Hamburger Film Sandwich
(The Kentucky Fried Movie)
Un film KFM Films
Réalisé par John Landis
Avec : Marilyn Joi, Saul Kahan, David Zucker, Jerry Zucker, Jim Abrahams, etc…
Ecrit par Jim Abrahams, Jerry Zucker et David Zucker
Photographie : Robert E Collins, Stephen M Katz
Montage : George Folsey Jr
1977 - 80 mn



Zone 2
Format Vidéo : 1.85 16/9 compatible 4/3
Format Sonore : Anglais Mono, Français Mono
Sous-titres : Français
Chapitrage
Menus animés et musicaux



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Un pianiste de bar qui a menacé de couper la gorge à un quidam avec une part de flan, se voit propulsé méga star du jour au lendemain après avoir remporté un concours de tartiflettes. Boy George a produit le film tourné en 8 mm qui témoigne de la véracité du record, film devenu introuvable aujourd’hui.

"On a pissé dans le pop corn que vous avez mangé. Le film à 23 heures." Ainsi commence le film Hamburger Film Sandwich (1977). A l’époque, lors de sa sortie, on peut imaginer la stupéfaction qui a dû frapper les spectateurs habitués aux rires enregistrés des sitcoms télévisuels. Il sera en effet ici question d’une avalanche de situations irréalistes, jubilatoires et/ou absurdes qui peuvent décontenancer de prime abord. Quel intérêt ? Jusqu’où aller ? Voilà des questions que l’on peut se poser. Cependant pour l’auteur de ces lignes, ce long-métrage est l’un des deux ou trois maîtres-étalons de la comédie des années 70, toutes nationalités confondues, influençant une génération entière de futurs comiques du petit comme du grand écran.

Dans sa version originale, Hamburger Film Sandwich est plus connu sous le nom de The Kentucky Fried Movie. Derrière ce titre d’exploitation se cache quatre créateurs dont deux frères : Jim Abrahams, David et Jerry Zucker, et enfin John Landis, réalisateur de son état - dont l'affiche du premier film Schlock (1971) trône dans un cinéma dans lequel se rend un des personnages. Ecrivant pour Mad Magazine, les frères Zucker fondent plus tard avec Jim Abrahams une troupe appelée The Kentucky Fried Theater Comedy faisant des représentations pendant quelques années. Les trois comparses poussent plus loin leur aventure commune en s’allouant les services de John Landis qui est emballé par le scénario. Les auteurs ne sont pas encore connus sous le nom de ZAZ, terme générique pour désigner tous les films écrits par la bande pendant les années 80 puis 90, avec en tête des titres comme Y’a t-il un pilote dans l’Avion ? (1980 ) ou Top Secret ! (1984) avec Val Kilmer, puis Hot Shots ( 1990) et Hot Shots 2 (1993) réalisés par Jim Abrahams avec Charlie Sheen. On ne connaît toujours pas les raisons qui ont poussé les distributeurs français à choisir le titre Hamburger Film Sandwich, même si après la vision du film on peut se douter qu’en sus de faire appel à l’image d’Epinal de l’hamburger inscrite dans l‘imaginaire collectif, il décrit plutôt bien ce mélange, ces couches successives de garnitures rappelant la pluralité du projet, à savoir plusieurs auteurs et un réalisateur travaillant ensemble et le foisonnement intrinsèque du comique de situation généré par l’œuvre elle-même : un gigantesque festival d’idées destiné au travail des zygomatiques.

