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Test blu-ray

La Méprise

BLU-RAY - Région B
ESC Editions
Parution : 4 / 5 / 2022

Image

Après Le messager, ESC édite aujourd'hui une autre Palme d'or inédite en vidéo, présentée pour la première fois au monde en Blu-ray à partir d'un master Sony visiblement ancien mais d'une tenue encore correcte, proposant en tout cas des conditions de visionnage très honorables pour une oeuvre plutôt délaissée. L'image de La méprise n'éblouit pas par une précision démesurée mais conserve une définition palpable malgré une petite faiblesse en détail, l'ensemble restant donc encore un peu doux. Les images sont très propres, avec une légère instabilité de cadre. Les contrastes manquent sans doute un peu de densité mais l'étalonnage couleur respecte assez bien la palette terne et monotone choisie par le directeur de la photographie Michael Reed. Le grain est respecté et largement présent, offrant une patine photochimique très acceptable.

Son

La version original se montre sans doute assez fidèle aux intentions d'origine, avec un ensemble sobre et ténu. Les prises de son direct sont restituées avec suffisamment de précision, les voix sont claires et les ambiances palpables, dans une dynamique modeste. On ne relève pas de traces d'usure marquées ou de défauts disgracieux, pas de saturation ou de sifflantes, ni de souffle. La VF est un petit cran en deçà, avec des voix malheureusement soumises à une saturation régulière. Les ambiances sont nettement rabaissées, ici au minimum syndical. La dynamique est aussi plus réduite, avec des basses fréquences encore moins vivaces, mais un souffle totalement absent. On notera une tonalité légèrement accélérée, cette VF ayant sans doute été trouvée sur une source destinée à la télévision.

Notez par ailleurs que le DVD proposé en combo avec le Blu-ray présente quelques défauts peu discrets : une coupure totale du son de 8'18'' à 8'22'', une répétition des mêmes répliques ("Most impressive, superb, what is...") à 17'40', de gros grésillement sur la musique de de 30' à 31 et des coupures dans le dialogue à 1h24'51''.

Suppléments

Le combo DVD-Blu-ray est proposé avec Lady Franklin et son chauffeur, un livret de 20 pages illustrées écrit par Marc Toullec. L'ancien rédacteur en chef de Mad Movies revient sur cette seconde Palme d'or en 3 ans adaptée d'un roman de L.P. Hartley et sur l'oubli dans lequel le film est tombé, contrairement à son ex aequo L'épouvantail de Jerry Schatzberg, Il s'attarde longuement sur l'adaptation du livre grâce aux confidences du scénariste Wolf Mankowitz qui a profondément réécrit l'histoire, reprenant de nombreux détails pour remettre "la forme en accord avec le fond", en accentuant les changements intérieurs des personnages, densifiant les rapports de classe par un changement d'époque et le choix d'un cadre rural où le "déterminisme social" est plus marqué. Marc Toullec aborde le cinéma de Alan Bridges, dont La méprise reste le sommet de la carrière, et reprend quelques souvenirs de tournage de l'actrice Sarah Miles, notamment une anecdote sur le caractère fier et capricieux de Robert Shaw, mauvais perdant au ping-pong...

La méprise est également accompagné de plusieurs suppléments spécialement produits pour cette édition :

Jeu de société (26 min - HD)
Le journaliste Frédéric Albert Lévy, ancienne plume du magazine Starfix et collaborateur de DVDClassik, analyse en détail le scénario de La méprise, une critique "avec des gants de velours" du système de classes anglais "qui ne peut créer que des oppositions". Il illustre son propos par la "double fracture sociale" dont sont victimes le chauffeur (avec son associé) et la baronne (avec son prétendant), remarquant à ce sujet une similarité des comportements entre Ledbetter et son rival. Frédéric Albert Lévy revient sur la tragédie de ces deux destins parallèles "qui ne se rencontrent jamais" et la façon dont le lieu où se développent leur relation (la voiture) les voue, par sa nature, à l'échec. Il revient sur ce casting "idéal" où Robert Shaw, acteur à l'image brutale cachant un romancier et scénariste de talent correspond parfaitement à ce rôle de chauffeur bien plus intelligent que ne le suggère son origine sociale.


Entretien avec Mark Wilkinson (12 min - HD)
Enregistré fin 2021, un mois avant sa mort à l'âge de 91 ans, le compositeur de la musique de La méprise parle de son travail pour le cinéma, débuté avec If..., se souvenant de l'étape des visionnages en salle (puis en DVD, plus récemment) pour s'imprégner de l'atmosphère afin d'écrire la bande originale, remarquant que les réalisateurs "ne sont pas très forts" dans les choix d'emplacement de la musique, en général. Il parle de La méprise, "un bon film dans son genre", et de sa musique "économe", basée sur des variations. Les propos ne sont pas forcément palpitants, il aurait peut-être été intéressant de l'interroger plus généralement sur sa carrière, mais c'est déjà un bel effort d'avoir retrouvé Mark Wilkinson pour cet ultime témoignage.

Analyse de séquence (4 min - HD)
Frédéric Albert Lévy commente la première rencontre "qui n'en est pas une" entre la baronne et son chauffeur, réunis dans la solitude de la voiture, où leur rapport est symbolisé par un reflet "fantasmatique" et révélateur.

En savoir plus

Taille du Disque : 38 099 721 468 bytes
Taille du Film : 29 011 857 408 bytes
Durée : 1:47:42.456
Total Bitrate: 35,91 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29995 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2031 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1828 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 24,904 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 24 juin 2022