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Critique de film
Le film

Le Rendez-vous de septembre

(Come September)

Partenariat

L'histoire

Robert L.Talbot (Rock Hudson), riche homme d’affaires américain, part en villégiature tous les mois de septembre en Italie dans sa villa au bord de la mer où il y retrouve sa maîtresse Lisa (Gina Lollobrigida), une Italienne passionnée. Qu'elle n’est pas sa surprise lorsque, voulant déroger à ses habitudes, il s’y rend en juillet pris d'un désir pressant de se retrouver dans les bras de Lisa (sur le point de se marier) et qu'il découvre que, sous les ordres de son majordome, la villa est transformée en hôtel tout le restant de l’année ! Même s'il est très mécontent de s'être ainsi fait rouler dans la farine, pour ne pas humilier son majordome devant le groupe de jeunes filles installé quelques jours en ces lieux paradisiaques, il va devoir faire semblant de se comporter en simple client de "l'hôtel", dans l'obligation de partager une promiscuité encombrante qui l'empêche de pouvoir se retrouver au lit avec Lisa, la seule idée qui le préoccupe...


Analyse et critique

Malgré son extrême sensibilité, sa touche très personnelle et son immense talent très peu remis en question, Robert Mulligan continue à avoir beaucoup de mal à se faire connaitre dans notre pays ; les passionnés de cinéma l’ont quand même à juste titre adopté depuis plusieurs décennie. Au début des années 80, la filmographie de ce réalisateur venu de la télévision se résumait pour nous, cinéphiles français, au magnifique Un été 42 (Summer of '42) - grâce aussi à Michel Legrand et à une Jennifer O'Neill dont nous étions tous tombés amoureux - ainsi qu’à L’Autre (The Other), un film fantastique assez unique, devenu rapidement culte. Il aura fallu attendre bien après la sortie de son ultime film, le mésestimé et pourtant magnifique Un été en Louisiane (The Man in the Moon), pour que d’autres titres fassent discrètement leur apparition sur le devant de la scène. De nos jours, on peut s’extasier très légitimement sur la superbe adaptation de Harper Lee, Du silence et des ombres (To Kill a Mockingbird) avec Gregory Peck, ou redécouvrir le très beau Une certaine rencontre (Love with the Proper Stranger) avec le mémorable couple que formaient Natalie Wood et Steve McQueen, le très original The Great Impostor avec un Tony Curtis magistral, ainsi par exemple que l’une des comédies les plus amusantes des années 60, le film qui nous concerne ici : Le Rendez-vous de septembre (Come September) avec l’improbable duo composé de Rock Hudson et Gina Lollobrigida qui contre toute attente fonctionne à merveille.


Lorsqu’on évoque aujourd’hui la comédie américaine hollywoodienne d’un point de vue historique, on a tendance à ne plus faire ressortir, pour schématiser, que les noms de Charlie Chaplin, Ernst Lubitsch, Frank Capra, Billy Wilder ou Blake Edwards tout en oubliant quasi-systématiquement la sex comedy des années 60 dont la voie avait été ouverte par Confidences sur l’oreiller (Pillow Talk) de Michael Gordon avec l’inénarrable couple Rock Hudson / Doris Day. Car si ce sont effectivement des comédies sans prétention ayant pour seul objectif d'amuser par des dialogues avec sous-entendus et des situations à quiproquos, certaines remplissent pleinement leur mission, et à ce titre devraient pouvoir sans honte compter parmi les plus satisfaisants fleurons du genre. Une comédie ne devrait pas obligatoirement chercher à faire passer un quelconque message pour pouvoir obtenir la respectabilité : à partir du moment où le but est atteint, celui de faire rire ou sourire tout du long, offrir 90 minutes de bonheur aux spectateurs qui ne cherchent qu’à en prendre, pourquoi n'aurait-on pas le droit de décréter que le film ayant remporté ce challenge est une réussite ?


