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Test blu-ray

Dernier domicile connu

BLU-RAY - Région B
Coin de mire cinéma
Parution : 10 / 9 / 2021

Image

Dernier domicile connu a été restauré en 2020 par Studiocanal, en association avec Coin de Mire. Les travaux ont été effectués en 4K, sans doute par le laboratoire VDM, à partir du négatif original complété, pour certaines images manquantes, par un interpositif. Le générique a été refait à l'identique pour éliminer les salissures du tirage de l'époque.

Le master propose les qualités sensiblement habituelles des travaux du laboratoire VDM, à savoir une bonne définition, un niveau de détail satisfaisant et des contrastes équilibrés. Les cadres sont stables, la copie a été totalement nettoyée (il reste 2 ou 3 plans avec une brève usure en bord de cadre, ponctuelle et plutôt discrète). Comme souvent, c'est sur l'étalonnage que se différencie le travail : l'image de Dernier domicile connu ne souffre pas tellement de griefs pour son aspect 4K mais nous serons en revanche plus mitigé sur la fidélité globale à la colorimétrie d'origine. L'ensemble reste souvent réussi et plutôt invisible mais, en ayant voulu gommer des nuances typiquement photochimiques de manière trop abrupte, on arrive parfois à une restitution réduite de la palette de couleurs, avec apparition de dérives discrètes vers le magenta, des visages qui deviennent plus ou moins rosés, des rouges qui apparaissent parfois plutôt "Bordeaux" (cf. comparatif 3). On remarquera parfois une gestion un peu maladroite de la saturation, avec des plans qui peuvent être très désaturés, où ne se détachent que quelques arrière-plans (des meubles par exemple) aux couleurs plus marquées. Il s'agit sans doute d'une spécificité d'origine, inhérente au type de pellicule utilisé, mais que l'étalonnage de ce master accentue sans doute un peu plus. On notera également que l'étalonnage manque parfois d'homogénéité, avec des raccords-couleur parfois discutables d'un plan à l'autre. Enfin, quelques mots sur l'encodage du disque, relativement invisible, qui s'il gère correctement le grain abondant de l'image, semble pourtant gommer légèrement les détails les plus fins de l'image.

comparatif DVD Studiocanal (2006) vs. Blu-ray Coin de Mire (2021) : 1 2 3 4 5

Son

Très bonne restauration de la piste son, d'une grande clarté. L'ensemble est détaillé, totalement nettoyé des "plops" et "scatches" résiduels. On ne relève pas de sifflantes ou de saturations. Un léger souffle persiste, conforme aux prise de son direct. Bon équilibre entre les voix et les ambiances. La dynamique est correcte, avec une utilisation modeste des basses fréquences.

Suppléments

Le film est présenté dans un digibook en édition limitée à 3 000 exemplaires, au design comme toujours très élégant, avec quelques goodies (10 reproductions de photos d'exploitations, affiche française au format A4). Le livret intérieur de 24 pages reprend des documents d'époque : dossier de presse, affiches internationales, galerie de photos, coupures de presse et article de la revue Ciné-monde.

L'idée de la collection Coin de Mire est de proposer une séance "à l'ancienne", en visionnant Dernier domicile connu tel qu'il pouvait être présenté dans les salles à l'époque, avec un avant-programme d'une durée totale de ... min - un peu dans le style de La Dernière séance sur FR3, mais sans le dessin animé. On peut ainsi choisir de visionner le film directement ou en l'incluant dans une "séance complète" comprenant :


Actualités de la 9e semaine de 1970 (13min - HD)
Quelques mini-reportages Pathé Magazine, d'abord tournés vers l'avenir avec l'inauguration du RER à la station La Défense, modèle dernier cri de centre commercial qui participe au "Paris de l'an 2000" ; et le Festival du court-métrage à Tours, qui promeut "le laboratoire du cinéma de demain" . Des actualités qui regardent également vers le passé avec des souvenirs à base d'archives plus ou moins dramatiques de la "drôle de guerre" qui eut lieu il y a 30 ans et "cesserait tôt ou tard d'être drôle". En conclusion, un sujet sur la peinture contemporaine flamande.


Réclames de 1970 (11 min - HD)
Un florilège des publicités (parfois locales) que l'on pouvait voir à l'époque dans les salles : une boutique Armand Thiery à Marseille ; les bonbons Mint'ho Kréma ; les glaces Miko ; les caramels Dupont D'Isigny ; la découverte des USA à bord du Pan Am 747 ; la lotion après-rasage Mennen, "pour nous les hommes" ; la chaîne internationale des hôtels Meridien ; les magasins La Samaritaine ; les jeans Levi's ; les robes Franck à Lyon ; les yaourts Taillefine Gervais "pour rester mince sans vous priver" ; les raviolis Panzani avec Marthe Mercadier ; la Simca 1100 Spéciale.


