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Alors que les Etats-Unis d’Amérique sont sur le point de s’engager dans le premier conflit mondial, Alvin C. York mène une vie tranquille : agriculteur, il cultive sa terre et tente de nourrir le foyer familial. Néanmoins, il ne manque jamais une occasion de faire la fête avec ses amis jusqu’au jour où il croise la tendre Cassie. A ses côtés, il embrasse la foi catholique et travaille d’arrache-pied afin d’acheter un nouveau lopin de terre. Mais l’heure de la conscription a sonné et York est recruté. Déclaré objecteur de conscience, il tente d’échapper à son sort jusqu’à ce qu’il rencontre le commandant Buxton. Ce dernier a remarqué les qualités de tireur de York et va tout faire pour le mener au front… |
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Bataillon Warner en action ! Financé par la Warner et doté d’un
budget conséquent, Sergent York a bénéficié
de tout le savoir-faire de la Major. Techniquement, le travail produit
est irréprochable : la précision du cadrage, la qualité
de la photographie, l’efficacité du montage ou la richesse
des décors imposent ce style Warner où profusion des
éléments rime avec efficacité de la narration.
Toutefois, précisons à ceux qui ne l’auraient
pas vu que Sergent York n’est pas qu’un
film de guerre. Scindé en deux, ce long métrage peut
déstabiliser le spectateur avide de scènes musclées.
La première partie prend la forme d’une comédie
dramatique décrivant la vie quotidienne d’Alvin York
: issu d’une famille modeste, le jeune homme cultive un sol
aride et subvient avec difficultés aux besoins de son foyer.
Il rêve d’une terre plus riche et partage son temps entre
beuveries et concours de tirs. Il n’est alors jamais question
de batailles ni de quelconques exploits mais des doutes qui assaillent
York. Ici, les scénaristes, le réalisateur et Cooper
développent un remarquable travail de caractérisation.
Et si l’intrigue évolue peu, le charme du héros,
source d’une grande empathie, pose les bases de la suite du
récit. A l’opposé, la seconde partie du film,
consacrée à la guerre et aux exploits de York, laisse
place à l’action et offre notamment des scènes
de batailles remarquablement mises en scène. Tournées
dans le célèbre ranch Warner, ces prises de vue proposent
un spectacle ahurissant. Général Hawks à la manœuvre Néanmoins, si le style Warner fait une nouvelle fois preuve de sa redoutable efficacité, certains en oublieraient presque le rôle joué par Howard Hawks. Le cinéaste avait déjà abordé le sujet de la guerre avec Les Chemins de la gloire, l’un de ses films les plus sombres où son style transparaissait dans chacun des plans. Avec Sergent York, l’approche est fondamentalement différente : ici Hawks et le studio n’ont pas comme objectif de dénoncer la guerre mais de décrire un héros susceptible de fasciner le public. Au début du récit, il est vrai que le Sergent n’est pas un personnage purement ‘hawksien’. Prisonnier de la personnalité naïve d’Alvin York à laquelle il doit rester fidèle, Hawks ne peut prendre beaucoup de libertés. Mais, dès lors qu’il intègre l’armée, son personnage fait preuve d’un grand professionnalisme, s’insère parfaitement au groupe, devient un ‘chasseur ultime’ et, d’une certaine manière, enfile enfin l’armure ‘hawksienne’ ! Par ailleurs, notons que sa maladresse avec les femmes renvoie à celle de nombreux mâles ‘hawksien’ tels que Cary Grant (L’Impossible Monsieur Bébé ou Allez coucher ailleurs), John Wayne (Rio Bravo, Hatari, La Rivière rouge) ou Fredric March (Les Chemins de la gloire)… En dehors de la caractérisation du protagoniste principal, le film ne contient pas tous les éléments fondateurs de l’univers hawksien. Ainsi, le personnage féminin manque cruellement de personnalité, le récit ne laisse aucune place aux célèbres digressions ‘hawksiennes’, la famille y est exposée, le culte du groupe n’y est pas développé… Néanmoins, le film regorge de scènes où l’humour du réalisateur est reconnaissable entre tous. Ainsi, le concours de chasse à la dinde est un pur bijou de comédie et évoque évidemment la scène de l’arbre aux singes d’Hatari. Par ailleurs, on retrouve d’autres figures typiques de son style, notamment lorsque l’un des meilleurs camarades du Sergent meurt sur le champ de bataille. Ici, de nombreux réalisateurs auraient traité la séquence sur un ton mélodramatique. Chez Howard Hawks ce n’est nullement le cas : York est révolté par la mort de son ami mais repart immédiatement à l’action. La nostalgie, la compassion, le sentimentalisme n’ont pas leur place dans le cinéma hawksien. A l’instar de cette célèbre scène de Seuls les anges ont des ailes où Cary Grant mange le steak d’un pilote qui vient de s’écraser en avion, la mort doit être effacée sans laisser de traces. Le deuil est absent, l’action doit se prolonger sans la moindre entrave ! Enfin, d’un point de vue formel, il y a ces fameux