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Réalisé par Anthony
Mann
Avec Robert Ryan, Aldo Ray, Robert
Keith, Philip Pine, Nehemiah Persoff, Vic Morrow, LQ Jones, James
Edwards
Scénario : Philip Yordan, Ban
Maddow d'après un roman de Van Van Praag
Musique : Elmer Bernstein
Photographie : Ernest Haller
Un film Security Pictures
USA - 102 mn - 1957
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Zone
2
Format cinéma 1:33
Format vidéo 4/3
Langues : Anglais / Français
Ss-titres : Français
N&B - Mono d'origine
Menus sonores et animés |


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Abandonnée
de tous, une patrouille américaine menée par
le Lieutenant Benson (Robert Ryan) doit prendre une colline
à l’ennemi lors de la guerre de Corée.
Harcelés par un ennemi invisible, les soldats rencontrent
sur leur route le belliqueux Sergent Montana (Aldo Ray) et
son colonel, mystérieux personnage muet (Robert Keith),
dont ils réquisitionnent la Jeep. Sous fond de violent
conflit de générations entre le Lieutenant et
le Sergent, la route vers la colline sera parsemée
d’embûches... et de cadavres |
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L'on
imagine bien Terrence Malick avoir vu et revu Men in
War (Côte 465) lors sa longue parenthèse
créatrice (1978/98) tant le diamant brut d’Anthony
Mann semble être la matrice de bien des films de guerre
des années 80/90 - et notamment du fameux La
ligne rouge qui vit le retour aux affaires du réalisateur
de Badlands... Plus sec et moins élégiaque
que le troisième film de Malick, Men in war
n’en reste pas moins une évidente source d’inspiration
pour les cinéastes modernes s’étant
coltiné au genre. Etat de fait que le DVD devrait
établir une bonne fois pour toutes.
Au bête Côte 465 français, préférons
le titre original du film, Men in War, dont le
carton d’introduction traduit bien l’ambition
: Tell me the story of a foot soldier and I will tell
you the story of all wars (Racontez-moi l’histoire
d’un simple soldat et je vous raconterai l’histoire
de toutes les guerres). Soit un portrait de groupe,
soldats communs perdus dans une jungle malveillante et amenés
à prendre une colline à l’ennemi. Tendu
comme un arc, le script met aux prises soldats américains
et coréens, mais aussi et surtout le Lieutenant Benson
au Sergent Montana. Deux conceptions de la Corée,
deux hommes pris dans un conflit qui les dépasse,
deux soldats comme métaphore de la guerre et de ses
horreurs... Brillant, le scénario laisse la porte
ouverte à une éventuelle trahison de Montana
dont on ne comprendra les motivations que dans le dernier
quart du film. Dans l’intervalle, le duel Benson/Montana
est l’occasion d’une belle réflexion
sur la survie, la vie de groupe et le temps qui passe :
jeune chien fou, brillant soldat mais tête brûlée,
Montana pousse à la retraite un Lieutenant Benson
dont les méthodes à l’ancienne sont
peu à peu remises en cause. Plus moderne dans sa
thématique qu’Aventures en Birmanie
(Raoul Walsh) dont il reprend plus ou moins la trame scénaristique,
Men in War est donc aussi une remise en question
du film de guerre des années 50. Finis le chef omniscient
(Errol Flynn chez Walsh) et le groupe obéissant aveuglement.
Ici, comme plus tard chez Oliver Stone (Platoon),
l’ennemi est aussi à l’intérieur
et c’est à travers diverses épreuves
internes que la section viendra à bout de son objectif.
Scénaristes pour Anthony Mann (The man from Laramie,
Le Cid, The Last Frontier) mais aussi pour Nicholas
Ray (Johnny Guitar), John Huston (The Asphalt
Jungle) et Joseph H. Lewis (The Big Combo,
déjà édité chez Wild Side),
Philip Yordan et Ben Maddow font donc preuve ici d’un
vrai sens de l’écriture, maintenant une tension
constante tout au long du film. Minée de l’intérieur,
en proie aux conflits de ses supérieurs, la patrouille
avance le long d’un chemin parcouru d’embûches
qui sont autant de révélateurs de la vie du
groupe. A la manière de Walsh en Birmanie, les obstacles
servent autant de dynamique scénaristique (digne
des meilleurs films d’action de l’époque,
le film ne manque jamais de rythme) que de catalyseurs de
grands thèmes chers aux films de guerre : amitié
virile, exploits guerriers à la fois primordiaux
et vains, lâcheté humaine et peurs enfouies,
rapports filiaux entre les supérieurs et leurs soldats,
trahisons... Men in War ne déroge pas à
la règle des meilleurs films de guerre, passant ses
héros au scanner, si ce n’est au scalpel.
