en sentinelle au sommet d’un rocher jouxtant la propriété. Ce dernier, voyant le cavalier venir, tire un coup de feu en l’air et se fait ensuite malheureusement abattre par Cole qui se croyait attaqué. Il ramène la dépouille du jeune homme à sa famille et s’en va après s’être expliqué. Mais la jeune sœur attend Cole un peu plus loin et tire sur lui. Seulement blessé, Thornton repart après examen médical. Quelques mois plus tard, il croise un jeune homme dont il sauve la vie et apprend dans le même temps que son vieil ami Harrah est devenu un ivrogne incapable de faire son travail de shérif. Sachant que Jason a engagé un autre fin tireur pour régler ses problèmes, Thornton décide de revenir à El Dorado pour aider son ami et la famille McDonald...

Analyse et critique

Depuis Rio Bravo en 1959, Howard Hawks n’a pas obtenu de succès financier réellement significatif (quoique Hatari ! ait rencontré un grand succès en Europe). L’artiste espace ses réalisations depuis le milieu des années 50 et semble parfois rencontrer des difficultés à renouveler la qualité et l’originalité que l’on trouve habituellement dans sa filmographie. Dernièrement, Le Sport favori de l’homme (1964) a montré un Hawks peu concerné par son script, déçu par l’absence de Cary Grant qui préfère aller tourner l’excellent Charade de Stanley Donen, pour se retrouver à diriger Rock Hudson, égérie masculine de la comédie américaine de l’époque, pas très à l’aise dans ce film singulier. Puis vint un assez faible Ligne Rouge 7000 sur les courses automobiles. De l’aveu de Hawks lui-même, bien que la course automobile soit une passion pour lui, adapter une histoire autour de ce sport n’était pas une bonne idée. De plus, au milieu des années 60, Hollywood est dans un état de profonde mutation, inventant de nouveaux styles, modernisant ses mythes et rajeunissant ses héros. James Bond a fait son œuvre, le film d’aventure et d’action moderne est à l’honneur. Sergio Leone vient de secouer le genre du western et s'ensuivront bientôt trois films européens accentuant le baroque, l’humour cynique, la violence et le picaresque, des éléments imprévisibles qui n’ont plus grand-chose à voir avec le western classique. Steve McQueen, Sean Connery, Clint Eastwood et Paul Newman sont les nouvelles stars, le système évolue, rien ne sera plus comme avant. En ces temps troublés qui signent bientôt la retraite ou simplement un inévitable ralentissement d’activité de la part des grands réalisateurs hollywoodiens (Ford, Walsh, Minnelli ou Hitchcock, pour ne citer que ceux-là), Hawks a besoin d’un film qui fasse appel au genre d’histoires qu’il raconte le mieux, il mais a également besoin de travailler avec des acteurs qu’il sait diriger dans n’importe quelles circonstances. Comme l’indiquerait un adage bien connu qui trouverait ici tout son sens, les vieilles recettes font les meilleurs films. Au sommet de sa gloire et réussissant tout ce qu’il entreprend depuis le début des années 50, et cela sans jamais que le public ne remette en cause son inébranlable popularité, John Wayne vient donc prêter main forte à l’un de ses cinéastes fétiches. Ce n’est pas tout, car secondé par un Robert Mitchum des grands jours (mais l’acteur a-t-il déjà été mauvais ?) et par toute une équipe technique bien connue, le cinéaste va réaliser son avant-dernier film, un western classique au sens littéral du terme et avant tout divertissant comme à la grande époque.

Le but de Howard Hawks est ici de raconter une histoire simple, une histoire d’hommes dans la même veine que celle de Rio Bravo, ce qui explique les très importantes ressemblances avec son aîné. Tant et si bien que El Dorado constituera ce que les historiens du cinéma en Europe ne manqueront pas d’appeler le deuxième segment d’une trilogie informelle qui sera clôturée par l’inégal mais intéressant Rio Lobo en 1970. Présentement, la base de l’histoire est conservée : une ruelle, un saloon, un bureau du shérif, des adjoints aux liens d’amitié plus forts que de la dynamite, un méchant propriétaire terrien qu’il faut arrêter, des femmes aussi belles que mentalement solides... La liste pourrait être longue, car El Dorado est bel et bien un calque parfois très fidèle de Rio Bravo. Contrairement à la catastrophe que cela pourrait produire dans des mains inexpérimentées, Hawks transforme l’essai et confirme qu’avec une histoire quasiment identique, on peut réaliser un deuxième film formidable qui évite les maladresses grâce à un art de la variation imparable. Le metteur en scène va donc légèrement décaler les traits de ses personnages, les reconstruire avec des compromis et des différences en conservant la matrice d’origine. John Wayne retrouve par ce biais un personnage qu’il connait bien, celui d’un aventurier, un gunfighter typique, avec ses règles de vie et son grand cœur, mais situé de l’autre côté de la loi. S’il défend des idéaux nobles, Wayne n’en n’est pas moins ici qu’un tireur qui vend ses services, une sorte de mélange entre le John T. Chance de Rio Bravo et le hors-la-loi romantique d’un Stagecoach, les années en plus. A soixante ans, le Duke reste élégant et résolument "cool", comme si le temps n’avait pas encore de prise sur lui. Son jeu est en totale adéquation avec l’univers de son metteur en scène, à la fois juste et surtout d’un naturel désarmant. Il ne joue pour ainsi dire pas ; il "est", tout simplement. Juste à côté de lui figure le grand Robert Mitchum.

