Menu
Test blu-ray

L'Espion qui venait du froid

BLU-RAY - Région B
ESC Editions
Parution : 20 / 1 / 2021

Image

Coïncidence des plannings, quelques semaines après le décès de John Le Carré était réédité en France le film adapté de son troisième roman, qui fut aussi son premier grand succès. L'Espion qui venait du froid est proposé aujourd'hui par ESC avec la restauration effectuée il y a une dizaine d'années par Paramount à partir d'une copie positive à grain fin. On remarquera, via le comparatif ci-dessous, qu'il s'agit du même élément ayant servi pour le DVD de 2006, avec des traces d'usure absolument identiques. Le film a été numérisé à défilement continu, en temps réel, sur un scanner d'ancienne génération : le rendu n'atteint donc pas la précision des restaurations actuelles mais conserve un niveau de détail honorable, notamment pour les gros plans encore bien convaincants. Bonne nouvelle : le rendu est sensiblement meilleur que celui du DVD sorti en 2006, notamment pour son cadre désormais plus aéré qui retrouve son format 1.66 d'origine. Mais, par contre, mauvaise nouvelle : il ne s'agit pas tout à fait de la restauration sortie chez Criterion en 2013, comme nous l'espérions, mais du master à partir duquel l'éditeur américain avait opéré quelques passes de nettoyage, stabilisé les pulsations et renforcé les contrastes. L'image du disque ESC conserve donc tous les dommages de la copie photochimique, avec des images légèrement instables et assez régulièrement constellées de petites salissures, points blancs ou noirs, ainsi que de fines rayures verticales. Le grain, plutôt fin, est heureusement respecté, avec un encodage invisible. La qualité d'image est donc encore imparfaite, dommage d'avoir préféré un emballage certes réussi, mais moins primordial qu'une présentation du film dans les meilleures conditions possibles.

comparatif DVD Paramount (2006) vs. Blu-ray ESC (2021) : 1 2 3 4 5 6 7

comparatif Blu-ray Criterion (2013) vs. Blu-ray ESC (2021) : 1 2 3 4 5 6 7 8

Son

La bande-son apparaît moins problématique que pour l'image, même si on sent que la piste optique n'a pas été exploitée comme elle le serait aujourd'hui. On notera que le volume de la version originale est un peu bas, sauf pour quelques éclats (sirène, coups de feu). Les voix semblent parfois un peu limitées dans leur spectre, avec des sifflantes également peu discrètes. Quelques craquements sont encore perceptibles mais l'ensemble conserve une certaine propreté, pas de souffle disgracieux, et surtout un bon équilibre avec la musique et les ambiances. La version française est honnête mais un peu plus couverte, confortant l'absence de bruit de fond mais atténuant en même temps les sons d'ambiance, relativement discrets.

Suppléments

L'Espion qui venait du froid est présenté dans un beau digibook comprenant un excellent livret de 28 pages écrit par Olivier Père. Le directeur du cinéma d'Arte France, contributeur régulier de l'éditeur ESC, revient sur la "place à part" que le film représente dans le cinéma d'espionnage, son réalisme presque documentaire et la "cohérence" du noir & blanc, avec ses "images grises" où personne n'est tout à fait celui qu'il prétend être. L'Espion qui venait du froid marque un tournant décisif dans la carrière du réalisateur Martin Ritt, artisan humaniste considéré comme "laborieux et peu inspiré" par la critique française, toujours méconnu malgré plusieurs grands films, qui livre ici "le portrait d'un espion ordinaire" enrichi par le véritable désarroi de son acteur-star. Olivier Père évoque la carrière de Richard Burton, vedette autodestructrice, "prématurément vieillie par ses excès", au parcours "en dent de scie" jalonné "de bruit et de fureur, de violence et de passion". Elizabeth Taylor le surveillait sur le tournage de L'Espion qui venait du froid lorsqu'il jouait aux côtés de Claire Bloom, un ancien amour, ce qui n'empêcha pas l'acteur de livrer "une performance aussi inhabituelle que magistrale", dans "un contre-emploi presque total" que Martin Ritt imposa difficilement. Le livret se conclue avec la carrière de John Le Carré, ancien agent du renseignement britannique qui choisit finalement la voie de l'écriture et utilisa son expérience pour nourrir ses romans d'espionnage. Olivier Père revient sur les différentes adaptations cinématographiques tirées de ses livres. S'appuyant sur les mémoires de l'auteur, il raconte le tournage de L'Espion qui venait du froid, sa "seule expérience idyllique" avec le septième art, pendant lequel il jouait les médiateurs entre Richard Burton et son réalisateur.

Le film est accompagné de plusieurs suppléments-maison :


Il était une fois dans l'Est (31 min - HD)
Ancien du magazine Starfix et collaborateur régulier à DVDClassik, un site de passionnés dont vous avez peut-être entendu parler, Frédéric Albert Lévy revient sur L'Espion qui venait du froid et, en bon spécialiste de James Bond qu'il est, commence par établir un comparatif entre les deux héros et leurs univers. Il pointe les différences ou les points communs "purement objectifs", et montre ensuite comment ces deux figures sont des conséquences de la dégradation de la puissance britannique sur le plan international, supplantée depuis la fin de la guerre par les Etats-Unis. Frédéric Albert Lévy parle du héros fantasmé de Ian Fleming qui fait face au "réalisme outrancier", nihiliste et fataliste de John Le Carré, lequel n'épargne pas l'éthique de la politique anglaise. Frédéric Albert Lévy raconte ensuite quelques anecdotes de tournage (parfois évoquées dans le livret) et insiste sur l'ambiguïté des personnages par rapport au système, dans les films de Martin Ritt. Il conclue enfin sur la dernière scène de L'Espion qui venait du froid, à tendance shakespearienne, dans laquelle le héros choisit son destin. Inutile de préciser que le visionnage du film est fortement recommandé au préalable !

Analyse de la séquence de l'épicerie (13 min - HD)
Comme sur le récent Blu-ray de Macbeth, Frédéric Albert Lévy se prête au jeu de l'analyse sur un extrait du film, avec une démonstration très poussée, allant jusqu'à fouiller dans les plus petits détails. Le journaliste relève quelques clins d'oeil au célèbre agent 007 (notamment par la présence de son supérieur incarné par Bernard Lee, ici rétrogradé) mais trouve surtout des détails géopolitiques sous-entendus dans la liste de course, pour les plus aguerris, qui traduisent les enjeux du héros, agent prisonnier d'un matricule, en quête d'identité. Un exercice que certains pourraient trouver un peu trop tiré par les cheveux mais qui donne une théorie intéressante et finalement plausible...

Bande-annonce (1 min 31 - SD upscalé en 1080p) non sous-titrée

 

En savoir plus

Taille du Disque : 39 819 645 373 bytes
Taille du Film : 29 983 217 664 bytes
Durée : 1:52:12.976
Total Bitrate: 35,63 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,88 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29880 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2082 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1570 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 34,817 kbps
Subtitle: French / 0,243 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 28 avril 2021

Partenariat