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Test blu-ray

Coffret G.W. Pabst - Le Mystère d'une âme

BLU-RAY - Région B
Tamasa
Parution : 26 / 11 / 2019

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Pour ce coffret consacré au cinéaste Georg W. Pabst, Tamasa n'a choisi de proposer que trois films en Blu-ray. Une décision forcément décevante pour les titres ayant bénéficié de restaurations HD mais qui ne sont présentés qu'en DVD - surtout quand certains d'entre eux sont disponibles en Blu-ray à l'étranger...

DVD 1 : La rue sans joie

La copie présentée est exactement la même que celle déjà présente sur le DVD des éditions Filmmusuem au moment de la restauration en 2010, déjà testé sur DVDClassik.

DVD 2 : L'amour de Jeanne Ney

Restauré en 2K il y a quelques années via une copie disponible au MoMA, et éditée en Blu-ray en Allemagne, le film n'est proposé qu'en DVD mais dans une bonne qualité globale. L’encodage SD est réussi et offre une définition correcte tandis que quelques défauts d’origine comme des points blancs ou des rayures se laissent entrevoir, mais rien qui ne soit rédhibitoire pour un film datant de 1927. Côté étalonnage, on distingue quelques inégalités au niveau des noirs, notamment dans la première partie.

Blu-ray 1 : Loulou

Le classique de Pabst avait été édité en DVD par Carlotta, en 2004. Grâce à Tamasa, Loulou sort pour la première fois en France à partir des travaux effectués en 2009 par la Deutsche Kinemathek, la toute dernière restauration en date (Loulou est également sorti en BR en Allemagne en novembre 2019, à partir du même master HD). Produite grâce au soutien du fondateur du journal Playboy, Hugh Heffner, cette restauration a été scannée en 2K à partir des trois éléments ayant survécu, les négatifs originaux ayant été perdus : un négatif de la Cinémathèque française développé en 1952, une copie de 1970 du Gosfilmofond en Russie, et une copie tirée en 1962 du Nardoni Filmovy Archiv de Pragues. Le rendu reste honnête mais encore perfectible, avec une définition qui aurait mérité un niveau de détail accru. La copie (légèrement teintée) est à peu près stable et en grande partie nettoyée (il persiste encore quelques légères griffures et salissures) mais souffre toujours de pulsations plus ou moins envahissantes. Les contrastes sont plutôt équilibrés et la granulation est respectée.

Blu-ray 2 : Journal d'une fille perdue

Tamasa propose la version intégrale du Journal d'une fille perdue, reconstituée en 1997 en s'appuyant sur le rapport du comité de censure de Berlin. Le film a été numérisé en 2K  à partir du négatif contretype, conservé à l'Institut du film danois, qui fut complété par une copie des Archives Nationales de l'Image à Montevideo (Uruguay). On sent nettement les passages d'une source à l'autre, la copie uruguayenne étant plus dégradée, avec une texture plus épaisse, des marques d'usure plus visibles et des blancs parfois saturés. Mais dans l'ensemble, le rendu est sensiblement meilleur que pour Loulou grâce à un scan plus performant : l'image est plus précise, plus fine, mieux détaillée, et bénéficie d'une gamme de gris plus subtile. Malheureusement, les travaux numériques s'arrêtent à peu près là puisque la copie n'est pas stabilisée, qu'elle souffre de pulsations et qu'elle n'a pas été complètement nettoyée. On remarque surtout un sérieux problème d'encodage du disque, en 1080i (alors que les éditions américaines ou britanniques sont en 1080p) : non content d'avoir appliqué assez nettement le réducteur de bruit (un tour de passe-passe maladroit pour atténuer le manque de propreté de l'image ?), des macro-blocs et une posterisation (banding) souvent peu discrets apparaissent dans les noirs. Les captures incluses dans la galerie montrent parfois un peu un effet de ghosting (léger dédoublement) qui n'est pas visible au visionnage...

