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Test blu-ray

Un château en enfer

BLU-RAY - Région All
Rimini Editions
Parution : 12 / 5 / 2020

Image

Rimini reprend le master HD édité en Angleterre il y a bientôt trois ans chez Indicator. Cette restauration a été produite par les laboratoires de Grover Crisp chez Sony, dont le sérieux n'est plus à prouver : le comparatif avec la précédente édition DVD (pourtant sortie en 2004 !) montre d'étonnantes similitudes. Et bien que le film ne soit pas un des sommets du catalogue de la Columbia, le rendu est plutôt très correct et efficace. Malgré l'utilisation d'un scanner au rendu un peu doux, la précision est palpable et les gros plans sont réussis. La copie n'est pas tout à fait propre, le film n'ayant pas subi de nettoyage numérique complémentaire : il subsiste quelques petites salissures ponctuelles ou de très rares rayures verticales. L'étalonnage est plutôt équilibré, très peu impacté par des pulsations du niveau de noir, tandis que la colorimétrie apparaît bien saturée et plutôt naturelle. Le rendu filmique est délicat mais bien là, avec un grain très léger sans doute d'origine, que l'encodage n'a pas atténué. Des conditions de visionnage confortables et soignées.

DVD Sony (2004) vs. Blu-ray Rimini (2020) : 1 2 3 4 5 6 7 8 9

Son

Si l'on se réfère aux spécifications audio indiquée par imdb, le film a été proposé en mono dans le circuit traditionnel en salle, à sa sortie, avec un mixage stéréo 6 pistes pour les projections 70mm. On retrouve un ersatz de ce mixage multi-piste dans l'édition anglaise avec, en plus de la piste mono, une bande son en DTS 4.0. Rimini propose une autre alternative pour la version originale avec une piste DTS-HD stéréo très propre, claire et plutôt détaillée. La spatialisation reste cependant très mesurée, parfois palpable durant les scènes de bataille, mais surtout nettement bénéfique pour la musique qui gagne ici pas mal en amplitude. La version française mono apparaît forcément plus plate, à côté : moins de détails, ouverture plus modeste, spectre plus couvert mais souffle heureusement très discret...

Suppléments

Après des compléments papier (livrets) sur certaines éditions passées, Rimini s'associe à La Plume pour ses suppléments audiovisuels :

Une peinture signée Pollack ! (39 min - 1080i)
Le modèle des conversations, initié avec la collection Billy Wilder, fait des émules. Rimini retrouve de nouveau un éminent critique cinéma du journal Le Monde, cette fois Samuel Blumenfeld, accompagné ici du producteur Yves Chevalier. Si l'équilibre n'est pas tout à fait respecté, Blumenfeld dévorant sensiblement le temps de parole, les quarante minutes sont passionnantes, notamment grâce à l'érudition du journaliste, aussi passionnant à écouter qu'à lire, qui donne beaucoup d'informations sur les coulisses du projet et livre des analyses pertinentes. Les deux hommes resituent dans son époque ce "premier très grand film de Sydney Pollack" et reviennent sur son aspect surréaliste très prononcé, une "proposition baroque" qui annonce certains grand films américains à venir. Ils évoquent le travail de Sydney Pollack, "exceptionnel directeur d'acteurs" qui explora de nombreux genres, "adossé à l'histoire de son pays", et deviendra un héritier de Douglas Sirk. Ils parlent de ses rapports avec Burt Lancaster, qui essayait alors de revenir au cinéma américain après des années européennes très riches mais une popularité affaiblie, ou le soin apporté à la reconstitution avec ses décors entièrement fabriqués. Vous saurez également comment Un château en enfer rappelle explicitement la guerre du Vietnam, la filiation qu'il entretient avec Apocalypse Now, ou sa "visée philosophique" trop en avance sur son temps, qui resta incomprise par le public. On en redemande !


Art ou action ? (21 min - 1080i)
Bien qu'il ait plusieurs fois rencontré le réalisateur, dès les années 70, Christian Viviani, professeur de cinéma à Caen, n'évoque pas assez de confidences ou de souvenirs personnels, mais livre heureusement une bonne analyse d'Un château en enfer. Il évoque les débuts de carrière du cinéaste/acteur, notamment à la télévision, ou sa collaboration avec Burt Lancaster ("peu commode mais fidèle") qui prit corps avec la supervision du doublage américain du Guépard. Il parle d'Un château en enfer, réflexion sur le film de guerre qui, comme avec Le Désert des Tartares montre l'attente d'une attaque, et pointe quelques spécificités du film, les nombreuses "particularités" comme ce soldat amoureux de sa Volkswagen ou la participation de l'actrice Caterina Boratto, vue dans des films de Fellini, et revient sur l'art confronté à la réalité de la guerre, thème principal qui sera également celui du Train, que Burt Lancaster tournera peu de temps après...


En savoir plus

Taille du Disque : 36 846 039 293 bytes
Taille du Film : 24 870 107 136 bytes
Durée : 1:47:25.105
Total Bitrate: 30,87 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 25,00 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 25009 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1873 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2124 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 25,133 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 10 juin 2020

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