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Test blu-ray

Ne dites jamais adieu

BLU-RAY - Région B
Elephant Films
Parution : 8 / 12 / 2020

Image

Eléphant Films continue d'égrener les carrières de Douglas Sirk et Rock Hudson avec ce nouveau film en commun, assez méconnu et d'ailleurs non signé par le cinéaste, proposé pour la première fois au monde en Blu-ray. Ne dites jamais adieu a bénéficié d'une restauration plutôt récente et très compétente, un probable scan 2K qui offre une précision tout à fait convenable dans son format 2.0 d'origine. Les trames du Technicolor ont été bien alignées, ce qui permet d'obtenir un trait assez fin et un rendu correct du niveau du détail, à l'exception peut-être du du visage rehaussé de fond de teint de Rock Hudson, qui pourra paraître un peu lisse, même en gros plan. La copie est stable, très propre, et hormis quelques discrètes micro-rayures autour de la 70e minute, on relèvera uniquement quelques rares imperfections photochimiques, brèves instabilités d'émulsion de la pellicule qui n'ont pas été trop corrigées et qui peuvent se transformer, dans certains plans sombres très ponctuels, en légères pulsations du niveau de noir. Les contrastes sont heureusement équilibrés, sans être bouchés, et la colorimétrie se montre efficace, bien saturée et très nuancée, avec une palette sans doute fidèle à la photographie d'origine : quelques couleurs vibrantes (Sirk oblige) ainsi que des relents plus froids mais volontaires, surprenants et assez fréquents. Le grain a été respecté, fin et organique malgré une petite discrétion, mais surtout bien géré par un encodage invisible.

Son

La version originale est d'excellente facture, dénuée de souffle ou de sifflantes, le rendu est particulièrement efficace, même si l'on peut parfois déceler d'infimes faiblesses de conservation. Les voix sont claires, bien équilibrées entre les ambiances et la musique (bonne ouverture). La version française d'époque est un peu plus "dans son jus" avec un aspect marqué inévitable, un peu de souffle et de petits craquements. Le spectre est plus aigu, plus nasillard, avec un équilibre moins franc qu'en VO mais des conditions tout à fait honorables pour une vraie rareté.

Suppléments

Le film est proposé en combo DVD et Blu-ray, avec une jaquette réversible de l'affiche originale américaine, ainsi que Le bleu, le rose et le genre chez Douglas Sirk, un petit livret de 24 pages, illustré d'affiches et d'images du film, signé Stephen Sarrazin. L'enseignant en cinéma consacre deux textes aux carrières de Douglas Sirk puis Rock Hudson, un cinéaste qui a dévoilé "l'ampleur du refoulé américain" et un acteur qui a incarné l'Amérique "puissante et tourmentée". Sarrazin évoque le style de Sirk qui a notamment marqué Fassbinder en bouleversant le mélodrame et montrant "la classe moyenne toute fraîche" de l'après-guerre comme un "terrain fertile" pour "de nouvelles dictatures". Par cette collaboration fructueuse avec Rock Hudson, Sirk "cesse d'être un cinéaste allemand" tandis que l'acteur trouvera un mentor et le point culminant d'une carrière qui marquera le cinéma de cette époque par son "empreinte singulière".

Le film est accompagné de plusieurs suppléments dont aucun, malheureusement, n'explique les raisons du reniement du cinéaste pour Ne dites jamais adieu...


Douglas Sirk : une relation imaginaire (67 min - 1080i)
Entretien inédit (et excellent) avec Denis Rossano, ancien journaliste et auteur d'Un père sans enfant, roman sur Douglas Sirk qui met au jour un destin étrangement similaire à ses plus grands mélodrames. Rossano raconte un parcours chaotique parfois plein de contradictions : un artiste de gauche qui voit la montée du nazisme, marié à une juive mais qui pourtant "crée la star nazie" Zarah Leander. Rossano raconte ses découvertes sur le drame personnel de Sirk, "marqué à vie" par un fils qu'il ne connaîtra jamais : "un personnage de tragédie" propulsé "petit garçon idéal du nazisme" au cinéma avant d'être "excommunié" par Goebbels (par vengeance contre son père en fuite ?), envoyé sur le front russe où il mourra à l'âge de 19 ans et "effacé de la mémoire collective". Rossano raconte la période américaine de Sirk, un exil tardif qui rend d'abord le cinéaste suspect aux yeux de Hollywood, avant qu'il n'y réalise son premier film... antinazi (Hitler's Madman). Il pense retourner en Allemagne après la guerre mais il y est rejeté, contraint de retourner en Amérique sur laquelle il tournera "des portraits au vitriol" avec ses "contes moraux". Ce sera la rencontre avec Rock Hudson, une "symbiose" entre "un fils de substitution" et "un père idéal", en même temps que le déploiement d'un style de mise en scène qui fait monter une force dans l'émotion. Rossano évoque "le regard ironique et distancié" de Sirk, son cinéma qui explore sa propre douleur, revenant ainsi sans cesse sur le rapport de l'enfant et la parentalité, ou abordant même la vie de son propre fils dans la "lettre d'amour" Le Temps d'aimer et le temps de mourir. Le "cinéphile romancier" s'attarde également sur certains films comme Mirage de la vie, où Sirk "redonne une dignité à tous ces gens [noirs] qui ne sont pas reconnus par le cinéma américain", et s'interroge sur l'arrêt de sa carrière et son retour en Europe après avoir tourné son plus grand succès commercial (et le plus gros succès de la Universal, à l'époque). Le récit est habilement ponctué d'extraits de films de Douglas Sirk qui résonnent parfois étrangement avec son propre parcours. Absolument passionnant et indispensable pour tout fan du cinéaste.


Douglas Sirk par Jean-Pierre Dionnet (9 min - 1080i)
Le journaliste et critique partage ici son regard personnel sur le film et le réalisateur, "un pessimiste qui a vu le nazisme" et qui deviendra une référence pour nombre de metteurs en scène. Rien de bien nouveau dans le détail, mais une belle déclaration d'amour à son cinéma.

Rock Hudson par Jean-Pierre Dionnet (16 min - 1080i)
Jean-Pierre Dionnet revient cette fois sur Rock Hudson, longtemps sous-estimé et peu à peu réévalué, qu'il considère "peut-être" comme "le meilleur acteur du monde" entre 1960 et 1967. Il raconte quelques étapes de sa carrière comme le tournage de Géant et la longue amitié qui le lia à Elizabeth Taylor, "la grande rencontre" avec Douglas Sirk, Seconds, "son meilleur film", ou ses trois comédies "formidables" avec Doris Day. Un portrait parfois un peu étrange et pas mal insistant sur l'homosexualité (voire bisexualité) de l'acteur qui "a beaucoup aidé la cause" du SIDA en avouant publiquement en être atteint...


Bande-annonce originale (2 min 38 - SD - 4/3 - VOSTF)

En savoir plus

Taille du Disque : 38 400 457 495 bytes
Taille du Film : 25 322 102 784 bytes
Durée : 1:35:55.249
Total Bitrate: 35,20 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 30,00 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 30036 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1563 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1563 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 0,650 kbps
Subtitle: French / 31,290 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 26 janvier 2021

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