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Test dvd

Coffret Paul Verhoeven

DVD - Région 2
Metropolitan
Parution : 16 / 11 / 2004

Image

Turkish Delight
Un très beau rendu de la photographie très exposée de Jan de Bont, une image bien définie, à l’exception de deux ou trois plans un peu sombres, et surtout une compression sans failles, bref des conditions idéales pour découvrir le film. Notons aussi qu’une fois n’est pas coutume, le 1.66 : 1 d’origine est parfaitement respecté.

Le Quatrième homme
Format 1:66 respecté. Le coffret collector Metropolitan commençant à sentir le poids des années, il est peu dire que la copie offerte ne répond plus aux critères pour un film datant des années 80. Points parasites, mouvances approximatives, flous notables, tout cela se fait ressentir au vu de l’ambition esthétique du film, sans atteindre toutefois le degré de désagrément où ces aléas nous sortiraient de la projection. Sur les couleurs en revanche, l’ensemble nous semble respecter le travail de Jan De Bont, entre intérieurs ocres sombres et effets de halos (Verhoeven imaginant du Hopper en plus criard).

SPETTERS
L’habituel format 1:66 est respecté dans une copie satisfaisante dans les grandes lignes. L’image est parfois légèrement blafarde ou au contraire trop sombre mais à l’exception de ce moindre souci de colorimétrie la copie ne souffre d’aucuns griefs particuliers (pas de scratchs, griffures, mouvances, etc.). Visuellement, cette édition nous satisfait. Des sous-titres français sont disponibles.

BUSINESS IS BUSINESS
Nous avons là la copie en plus mauvais état du coffret. Il faut dire qu’outre d’être le doyen des films inclus, Business Is Business eut rarement l’honneur de circuler en dehors de son pays d’origine. Des griffures, un manque de dynamique dans les couleurs, bref un effet de vieillissement typique. Le format 1 :66 quant à lui est respecté.

soldier of orange
Format 1:66.1. La copie manque de netteté et souffre d’une sous-exposition générale. Une colorimétrie légèrement plus saturée aurait pu être attendue. Pour les points parasites et effets de lissage, elle nous semble en revanche relativement propre. L’ensemble dénote d’une certaine froideur influençant aussi la perception d’un film qui joue contre sa propre élégance une forme de trivialité graphique. Un deuxième DVD propose la version longue inédite en salles à l’international (147 minutes), reconnue comme celle de référence par le metteur en scène. En version néerlandaise sous-titrée, c’est sur celle-ci qu’est apposé un commentaire audio de Paul Verhoeven, recommandable comme à l'habitude. Il n’y a guère de différence de restauration notable entre les scènes "ajoutées" et celles disponibles dans la version raccourcie.

Kattie Tippel
D’une tenue correcte, la copie offre une colorimétrie satisfaisante rendant honneur aux tons pastel et chatoyants du film, quoi qu’on note une légère sous-exposition dans les passages nocturnes. Pas de griffures ou scratchs notables, l’image est nettoyée sans lissage trop apparent. Le format 1 :66 est conforme.

Son

Turkish Delight
Un mono clair, mais qui manque parfois un peu de dynamique et où tous les dialogues ne sont pas forcément bien détachés, mais l’ensemble reste très correct. L’éditeur propose également une version française de bonne qualité technique. On relèvera toutefois de nombreuses différences de traduction entre la VF et les sous-titres.

Le Quatrième homme
Deux pistes mono pour la version néenrlandaise et française, on préférera évidemment la première à la seconde. Pas de souffle particulier ni de parasitage trop évident. L’équilibrage se fait au profit de la bande musicale sur l’architecture sonore.

SPETTERS
Le mono en version originale tient un standard décent sur la durée, quoique les scènes de courses motorisées ou le passage en  boîte de nuit auraient pu mériter une ampleur qui en l’état leur fait défaut. Le versant « spectaculaire » du film s’en voit amenuisé, mais il ne perd rien de substantiel dans des scènes plus « humaines », autrement plus importantes.

BUSINESS IS BUSINESS
Pas de piste française pour cet inédit. Le mono accuse une légère saturation mais reste d’une tenue décente sur son ensemble.

soldier of orange
La version courte internationale (115 minutes) est disponible dans un doublage français mono ponctué de souffles et manquant de dynamique. Concernant la version longue, la piste mono 2.0 néerlandaise manque quelque peu d’ampleur. Ce qui pose moins problème pour des œuvres plus posées du coffret se fait autrement ressentir à la vision d’un film de guerre comprenant bombardements et fusillades. La ligne sonore, plus appuyée dans les aigus, passe à une sorte de chuchotis général quand son niveau baisse. Nous n’avons pas là un modèle idéal en termes d’immersion.

Kattie Tippel
Mono d’origine respecté, disponible uniquement en version originale. Sans souffrir de griefs trop apparents (souffles ou parasitage), l’acoustique est faible et manque de dynamique. Des défauts qui auraient été plus dommageables si Katie Tippel avait été la fresque d’abord annoncée.

Suppléments

Les films hollandais de Verhoeven disponibles dans le coffret Metropolitan sont tous sertis d’un commentaire audio du metteur en scène. A l’aise avec l’exercice, il excelle à mettre au service d’une analyse instructive culture vaste et réflexivité sur son travail. Leur écoute est donc hautement recommandable aux aficionados du cinéaste.
On trouve également les bandes-annonces hollandaises d’époque des cinq films, toutes en très bon état, des filmographies et quelques autres suppléments égrenés sur les différents disques.