Pour le rendre crédible, John Landis et sa bande de potes ont choisi un format à priori difficile, celui du long-métrage. Il faut préciser que l’on est dans le genre du film à sketchs, genre par définition inégal, et que le film n’est pas à proprement parler "linéaire" avec une histoire, des personnages et une fin classique. On peut le voir en boucle ou par morceaux, sans que cela ne lui ôte ses qualités propres. C’est pour cette raison que les producteurs furent frileux et qu’il s’agit d’un budget moyen (600000 dollars), lequel s’attaque de plus à un sujet jusqu’alors peu parodié comme les médias. On a parfois dit, que ce soit au niveau de la critique ou des spectateurs qu’il était incongru de considérer certaines comédies comme des chefs-d’œuvre, genre parfois qualifié de mineur au profit d’autres œuvres jugées plus "sérieuses" ou à même de représenter le meilleur de la cinématographie, ce qui n’est à bien des égards pas toujours le cas. Les ZAZ parviennent à sublimer cette affirmation durant chaque seconde de leur film. Si on le prend au premier degré - mais on peut tout aussi bien le prendre au trente sixième, l’effet est le même ! - c’est un hommage au cinéma fait par des gens de cinéma. Lorsque l’on voit défiler les bandes-annonces qui présentent les films à venir, cela ne fait plus aucun doute. Les génériques des faux-films avec la mention Samuel L Bronkowitz Presents et leur typographie font partie d’un univers crée par des passionnés, qui s’adresse à des passionnés mais aussi aux néophytes qui vont découvrir un nouvel univers et pourquoi pas l‘adorer.

En se penchant du côté des films cités on notera les allusions à Supervixens (1975) de Russ Meyer avec la séquence de la douche du sketch Catholic Highschool Girls in Trouble et son découpage de l’écran en forme de X, avec un rôle féminin interprété par Ushi Digard - parfois orthographié Ursula Digard, femme nymphomane du fermier dans l’opus "meyerien", voire les classiques de Lasse Braün réalisés entre 1972 et 1976 ; le clin d’œil du remake de King Kong (1976) de John Guillemin avec l’apparition de Rick Baker sous le costume du gorille et le caméo simultané de John Landis dans celui du technicien se battant contre lui, celles aux films catastrophes tels que Tremblement de terre (1974) ou La Tour Infernale (1974), la comédie américaine burlesque des années 60 représentée entre autres par Blake Edwards avec The Party (1968), dont le rôle de Peter Sellers est ici repris par un Donald Sutherland d’une grande maladresse, ou encore le film de procès, tels que Le Verdict (1982) et peut-être aussi 12 hommes en colère (1957), avec Court room, sketch proche du grand n’importe quoi tant sur le plan de l’écriture que du jeu théâtralisé à outrance - comme le sketch du cinéma en Touchoroma idée géniale car jamais vu auparavant -, mais cela fait en grande partie son charme fou. Impossible aussi de ne pas mentionner le générique final du sketch sur l’Oxyde de Zinc, ressemblant à s’y méprendre à celui de Dallas, diffusé à la télévision américaine puis française. Beaucoup de modèles et d’influences avérées qui tournent non pas à la citation gratuite mais démontrent au contraire la capacité de créer un univers propre tout en explorant avec intelligence la culture populaire, ses icônes, ses fantasmes et ses idées. Un grand tour de moulinette qui place la barre très haut dans le domaine de l’absurde, entériné par la présence d‘un godemiché devant une cour de Justice ! Hilarant !