D’autant
que le réalisateur n’est pas le premier venu.
Délaissant ses westerns à gros budget pour
un petit film d’action (sa seule incursion dans le
genre avec Les Héros de Télémark),
Anthony Mann dévoile ici, une fois de plus, toute
la palette de son talent. Suite ininterrompue de cadrages
au cordeau et d’innovations de montage (voir par exemple
la superbe scène où Montana se joue de l’attaque
surprise de deux Coréens), Men in War est
un pur régal pour les yeux. Servi par une photographie
éblouissante d’Ernest Haller (Autant en
emporte le vent, Qu’est-il arrivé à
Baby Jane et La Fureur de Vivre, entre autres
exemples éloquents...), Mann multiplie les prises
de vue si raffinées qu’elles en deviennent
évidentes. La confrontation Montana/Benson est ainsi
sans cesse mise en exergue grâce à une science
avérée du cadre et du montage, au point que
l’emprise de l’un sur l’autre est toujours
signifiée par la mise en scène, et jamais
par des dialogues superflus. La marque des plus grands...
Evitant tous les poncifs des films de guerre de l’époque
(si le réalisateur ne remet pas en cause le conflit
en Corée ni même la mission confiée
aux soldats, il a tout de même un point de vue plus
qu’acéré sur la guerre. Une lucidité
qui n’est d’ailleurs pas sans anticiper Les
Sentiers de la Gloire, la virulence en moins), Mann
livre un film sans pathos, ni violons. Les hommes meurent,
leur destin se résumant à leur plaque d’identité,
mais jamais Mann ne filme le plan de trop. Pas de flash-back
larmoyant (un simple plan sur une photo de la famille Benson
cachée dans le casque de Ryan suffit à dire
le déchirement de la guerre), des ennemis loin des
clichés de l’époque (un même plan
de photo d’une femme coréenne et de son fils
pour signifier que le conflit frappe des deux côtés),
un des premiers héros noirs du cinéma américain
des années avant Sidney Poitier, et une bataille
finale à couper le souffle : Mann n’a rien
perdu de la maestria de ses plus grands westerns.
Les faits sont là : il faut voir Men in War
comme une leçon. Une sorte de Bible du film de jungle,
dont Aventures en Birmanie (encore et toujours)
serait le versant optimiste. Et dont Predator,
Basic (McTiernan), Rambo, Platoon
et tant d’autres seraient les dignes héritiers.
Comme dans tout grand film sauvage qui se respecte, la jungle
est ici un personnage à part entière et non
un décor d’opérette. A la fois cadre
chaleureux (les bucoliques plans d’herbes folles accompagnés
de la douce et superbe partition d’Elmer Bernstein)
et décor menaçant (les mêmes plans qui,
se révèlent être truffés de Coréens
camouflés), la jungle façon Anthony Mann anticipe
avec 20 ans d’avance les conflits Nature/Culture des
héros de Cimino (la forêt américaine
et ses richesses vs la jungle vietnamienne et ses dangers
dans Voyage au bout de l’enfer) mais aussi
la thématique passionnante développée
par Malick dans son dernier film. C’est dire si, malgré
son petit budget et son relatif anonymat dans la filmographie
de Mann - et dans la longue histoire du film de guerre -
Men in War est une œuvre séminale.
Fondatrice.
Portée par une interprétation sans failles,
l’histoire de cette patrouille est aussi l’occasion
de redécouvrir deux grands acteurs. D’un côté,
Aldo Ray en Montana, jeune chien de guerre téméraire
et dont le sens du combat renvoie son supérieur à
la préhistoire (tout comme chez Aldrich et ses Douze
Salopards, seules les têtes de lard à
la limite de la légalité peuvent mener une
guerre moderne à bien). Acteur à la carrière
laminée par de perpétuelles galères
financières, Ray restera comme un archétype
du tough guy, héros bourru taillé dans le
granit. Ancien militaire, il endosse le rôle de Montana
avec une aisance qui met le reste de la distribution au
tapis, que ce soit dans les scènes d’action
ou dans le drame (son monologue déchirant face au
Colonel). Mann ne s’y trompera pas, qui le fera tourner
dans son film suivant : Le Petit arpent du bon dieu.
Gloire éphémère : malgré quelques
œuvres marquantes pour Blake Edwards (Qu’as
tu fait à la guerre, papa ?), Walsh (The
naked and the dead) ou Tourneur (Nightfall),
Ray achève sa carrière sur des films plus
que dispensables (1), dont un western porno des années
70 : Sweet Savage. L’occasion est belle,
donc, de retrouver cet acteur rare et talentueux au firmament
de sa carrière : les années 50 qui l’ont
vu tourner Men in War... et se confronter à
Robert Ryan.
