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Test blu-ray

Scarface

BLU-RAY - Région All
Universal Pictures Video
Parution : 16 / 10 / 2019

Image

Précisons d'emblée que l'édition testée ici est le coffret collector à 79 euros comprenant le film en UHD, le film en HD, la version Hawks de 1932 en HD et restaurée 4K et... une statuette très kitsch fabriquée en Chine. Si cette dernière ne vous intéresse absolument pas, une édition combo UHD et Blu-ray du film de Brian De Palma est disponible également pour 25 euros et sachez que le film de Howard Hawks sort également en Blu-ray le 1er mars pour 15 euros.

Scarface 1983, le disque UHD

La restauration 4K et le disque UHD qui en découle sont très convaincants. L'image est à la fois douce et précise, offrant une profondeur de champ souvent impressionnante. Le grain est dense et texture finement l'image, une qualité essentielle pour un média sensé reproduire l'expérience cinématographique sur grand écran. Des qualités, le précédent Blu-ray datant de 2011 n'en manquait pas, mais il faut admettre que ce nouveau transfert apporte un supplément qualitatif non négligeable. L'édition précédente proposait un master décent mais avec un piqué assez artificiel (c'est flagrant sur les comparatifs UHD ci-dessous). La colorimétrie était quelque peu trop saturée et ne faisait pas vraiment dans la nuance. Le codec utilisé était le VC1 et sa gestion du grain était pour le moins approximative (là encore, les comparatifs UHD ne pardonnent pas).

Comparatif 1 en HD Comparatif 2 en HD Comparatif 3 en HD

Comparatif 1 en UHD Comparatif 2 en UHD Comparatif 3 en UHD

Si l'on s'attarde sur le comparatif 2 (celui en HD pour avoir une vue plus globale si vous lisez ce test sur un moniteur HD), on constatera que ce nouveau transfert propose un travail très intéressant sur la colorimétrie (en SDR comme en HDR). Et nous sommes incapables de dire si ce travail correspond effectivement à ce que souhaitait le chef opérateur John Alonzo malheureusement décédé en 2001. Mais ce qui est frappant dans ce plan, c'est à quel point le ciel et la mer apparaissent monochromes, ce qui procure un effet saisissant et fort réussi de contraste chromatique avec les couleurs vives des serviettes et du parasol. Cet effet était quasiment anéanti sur les précédents transferts vidéo, avec un arrière-plan beaucoup trop saturé et trop magenta. Cet aspect art déco est fréquent chez De Palma (Body Double), et ce n'est  probablement pas ce qui transformera Scarface en chef-d'oeuvre aux yeux de certains mais il est toujours important de respecter l'intégrité esthétique d'un film.

Le HDR
Les métadonnées inscrites sur le disque par l'étalonneur nous indiquent que le film ne dépasse pas 1 000 nits pour les pics lumineux, et que la moyenne la plus élevée pour une image est de seulement 155 nits, ce qui est plutôt raisonnable. Nous sommes donc en présence d'un HDR utilisé sans exubérance pour un film pourtant très coloré. Toujours d'après les métadonnées, le film a été étalonné dans un espace colorimétrique P3, celui du cinéma numérique. Nous sommes donc en possession d'un presque DCP 4K pour la maison, une chose qui nous plait plutôt...

Mastering display luminance : min: 0.0050 cd/m2, max: 1.000.0000 cd/m2
Maximum Content Light Level : 1 000 cd/m2
Maximum Frame-Average Light Level : 155 cd/m2


Scarface 1983, le disque HD

Le deuxième disque de cette édition est un transfert HD de la nouvelle restauration 4K. On retrouve donc les mêmes qualités que sur le disque UHD en termes de précision et de colorimétrie, mais avec une déperdition notable en termes de définition et d'encodage comme l'attestent nos comparatifs UHD ci-dessous. On rajoutera également une perte de détail en basse lumière par rapport au transfert HDR. Les hautes lumières sont relativement similaires, hormis sur les brillances plus finement détourées en HDR.