Ce préambule pour en arriver à dire que la locution sans prétention ne devrait pas nécessairement se comprendre comme étant un qualificatif dépréciatif et du coup en profiter pour fortement conseiller Come September, l’un des premiers films de Robert Mulligan, ce réalisateur toujours injustement oublié faute peut-être à sa grande discrétion. Car s'il est évident qu'il ne s'agit pas encore d'une œuvre très personnelle, elle n’en est pas moins parfaitement bien réalisée ; la mise en scène élégante de Mulligan surclasse aisément celles plus plates des autres spécialistes de la Sex Comedy comme les Michael Gordon Delbert Mann ou Melvin Frank - ce dernier réunira à nouveau quatre ans plus tard Rock Hudson et Gina Lollobrigida dans une comédie qui se révèlera cette fois totalement laborieuse, Etranges compagnons de lit (Strange Bedfellows).



Rendez-vous de septembre raconte l’histoire d’un riche homme d’affaires américain joué par Rock Hudson qui part en villégiature tous les mois de septembre en Italie dans sa villa au bord de la mer où il y retrouve sa maîtresse Lisa, une Italienne passionnée que Gina Lollobrigida semble avoir pris un immense plaisir à interpréter. Qu'elle n’est pas sa surprise lorsque, voulant déroger à ses habitudes, il s’y rend en juillet pris d'un désir pressant de se retrouver dans les bras de Lisa - qui était quand même sur le point de se marier et qui plaque tout pour rejoindre son amant - et découvre que, sous les ordres de son majordome, la villa est transformée en hôtel tout le restant de l’année ! Malgré le fait d'être très mécontent que l'on se soit à ce point moqué de lui, pour ne pas humilier son majordome devant le groupe de jeunes filles installé quelques jours en ces lieux paradisiaques, il va devoir faire semblant d'être un simple client de "l'hôtel". Le voilà donc dans l'obligation de partager une promiscuité encombrante qui l'empêche de pouvoir se retrouver au lit avec Lisa, la seule idée qui le préoccupe comme dans toutes bonnes sex comedies qui se respectent, dont les trois films avec le couple mythique composé par Rock Hudson et Doris Day. Actuellement, un groupe de jeunes filles accompagnées d’un chaperon assez rigide sur les mœurs a donc élu domicile dans ses quartiers. Il n’est pas au bout de ses peines et sa tranquillité va être encore plus mise à mal lorsqu’un autre groupe arrive peu après, constitué cette fois-ci de jeunes garçons à la recherche de conquêtes estivales. Encore plus difficile pour lui de trouver un moment pour câliner sa chérie, d’autant plus qu’il lui prend l’idée d’être en même temps le défenseur de la vertu des jouvencelles émancipées : faites ce que je dis mais pas ce que je fais !


Ecrite par deux spécialistes parmi les plus doués dans le genre, Stanley Shapiro (Opération jupons de Blake Edwards ou encore les comédies parmi les plus drôles avec Doris Day) et Maurice Pink Panther Richlin, Come September est une comédie qui prend son temps pour présenter les personnages et installer les situations et les quiproquos. Un film charmant, lumineux et dépaysant puisque William Daniels s’est visiblement délecté à photographier la chaleureuse campagne romaine baignée de soleil à travers laquelle nos protagonistes se plaisent à "flâner" notamment en vespas. Une intrigue agréable et fort bien menée sans pour autant être trépidante (nous ne sommes pas, loin s’en faut, dans une screwball), une drôlerie constante grâce à de savoureux dialogues, d’innombrables situations cocasses (le bouchon de champagne qui aurait dû entériner la nuit d'amour mais qui la retarde encore plus pour avoir provoqué un accident), un casting plus que séduisant conduit par un Rock Hudson qui prouvait qu’il ne pouvait pas mieux s’épanouir que dans la comédie et qui s’amuse ici comme un fou (il faut l’avoir vu dans sa scène de danse), une Gina Lollobrigida pétillante, un Walter Slezak délectable et un couple de jeunes qui ne fait pas trop pâle figure - même si bien en deçà - joué par Sandra Dee et Bobby Darin, ce dernier prenant même le temps de nous gratifier d’une chanson plutôt plaisante, Multiplication.


Tentez l’expérience et je parie que vous regretterez de devoir quitter aussi vite ce paradisiaque bord de mer, ces villas somptueuses et ce groupe finalement plus que sympathique. Une comédie pleine de charme et encore trop peu connue au cours de laquelle si quelques longueurs viennent certes s’y inviter, et si l'on ne rit pas sans cesse à gorge déployée, le sourire est néanmoins constamment présent sur nos lèvres. Rafraîchissant !

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Par Erick Maurel - le 5 avril 2021