On peut tenter de faire un parallèle avec les comédies de l’époque pour comprendre l’influence majeure que génèrera le film mais aussi ses modèles conscients ou inconscients. On se souvient des interprétations de Pierre Richard dans les premières comédies qu’il mit lui-même en scène, dont Le Distrait (1970), avec ce rôle de maladroit invétéré, duquel l’émotion parvient aussi à jaillir derrière l’apparente facilité des gags, lesquels répondent à une mise en scène millimétrée. On pense aussi à La Moutarde me monte au nez (1974) de Zidi, et à la scène de la panthère et du placard. On pourrait mettre ces films en parallèle avec celui de Landis, dans le sens où dans les deux cas, il y a cette idée de gags, de chutes qui répondent à un cadrage très précis. On se rappelle du génie comique de Charlie Chaplin, qui durant le cinéma muet, inventa et multiplia les prises de risques physiques pour nous faire rire aux éclats, et de Buster Keaton, "l’homme qui ne souriait jamais", qui se lançait derrière les locomotives et les voitures en marche pour rattraper l’espace perdu. Des gags basés sur l’expression gestuelle, et la facilité de se mouvoir dans un décor, tout en imprimant un formidable charisme, inégalé en ce qui concerne les deux maîtres sus-cités. Les acteurs de John Landis, quant à eux, tentent de faire rire et réussissent à le faire sur des thèmes très sérieux, sur des figures imposées par la télévision, le cinéma et la pub, trois des médias qui comptent parmi les plus accessibles par toutes les couches de la société et qui s’adressent donc à des gens de tranches d’âges variées, chose d‘autant plus flagrante que durant le 20ème siècle la télévision est devenue de plus en plus accessible dans les foyers. Les situations les plus drôles ne sont pas les plus difficiles à réaliser. Un homme qui tombe dans un trou creusé au milieu d’un trottoir, un seau qui tombe sur la tête d’un passant, ou un client au restaurant qui renverse une carafe d’eau provoquant des conséquences imprévues sont simples à mettre en boîte. Le rire est en revanche plus dur à obtenir dans les situations sérieuses, qui à priori, ne supportent pas le second degré. C’est dans l’exemple très précis du journal télévisé que s’exerce ce talent de la mise en scène et de l’écriture propre à Hamburger Film Sandwich. Le rendez-vous populaire par excellence, l’exercice de grand-messe est ici pris dans le sens inverse de ce qu’il est censé représenter. Les personnages prennent une grande liberté et abordent les questions d’actualité avec le ton le plus irrévérencieux - donc le plus drôle car inimaginable dans la réalité - pour provoquer un rire communicatif. Rire de l’astrologie ou des nouvelles du monde revient ici au même et la flèche plantée dans la présentatrice est le pied de nez ultime à la morale.

Plus tard, un sketch bref, annonçant une information surréaliste revient à intervalle pour servir de transition entre les saynètes. C’est à la fois brillant et iconoclaste. Il faut se rappeler avec quelle virtuosité les Monty Python pratiquaient ce genre d’humour avec des films comme Sacré Graal (1975), ou à la télévision avec le Flying Circus, dans des sketchs comme Le Ministère des démarches les plus stupides, dans lequel John Cleese s’évertue à marcher de la façon la plus stupide possible donc, entouré d’employés tout aussi expansifs. Des films qui font penser que l’on peut rire de tout : religion, sexe, politique, histoire, à partir du moment où cela est fait avec brio ce qui est également le cas ici. Dès lors pourquoi ne pas se laisser entraîner dans une spirale de joutes oratoires et un tour de force comique sans temps mort, malgré la baisse de régime de certaines scènes comme celle de la voiture un peu inégale, ou de la solution contre la migraine. On est aussi gré de la mise en scène de John Landis, discrète certes mais qui sert à merveille le propos du scénario, avec l’importance accordée au premier et au second plan, dans quelques sketchs durant lesquels il se passe toujours quelque chose : celui de l’Usine Argon, ou encore celui de l’interview de Claude Lamont l’explorateur à l’accent français très prononcé avec ce micro hystérique se baladant dans le champ, ou celui plus long qui parodie le film de kung fu, avec la présence d‘un héros relevant à la fois de la caricature de Bruce Lee et de la série Z dont il anticipe les futures bandes vidéos de Ninja Fury (1987), Ninja Terminator (1986) ou Ninja commando (1988) tous des films de Godfrey Ho avec Richard Harrison dont il emprunte tout : faux raccords, montage à la serpe, ralentis inutiles, interprétation et doublage délirants - le méchant chinois doublé avec un accent de colonel nazi en VF- stock shots d‘une jungle africaine au milieu d‘un temple de karaté, etc... Le film part dans tous les sens et ne répond à aucune cohérence de par sa structure, les sketchs pouvant être vus indifféremment de leur ordre et du chapitrage et introduits la plupart du temps par une voix-off dantesque.

