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Test blu-ray

Daïnah la métisse

BLU-RAY - Région All
Gaumont
Parution : 10 / 10 / 2018

Image

Parallèlement à L'Amour d'une femme, Gaumont propose un autre film de Jean GrémillonDaïnah la métisse, dans une très belle restauration 4K. Les travaux ont été effectués par le laboratoire L'Immagine Ritrovata, à partir du négatif nitrate conservé à la Cinémathèque Française et une copie nitrate de la Collection Films du département de la Charente. Le résultat est assez impressionnant quand on sait que le film date tout de même de 1932, il offre des conditions de visionnages jusque-là inédites. La copie est très stable et extrêmement propre : les rayures ont notamment été effacées, il n'en reste pas de traces vraiment gênantes. Si la définition est plutôt bonne, avec un bon niveau de détail, l'image pourra souvent apparaître floue : les objectifs de la caméra réduisent parfois la zone de netteté (avec des flous périphériques), on relève de nombreuses erreurs de mise au point au moment de la prise de vue, et la profondeur de champ est plutôt limitée. Des contraintes d'époque que même une restauration numérique ne peut corriger. Notez que les contrastes sont solides et le grain a été conservé dans des proportions satisfaisante, donnant à l'ensemble une belle patine argentique. L'encodage est invisible.

Son

La partie sonore apparaîtra moins clinquante que l'image, au premier abord. N'oublions pas, encore une fois, que le film date de 1932 : ce sont les premières années du cinéma parlant, le style est très marqué par son époque et les contraintes techniques sont surtout extrêmement limitées. Même si la restauration sonore (effectuée à partir des négatifs son d'origine) est réussie, le résultat balance forcément entre les deux. Le spectre sonore est réduit, avec une ensemble qui reste encore couvert, aux dialogues aussi clairs que possible mais pas toujours totalement intelligibles pendant les prise de son direct. Il s'agit sans doute de choix artistiques assumés, si l'on en croit certains propos dans les suppléments. Malgré un ronronnement permanent en bruit de fond, certaines scènes à l'étrangeté assumée (par le son) résistent bien. La piste a été nettement nettoyée, et l'on note toujours la présence de sifflantes persistantes, imposées par la technique de prise de son de l'époque. On pourra difficilement faire mieux mais les conditions d'écoute sont déjà bien confortables.

Suppléments

Jean Grémillon et le réalisme magique (59 min - 1080p)
Ce supplément, qui complète celui du Blu-ray de L'Amour d'une femme, permet de retrouver les spécialistes du cinéma de Grémillon, Maîtres de conférences ou professeurs en études cinématographiques. Malgré quelques longueurs (difficile, encore une fois, de maintenir un rythme et couper facilement des propos tenus sur plusieurs minutes), l'ensemble est très intéressant, éclairant le film avec des analyses souvent pertinentes. On aborde ainsi la symbolique de l'affiche, "l'une des plus belles de Grémillon" (dommage qu'elle ne soit pas montrée... problème de droits?), l'aspect expérimental du film, "l'étrangeté de la mise en scène" ("sous hypnose"), ou le travail sur le son (prémices de la musique concrète) : "le cinéma n'est pas parlant mais sonore". Divers aspects, typiques du cinéma de Grémillon, se retrouvent dans le film, comme "la symbolique de la réconciliation des contraires" et la complexité des apparences, le cinéma étant comme un "art magique" qui permet de "voir au-delà de la réalité". On insiste sur la modernité du film, notamment par des personnages comme Daïnah ("tout à fait extraordinaire pour l'époque") et le magicien ("figure du cinéaste"), ou par certaines scènes marquantes, comme celle du bal masqué ou de la transe. On explique assez précisément les différences avec la nouvelle qui a inspiré le film (et donc ce que Grémillon a apporté au sujet initial), ainsi que la post-production chaotique qui vit la durée de Daïnah la métisse réduite d'un bon tiers par la Gaumont. C'est aussi l'évocation du style de Jean Grémillon, quelqu'un qui s'intéresse à l'humain, "ouvert à toutes les possibilités de la vie", et ses points communs cinématographiques avec un cinéaste comme Leo McCarey...

Scènes commentées (20 min - 1080p)
Philippe Roger, Maître de conférences en études cinématographiques, s'attelle de nouveau à l'exercice passionnant du commentaire audio. Comme sur le Blu-ray de L'Amour d'une femme, ses analyses et commentaires très écrits, parfois mentionnés dans le supplément précédent, reviennent par exemple sur le générique non signé par l'auteur et l'ouverture "sous le signe de la photogénie", le personnage de Daïnah (sa "splendeur insolente") et son "couple désaccordé", les rapports aux corps et à la classe sociale (oisifs vs. ouvriers), le réalisme dissonant parfois documentaire, la scène du bal masqué et la danse nocturne organisée en diptyque ("vertige orgiaque"), comme l'est la rencontre entre Daïnah et le soutier Michaud, au cadrage "à la fois très assuré et déséquilibré".

Le Blu-ray ne propose malheureusement pas la bande-annonce du film.

En savoir plus

Taille du Disque : 33 660 840 204 bytes
Taille du Film : 13 520 547 840 bytes
Durée : 0:51:13.041
Total Bitrate: 35,20 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,98 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29982 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1560 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1613 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 15,728 kbps
Subtitle: English / 14,844 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 16 octobre 2018

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