comparatif BR Eureka (2014) vs. BR Tamasa (2019) 1  2  3  4  5  6  7

Blu-ray 3 : L'enfer blanc du Piz Palu

Il s'agit visiblement d'une première mondiale en Blu-ray, le film étant également présenté pour la première fois en France dans sa version la plus complète, reconstituée en 1997 à partir des archives du comité de censure. Le rendu HD reste limité par l'état de la copie nitrate qui fut utilisée comme base de restauration (le négatif ayant disparu), mais d'un niveau tout de même acceptable : n'oublions pas qu'il s'agit d'un film âgé de 90 ans, aux conditions de conservation plutôt compliquées. Dommage cependant que des travaux numériques complémentaires n'aient pas été appliqués, comme une stabilisation du cadre et des pulsations de luminosité, ou un léger nettoyage. On note aussi quelques faiblesses d'encodage (en 1080i), les macro-blocs sont surtout visibles sur les captures, mais plutôt une utilisation encore maladroite du réducteur de bruit qui a sans doute sensiblement atténué le niveau de détail et la qualité du grain, le trait conservant une petite douceur. Le scan HD propose des images à la dynamique suffisamment honnête pour supporter les retouches de contraste : les noirs sont denses, les blancs souvent éclatants.

DVD 3 : Quatre de l'infanterie

Le film est sorti en Blu-ray en Angleterre (chez Eureka!) en 2017 puis aux USA (chez Criterion) en 2018, mais Tamasa ne nous le propose qu'en DVD. C'est une belle restauration 2K réalisée par la Deutsche Kinemathek en coopération avec la BFI National Archive, qui s'appuie sur un positif dupliqué alors même que certaines scènes manquantes ont été complétées grâce à un négatif (celui d'origine ayant lui disparu). Le mastering est exemplaire : on ne constate aucun défaut majeur, aucune griffure ou point blanc. La définition est très intéressante, notamment lors des scènes de batailles et d'explosions amenant un bon niveau de détails. Les noirs sont très variés, avec des contrastes appuyés, permettant aux scènes nocturnes dans les tranchées d'être particulièrement appréciables.

DVD 4 : L'opéra de quat'sous

La restauration 2K de la Bundesarchiv - Filmarchiv proposée par Tamasa dispose d'une bonne définition mais cela ne suffit malheureusement pas. En effet, tout au long du long-métrage ou presque, on distingue un pompage de luminosité assez important et une image parfois instable. Néanmoins, le noir & blanc est agréable et les contrastes semblent respectés.

DVD 5 : La tragédie de la mine

La restauration 2K de la Deutsche Kinemathek en coopération avec les archives de la BFI et le CNC s'est avérée difficile puisque réalisée à partir d'un positif et achevée grâce à une copie négatif de la version française... qui diffère quelque peu de la version allemande. Néanmoins, celle-ci est de très bonne qualité. Le piqué est précis, l'image est stable et aucun défaut majeur n'est à relever. Les noirs sont très variés et les contrastes bien nuancés. Alors même que le film se déroule en majeure partie dans l'obscurité de la mine, l'ensemble rend le visionnage d'autant plus appréciable.

DVD 6 : Don Quichotte

C'est la version française du film du Pabst qui est proposée sur cette édition. En effet, réalisé en 1932 (à une époque où les techniques de doublage n'étaient pas aussi perfectionnées qu'aujourd'hui), le film existe en pas moins de trois versions différentes ! Une version française, donc, mais aussi une allemande et une anglaise. Si la version allemande semble perdue, la version anglaise (dommage de ne pas la retrouver dans le coffret !) se trouve ici ou là, avec Feodor Chaliapin, l'habituel chanteur d'opéra, qui joue à nouveau le rôle-titre, tandis qu'une partie du casting est différente. La récente restauration effectuée par les Films du Panthéon et les Films du Jeudi, d'après les négatifs originaux, permet de voir Don Quichotte dans une copie de bonne qualité. Il ne subsiste aucun point blanc ou griffure alors que l'encodage SD apporte malgré tout une belle définition. Les noirs ne sont pas bouchés et même si les blancs semblent tirer plus vers le gris, l'ensemble reste appréciable et permet de découvrir cette œuvre auparavant invisible dans de bonnes conditions.

DVD 7 : Le procès

Précédemment indisponible en vidéo, Le Procès est présenté dans une copie non restaurée à la définition variant d'un plan à l'autre, présentant des points blancs tout au long du métrage ainsi qu'une fine griffure à droite de l'image pendant plusieurs minutes. Le cadre est parfois instable alors que les noirs sont quelque peu bouchés lors des scènes nocturnes. Ces défauts, inhérents à de nombreuses éditions DVD non restaurées, une fois pris en compte par le spectateur, peuvent bien évidemment déranger (et sont évidemment à regretter !) mais restent néanmoins acceptables sachant l'importance historique du film dans l'œuvre de Pabst.