plans de groupe où Hawks réussit à insérer un nombre incalculable de figurants dans son cadre sans recourir à l’utilisation de focales larges. On retrouve cette figure visuelle à de nombreuses reprises dans le film, notamment à l’église où des dizaines de membres de la chorale chantent à gorge déployée. Ici, on pense immédiatement à la séquence du piano de Seuls les anges ont des ailes ! Enfin, nous pourrions continuer à analyser Sergent York séquence par séquence afin d’y relever les traces de son style et de trouver les liens qui unissent cette œuvre aux nombreux chefs-d'œuvre qui jalonnent sa filmographie. Laissons donc ce plaisir aux cinéphiles qui (re)découvriront York et poursuivons notre analyse en revenant sur la merveilleuse prestation de Gary Cooper. Cooper/York un héros américain Avec un salaire fixé à 150 000 dollars
par film, Gary Cooper est considéré en 1940 comme l’une
des stars les mieux payées des studios. Sa popularité
est immense et dépasse déjà les frontières
du nouveau continent. Républicain de cœur mais partisan
de l’intervention des ‘boys’ en Europe, ‘Coop’
endosse l’uniforme du Sergent York ! Si sa prestation lui vaut
encore tant de louanges, il ne les doit pas seulement à la
ferveur patriotique qui régnait au début des années
40. Comme nous l’avons souligné, incarner Alvin York
ne se résume pas à jouer les héros sur un champ
de bataille. Le film a pour objectif de montrer l’évolution
d’un homme considéré d’abord comme un vulgaire
renégat, puis comme un fervent chrétien, un objecteur
de conscience et enfin un soldat exemplaire. Pour ce faire, Cooper
interprète ces différentes facettes du personnage avec
le plus grand naturel. Il se montre notamment capable d’incarner
la naïveté de York sans jamais tomber dans le moindre
cabotinage. Pendant toute la première partie du film, il joue
énormément avec son corps et donne l’impression
d’être handicapé par sa grande carcasse. Même
lors de la séance de tir dans le camp militaire, il semble
mal à l’aise, en retrait, sur la défensive. Au
final, ce n’est que lorsqu’il est en contact avec l’adversité
qu’il devient redoutable.
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![]() Image : Globalement l’image proposée par Warner est encore une fois de bonne qualité. La master est propre, la définition précise et l’encodage ne génère aucun défaut de type fourmillements. La palette de gris est riche et les contrastes sont remarquablement gérés. Seules quelques séquences n’ont, semble-t-il, pas bénéficié de la même restauration et font preuve de défauts (noirs et blanc brûlés, perte de définition…). Néanmoins, elles sont très rares et ne gâchent en aucun cas le spectacle. Son : De ce point de
vue rien à remarquer de particulier. La bande-son d’origine
en mono est claire. Les dialogues n’écrasent pas les bruitages
ni la musique, et aucun souffle n’est à signaler. Les sous-titres
français (blancs) sont discrets et s’intègrent parfaitement
à l’image. |
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| Disque
1 : Commentary by Jeannine Basinger : commentaire audio animé par Jeannine Basinger, universitaire et auteur de nombreux essais critiques sur l’histoire du cinéma américain. Son analyse a manifestement été préparée avec sérieux. Ses commentaires s’appuient notamment sur l’ouvrage de Todd McCarthy ainsi que sur les archives Warner. Riche en anecdotes, son analyse aborde également certains thèmes comme la représentation de la guerre au cinéma. Pendant plus de deux heures, elle instruit le spectateur d’informations passionnantes et signe un remarquable commentaire audio ! Précisons qu’à l’instar des autres, ce supplément n’est pas sous-titré mais que le débit de Basinger est suffisamment lent pour être compris par le plus grand nombre. Lions for sale (8’57) : document typique des DVD Warner dont le lien avec le film reste à déterminer… On y voit un éleveur de lions expliquer son métier avec passion. Certes, il s’agit d’un reportage d’époque mais à quoi bon le retrouver sur ce DVD ? Porky’s Review (5’56) : dessin animé Looney Tunes (sous la direction de Tex Avery). Encore une fois pas de rapport avec le film mais néanmoins non déplaisant. En noir et blanc, ce DA surprend surtout par la profusion d’idées dont il fait preuve !! Cooper
Trailer Gallery : Série de bandes-annonces relatives au
DVD sortis dans la collection Gary Cooper initiée par la Warner
(Sergeant York, The Fountain Head, Springfield
Rifle, Friendly Persuasion, Love in
the Afternoon et The Wreck of the Mary Deare).
Disque 2 : Sergeant York of God and Country (38’54) : documentaire
de type makin’of revenant sur la genèse du film ainsi que
sur les thèmes abordés et l’aspect militariste du
projet. Composé d’images d’archive, ce documentaire
assez instructif (bien que redondant avec le commentaire audio) est
raconté en voix off par Liam Neeson. |
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