Au final, Hamburger Film Sandwich aborde des thèmes aussi tabous que la mort ou la justice, rendant à chaque fois hommage à un cinéma qui l’a traversé, comme ce clin d’œil magistral inclus dans la narration aux frères Marx avec le personnage du sténotypiste du tribunal. John Landis ne s’arrêtera pas en si bon chemin, il réalisera plus tard les célèbres The Blues Brothers (1980) et Le Loup-Garou de Londres (1981). Les ZAZ ont bénéficié d’une liberté de création et de ton qui reste tout à fait exemplaire, leur permettant de s’autoriser tout, y compris quand il vont parfois un peu loin, avec cette jubilation, cette candeur, cette folie que seuls les génies comiques savent utiliser à bon escient et sans limite - tagline de l’affiche originale à l‘époque : "This film is totally out of control !" . Sans cynisme, sans aucune vulgarité, mais avec un humour ravageur et une écriture exceptionnelle, Hamburger Film Sandwich est une des plus grandes comédies réalisées. Des auteurs comme les Nuls sur Canal+, Mikael Kael dans CNN International présenté par Jules-Edouard Moustic puis dans Groland, le centre de visionnage de Edouard Baer à la fin de l’émission NPA, sans oublier les frères Wayans et leurs parodies Scary Movie (2000 et 2002), les Robins des Bois, la série de Charley Says en Angleterre et même Le message à caractère informatif qui en fait n’est ni plus ni moins qu’une parodie du sketch de Argon ; tous leurs doivent une fière chandelle. On ne saurait aussi oublier les talentueux frères Farrelly qui continuent dans la même veine avec des films comme Dumb and Dumber (1993) ou Mary à tout prix (1998), de même qu’un certain Jim Carrey, ils sont tous de dignes héritiers d’un cinéma qui ose tout sans tomber dans le racolage ou la méchanceté gratuite. Des auteurs et des comiques qui ont compté et continuent de le faire. Un conseil avant de voir Hamburger Film Sandwich : détendez-vous, installez-vous confortablement dans votre canapé, mettez vous en mode second degré et vous devriez passer un moment formidable en compagnie des ZAZ.

Image : Une image qui en général accuse quelques tâches et griffures mais rien de bien grave. L’aspect granuleux de quelques séquences dont celle du journal télévisé est en l’état normal et rien d’inquiétant à voir une définition et une compression aléatoires, car cela est voulu, le réalisateur l’ayant mis en scène les derniers jours de tournage. Au contraire de cette image télévisuelle le segment Fistfull of yen bénéficie d’un tout autre traitement de faveur, si bien qu’on a parfois l’impression de se retrouver devant un film ayant été tourné hier : couleurs pimpantes, contrastes toniques et noirs profonds finissent de rendre probant un travail de restauration qu’on aurait tort de ne pas saluer.

Son : Un mono d’origine tout ce qu’il y a de correct. La musique étant discrète c’est surtout les dialogues qui sont mis en avant et ils restent la plupart du temps très audibles. La VF comme la VO se valent avec une légère préférence pour cette dernière, un peu plus dynamique. La question du doublage doit cependant être abordée sans plus attendre. Et à ce niveau là il existe des différences radicales, qui ne dépendent pas uniquement de l’intonation des voix mais de la traduction elle-même. Ainsi, on sera surpris pour ne pas dire choqué par quelques libertés artistiques entreprises selon toute vraisemblance pendant le doublage en studio.

