Menu

Personnalités

Leo McCarey

Leo McCarey

Biographie

Leo McCarey, qui fréquenta une école catholique dans sa jeunesse (ce qui aura son importance par la suite), fit des études de droit mais se révéla un avocat pitoyable. Mélomane et joueur de piano, il tenta ensuite une carrière comme compositeur mais ne remporta aucun succès dans ce domaine. Dépité, McCarey fit son entrée dans le milieu du cinéma en travaillant comme employé de bureau chez Mack Sennett. Puis il entra aux studios Universal en 1919 où il devint l’assistant du célèbre Tod Browning (L’Oiseau noir, 1926 ; L’Inconnu, 1927 ; Dracula, 1931 ; Freaks, 1932). Après 4 ans d’apprentissage à Universal, il fit la rencontre de sa vie en la personne de Hal Roach qui l’engagea dans ses Studios en 1923.

Il gravit rapidement tous les échelons de la compagnie pour en devenir le vice-président en l’espace de deux années. McCarey abattit une somme de travail monumentale pour Roach. Débutant comme gagman puis devenant vite réalisateur, il eut à superviser près de 200 films courts et fit travailler les plus grandes stars du burlesque de l’époque : Charley Chase, Harold Lloyd, Eddie Cantor ou W.C. Fields. Jusqu’aux géniaux MArx Brothers qu’il dirigera dans Soupe au canard en 1933 (bien après avoir quitté le Studio Hal Roach en 1929), sans doute l’un de leurs meilleurs films grâce à la rigueur et au sens du rythme du cinéaste, bien que cette œuvre ne lui tint pas vraiment à cœur. Le plus grand fait de gloire de McCarey durant sa période burlesque fut certainement d’avoir créé le célèbre duo comique Laurel et Hardy dont il supervisa la majorité des courts métrages. Cette lourde contribution au burlesque américain ne fut connue que bien des années plus tard. Il acquit à cette époque tout ce qui fera le sel de son cinéma des années 30 : un sens du rythme haletant, des ruptures de ton inusuelles pour cette époque, une ironie mordante mais sans amertume, l’attention portée aux moindres détails d’une scène (et l’utilisation des seconds rôles en contrepoint) et une forte touche de romantisme. Cette sacrée vérité (1937), qui lui valut son premier Oscar, et Elle et Lui demeurent ainsi parmi les plus grandes réussites de la comédie américaine de cette décennie bénie alors que le style visuel du cinéaste ne fut pas des plus identifiables.

Leo McCarey, désirant rapidement faire cavalier seul et prendre son indépendance, commença à cumuler tous les postes créatifs importants : scénariste, réalisateur et producteur. Car le cinéma ne fut pas pour lui qu’un simple spectacle comique mais aussi un vecteur d’émotions vraies et un lieu susceptible de délivrer des idées fortes. McCarey fut un être étroitement concerné par les problèmes de société, non pas d’un point de vue "libéral" (au sens américain du terme, donc de gauche) mais de celui d’un homme profondément catholique. Son chef-d’œuvre, Place aux jeunes (1937), traite de la place des personnes âgées dans la société avec une grande intelligence, une clairvoyance amère, un bon esprit toujours affûté et beaucoup d’émotion. Sa foi et son éducation le conduisirent parfois à une certaine lourdeur et un prosélytisme appuyé comme dans Les Cloches de Sainte-Marie (1945), ou bien à mettre en scène des pamphlets anticommunistes peu subtils comme My Son John (1951) ou encore son dernier film Une histoire de Chine (1961). Mais McCarey reste incroyablement juste, malicieux et émouvant lorsqu’il évoque les principes fondateurs de son pays ou le sentiment d’appartenance à une communauté d’esprit et de cœur. Le formidable L’Extravagant M. Ruggles (1934), qui met en scène un majordome anglais exilé aux Etats-Unis suite à la perte par son maître d’une partie de poker, témoigne de son attachement profond à ces valeurs sans que jamais il ne perde de son humour piquant. Ce film rejoint les plus grandes réussites de Frank Capra dans l’exaltation des valeurs positives américaines et de la communion spirituelle. Le cinéma de Leo McCarey s’assombrit nettement après la Seconde Guerre mondiale, car le déchaînement de violence et de haine le perturba profondément. Mais ce nouvel état d’esprit ne fit qu’enrichir encore plus l’une de ses plus belles œuvres : son propre remake de Elle et Lui (An Affair to Remember, 1957), un film d’une grande beauté plastique, entre comédie pimpante, romance charmeuse et enjouée, profond désenchantement, émotions à fleur de peau et croyance profonde en l’avenir.

Films chroniqués sur DVDClassik

En savoir plus

La fiche IMDb

Informations

Naissance : 3 octobre 1896
Décès : 5 juillet 1969
Pays : États-Unis
Métiers : réalisateur, scénariste, producteur