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Réalisation : Alfred Hitchcock
Scénario : Thornton Wilder,
Sally Benson, Alma Reville d’après une idée
de Gordon McDonell
Directeur de la photographie : Joseph
A Valentine
Durée : 103mn
Distribution : Teresa Wright, Joseph
Cotten, Macdonald Carey, Patricia Collinge, Henry Travers, Wallace
Ford, Hume Cronyn
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103mn
Zone 2 - DVD9
Format 1.33 4/3
Langues (Mono 2.0) : Anglais, Français,
Espagnol, Italien
Sous-Titres : Anglais (pour sourds et
malentendants), Français, Espagnol, Italien, Portugais |


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L’oncle Charlie vient rendre visite
à sa famille en Californie, ce qui met en joie sa nièce,
prénommée elle aussi Charlie, avec qui il a
toujours entretenu une relation très proche. Mais l’oncle
Charlie a quelque chose à cacher et un malaise s’installe
au sein de la famille Newton, sa nièce ne tardera pas
à découvrir son terrible secret. |
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L’ombre
d’un doute est le vingt-neuvième film
d’Alfred Hitchcock, et son sixième film aux
états unis, mais c’est très certainement
son premier film à suspense cent pour cent américain
(Mr & Mrs Smith étant une comédie),
contrairement à ses précédents longs
métrages, très fortement empreints de ses
origines anglaises ; Même si ses deux films d'espionnage,
Correspondant 17 et Cinquième colonne
se déroulent eux aussi aux Etats Unis, L’ombre
d’un doute est vraiment un film à mettre
à part tant il constitue presque une étude
sociologique du mode de vie américain ; le scénario
a été écrit par un américain,
les acteurs du film sont américains mais surtout
l’histoire, l’ambiance, le climax du film sont
entièrement américains.
L’histoire se déroule à Santa Rosa,
une petite ville de Californie typiquement américaine.
Le spectateur suit la vie de la famille Newton, une famille
comme on en voit partout aux Etats-Unis, le père
est employé de banque, la mère reste à
la maison à s’occuper de son foyer, ce gentil
couple a trois merveilleux enfants dont la jeune Charlie,
bientôt adulte. Mais le mal va faire son apparition
dans cet univers apparemment heureux, en la personne de
l’oncle Charlie, incarné par le troublant Joseph
Cotten, qui n’est autre qu’un homme recherché
pour l’assassinat de plusieurs veuves. Dès
la première scène du film, on note un net
contraste entre le quartier proche de New York ou réside
l’oncle Charlie et la ville de Santa Rosa : la grisaille,
les terrains vagues, s’opposent au soleil de Californie.
Cette noirceur va migrer vers l’ouest du pays quand
l’oncle Charlie débarque ; le train qui l’amène
dégage une fumée noire et l’ombre du
train se dresse sur toute l’image.
En effet à partir de là, un malaise va s’installer
au sein de la famille Newton. Charlie (Teresa Wright) est
en admiration totale devant son oncle Charlie, mais lui,
semble plutôt distant malgré l’amour
qu’il porte à sa nièce. Cet homme a
quelque chose à cacher, comme le montre la scène
ou il feint d’amuser sa petite nièce en fabriquant
une maison en papier avec un journal ; en réalité
il dissimule des pages du journal parlant de lui…
Une fois de plus, la mise en scène d’Hitchcock
est au diapason, même si elle semble apparemment plus
simple que dans bien d’autres de ses films. On notera
particulièrement certains plans littéralement
terrifiants de Joseph Cotten qui par un regard, un mouvement
devient soudainement menaçant.
Comme dans beaucoup d’autres films du futur réalisateur
de Vertigo, l’humour est présent, même
s’il est diffusé sporadiquement. On note une
certaine ironie quand la jeune Charlie fredonne un air dont
elle ne se rappelle plus le titre, l’oncle Charlie
lui suggère "le beau Danube bleu", mais
quand soudain elle se rappelle que l’air n’est
autre que celui de "la veuve joyeuse", l’oncle
Charlie fait mine de renverser son verre. Ici l’humour
se fait violent. On notera aussi l’insistance de la
mère à montrer au faux sondeur sa façon
de casser des œufs pour qu’il puisse enfin la
prendre en photo ou bien encore le personnage loufoque incarné
par Hume Cronyn.
Le MacGuffin , comme le définissait Hitchcock
lui même, n’est qu’un prétexte
scénaristique qui tend à faire progresser
l’histoire, mais ce qui selon lui est intéressant
dans un film, n’est pas l’issue finale, mais
les comportements des personnages, l’intérêt
que le spectateur portera sur les héros du film.
En l’occurrence, le MacGuffin de L’ombre d’un
doute tend à savoir si l’oncle Charlie est
oui ou non recherché par la police, et s’il
sera arrêté ou pas. Mais ce qui nous intéresse
le plus sont les notions de bien et de mal, constamment
mêlées, au travers des deux Charlie. La similarité
de leurs comportements est parfois flagrante : dans leurs
premières scènes respectives, on peut les
voir tous les deux allongés sur leurs lits en train
de réfléchir. A quoi ? on peut se le demander.