DVD 8 : La fin d'Hitler

Aucune restauration n'est annoncée pour ce titre et cela se constate rapidement. De nombreuses taches et griffures sont présentes tout au long du métrage. La définition est assez pauvre, on distingue un peu de pompage et un léger blanking à gauche de l'image alors que les noirs sont souvent bouchés. L'encodage, lui non plus, n'est pas une grande réussite puisque quelques pixellisations sont visibles. Le visionnage est parfois difficile et cela peut laisser des regrets puisque fausser l'appréciation de l'œuvre.

DVD 9 : C'est arrivé le 20 juillet

Le long-métrage débute avec un carton précisant que la numérisation 2K a été faite à partir du seul élément disponible à ce jour et que des sauts d'images ou de son peuvent apparaître, dont acte. En effet, le début du film est difficilement regardable avec des noirs compléments bouchés et des blancs nacrés, pour une image à la définition très pauvre (pas forcément donc lié à des sauts d'images, cela dit) mais la qualité globale s'améliore par la suite. Subsiste une légère trace blanche à droite de l'image, qu'on l'on sait donc d'origine. L'ensemble est alors globalement assez inégal mais Tamasa fait donc une nouvelle fois le choix de proposer une œuvre précédemment invisible, dans une qualité (très) moyenne, plutôt que de ne tout simplement pas montrer l'œuvre.

Son


La rue sans joie
L'accompagnement musical est identique à celui déjà présent sur le DVD des éditions Filmmusuem au moment de la restauration en 2010, et déjà testé sur DVDClassik.

L'amour de Jeanne Ney
La partition musicale proposée a été réalisée d'après une compilation issue des archives du MoMa et orchestrée par Bernd Thewes, qui avait notamment travaillé sur une nouvelle partition de Berlin, symphonie d'une grande ville lors de la restauration du chef-d'œuvre de Walter Ruttmann à la fin des années 2000. La partition est assez rythmée et correspond bien à l'ambiance globale de l'œuvre, avec des thèmes principaux distincts entre les deux parties. A noter la différence notamment avec la partition de Thimothy Brock sur la copie proposée par Kino Lorber aux Etats-Unis au début des années 2000, qui accompagne le film par un ton plus orienté sur le thriller.

Loulou
Sans doute composée par Peer Rabe, collaborateur attitré de Fassbinder, la musique reste dans les codes du muet par le choix des instruments et les tonalités, tout en conservant une certaine efficacité. La bande-son en Dolby Digital stéréo bénéficie d'une dynamique honnête et d'un son cristallin, dénué de tout souffle.

Journal d'une fille perdue
Une composition au piano de Javier Perez de Azpeitia, assez classique, aux envolées pleines d'émotion. La piste en Dolby Digital stéréo ne démérite pas, claire et sans souffle.

L'enfer blanc du Piz Palu
L'australien Ashley Irwin a composé une musique à la fois subtile et ample, alternant des moments plus intimes ou soulignant la majesté du cadre montagnard. La piste est  proposée en Dolby Digital stéréo, pour un rendu de qualité, cristallin et détaillé.

Quatre de l'infanterie
Premier film parlant de Pabst, Quatre de l'infanterie est avant tout une œuvre sonore : un soin d'orfèvre est accordé aux effets d'explosions et autres sons de la guerre. La piste mono allemande, restaurée, profite d'une belle dynamique qui met particulièrement en avant toute cette « bande-son » de la guerre (explosions, coup de fusil, cris, tranchées, chars, avions, pas dans la boue) tandis que les quelques dialogues restent audibles.

L'opéra de quat'sous
On entend un peu de souffle sur la piste mono mais, dans l'ensemble, les dialogues ou chansons restent audibles.

La tragédie de la mine
La piste mono mélange dialogues français et allemands dans une belle dynamique sonore et une bonne qualité globale.

Don Quichotte
La piste française mono est claire et efficace, profitant d'une belle intensité sonore, notamment lors des scènes musicales.