Là encore, en shérif alcoolique blême et mal dégrossi, Mitchum est un curieux mais jouissif mélange entre le John T. Chance et le Dude (l’adjoint alcoolique de Chance) du film précédent ; bref, une sorte de John T. Chance qui aurait mal tourné, toujours un homme au grand cœur et respectueux de la loi, mais noyé dans les vapeurs de whisky. Cela dit, contrairement à la création de Dean Martin avec le rôle de Dude - c'est-à-dire un homme profondément perdu, malheureux et beau dans sa déchéance - Mitchum prend le parti de la légèreté. S’il nous gratifie d’une ou deux séquences relativement graves (la sortie du saloon sous les quolibets des autres cow-boys, une séquence encore une fois plus ou moins reprise du long métrage original), il préfère le reste du temps jouer sur l’humour en n’hésitant pas à ridiculiser son personnage. Il prend ainsi un malin plaisir à ne pas retenir ce qu’on lui dit, ou bien à ne pas comprendre, quand il ne réagit tout simplement pas bien au remède miracle qu’on lui administre pour le guérir de sa gueule de bois. Dean Martin sortait de sa condition d’ivrogne par la force de sa volonté et grâce à ses amis, Mitchum boit simplement un mélange nauséabond qui lui retire l’envie de se remettre à boire. Si ce n’est la déception amoureuse qui les transforme ainsi au départ, et la boisson qui gâche leurs compétences d’hommes de loi, les deux caractères sont finalement assez dissemblables. On peut bien entendu préférer la performance de Martin, littéralement habité par son meilleur rôle, mais la prestation de Mitchum, qui se contente lui aussi simplement "d’être", demeure exemplaire.

A sa décharge toutefois, c’est un rôle de pure comédie, à peine tempéré de quelques aspérités, qui ne lui demande évidemment pas autant d’abattage que pour ses personnages inoubliables de Dieu seul le sait, La Nuit du chasseur ou encore Les Nerfs à vif. Autour de ce duo de légende figurent d’autres acteurs tout à fait à leur place. Afin de renvoyer à l’image de Ricky Nelson jouant un jeune tireur d’élite sûr de lui nommé Colorado, Hawks invente un jeune aventurier nommé Mississippi (un autre nom de fleuve américain) qui ne sait pas tirer et multiplie les maladresses, malgré un indéniable savoir-faire dans les situations d’urgence. Le jeune James Caan, déjà présent dans Ligne Rouge 7000, remplace donc Ricky Nelson dans cette tâche. Son interprétation ne souffre pas non plus la comparaison, d’autant plus qu’on lui adjoint moralement une partie du personnage féminin de Rio Bravo, la fameuse Feathers (Angie Dickinson) qui était une joueuse professionnelle ayant perdu un être cher dans une rixe, devenant ainsi le vecteur psychologique de son caractère. Mississippi sera donc un jeune homme qui n’a pas froid aux yeux, intelligent et fidèle, vengeant son ami assassiné quelque temps plus tôt et qui lui a légué son savoir-faire. Enfin, Arthur Hunnicutt, diablement sympathique, prend la suite de Stumpy (Walter Brennan), moins flamboyant mais presque aussi drôle en vieil adjoint du shérif. Le reste des personnages n’a malheureusement pas la même tenue d’écriture. Le personnage féminin de Rio Bravo est maintenant divisé en deux caractères moins creusés et plus fades, mais Charlene Holt et Michele Carey s’en sortent bien, offrant une certaine fraicheur à l’ensemble du film. Une jolie présence à défaut d’avoir pu complexifier la chose à la manière de Rio Bravo. Quant au "méchant", il n’a évidement ni la classe ni l’arrogance de son prédécesseur, ce qui laisse l’occasion à un autre personnage, parfaitement original celui-là, d’apparaitre. Christopher George sera donc un tireur balafré nommé Nelse McLeod. Eduqué et distingué, ce personnage discret et plutôt bien écrit était inattendu.