Gueule burinée idéale pour le rôle du
Sergent Benson, Ryan est un ami de Mann (qui lui offrira
deux autres rôles dans Le petit arpent du bon
dieu et The naked spur). Homme de gauche,
humaniste, il construit une carrière faite de virages
à 180°, endossant tantôt le rôle
de héros durs et revêches (Les Douze Salopards,
La horde sauvage) tantôt de tueurs sans merci
(assassin antisémite dans Crossfire d’Edward
Dmytryk, tueur en série dans Acte de violence
de Fred Zinnemann...). Jusqu’alors inconnu de l’auteur
de ces lignes, Men in War fait une entrée
fracassante au panthéon de sa filmographie. Tout
en rage contenue et en peur latente, Robert Ryan se voit
offrir ici un de ses plus beaux rôles, un de ses plus
émouvants aussi - tant la sécheresse du style
de Mann laisse la place à un formidable film dont
le dernier plan, porté par le seul talent de Ray
et Ryan, ne vous lâchera plus...
(1) A noter pour l’anecdote
totalement superflue qu’Aldo Ray est le père
d’Eric DaRe, que l’on retrouvera à l’orée
des années 90 en routier violent - Leo Johnson -
dans la série de David Lynch, Twin Peaks.
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Image
: Encore du tout bon de la part de Wild Side, ce qui n'étonnera
personne ici. Après des menus sépias tout
à la fois sobres et chiadés (dont bien des
éditeurs français et internationaux devraient
s’inspirer, même si, chipotons un peu, le
choix de menus 16/9 pour un film 4/3 se révéle
un peu étrange), le film est offert dans une copie
magistrale, aux rares artefacts ou poussières.
C’est surtout le contraste Noir & Blanc du DVD,
formidable, qui rend hommage au travail d'Anthony Mann
et Ernest Haler, et qui fait oublier trois plans de nuit
étrangement très sales à la fin du
film. Un détail toutefois que ces trois plans tant,
de la compression au piqué de l’image, on
se rapproche au millimètre près du niveau
d’excellence d’un Criterion. Rien de moins
! Chapeau bas...
Côté son : Là encore,
rien à redire. Passons rapidement sur la VF - d’époque
apparemment, vu le déplorable accent choisi pour
le doublage du soldat Noir, et d’une qualité
technique irréprochable - mais qui a pour unique
défaut d’être... une VF. Et attardons-nous
sur notre piste de prédilection : l’originale
- dommage d’ailleurs en passant que l’on ne
puisse passer de l’une à l’autre que
par les menus et non directement via la télécommande.
Là, un mono distinct et clair, au mixage dialogues/musiques
parfaitement équilibré, vous convaincra
définitivement de l’intérêt
de ce film si rare, et du beau DVD qui l’accueille.
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Entretien
avec Jean-Claude Missiaen (06’30’’).
Tournée dans un beau 16/9°, une courte interview
de JC Missiaen par Samuel Blumenfeld (journaliste au Monde
et co-auteur de Conversations avec Brian de Palma)
qui résume l’origine du film, sa place dans
l’histoire du cinéma (et dans la filmo de
Mann) ainsi que les enjeux de ce grand film de guerre.
Missiaen, réalisateur de polars dans les années
80 (La Baston, Ronde Nuit, Tir Groupé entre
autres titres), est surtout l'auteur de la première
biographie consacrée à Mann dans les années
60 - et l'on sent bien dans ce petit module toute l'admiration
du cinéaste/biographe français pour son
homologue américain. Reste une petite frustration
face à un bonus qui tout instructif qu'il est,
est peut-être un peu court (quoiqu'en mettant toutes
les sorties Introuvables Mann et leurs bonus Missiaen
bout à bout, on peut finalement arriver à
une longue et passionnante interview)...
Galerie Photos : 21 photos de belle qualité
(dont une en couleur) tirées du film ou du plateau
de tournage.
Affiche du film : étrange rubrique
puisqu’elle ne compte au bout du compte qu’une
seule affiche... Alors que le dossier de presse
en comprend d’autres, bien plus belles, accompagnées
de photos et de textes (difficilement lisibles sur votre
écran de TV ceci dit, attention !). Mais une fois
sur votre ordinateur, ces dossiers de presse se révèlent
un morceau de choix, passionnants et bluffants de qualité
(mise en page originale, rareté de tels documents
d'époque...).
Deux liens Internet vers les sites de
Wild Side et BAC Films.
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