Comparatif 1 en UHD  Comparatif 2 en UHD


Scarface 1932, le disque HD

Restauré en 2017 en 4K à partir d'un élément 35mm  de seconde  génération, le film de Howard Hawks fait plaisir à voir. Cette restauration fait incontestablement partie des réussites du studio Universal pour un film du début du parlant, cela n'a pas toujours été le cas (cf. les Marx Brothers). On retrouve ici une image soignée, nettoyée sans altération des textures, avec une définition certes limitée mais qui restitue un niveau de détail très satisfaisant. Le grain est dense mais d'une finesse remarquable et très bien géré par une compression AVC d'un excellent niveau. Ce nouveau transfert offre une plus-value qualitative indéniable lorsqu'on le compare au précédent DVD dont l'image était grossièrement recadrée, sans aucune finesse, instable et assez abimée :

Comparatif 1 Comparatif 2 Comparatif 3 Comparatif 4 Comparatif 5 Comparatif 6

Suite à l'intervention des censeurs, deux fins différentes ont été tournées pour ce film. Toutes deux ont été restaurées en 4K et sont proposées en seemless branching.

Son

Le nouveau mixage DTS:X (le procédé DTS concurrent de l'Atmos de Dolby) est sans surprise excellent, avec un bon travail sur les voix. C'est à la fois rond et détaillé, donc très plaisant à l'écoute (il faut aimer la musique de Moroder aussi...). Le passage le plus impressionnant en termes de décibels est bien entendu la fusillade finale, où le mixage sollicite énormément les enceintes arrières et avec beaucoup de dynamique. La version française d'époque est proposée en DTS 2.0 ; si l'accent hispanique de Pacino avait quelque peu agacé la critique à la sortie du film, alors que dire de celui du doublage français ? Carrément ridicule et digne d'un sous-produit télévisuel... Fort heureusement, on ne trouve pas de mixage multicanal pour la version de 1932 mais une restauration du mono d'origine (sous titré en français) tout à fait convenable.

Suppléments

Disque 4K Ultra HD  

Scarface : réunion du 35ème anniversaire (27 min - UHD)
En 2018, le Festival de Tribeca fêtait les 35 ans de Scarface. A cette occasion, Michèle Pfeiffer, Brian De Palma, Al Pacino et Steven Bauer se retrouvent en public pour évoquer le tournage du film. Le réalisateur de Scarface lâche ses premiers mots au bout de neuf minutes pendant lesquelles Al Pacino et Steven Bauer auront monopolisé la parole. Mais nous comprenons vite que le réalisateur est un homme très réservé. Très vite, Al Pacino explique que le projet de faire un remake du Scarface de Howard Hawks est son idée et que le premier cinéaste pressenti pour le réaliser était Sidney Lumet. Le réalisateur évoque aussi la bataille avec la censure qui voulait classer le film X. Les autres sujets abordés lors de ces retrouvailles sont le discourt politique qui reste toujours autant d'actualité et le travail d'Oliver Stone sur le scénario. Quant à Michèle Pfeiffer, elle semble effacée tellement les deux acteurs principaux sont exubérants et complices (un peu comme les personnages qu'ils interprètent dans le film d'ailleurs). Les suppléments en UHD sont rares, donc saluons Universal pour avoir choisi de présenter ce document dans sa résolution native.



Disque HD  

Scarface : réunion du 35ème anniversaire (27 min - HD)
Voir ci-dessus.

Le phénomène Scarface (38 min - SD)
Ce documentaire en trois parties revient dans un premier temps sur l'accueil glacial du public et de la critique avec des interviews de Brian De Palma, du producteur Martin Bregman et de personnalités extérieures à la production du film, avec aussi des interventions de critiques de cinéma et de gens du spectacle comme Eli Roth ou bien l'auteur de Gommora, Roberto Saviano. Tous ces gens évoquent essentiellement les qualités formelles du film dans cette première partie. La deuxième aborde, avec quelques personnes issues des minorités, la thématique de la drogue et les dialogues du film. Scarface a beaucoup divisé à sa sortie, mais ce document donnant surtout la parole aux gens qui l'ont aimé, il manque clairement un point de vue contradictoire. La dernière partie s'intitule Le monde de Tony Montana ; dans ce document, des agents du DEA (Drug Enforcement Administration) racontent la réalité du trafic de drogue à Miami et son importance économique. Ils nous expliquent également les mécanismes qui font qu'un petit réfugié cubain devienne un baron de la drogue, paranoïaque et ivre de pouvoir, tout cela sans gravité et parfois même avec amusement. On doute quelque peu de leur bonne foi lorsqu'ils semblent vouloir nous vendre Scarface comme un film hyper réaliste.



