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Test dvd

La Dame au manteau d'hermine

DVD - Région 2
Bac Vidéo
Parution : 8 / 7 / 2008

Image

Format 1 : 33 respecté. La copie prend la pente empruntée par les Technicolor passés baveux avec d'occasionnels points parasites couleurs en plus d’une définition parfois faible. Cette restauration ne rend pas pleinement justice au chatoiement de la photographie... à quoi s’ajoute la difficulté posée par les passages nocturnes (voir la séquence d’ouverture, beaucoup trop sombre dans les tons). Côté Bac Vidéo, les Lubitsch en noir et blanc bénéficiaient d’un meilleur traitement.

Son

Mono d’origine en version originale sous-titrée. La ligne musicale, légèrement gonflée, domine sur les sons d’ambiance. En dehors de souffles épars, elle est expurgée de parasitages trop flagrants. 

Suppléments

A propos d’Ernst Lubitsch par Noël Simsolo (25 min)
Il faut saluer le choix éditorial d’avoir fait parler plus longuement Noël Simsolo sur deux films sous-estimés de la collection (Angel - chef-d’œuvre absolu, La Dame au manteau d’hermine - moins ingrat qu’on a bien pu le dire). L’écrivain et critique met tout son savoir, son sens du détail et sa passion à souligner la sophistication aigüe dans le jeu d’inversion et la gravité (voire morbidité) secrète d’un titre souvent injustement traité. La chronique que nous en avons faite doit beaucoup - trop sans doute - à l’analyse qu’il en offre. En tirant le symbolisme et l’art du sous-entendu vers le psychanalytique, elle insiste sur le regard, de plus en plus pessimiste durant sa carrière américaine, que Lubitsch portait sur la sublimation (jamais complètement achevée) des pulsions. L’enthousiasme de Simsolo pour le film doit, on l’imagine, à ce souvenir d’enfance qu’il évoque d’une révision récurrente en compagnie de sa mère dans les cinémas de quartier. Lubitsch comme cinéaste enfantin, psychanalytique et populaire ?

A propos d’Ernst Lubitsch par Noël Simsolo - partie 2 (20 min)
Suite à son évocation de la première partie de carrière de Lubitsch sur le DVD d’Angel (jusqu’à l’échec commercial de ce titre), Simsolo nous embarque ici pour son départ de la Paramount à la MGM (puis la Fox en qualité de producteur). Au tournant des années 40, son cinéma prend un tournant plus idéologique, avec Garbo dans la satire anticommuniste de Ninotchka (Garbo laughs !), en participant à l’effort de guerre surtout par To Be or Not to Be. Simsolo rappelle la déception secrète que fut pour Lubitsch la fin de non-recevoir que lui infligèrent Capra et Anatole Litvak en refusant sa bande "sérieuse" sur la situation allemande (son origine le rendant suspect pour un documentaire sur le sujet). De quoi relativiser un peu sa réputation de jouisseur et individualiste absolu (son cinéma s’étant toujours étayé d’un sens aigu du social et de ses origines modestes). Comme Melvyn Douglas faisant enfin rire Garbo par sa chute dans un troquet : charmer, se révéler, par l’amusement... fût-ce à ses propres dépens. Aux côtés de Renoir et de Guitry, Lubitsch s’inscrivait dans une lignée de cinéastes dévolus à la poursuite d’un regard humoristique sur la difficulté existentielle, le dialogue du théâtre et de la vie. Occasion dès lors de rappeler à ce titre l’admiration inconditionnelle que lui portaient tous les cinéastes de la Nouvelle Vague. La dette entretenue à son égard s’étend en effet bien au-delà de la comédie américaine, pour concerner parmi ses plus fervents admirateurs les grands tenants de l’épure narrative : Jean Eustache (ami de Simsolo par ailleurs), Jean-Marie Straub... Ernst Lubitsch ou une école de l’exigence en matière de mise en scène : comment raconter toujours plus avec toujours moins ? Témoin de l’évolution cinéphile française, Simsolo raconte les redécouvertes successives de ce forbidden paradise si populaire qu’on en oublie à quel point il est majeur. Lubitsch, « grand inventeur de formes », toujours à redécouvrir.

Sont également disponibles des bandes-annonces et extraits de la collection Hollywood Classics ainsi qu’un lien internet.

Par Jean-Gavril Sluka - le 21 août 2014