Trois exemples frappants : Quand un des prisonniers est sommé de rejoindre Detroit, dans la VF cette ville est remplacée par Étretat ("Oh non pitié, pas Etretat!, pas Étretat !", dit-il). Dans le sketch Catholic Highschool girls in trouble, un des types couche avec une femme mûre et s’aperçoit de la supercherie . Elle dit à la caméra : "A chaque fois on me confond avec ma fille". Dans la VF, cela donne : "A chaque fois on me confond avec mon fils !". Cela n’a alors plus du tout le même sens ! De même dans le journal télévisé, l’astrologue à la fin annonce : "Si vous êtes Gémeaux comme moi attendez-vous à l’inattendu". Or dans la VF, cela a été remplacé par : "Si vous êtes Capricorne, attendez-vous à l’inattendu". Plus surréaliste encore, la fin de Courtroom qui se traduit en VO par "Le commentateur fut emprisonné pour une durée de 20 ans", alors qu’en VF on parle de "Le commentateur fut condamné à faire du vélo pendant vingt ans sans selle". Bref, aberrations littérales, approximations de traduction ou volonté d’adapter à sa sauce le matériel d’origine ? Toujours est-il que le film en VF possède un degré d’exagération dans le doublage qui rend le film encore plus cabotin. On pense parfois au panard qu’on du prendre les doubleurs pour certaines séquences, et d’ailleurs cela se sent quand on écoute le personnage de Loo dire "Monsieur Peine-à-jouir" au lieu de monsieur Pennington. La VO possède une plus grande logique de ton. Le film est à voir dans les deux langues même si on lui préférera la version originale.

Bel effort de design avec de plus des menus sonorisés - même si la musique finit par taper sur les nerfs. Avant de parler plus en profondeur des suppléments de cette édition deux DVD, il faut parler de la tonalité générale des menus et de la façon dont ceux-ci sont présentés. Il faut s’attendre à un humour potache, qui peut ne pas plaire à tout le monde, même si on suppute que les gens sont ouverts d’esprit pour laisser passer quelques blagues qui hors contexte seraient tout simplement débiles. Sur le premier DVD on trouve le film et quelques petits suppléments, dont :

Un apéritif, mise en bouche avant de démarrer. Une petite introduction par John Landis hilare et très souriant qui s’y reprend à six ou sept reprises avant de présenter de façon correcte le film. Jim Abrahams y va aussi de son petit mot.

Le commentaire audio de John Landis, Jim Abrahams, David et Jerry Zucker et Bob Wise. Malgré la cacophonie de l’entreprise (tout le monde parle en même temps !), le commentaire audio reste un petit régal, puisque les intervenants montrent un sens de l’humour et du second degré qui sied à merveille à l’exercice. C’est bien simple : les anecdotes pleuvent et il faut tendre parfois l’oreille pour ne rien perdre tant cela va vite. Entre les souvenirs des uns et des autres, les petites blagues, les explications à propos de diverses scènes, il n’y a pas de temps mort ou presque. On apprend beaucoup de choses sur le tournage, il serait donc fastidieux de rapporter par écrit ce qui est commenté, tant il y aurait à dire, le commentaire se révélant aussi riche que le film lui-même. Quelques anecdotes à relever : David Letterman était pressenti pour le rôle d’ouverture (sketch Argon), mais il déclina l’offre. C’est le directeur de casting du film qui joue le rôle de Ron Butler. La plupart des acteurs qui jouent étaient déjà des acteurs sur scène avec le Kentucky Fried Theater. On apprend qu’une bonne partie de la famille et des amis du réalisateur et des scénaristes sont dans Hamburger Film Sandwich. L’acteur qui joue Claude Lamont a un petit rôle dans le Shining de Kubrick. Autres anecdotes : les producteurs avaient peur que les bougies ne tombent et foutent en l’air le décor dans le sketch des deux amants après le dîner aux chandelles. Le moindre centime devait être économisé et lorsque l’acteur casse la moitié du décor,on suppose que les producteurs devaient grincer d’autant plus des dents. Le dinosaure est issu d’un stock shot du film Le Monde Perdu de Irwin Allen. Plus tard la scène du nunchaku a été censurée en Angleterre, la représentation de cette arme étant interdite. Un autre titre a été envisagé, celui de Free Pop Corn. Il y a encore bien d’autres informations que vous êtes libres de découvrir par vous-mêmes. De très loin, LE supplément de ce premier disque, voire de l’édition tout court.