Les relations qu’ils entretiennent sont pour le moins
ambiguës, l’oncle Charlie va même jusqu’à
offrir une bague à sa nièce, bague qu’il
lui mettra au doigt comme un mari le ferait à sa
femme.
Au fur et à mesure que progresse le film, on voit
les relations de l’oncle et de sa nièce se
bouleverser, l’attirance fait peu à peu place
à la répulsion. Charlie qui aimait tant être
avec son oncle n’ose presque plus lui parler et se
méfie constamment de ses faits et gestes, qui auparavant
lui paraissaient drôles ou, à la limite, inopportuns
; désormais son oncle lui paraît constamment
suspect, même si pendant un temps elle espère
ne se faire que des idées ; la police l’a d’ailleurs
informé qu’un autre suspect courait dans l’Etat
du Maine. Cependant le doute est là.
Au cours du film, un autre personnage très important
va faire son apparition en la personne du détective
(Macdonald Carey) chargé de l’enquête
contre l’oncle Charlie. Cet homme va à son
tour, nouer une relation privilégiée avec
la jeune Charlie, au début pour les besoins de l’enquête,
puis il entamera une esquisse de relation amoureuse. C’est
à partir de ce moment là que le film bascule.
La jeune Charlie semble peu à peu se détacher
de son oncle, et donc de la cellule familiale, pour basculer
dans la vie adulte, en tombant amoureuse de ce policier.
C’est à ce moment là seulement qu’elle
s’éloignera de son oncle et qu’elle verra
la réalité en face. C’est en cela que
le film est aussi un film sur l’adolescence et le
passage toujours délicat vers la vie d’adulte.
Dans les entretiens qu’Hitchcock accorda à
François Truffaut, à propos de la fin de L’ombre
d’un doute, il cita une phrase d’Oscar
Wilde "on ne tue que ce que l’on aime" ;
cette phrase souligne toute l’ambiguïté
de la relation qui lie les deux Charlie.
L’ombre d’un doute
est avec Psychose l’un des seuls films d’Hitchcock
où le héros est un "bad guy" et
où contrairement à la plupart des films du
maître, l’identification avec le héros
est impossible, même si le personnage de l’oncle
Charlie fascine en de nombreux points. D’ailleurs,
pour ce film, on ne peut pas vraiment parler de happy-end,
au final, tout est rentré dans l’ordre mais
cela ne s’est pas fait sans heurts, surtout pour la
jeune Charlie ; elle trouvera l’amour et perdra pour
toujours ce lien qu’elle avait entretenu avec son
oncle, même si comme semble le suggérer le
dialogue final elle restera éternellement amoureuse
de lui.
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L’édition
zone 2 d’Universal présente le film dans
des conditions très correctes et dispose de quelques
suppléments attractifs.
L’image : Bien que tachée
et parsemée de points blancs tout au long du film,
l’image de L’ombre d’un doute est de
très bonne qualité, grâce à
un contraste toujours bien géré et un niveau
de détails bien supérieur à ce qu’on
voit pour des films datant de la même époque.
Une réussite.
Le son : Un mono très
clair, qui restitue parfaitement les ambiances en VO.
Les dialogues sont parfaitement audibles, ne saturent
jamais et la musique est parfaitement mise en valeur.
La VF, bien que de bonne qualité, étouffe
certaines ambiances.
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Un
menu fixe d’assez mauvais goût, accompagné
de la musique de la fameuse série Alfred Hitchcock
présente accueille le dvdphage. On note plusieurs
suppléments dignes d’intérêt :
La bande annonce : (1mn23), contrairement
à beaucoup de films de l’époque, elle
a le mérite de ne pas trop dévoiler l’intrigue
du film.
Dessins de production : Une succession
de dessins issus du story-board du film, décrivant
plusieurs scènes clés. Il est intéressant
de remarquer que le résultat à l’écran
est très similaire aux dessins.
Galerie d’image : une cinquantaine
de photos de tournage, de photos promotionnelles et d’affiches
du film ; plaisant à regarder.
Le making of du film preferé d’Hitchcock
: (34mn) Ecrit, produit et réalisé par l’incontournable
Laurent Bouzereau, le documentaire retrace le tournage du
film avec les témoignages de la toujours présente
Patricia Hitchcock, fille de son père, de Peter Bogdanovich,
Teresa Wright et Hume Cronyn. Pour une fois chez Bouzereau,
le documentaire est loin d’être palpitant, il
multiplie les anecdotes de tournage sans vraiment aborder
le fond du film, de plus les extraits non commentés
sont nombreux et rendent la vision quelque peu pénible
quand on vient de voir le film. Malgré tout, le documentaire
reste relativement plaisant à regarder.
Le DVD est accompagné d’un livret de quatre
pages, retraçant la genèse du film
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