El Dorado a donc tout pour être un festival "hawksien" de personnages et de situations bien connus mais légèrement réinventés. Le public aura toujours plaisir à suivre une histoire simple, ponctuée de scènes de discussions auxquelles on a toujours délicieusement l’impression d’être conviés, et de duels de feu tonitruants et bien réglés. Howard Hawks décide tout d’abord d’aérer son film, construisant une première heure avec des chevauchées, des rencontres et des rebondissements incongrus. Pendant un certain temps, il n’est nullement question d’imiter quoi que ce soit, on prend tranquillement connaissance de cet univers et des personnalités qui le peuplent. L’ouverture du film (le premier quart d’heure) s’offre même une petite tonalité dramatique avec la mort d’un jeune garçon issu d’une famille riche de la région (les McDonald). Un accident dont Wayne se sent en grande partie responsable, mais qui solidifiera un peu plus le script pour lui conférer une petite profondeur. En effet, par un acte de une vengeance trop hâtif et un manque de compréhension, la fille de la famille ira loger une balle de fusil dans le bas du dos de notre héros. Trop profonde pour être retirée par le médecin de la ville du coin. Wayne circule donc dans l’Ouest avec de temps à autres de violentes décharges dans les reins qui le paralysent douloureusement mais ponctuellement du bras droit. Bref, pour le moment, l’ensemble de l’œuvre se construit autour d’un personnage (Wayne), qui va rencontrer et sauver la vie d’un jeune cow-boy (James Caan) qui, de ce fait, ne le quittera plus. Un duo se forme, l’histoire se déroule doucement et nous amène à la deuxième partie qui va se concentrer davantage sur un récit proche de celui de Rio Bravo.

Le shérif est devenu alcoolique à la suite d’une déception amoureuse, la ville se désagrège quelque peu et le propriétaire Bart Jason a déclaré une guerre violente aux McDonald. Le premier est un homme d’affaires sans scrupule, les seconds sont honnêtes et veulent garder leurs terres. Bien entendu, John Wayne va s’empresser de prêter main forte à son ami de longue date (Mitchum) afin de restaurer un peu de tranquillité dans cette partie du pays. Un postulat encore une fois simple mais dynamité par un Hawks en pleine forme : puisque l’on ne peut pas reproduire l’ensemble de Rio Bravo en un peu plus d’une heure de film, le metteur en scène décide de tout sacrifier au rythme, à l’action pure et à l’humour. En effet, la guérison de Mitchum est aussi spectaculaire que grotesque, et son bain devant les femmes et les hommes du groupe défilant dans son bureau de shérif aussi. Les running gags sur le chapeau ridicule de Mississippi et sur sa totale incapacité à viser correctement quand il tire au revolver sont des idées savoureuses donnant lieu à des moments très drôles. Enfin, les répliques sous forme de punchlines sont aussi percutantes que les gunfights sont grisants : le duel dans l’église ou encore les échanges de coups de feu en pleine rue, sans oublier un final aussi rapide qu’efficace. Howard Hawks s’amuse même à refaire entièrement une séquence mythique, celle où Dude entrait dans le saloon par la porte de devant et débusquait le coupable avec dextérité malgré sa gueule de bois. Mais loin de ré-offrir fidèlement l’instant en lui-même, Hawks fait fi de l’intelligence de la séquence originale pour la transformer en demi-scène d’action où Robert Mitchum, en bulldozer énervé, tire sur tout ce qui a l’air suspect pour enfin découvrir le fugitif caché derrière un piano.