Un lien internet, permettant d’accéder au site de Wild Side Video entre autres.

L’autre partie des suppléments se trouve sur le deuxième disque. On y trouve :

Autour du film - Plein Ecran - 0'30" : Animation en 3D. Un morceau de poulet volant tourne autour du DVD de Hamburger Film Sandwich.

Bande-annonce - Plein Ecran - VOSTF - 2'17" : Une BA à l’humour grinçant qui montre un Samuel L Bronkowitz, producteur émérite et d’un certain âge assis dans un fauteuil présenter le film en le qualifiant "de plus grand de tous les temps". Il le présente en lisant un prompteur.

Club Sandwich - Plein écran - 28’58 : L’histoire du film en six chapitres. Rélisateur et scénaristes du film reviennent d’abord sur sa genèse. Il était question au départ de troupe qui présentait un spectacle sur Pico Boulevard en 1972 à Los Angeles. Il fut question par la suite de l’adapter pour le cinéma. David Zucker a invité John Landis et lui a demandé de monter un film promotionnel qui a fait un fiasco. Pour des problèmes de financements, c’est au final vers un ami propriétaire du Nu Art Theater, qu’il se tourne, Kim Jorgenson. Tourné en grande partie à Pasadena, il n’a pu disposer que d’un seul décor. Aucun des membres ne savait ce qu’était un plateau, c’était une expérience nouvelle. John Landis donne son appréciation du film et avoue adorer le segment Fistfull of yen en grande partie parce qu’il est lui-même fan de kung fu et qu’il admire Bruce Lee. A cette occasion il devient même émouvant quand il aborde la question en disant qu’il reste à ses yeux le meilleur. Jim Abrahams avoue ne pas aimer le segment sur l’assassinat de John Kennedy, tandis que son frère explique son "amour" pour le sketch de l’oxyde de zinc. Dans les dernières secondes, John Landis raconte une anecdote, en parlant de Cleopatra Schwartz. L’actrice qui l’interprète était avec son fiancé, et à un moment il crût qu’il y allait avoir un film Cleopatra Schwartz ce qui n’eut bien entendu pas lieu. Il se lance même dans une blague très marrante pour conclure son intervention.

Photos de tournage :
Sans doute la partie la plus à même de fournir de belles infos mais aussi la plus frustrante par son manque d’interactivité. Trois galeries proposées, lesquelles affichent des photos pour la plupart en noir et blanc malheureusement, les derniers clichés étant en couleur. La galerie 1 reprend dans l’ordre chronologique les premières photos de plateaux. La Galerie 2 continue dans l’ordre chronologique et est axée en priorité sur le segment Fistfull of Yen. La Galerie 3 enfin concerne les dernières séquences. A chaque fois une voix-off rejoue en VF les scènes. Premier constat : il est impossible de faire une pause, de passer d’une photo à une autre comme bon nous semble. La lecture aléatoire n’est donc pas possible. D’autant plus rageant quand on voit que certains clichés sont très réussis mais qu’on est obligé de tout revoir pour les consulter. Second constat : les clichés ne sont pas très originaux et il n’occupent pas tout l’écran. Dommage.

En cliquant sur Toilette, on trouve un court extrait qui est en fait un plan de Catholic Highschool Girls in trouble. On peut aussi tomber sur un extrait vidéo, qui est un sketch de 10 secondes. En cliquant sur Casting, on tombe sur une galerie de photos animées ‘coquines’ de poupées prenant aux pieds de la lettre les principes du Kama-Sutra.

