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Test blu-ray

Le Journal

BLU-RAY - Région All
Elephant Films
Parution : 15 / 9 / 2020

Image

Après un premier DVD français décevant datant de 2003 (au format 4/3, qui plus est), voici enfin l’occasion de profiter pleinement de ce film peu connu signé Ron Howard, à vrai dire considéré par beaucoup comme une petite pépite. Cette fois, nous avons affaire à un master a priori plutôt correct, de plus proposé en haute définition. La première impression est assez satisfaisante car la haute définition est effectivement au rendez-vous et efface complètement de nos mémoires l’ancien rendu vidéo. A part quelques très rares points noirs, la copie est globalement très propre, la définition globale se révèle très agréable et le piqué sur certains gros plans et plans rapprochés est remarquable de précision. Une analyse plus poussée montre néanmoins quelques limites. Le master fourni par Universal à Elephant Films rappelle quelques expériences passées concernant l’éditeur. En effet, ce master n’est pas de toute première fraîcheur et a dû bénéficier d’un scan ancien. Si nous sommes amateurs de grain cinéma par souci de fidélité à la source argentique (ce qui est heureusement bien le cas sur ce Blu-ray), nous le sommes moins pour la granulation numérique en vidéo qui s’affiche ici de façon un peu excessive. De plus, cet aspect granuleux voilant légèrement l’image s’accompagne d’un usage parfois trop prononcé de l’Edge Enhancement (le procédé d’accentuation des contours), particulièrement visible dans les hautes lumières. Hautes lumières qui, soit dit en passant, sont quelquefois cramées. Enfin, le master présente une légère dominante magenta, typique des étalonnages américains des premières années du Blu-ray (sans parler des DVD). Une habitude culturelle qui a la peau dure mais qui n’est heureusement pas pénalisante pour le visionnage. Et il faut aussi garder à l’esprit que la photographie du Journal est plutôt chaude et respecte les éclairages rougeoyants new-yorkais. Concernant la colorimétrie, celle-ci se montre donc généralement assez naturelle et nuancée, en dehors des intérieurs de la rédaction aux tons plus froids et neutres (ce qui correspond probablement à un choix artistique). On ne voudrait pas paraître trop sévères car, on le répète, de nombreux plans sont magnifiques de précision (le rendu des matières comme les cheveux et des étoffes l’atteste) et les contrastes soutenus (malgré des noirs peu détaillés). Voici donc un Blu-ray bienvenu, disposant de quelques vrais atouts, réussi dans l’ensemble mais qui ne s’élève pas au niveau des plus hauts standards actuels.

Son

Ce disque propose quatre pistes sonores françaises et anglaises, chacune respectivement dans des mixages 2.0 et multicanaux. Pour les pistes DTS-HD MA 5.1, il faudra oublier les voies arrière mais elles bénéficient d’une scène frontale bien large et souvent immersive, qui profite surtout à la musique. La bande-son 5.1 originale est à privilégier en raison de son réalisme, d’un bon équilibre entre les différentes sources là où la bande-son française place les voix bien trop en avant. Mais celle-ci a le mérite de la clarté lorsque son homologue anglaise peut parfois noyer les voix des comédiens dans les ambiances et les effets sonores (chose assez surprenante mais qui ne dérangera pas les anglophones). Les pistes VO et VF 2.0 n’ont aucun intérêt de par leur aspect plus étriqué et plat, surtout la VF qui écrase vraiment tout au profit du doublage (pas inintéressant par ailleurs sur un plan dramatique).

Suppléments

Le film par David Mikanowski (18 min 33 - 16/9 - DD 2.0 - 2020 - HD)
Producteur de ce document, Elephant Films a fait appel à un homme de presse pour présenter The Paper, une idée tout à fait louable compte tenu de son sujet. Journaliste au Point Pop, David Mikanowski se charge donc de rappeler les enjeux du film de Ron Howard. Auparavant, il revient sur le journalisme traité par Hollywood à travers les décennies et cite quatre films qu’il considère comme  « exemplaires » : Les Hommes du président, Pentagon Papers (« sorte de prequel de ce dernier »), Révélations et Spotlight. Mais on en reste au niveau des citations sans développer les rapports entre le cinéma américain et la presse. Et c’est justement le problème global de cette présentation, qui finalement se contente d’aligner des noms et des titres sans proposer des pistes d’analyse (à peine esquissées). Mikanowski vante les mérites du scénario de David Koepp, scénariste star (dont il rappelle quelques travaux), associé ici à son frère Stephen, ancien rédacteur en chef de Time Magazine. Il aborde succinctement la structure du script et l’importance des plans exprimant la notion de temps (surtout de « manque de temps ») puis parle du tempo qui s’accroît avec la narration et de l’importance du retour au quotidien. S’ensuit alors un catalogue de citations au fur et à mesure que le journaliste évoque les différentes personnalités impliquées dans le tournage du Journal : le producteur Brian Grazer ; l’ensemble du casting dont il loue chacun des talents qui le compose ; Ron Howard, dont il fait une mini biographie et rappelle l’une des thématiques qu’il affectionne, le musicien Randy Newman et le chef opérateur australien John Seale. Malgré le grand nombre de documents montés (affiches, photos et extraits du film), cette présentation menée sur un rythme rapide nous laisse hélas sur notre faim.




Bande-annonce originale (2 min 44 - 1.85 4/3 - DD 2.0 - VOST - SD)
Un film-annonce non restauré présenté au bon format mais en 4/3. Peu défini, avec une colorimétrie très peu nuancée et aux noirs bouchés, il s’avère néanmoins dramatiquement efficace car basé sur les notions de compte à rebours et de deadline à respecter.

Enfin, la section Dans la même collection propose cinq bandes annonces de films sortis par Elephant Films (dans un état médiocre comme le reconnaît l’éditeur) : Prête à tout (2 min 34), Last Seduction (1 min 59), Docteur Patch (2 min 26), Contre-jour (2 min 46) et Lorenzo (2 min 39).


Par Ronny Chester - le 2 mars 2021

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