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Test blu-ray

La Vie de château

BLU-RAY - Région B
TF1 Vidéo
Parution : 4 / 6 / 2014

Image

Commençons par une banalité : si nous avions, compte tenu des critères de l'époque, montré une certaine indulgence vis-à-vis de l'édition DVD MK2 datée d'avril 2008, il faut aujourd'hui admettre, premièrement qu'elle possédait un certain nombre de défauts sur lesquels il est aujourd'hui difficile de passer, et deuxièmement que le saut qualitatif apporté par la HD est pour le moins considérable. Et puisque les images parlent souvent mieux que les mots :


DVD MK2
(édition 2008)


Blu-Ray TF1 Video
(édition 2014 - image réduite, voir la galerie pour la taille réelle)

Au-delà même des questions évidentes de définition ou de stabilité de l'image, par le menu toutes favorables à l'édition haute-définition de juin 2014, on peut même considérer que c'est la première fois que l'on peut redécouvrir La Vie de château au plus proche de la vision de ses créateurs : l'image du DVD MK2 était incomplète et déformée dans sa largeur, et surtout particulièrement sombre, ce qui ne rendait pas justice à la photographie de Pierre Lhomme. Le fameux chef-opérateur a d'ailleurs contribué à rendre justice au film, en apportant sa caution lors de la phase d'étalonnage, en accordant par exemple un soin particulier aux raccords entre les plans de nuit et les plans de "nuit américaine". On appréciera notamment la profondeur de certains noirs ou la belle homogénéité des gris clairs.

Parmi les autres difficultés révélées par la restauration (menée par Mikros Images), une attention spécifique à été portée à l'insertion des plans d'archives de la Seconde Guerre mondiale, voulus par Jean-Paul Rappeneau mais dont la médiocre qualité tranchait avec celle des plans datés du tournage du film. Ceux-ci ont ainsi subi un traitement spécifique de dégrainage, ce qui atténue légèrement la violence du contraste.

Globalement, cette édition offre donc un bilan assez remarquable, dans lequel on peut simplement évoquer un lissage un peu marqué, sans toutefois être agressif : le grain manque un peu à notre goût - et pas seulement donc dans les images d'archives - mais cela n'affecte pas le rendu général, et en particulier le piqué assez fin. Catherine Deneuve peut de nouveau virevolter, le support numérique est désormais à la hauteur.

Son

Là encore, la numérisation du négatif optique et sa restauration ont permis de supprimer l'essentiel des défauts notables, et un soin particulier a été porté au traitement du souffle, tout à fait atténué. Il faut noter qu'à la demande de Michel Legrand, les musiques des génériques de début et de fin, fatiguées, ont été remplacées par leurs enregistrements originaux, conservés dans les archives personnelles du compositeur, et bien plus dynamiques.

Suppléments

Parmi les suppléments, on retrouve deux entretiens qui figuraient déjà sur l'édition MK2 de 2008 :

dans le premier (Une comédie virevoltante - 9 minutes - SD), la voix de Catherine Deneuve évoque ses souvenirs du tournage, son plaisir de jouer la comédie selon les principes de Jean-Paul Rappeneau ou encore ses relations avec les autres comédiens, notamment Pierre Brasseur.

dans le deuxième (Rire de tout - 14 minues - SD), c'est le regretté Philippe Noiret qui, depuis une loge de théâtre, faisait appel à ses souvenirs, souvent empreints d'une forme de nostalgie : sa rencontre avec Rappeneau sur le tournage de Zazie dans le métro ; cette façon si particulière d'intégrer la comédie au sein de certaines des heures les plus noires de l'histoire récente ; ou ses camarades de jeu, Pierre Brasseur et, évidemment, Catherine Deneuve, avec qui il tournait alors pour la première fois.

Au passage, ces deux modules, qui intègrent de nombreuses images (en SD) issues de la précédente édition, permettent donc de mesurer, par comparaison, l'étendue du saut qualitatif...

Si l'on excepte une bande-annonce cinéma d'époque inédite, les nouveaux suppléments figurant sur cette édition sont dus au très estimable Jérôme Wybon, dont nous avons déjà eu l'occasion ici-même de louer le travail en de multiples occasions (et notamment autour des éditions TF1 Vidéo des films de Philippe de Broca en 2013).

Un bref supplément, intitulé Les Oubliettes du Château (2 minutes - HD), provient du fruit de ses recherches menées autour du film, et permet - grâce qui plus est à un montage dynamique - d'avoir un aperçu de deux scènes du scénario non intégrées au montage final du film (l'une mettant Philippe Noiret face au jeune chapardeur ; l'autre lors d'un souper familial).


Mais le morceau de choix reste Tout est une question de rythme (56 minutes - HD), documentaire exemplaire qui, à l'aide de nombreuses images d'archives inédites (extraites des quelques 5 000 photos dénichées par Jérôme Wybon lors de ses investigations) ou des témoignages de plusieurs personnalités (dont Jean-Paul Rappeneau lui-même, particulièrement disert, mais aussi Olivier Gérard, assistant-réalisateur du film), livre de nombreuses anecdotes autour du film, de son tournage ou de son équipe. Citons par exemple toute la partie autour du choix de la comédienne, qui tient presque en lui-même de la comédie la plus débridée, avec Françoise Dorléac déboulant en retard à son rendez-vous au restaurant pour repartir quasi-immédiatement, non sans avoir mentionné sa manière de voir le personnage (ou plutôt les pieds de celle-ci), et, à la suite, les hésitations de Catherine Deneuve, qui trouvait qu'elle parlait trop vite (« avec un débit de mitrailleuse »), mais dont le réalisateur n'hésite finalement pas à dire qu'elle est « arrivée comme une étoile dans ce projet » dont elle est finalement devenue la meilleure arme !


Par Antoine Royer - le 10 juin 2014

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