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Test blu-ray

La Chevauchée de la vengeance

BLU-RAY - Région B
Sidonis / Calysta
Parution : 20 / 9 / 2021

Image

Après un coffret DVD américain en 2008, un DVD en France en 2010 et un coffret Blu-ray anglais en 2018, La Chevauchée de la vengeance arrive enfin en France en HD, Sidonis concluant avec la ressortie de Décision à Sundown le portage en Haute-Définition des westerns Columbia du duo Randolph Scott et Budd Boetticher. Sidonis reprend pour l'occasion la restauration 2K effectuée à partir du négatif original qui avait visiblement servi pour les différentes éditions DVD, si l'on en croit le comparatif ci-dessous. Les éléments photochimiques sont de bonne qualité, avec quelques petites faiblesses colorimétriques (décoloration ponctuelle des bords de cadre) et d'infimes pulsations des noirs dans quelques rares plans sombres. On notera également de très légers halos décolorés autour de certaines formes, défaut imperceptible inhérent à la pellicule utilisée à l'époque. Le résultat de ce transfert HD est somme toute très convaincant, notamment par la qualité du scan 2K et son impressionnante précision : hormis pour les plans truqués, des fondus enchaînés dont la fabrication entrainait une duplication des éléments et donc une perte de génération, le trait est fin, le niveau de détail est poussé, la texture argentique est abondante et bien organique, sans souci d'encodage. La copie se montre très stable, totalement nettoyée, et bénéficie d'une saturation poussée mais équilibrée, avec une palette colorimétrique nuancée. Une très belle présentation, sans doute l'une des plus soignées des films Scott / Boetticher proposés en Blu-ray.

comparatif DVD Sidonis (2010) vs. Blu-ray Sidonis (2021) : 1 2 3 4 5 6 7 8

Son

La version originale a été minutieusement restaurée, nettoyée de toute impureté de pellicule. La piste est très claire, détaillée, bien équilibrée entre des ambiances palpables et des voix cristallines, en grande partie post-synchronisées. On notera une belle présence de la musique, avec des basses fréquences qui n'ont pas été oubliées. La version française n'est pas d'époque, elle a été recréée plus récemment (nous supposons dans les années 90) en se basant sur une piste d'ambiance assez proche de la VO. Hormis les voix qui sonnent de manière vraiment trop parfaite la prise de son en studio, et quelques arrière-plans sonores qui ont parfois tout simplement disparu, le rendu est tout à fait honnête et ravira les allergiques à la VO.

Suppléments

Pour La Chevauchée de la vengeance, l'un des meilleurs films de la collaboration Randolph Scott / Budd Boetticher, Sidonis propose un nombre conséquent de suppléments, en partie repris de son édition DVD de 2010.

Présentation de Bertrand Tavernier (24 min - SD)
Une très bonne analyse du regretté cinéaste cinéphile qui évoque Ride Lonesome et les films du duo Boetticher / Scott, des westerns qu'il "adore de plus en plus" et connaît sur le bout des doigts. Il resitue Ride Lonesome dans le corpus, loue son style en plans larges et la confiance "absolument magnifique" de Boetticher dans l'utilisation du Cinémascope, son sens de l'espace qui laisse respirer et apporte quelques chose à chacun des personnages. Tavernier analyse le scénario basé sur "la dramaturgie du poker", où l'on doit deviner ce qu'il y a dans le jeu de l'adversaire, et dans laquelle les protagonistes sont maîtres de leur destin. Il reste "très admiratif" du début du film, où un quart d'heure d'intrigue est résumé en à peine quelques répliques, ou de quelques plans admirables dont il s'est inspiré pour La Princesse de Montpensier, évoquant également l'influence manifeste des westerns de Boetticher sur le cinéma de Quentin Tarantino. Il note quelques variations musicales que l'on retrouve de film en film, l'écriture de Burt Kennedy qui se recentre autour de trois personnages, la "puissance tragique" du décor de la dernière séquence et l'importance des paysages dans la dramaturgie.

Budd Boetticher par Bertrand Tavernier (24 min - 1080i)
Le réalisateur cinéphile évoque le travail de Budd Boetticher, l'un des réalisateurs fétiches de sa jeunesse dont il essayait de voir les films à l'époque de son ciné-club, quand les copies étaient difficiles à trouver. C'était quelques années avant d'entretenir des relations plus personnelles avec lui, notamment pour un "entretien trans-océanique" paru dans les Cahiers du Cinéma. Tavernier, toujours aussi passionnant à écouter, même dans des conversations plus tranquilles, comme ici, revient essentiellement sur la série de westerns réalisés avec Randolph Scott, "de petites productions A" pour lesquelles il eut une grande liberté artistique.