TURKISH DELIGHT

Le commentaire audio

Les galeries photos
Matériel promotionnel : l’affiche hollandaise suivie d’une dizaine de photos d’exploitation particulièrement explicites.
Photos couleur : 13 photos tirées du film.
Photos noir et blanc : 9 photos de plateau.

Les filmographies
Filmographies de Paul Verhoeven, Rutger Hauer et Monique Van de Ven

Le Quatrième homme

La comparaison film / story-board (8 min 39)
Pour un film où la mise en scène ne laisse rien au hasard, Verhoeven s’est servi plus que jamais d’un outil auquel il ne fait pas recours systématiquement. Preuve à l’appui, des extraits du film venant se superposer à l’esquisse qui en a été faite au préalable. La comparaison témoigne à la fois d’une précision et d’une marge de manœuvre laissée par le dessin, qui donne vie au plan au-delà de l’idée qui en était conçue. Notons que la scène finale (l’hôpital), tournée à la hâte, fut, elle, improvisée sur le plateau.

Galeries photos
Des diaporamas couleur et noir en blanc sont disponibles.

Filmographie
On a ici une filmographie sélective (allant jusqu’à 2001 pour les comédiens et 2005 pour le réalisateur) de Paul Verhoeven, Jeroen Krabbe et Renée Soutendijk.

SPETTERS

Commentaire audio de Paul Verhoeven
Ce commentaire, enrichissant comme d’ordinaire avec Verhoeven, ne bénéficie pas de sous-titres et doit donc s’écouter en anglais sans support de traduction. Les informations essentielles quant au tournage et la réception y sont entièrement égrenées. Y dominent la blessure désormais cicatrisée de son désastreux accueil et du deuil de Hans van Tongeren, mort deux ans après sa sortie.

Bande-annonce
Dans une copie correcte, la bande-annonce d’époque qui, tout en préservant l’intrigue, ne restitue que de façon allusive l’esprit de ce film à nul autre pareil.

Soldier of orange

Le documentaire (1 h 06 min)
Un quart de siècle après la sortie de Soldier of Orange, Rob Houwer produit un documentaire promotionnel revenant sur ce succès. L’occasion de revoir Jeroen Krabbé, Rutger Hauer, Derek de Lint vingt-cinq ans de métier de plus tard. Le document permet entre autres d’entendre le point de vue de la critique américaine (des intervenants de Newsweek et du L.A Times), essentiellement impressionnée par la faculté du film à immerger le spectateur dans un grand spectacle "à l’ancienne" (ce que Hollywood faisait dans les années 50) en partant d’un budget aussi restreint. On y découvre également le visage d’un Erik Hazelhoff Roelzema considérablement plus âgé qu’au moment de la Résistance. Suit une galerie de collaborateurs de premiers et seconds plans convoqués sur leurs lieux de travail de l’époque. En faisant apparaître toutes ces anciennes trognes pointe le risque d’un revival bon vieux temps peu intéressant pour le spectateur. Sympathique sur un mode bruits de couloirs, le documentaire n’en reste pas moins d’un intérêt limité pour la compréhension du film. Une info de valeur quand même : le rôle d’Esther, joué par Belinda Meuldijk, introduisant la question juive dans le film, fut rajouté au livre de Roelzema, qui laissait dans l’ombre sa relation à cette amante. Cette aventure dans la discrétion requise d’une infidélité compte parmi les meilleures parts du film. Quant au trio de comédiens que son succès propulsera à Hollywood (Krabbe, De Lint, Hauer), seul ce dernier accomplira une carrière américaine prospère. Dirigé sous l’égide de Houwer, faisant entendre la plainte d’un « pillage » des talents hollandais par les Etats-Unis, ce regard en arrière adressé à un public néerlandais semble avoir eu pour objectif plus ou moins avoué d’annoncer un retour en selles au pays d’un cinéaste alors fâché pour de bon avec sa patrie d’accueil.

Verhoeven à la Cinémathèque (7 min)
Pour l’ouverture le 14 octobre 2004 de la rétrospective consacrée à son œuvre à la Cinémathèque Française, Paul Verhoeven, accueilli par Jean-François Rauger et Serge Toubiana, offre un discours d’ouverture avant la projection de Turkish Delight. On peut se demander si ce supplément n’aurait donc pas mieux eu sa place en annexe de ce film-ci. Sachant qu’ils sont réunis dans le même coffret, qu’importe. Honoré, le cinéaste après avoir établi une distinction entre le réalisme de sa période hollandaise et l’imaginaire plus marqué de sa période américaine (on le sent frustré d’avoir été ghettoïsé dans le carcan du film de S-F/action), annonce un retour en Europe qui synthétiserait le meilleur de ces deux moments. Dans les films annoncés, celui qu’il s’apprête à tourner entre la Hollande et Israël est Black Book, l’insensé come-back que l’on sait. Pas de nouvelles près d’une décennie plus tard des autres projets évoqués (Azazelde Boris Akounine, une description de l’opposition philippine à MacArthur peu avant 45), ni d’une version de la vie du Christ scénarisée par Roger Avary s’apparentant de plus en plus à l’une de ces arlésiennes cinéphiles. Le Hollandais Violent nous manque.

Les galeries photos
Les filmographies de Paul Verhoeven, Rutger Hauer, Jeroen Krabbé et Edward Fox
Les bande-annonces

BUSINESS IS BUSINESS
Commentaire audio
Galeries photos
Filmographie de Paul Verhoeven
Bandes-Annonces

KATTIE TIPPEL
Commentaire Audio
Filmographies
Galeries Photos
Bandes annonces

Par Jean-Gavril Sluka & Franck Suzanne (Turkish Delight, test 2005) - le 16 décembre 2013