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Test blu-ray

Le Pornographe

BLU-RAY - Région A, B, C
Elephant Films
Parution : 3 / 11 / 2015

Image

Nouvelle incursion dans la cinématographie japonaise pour l'éditeur Elephant Films qui sort ces jours-ci une salve de trois films réalisés par Shôhei Imamura. Si les deux autres titres (Cochons et cuirassés et La Femme insecte) sont disponibles sur support HD depuis plusieurs années en Angleterre, chez Eureka (collection Masters of Cinema), Le Pornographe est une première mondiale en Blu-ray, douze ans après une édition DVD chez Criterion. L'ensemble est d'une tenue très correcte, offrant de bonnes conditions de visionnage. Le piqué est sans doute un peu doux, le niveau de détail aurait pu être encore plus accentué, mais l'image reste cependant assez précise. Il y a du grain, plus ou moins abondant selon les scènes, mais bien présent, soutenu par un débit vidéo très solide. Les contrastes sont assez bien gérés, offrant un beau noir et blanc, une gamme de gris tout à fait convenable aux noirs parfois assez profonds. On notera quelques légères pulsations de luminosité, mais elles sont fugaces et s'oublient vite. La restauration numérique n'a été que partielle : il reste quelques rares traces du temps (points blancs, rayures, etc.) avec un cadre légèrement instable. Mais la copie utilisée ici est heureusement de bonne qualité et, dans l'ensemble, assez propre. On notera que les bobines sont enchaînées par un fondu au noir, et non en "cut" comme cela devrait être le cas.

Son

Seule piste proposée, la version originale est de très bonne facture. Respectant le mixage mono d'origine, elle offre un son très clair, assez détaillé et sans saturations. On notera parfois un très léger souffle, conformément aux conditions des prises de son direct.

Suppléments

Le film est également proposé, en plus du Blu-ray, dans un DVD au contenu strictement identique.

Nouveaux visages pour ces suppléments de la salve Imamura : un premier module de 15 min (en 1080i) réunit Stéphane Sarrazin (enseignant et spécialiste du cinéma japonais) et Julien Sévéon (rédacteur en chef du magazine Mad Asia). Ces commentaires sur Le Pornographe sont parfois intéressants, comme la description d'Osaka (dont la population s'affiche plus franchement que celle de Tokyo) ou l'aspect précurseur des thématiques sexuelles du film, banalement répandues aujourd'hui (avec la pornographie, par exemple). On nous éclaire également sur certaines moeurs locales, avec quelques notions pertinentes sur un idéal très japonais : le fantasme de la machine, du robot. Dommage que ces propos croisés restent le plus souvent survolés et noyés dans un ensemble manquant de rythme, ce qui en atténue la portée.

Elephant Films a la bonne idée de proposer un épisode de la série documentaire Cinéastes de notre temps : Imamura, le libre penseur (61 min - SD). On suit le réalisateur dans différents lieux, parfois en rapport avec les films commentés (ainsi un salon de coiffure lorsqu'il évoque Le Pornographe), et parfois accompagné du comédien Kazuo Kitamura ou de l'interprète et traductrice Catherine Cadou. Imamura raconte un peu ses méthodes de travail ("Je pense en documentariste") ainsi que quelques anecdotes comme lorsqu'il a observé le tournage d'un véritable film pornographique produit par des Yakuzas ; l'arrivée américaine après la guerre ; ou l'évocation des prostituées, véritables "chiffons en papier". C'est une entrée en matière intéressante, surtout pour ceux qui ne connaîtraient pas le cinéma de Shôhei Imamura. Non seulement parce que l'on fait un peu connaissance avec le personnage mais aussi grâce aux nombreux extraits de ses films qui donnent envie d'en voir davantage...

En plus des bandes-annonces des différentes collections de l'éditeur, on trouve celles de Cochons et cuirassés (4 min 13 - 1080p), du Pornographe (3 min 24 - 1080p) et La Femme insecte (1 min 44 - 1080p).


Les disques sont également accompagnés d'un livret de 12 pages, Shôhei Imamura, Maître des désirs inassouvis, écrit par Bastian Meiresonne, auteur, entre autres, d'un livre sur le réalisateur. Outre un rapide historique sur le parcours du cinéaste, il s'agit surtout de (trop) brèves mais passionnantes analyses des trois films qui composent cette (première ?) salve Imamura. Ce spécialiste du cinéma asiatique replace ces oeuvres dans la carrière d'Imamura qui fut l'une des grandes figures de la Nouvelle Vague japonaise. Un teasing efficace qui vous donnera sans doute l'envie d'en découvrir davantage.

En savoir plus

Taille du Disque : 49 603 352 829 bytes
Taille du Film : 37 038 544 896 bytes
Durée : 2:07:09.747
Total Bitrate: 38,84 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 34,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 34995 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Japanese / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1887 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 30,689 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 6 novembre 2015