Un Making-of - Plein écran - VOSTF- 18'45" : Documentaire réalisé en 8mm par David et Jerry Zucker. L’image est abîmée et le son très moyen, mais on y voit les principaux intéressés au quotidien sur le plateau. Cela nous permet de voir John Landis au travail, dirigeant ses comédiens tandis que Bob Weiss veille dans son studio. Un document brut qui reste fascinant par sa capacité à montrer l’envers du décor (équipe technique, utilisation des décors, répétitions, repérages des scènes). Un des rares documents disponibles qui révèle un grand intérêt pour quiconque s’intéresse à la mise en scène. A noter à un moment le décrochage de l’image qui donne un cachet amateur au tout.

L’interactivité continue avec une option Choisir la sauce qui ouvre la porte à deux sections.

Section Ketchup
:

Loin du film - Même principe que autour du film. On reprend les images de la bande-annonce présentées par Bronkowitz mais dans une fenêtre minuscule.

Ultimate making-of - 4'30" : Plans fixes sur la fabrication en usine des DVD du film. A la fin, une phrase demande : "Vous n’avez rien d’autre d’intéressant à faire ?"

Un petit bonus, frite : en cliquant on regarde un rush de quelques secondes d’un sketch

Une scène coupée d’un autre film : 0’22. Petit film tourné en vidéo qui montre un poisson rouge broyé dans un mixeur.

Publicité : 0'30" -Pub détournée dans laquelle on voit un hamburger dans le DVD du film servir de conditionnement.

Parodies : Trois parodies se voulant drôles donc essayant de reprendre l’esprit des ZAZ et de Hamburger Film Sandwich. Il est d’usage de souligner qu’il n’y a rien de pire qu’un sketch comique n’étant pas drôle. Exit donc la spontanéité des sketchs des ZAZ, on se retrouve devant de petits sketchs tourné en caméscope, donc qui en soit ne sont pas désagréables, mais qui vont d’un point A à un point B, en d’autres mots très prévisibles voire déjà-vu.

Le Biznessman : 0'40". Un biznessman raconte sa vision du métier tout en se lavant les cheveux dans la cuvette des toilettes grâce à son Harbic Gel Douche.

J’ai peur crêpeur : 4'40". Après un début intéressant, le sketch est une énième parodie de l’univers de M Night Shyamalan, orthographié ici M Night Chien malade (sic), avec dans le rôle principal une crêpe tueuse sur un visage qui transforme le personnage en serial killer.

Fishing Nemo : 6' - Sketch sympathique même si reprenant un univers déjà crée de toutes pièces. On y voit le personnage du poisson devenir l’ingrédient d’un bien étrange hamburger.

Section mayonnaise :

Gros plan sur le film : gros plan sur le film donc.

Kad et Olivier - Plein écran - 13' : Les deux célèbres comiques français qui officiaient un temps dans La Grosse émission sur Comédie ! sont accompagnés du réalisateur de Mais qui a tué Pamela Rose et parlent du film dont on leur montre quelques scènes. Ils évoquent l’influence qu‘il a eu, évoquent leur façon d’aborder l’humour et les limites qu’ils s’imposent eux-mêmes, tout en révélant leur position sur la question de la chute, bête noire de l’humoriste au moment de l’écriture. Intéressant bien que trop court.

Scène commentée : commentaire audio de Steven, responsable des effets spéciaux, qui s’exprime en allemand sur la scène d’infiltration de Loo dans le segment parodiant le film de kung fu.

Une recette de l’hamburger, avec des ingrédients quelque peu explosifs et une façon plus conventionnelle de les préparer.

Enfin une section DVD rom qui propose des affiches du film imprimables en haute définition.

Cette très belle édition collector d’un film assez méconnu encore de nos jours d’un des plus grand trio de l’histoire de la comédie permet donc de découvrir et redécouvrir à foison ce film à sketch aussi drôle qu’original. Il reste cependant que malgré les efforts de design et d’interactivité, certains bonus auraient pu être encore étoffés davantage et surtout plus intuitifs.


Un film chroniqué par Jordan White