Bande-annonce originale (3min 55s - HD)

Ces suppléments sont aussi visibles séparément, via le menu "Bonus". Bonne nouvelle depuis quelques sorties, Coin de Mire qui se contentait auparavant de sa "séance complète" propose enfin, de manière plus régulière, des compléments spécifiques au film et spécialement produits pour cette édition.

Parti sans laisser d'adresse (20 min - HD)
Du haut du balcon de son chalet suisse où il prend le soleil, Julien Comelli raconte la production de Dernier domicile connu, "le film de José Giovanni qu'il vous faut", inspiré d'un roman de la Série Noire que Giovanni pensera d'abord à adapter pour l'écran, avant de se lancer dans un projet de mise en scène. Julien Comelli évoque le choix de Marlène Jobert, choisie après la découverte du "pas complètement réussi" L'astragale, pour un personnage dans le droit prolongement de celui du Passager de la pluie, tourné juste avant. Il évoque le désistement soudain de l'actrice et l'aide apportée par Claude Sautet pour réussir à la convaincre, et sur l'aspect père-fille de l'histoire, avec l'importance de l'enfance. Il parle du travail de François de Roubaix, compositeur fétiche de Giovanni, maintes fois samplé, au score parfois à la limite du psychédélique et de l'expérimental. Une présentation très générale et sympathique, mais un peu incomplète...

José, mon aventurier (53 min - HD)
Grâce à sa proximité géographique avec la veuve de José Giovanni, habitant la suisse elle-aussi, Julien Comelli a pu mener un entretien dans la longueur, modeste mais intéressant, qui survole la filmographie du cinéaste et parle de l'homme, rencontré alors qu'elle travaillait aux Editions Gallimard. Zazie Giovanni est surtout interrogée sur la « deuxième vie » de son mari, lancée grâce à l'écriture et l'énorme succès du Trou alors qu'il était coiffeur, puis son entrée "avec un grand" (Jacques Becker) dans le monde du cinéma. Elle évoque finalement assez peu les livres, basés sur ce qu'il avait accumulé de son expérience "dans un certain milieu", pour se concentrer davantage sur sa carrière de réalisateur. Elle parle de la façon dont il travaillait en laissant une certaine liberté à ses équipes et à ses comédiens, et raconte comment il parvint à monter son premier film grâce Lino Ventura, le projet de Classe tous risques, l'"osmose formidable" avec le réalisateur Claude Sautet. On revient sur quelques films plus ou moins rares comme Où est passé Tom ?, au sujet très en avance sur son temps, et Deux hommes dans la ville, le préféré du cinéaste. Julien Comelli s'intéresse aussi à la musique de ses films, notamment ses rapports avec François de Roubaix. Mais Zazie Giovanni est surtout interrogée sur les trois titres réunis dans la collection Coin de Mire : le "challenge" du Rapace qui lui permit de continuer la mise en scène ; Dernier domicile connu où elle se souvient du travail formidable d'Etienne Becker à la lumière et du caractère difficile de Marlène Jobert (qui ne transparaît pas de son apparence fragile) ; et Une robe noir pour un tueur qui reprend le leitmotiv de l'injustice, récurrent dans la carrière du cinéaste. Lorsqu'elle évoque le tournage du Rapace au Mexique, avec une équipe énorme et expérimentée, Zazie Giovanni évoque le goût de son mari pour la nature et les extérieurs, et donc pour les histoires d'aventures, un genre qui lui plaisait davantage que le polar et vers lequel il se tourna naturellement après l'écriture des Grandes gueules, déjà un "western à la Giovanni", un genre qu'il adorait par ailleurs pour ses héros mutiques qui finissaient par se révolter et se révéler...


On trouve également plusieurs bandes-annonces (en HD) de films édités dans la collection Coin de Mire : Le rapace (4min 21s), Le grand chef (3min 20s), Chiens perdus sans collier (3min 50s), Gas-oil (3min 20s), Train d'enfer (3min 28s) et La horse (3min 59s).

En savoir plus

Taille du Disque : 47 010 606 186 bytes
Taille du Film : 30 432 663 552 bytes
Durée : 1:46:03.208
Total Bitrate: 38,26 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 36,64 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 34646 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1644 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 33,181 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 6 juin 2022