Bien sûr, El Dorado n’est pas non plus un western qui fonce sans réfléchir. C’est un film parfaitement équilibré, constamment juste (si ce n’est de rares fautes de goût, comme le déguisement un peu lourd de James Caan en Chinois pour tromper une sentinelle) et toujours sensible, un vrai "film de copains" où tout le monde semble s’entendre à merveille. Techniquement, si Hawks n’a jamais été volontairement un esthète, il n’oublie pourtant pas de composer de superbes plans, là encore simples, solidarisant le tout avec un montage sans fioriture. Les dialogues sont filmés avec savoir-faire, dans un sens du renouvellement qui frise le génie, et la réalisation des scènes d’action prise avant tout le plaisir absolu. La caméra est la plupart du temps souple, fluide, servant une narration idéalement limpide. Ici, plus que jamais chez Hawks, l’image ne donne pas plus à voir que ce qu’elle montre à la base, il s’agit de divertissement à l’état pur. Que les exégèses les plus folles soient parues sur Rio Bravo, ce n’est pas étonnant, tant les silences et les gestes ont plus à dire que les pourtant magnifiques dialogues échangés par les divers personnages. Mais El Dorado n’en a que faire. Son scénario semble plus compact grâce à son fil conducteur plus classique qu’un Rio Bravo qui laissait ses héros vivre au gré des séquences. L’ensemble prend ainsi beaucoup moins le parti de décrire ses personnalités. Ce sont ici principalement des silhouettes aux caractères énoncés clairement, il n’y a guère de double lecture à effectuer sur leur compte. D’autant que l’issue du film ne fait aucun doute, on sait dès les premières minutes que John Wayne et ses amis vont gagner. C’est là par ailleurs l’un des exploits des trois derniers westerns de Hawks, cette capacité à envelopper le spectateur dans une atmosphère délicieuse aux côtés de personnages dont il sait qu’il ne leur arrivera rien. Les héros "hawksiens" sont ici invincibles, leur amitié leur confectionne une armure indestructible qui leur offre aisément la victoire, malgré la souffrance qu’ils peuvent éventuellement subir. On ne peut pas avoir peur pour eux, et pourtant on les suit car on aime avant tout être avec eux, leur compagnie étant aussi rassurante qu’amusante.

Dès le générique présentant de fort beaux tableaux sur une inoubliable chanson, Howard Hawks décide de concevoir un western tout ce qu’il y a de plus américain et par ce biais sans aucun maniérisme. Contrairement à Raoul Walsh et John Ford qui réalisent leurs derniers westerns, respectivement La Charge de la 8ème Brigade et Les Cheyennes, certes superbes mais ô combien pessimistes, Hawks préfère rester sur une vision de l’Ouest relativement adoucie, laissant ses mythes vieillir doucement, la béquille sous le bras mais toujours prêts à bondir en cas de grabuge. Bien qu’inférieur à Rio Bravo de manière générale (mais était-il seulement possible de faire aussi bien ?), El Dorado est la meilleure variation que le public pouvait espérer, un petit bijou parfois délirant et surtout généreux dans ce qu’il a de divertissant, et qui rend autant hommage au genre auquel il appartient qu’à ces deux légendes du cinéma que sont John Wayne et Robert Mitchum.

Après une sortie au Japon en décembre 1966, le film sort aux Etats-Unis en juin 1967 pour récolter un certain succès au box-office. Mais Sergio Leone est passé par là : Pour une poignée de dollars et sa suite Et pour quelques dollars de plus sont sortis pendant le premier semestre de l’année, se faisant largement remarquer par le public et rapportant à eux deux plus de 25 millions de dollars sur le territoire américain. La fin de l’année verra de plus l’arrivée du dernier film du triptyque, Le Bon, la Brute et le Truand, qui sera de loin le plus gros succès des trois. Au sein de cette conjoncture, le film de Hawks ne s’en sort pas si mal, mais avec beaucoup plus de discrétion. Sans doute l’extrême popularité de Wayne assure-t-elle au film une carrière commerciale tout à fait correcte. Le Duke verra par ailleurs les années 1968 et 1969 lui apporter deux de ses plus grands triomphes commerciaux au box-office américain, avec Les Bérets verts et Cent dollars pour un shérif. En Europe, c’est un peu différent. Hawks est d’ores et déjà considéré par beaucoup comme un auteur et les critiques et historiens du cinéma attendent le film avec impatience, lui assurant de ce fait une belle promotion. En France notamment, El Dorado obtiendra un gros succès. Les deux premiers westerns de Leone (sortis en 1966 dans l’Hexagone) ont changé la face du genre vis-à-vis du public français, et l’année 1967 laisse apercevoir un box-office tout à fait dédié aux modes de la décennie. Louis de Funès règne sans partage avec Les Grandes vacances, Oscar et Fantômas contre Scotland Yard (N°1, N°2 et N°5 de l’année), tandis que Robert Aldrich renverse les codes du film de guerre hollywoodien avec Les Douze salopards, tout en laissant James Bond et On ne vit que deux fois continuer à fasciner le public. Western d’action situé stylistiquement entre les années 50 et 60 (sans être ni régressif, ni visionnaire), El Dorado doit se contenter de la 11ème place de l’année en France avec un peu plus de 2 500 000 entrées, ce qui est un exploit au vu de la concurrence du moment. Rio Bravo et Hatari ! avaient bien mieux marché, mais qu’importe, le succès est encore là ! La suite sera moins clémente pour Wayne en Europe, et Hawks finira sa carrière sur un Rio Lobo sympathique mais discutable.

Dans les salles


DISTRIBUTEUR : SWASHBUCKLER FILMS

DATE DE SORTIE : 27 février 2013

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Par Julien Léonard - le 28 septembre 2009