La renaissance (10 min - SD)
Certainement le module le plus intéressant de ces suppléments car il permet de reconstituer de manière plus précise la genèse du film et les différentes étapes d'écriture. C'est aussi la première intervention d'Oliver Stone, et sa précision narrative est d'une grande aide pour comprendre le processus d'écriture du film. Les autres intervenants sont le producteur Martin Bregman et Al Pacino qui semblent s'attribuer tous les deux l'idée de faire un remake du film de Hawks. Ensuite Brian De Palma précise que sa présence sur le film s'est faite en deux temps, tout d'abord une première phase d'écriture avec David Ray qui ne l'a pas satisfait, il a donc quitté le projet. Puis Sidney Lumet l'a repris et aurait eu l'idée de transposer l'histoire dans le milieu de la mafia cubaine avant de quitter le projet à son tour. Puis Bregman aurait eu l'idée d'embaucher Oliver Stone pour réécrire le scénario, qui cette fois fut approuvé par De Palma qui réalisera donc le film.

L'interprétation (15 min - SD)
Martin Bregman et Brian De Palma évoquent le casting, et plus précisément le choix de deux comédiens inconnus à l'époque du tournage du film : Steven Bauer et Michèle Pfeiffer. Le premier est d'origine cubaine et s'est exilé aux Etats-Unis avec le reste de sa famille alors qu'il était enfant au début des années 60. Son parcours l'oriente vers le théâtre avant d'être remarqué et proposé à De Palma alors qu'il n'avait joué aucun rôle au cinéma. Michèle Pfeiffer et Mary Elizabeth Mastrantonio sont de parfaites inconnues au moment du tournage du film, elles seront auditionnées et choisies sur lecture du scénario parmi de nombreuses autres actrices. Al Pacino raconte la manière dont il a travaillé son accent hispanique qui fit tant jaser au moment de la sortie du film.

La création (29 min - SD)
Dans ce module, nous retrouvons Brian De Palma et Martin Bregman qui nous expliquent dans un premier temps le choix des lieux du tournage, qui aurait dû se dérouler à Miami au sein de la communauté cubaine de la ville mais celle ci répondit très défavorablement de par la description peu flatteuse que le film semblait faire de leur communauté, allant même jusqu'à s'imaginer que le film était l'oeuvre de Fidel Castro. Devant les difficultés et parfois les menaces, la production dut se résoudre à tourner le film en Californie. Ensuite, nous retrouvons Oliver Stone, le chef opérateur John Alonzo et Al Pacino pour décrire les choix artistiques et les choix de mise en scène, notamment celui de la tronçonneuse qui d'après Oliver Stone s'inspire de faits réels. Brian De Palma et John Alonzo décrivent longuement le tournage à cinq caméras de la scène finale, le tout illustré de nombreuses photographies de tournage. On apprend également que Steven Spielberg fit une apparition sur le plateau de tournage et donna quelques conseils pour les angles de prises de vues. La suite de ce document assez riche est consacrée à Giorgio Moroder et à la musique du film qu'il a composée. De Palma explique que Moroder a été choisi suite à son travail très disco sur la musique d'American Gigolo de Paul Schrader. De manière classique, ce document se termine par les traditionnels problèmes avec la censure et l'accueil critique et public difficile.


Scènes coupées (22 min)
8 minutes de ces scènes coupées se situent au début du film, dans le camp d'internement des exilés cubains. Une scène de conversation dans une voiture tournée sous deux angles différents. Une scène où Tony Montana assiste à l'essayage d'une robe par sa soeur, la vendeuse pensant qu'elle est sa femme - cette scène devait probablement renforcer le caractère incestueux de leur relation. Une scène filmée en plan moyen montrant F. Murray Abraham au moment où il est jeté d'un hélicoptère avec une corde au cou (cette scène sera finalement filmée sous un autre angle et en plan subjectif au travers d'une paire de jumelles).

Scarface, version télé (3 min - SD)
Ce court document montre quelques extraits de la version remontée et re-dialoguée du film en vue de sa diffusion à la TV. Bien sûr, le tout recadré en 1.33. Un massacre...