La Chevauchée de la vengeance par Jean-François Giré (11 min - HD)
Très enthousiaste, l'ancien monteur et spécialiste du western Jean-François Giré revient sur Ride Lonesome, "un film étonnant du début à la fin" qu'il a récemment redécouvert et dont il loue le style visuel "admirablement pensé", la simplicité de sa mise en scène qui tranche avec le cinéma contemporain. Avec une tendance appuyée à raconter le film (on avertit heureusement en début de module le spectateur qui ne l'aurait pas vu), Giré note la relation inédite et ambigüe entre Randolph Scott et Pernell Roberts, qui évite la simple rivalité, ou la richesse du personnage féminin qui "révèle les hommes à eux-mêmes" et leur "redonne une puissance".


Présentation de Patrick Brion (7 min - SD)
L'historien du cinéma revient sur ce "modèle" de western qui joue sur les conventions du genre en les poussant à l'extrême, dans l'épure. Il remarque que Boetticher affine encore ses rapports avec Randolph Scott, "toujours remarquable", qu'il dépeint dans un personnage plus ambigu et moins sympathique que l'on croit. Il cite le cinéaste, interviewé dans Positif, qui parle des modifications de scénario et du "formidable" James Best.

Présentation de Martin Scorsese (6 min - HD - VOSTF)
Repris du coffret américain de 2008 et des rééditions Blu-ray anglo-saxonnes, une trop brève introduction du film (avec spoilers) par le plus célèbre cinéaste cinéphile du moment. Scorsese revient sur l'importance mythologique du solitaire dans le western et les histoires urbaines, évoque les scénarii de Boetticher qui se développent et se consolident tranquillement, ou le minimalisme de sa mise en scène, rendu encore plus précis par l'utilisation de l'écran large et son "espace négatif". Il évoque Ride Lonesome comme "un modèle" qui influença certains de ses films (Les Infiltrés), parle du thème universel de la vengeance et le symbolisme de l'arbre qui brûle, ou le final qui montre "la fin de deux mouvements très puissants". Toujours passionnant de pouvoir écouter des professionnels parler de leur métier à travers les films des autres, comme c'est régulièrement le cas avec les interventions de Bertrand Tavernier.

Budd Boetticher : un maître du western (50 min - SD upscalé en 1080i - VOSTF)
Documentaire réalisé en 2005 pour l'édition DVD de 7 hommes à abattre - ce qui explique les nombreux focus sur le film, au détriment du reste de sa filmographie, plutôt survolée. Personnalités et spécialistes du cinéma tissent un portrait forcément parcellaire mais toujours intéressant d'un des meilleurs cinéastes du genre. On s'intéresse beaucoup à son étonnant parcours, le "gamin de Chicago qui devient toréador" et parvint à réaliser des films à Hollywood. Boetticher, personnage atypique et charismatique, restera toutefois très en marge du système. On évoque ses fructueuses collaborations avec le scénariste (et futur réalisateur) Burt Kennedy ou l'acteur Randolph Scott, on analyse la singularité de leurs films, l'audace des méchants sympathiques, les personnages féminins "essentiels", la tension et la concision des récits.


Bande-annonce originale (2 min 04 - HD - non sous-titrée)

Bande-annonce commentée (3 min - HD - VOSTF)
Le réalisateur et scénariste renommé John Sayles présente la "modeste" bande-annonce de Ride Lonesome pour le site Trailer From Hell. Il évoque Karen Steel, l'une de ses actrices favorites dans les années 50, et le style de personnage "très mûr" incarné par Randolph Scott, notant que sa relation avec Boetticher rappelle celle de John Wayne avec John Ford. Bien trop bref et donc forcément un peu anecdotique...

En savoir plus

Taille du Disque : 41 313 697 480 bytes
Taille du Film : 19 499 016 192 bytes
Durée : 1:12:39.480
Total Bitrate: 35,78 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,82 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29829 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1990 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1925 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 0,043 kbps
Subtitle: French / 25,584 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 19 octobre 2021