Making of du jeu vidéo Scarface (12 min 05)
Passons...

blu-ray de scarface (1932) en vost

Introduction de Robert Osborne, historien du cinéma (2 min - SD)
Courte et décevante présentation de Richard Osborne qui relate une anecdote selon laquelle le scénariste Ben Hecht aurait subi des pressions d'Al Capone lors de l'écriture du film, alors que Howard Hawks raconte dans le livre d'entretiens écrit par Jim McBride que c'est lui qui aurait subi des pressions du célèbre gangster. Cela dit, Hawks avait la réputation d'être un affabulateur.

Fin alternative (10 min - HD)
Il s'agit de la fin imposée par la censure, plus longue que celle de Hawks.

En savoir plus

Le disque UHD
Disc Label: SCARFACE_UHD_UPK1
Disc Size: 93,670,004,682 bytes
Protection: AACS2
Playlist: 00800.MPLS
Size: 83,047,190,400 bytes
Length: 2:49:51.431
Total Bitrate: 65.19 Mbps
Video: MPEG-H HEVC Video / 52344 kbps / 2160p / 23.976 fps / 16:9 / Main 10 @ Level 5.1 @ High / 10 bits / HDR10 / BT.2020
Audio: English / DTS:X Master Audio / 7.1 / 48 kHz /  5793 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz /  1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   768 kbps / 24-bit
Audio: French / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   448 kbps / 24-bit
Audio: Russian / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   448 kbps / 24-bit
Audio: Czech / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   448 kbps / 24-bit
Audio: Hungarian / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   448 kbps / 24-bit
Audio: Polish / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   448 kbps / 24-bit
Subtitle: English / 38.153 kbps
Subtitle: French / 31.877 kbps
Subtitle: Dutch / 33.014 kbps
Subtitle: Danish / 29.640 kbps
Subtitle: Finnish / 31.907 kbps
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Subtitle: Czech / 29.705 kbps
Subtitle: Hungarian / 34.406 kbps
Subtitle: Polish / 32.948 kbps
Subtitle: Greek / 33.974 kbps
Subtitle: Romanian / 27.994 kbps
Subtitle: English / 0.745 kbps
Subtitle: French / 0.792 kbps
Subtitle: Czech / 0.345 kbps
Subtitle: Hungarian / 0.151 kbps

Le disque HD
Disc Label: SCARFACE1983_UPB1
Disc Size: 45,887,312,848 bytes
Protection: AACS
Playlist: 00800.MPLS
Size: 37,476,784,128 bytes
Length: 2:49:53.183
Total Bitrate: 29.41 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 18811 kbps / 1080p / 23.976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 7.1 / 48 kHz /  5687 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz /  1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   768 kbps / 24-bit
Audio: French / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   448 kbps / 24-bit
Audio: German / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   448 kbps / 24-bit
Audio: Italian / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   448 kbps / 24-bit
Audio: Spanish / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   448 kbps / 24-bit
Subtitle: English / 38.891 kbps
Subtitle: French / 32.077 kbps
Subtitle: German / 36.337 kbps
Subtitle: Italian / 32.800 kbps
Subtitle: Spanish / 34.611 kbps
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Subtitle: German / 0.969 kbps
Subtitle: Italian / 0.882 kbps
Subtitle: Spanish / 0.132 kbp

Le disque de la version Hawks
Disc Title: Scarface (1932)
Disc Label: SCARFACE1932_UPB1
Disc Size: 32,586,902,513 bytes
Protection: AACS
Playlist: 00801.MPLS
Size: 28,427,065,344 bytes
Length: 1:35:34.145
Total Bitrate: 39.66 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 33062 kbps / 1080p / 23.976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz /  1804 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz /  1509 kbps / 24-bit)
* Audio: French / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   768 kbps / 24-bit
* Audio: German / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   768 kbps / 24-bit
* Audio: Italian / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz /   768 kbps / 24-bit
Subtitle: English / 42.910 kbps
Subtitle: French / 38.045 kbps
Subtitle: German / 40.221 kbps
Subtitle: Italian / 35.695 kbps
Subtitle: Spanish / 38.188 kbps
Subtitle: Dutch / 35.956 kbps
Subtitle: Danish / 35.253 kbps
Subtitle: Finnish / 32.603 kbps
Subtitle: Norwegian / 35.194 kbps
Subtitle: Swedish / 38.402 kbps
* Subtitle: French / 0.708 kbps
* Subtitle: German / 1.036 kbps
* Subtitle: Italian / 1.057 kbps

Par Jean-Marc Oudry - le 24 février 2020

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