Le procès
La piste mono allemande comporte un peu de souffle mais, dans l'ensemble, les dialogues restent tout à fait audibles.

La fin d'Hitler
La piste allemande mono n'est pas non plus restaurée et les voix apparaissent quelque peu caverneuses. L'audio comporte quelques trous de sons et un peu de souffle.

C'est arrivé le 20 juillet
Malgré quelques trous de sons, comme indiqué en préambule, la piste mono reste correcte avec des dialogues audibles et une bonne amplitude sonore.  

Suppléments

« Je crois en la mission du film qui consiste à établir des diagnostics sur son époque et d'ancrer fermement des pensées importantes dans la conscience des hommes. La tâche du réalisateur doit être de contribuer à la construction de notre avenir. »

Le très soigné coffret proposé par Tamasa et consacré au réalisateur allemand Georg Wilhelm Pabst, dont le sous-titre « Le Mystère d'une âme » joue avec le titre d'un de ses premiers long-métrage. Le Mystère d'une âme comprend 12 films, dont 3 en combo DVD et Blu-ray. On trouve également près de 5 heures de suppléments qui comprennent des présentations, version alternative, images d'archives et extraits documentaires, ou encore analyses... Il faut féliciter la cohérence des films proposés puisque ceux-ci permettent de parfaitement appréhender les différentes étapes de la vie (et donc de la filmographie) de l'auteur. Invité à suivre la chronologie de leur réalisation, le spectateur peut alors débuter par les chefs-d’œuvre muets du réalisateur (La Rue sans joie et Loulou, notamment), les premiers films parlants et une « trilogie de la communauté » (Quatre de l’infanterie ou encore La Tragédie de la mine) avant des films plus tardif, du rachat (Le Procès) ou tournés autour de la figure d'Hitler et du nazisme (La Fin d’Hitler, C'est arrivé le 20 juillet).

L'accompagnement du coffret par le critique et membre du comité de rédaction de la revue Positif, Pierre Eisenreich, est exemplaire. Présent autour de chaque film, il signe le livret de 132 pages qui accompagne cette édition. Avec lui, Tamasa propose une édition de référence sur Pabst. Présentant des films auparavant invisibles, et même s'ils sont parfois dans une qualité technique moyenne, les 12 longs-métrages et autres suppléments permettent à tous les passionnés du réalisateur, de cinéma muet, de cinéma allemand ou plus simplement de cinéma, de découvrir ou d’approfondir la carrière d’un cinéaste trop souvent oublié.

Correspondance imaginaire, un livret de 132 pages illustrées
Pierre Eisenreich rédige plusieurs lettres à destination de Pabst, évoquant tous les films du coffret ainsi que différentes phases de la vie du réalisateur allemand. Eisenreich, de manière très cordiale et à la fois en tant que critique et passionné, s’adresse à un Pabst décédé il y a près de 60 ans, en 1967. L’exercice de la “correspondance imaginaire" est périlleux mais, après tout, qui n’a jamais rêvé d’écrire à l’un de ses réalisateurs de chevet ? Si le lecteur pourra trouver trop didactique que le critique raconte à un auteur sa propre vie, ses films et son œuvre, il n’en reste pas moins très intéressant de découvrir les textes du collaborateur de Positif. Ce dernier, partagé entre profond respect et objectivité critique, ne manque pas de se frotter à des périodes complexes (la collaboration du réalisateur avec les Nazis, pour des films mineurs). Il approfondit dans le même temps son analyse des œuvres (débutée dans les présentations de chaque film du coffret) et le rapport des spectateurs contemporains aux films du réalisateur. C'est un ensemble de textes formant un bel essai, véritable plongée dans l’œuvre de Pabst et sa compréhension, par un spécialiste du réalisateur et du cinéma allemand. Un beau complément au coffret.

Si tous les films sont accompagnés de suppléments, on regrettera que Tamasa n'ait pas repris certains documentaires édités en Allemagne (avec La Rue sans joie) ou aux Etats-Unis (avec L'Enfer blanc de Piz Palü), par exemple...

DVD "La rue sans joie"

Présentation de Pierre Eisenreich (6 min)
La Rue sans joie, réalisé en 1925, est le troisième long-métrage de Pabst et son premier grand succès international. Il raconte une période où Vienne, la capitale autrichienne, subit une crise économique très importante. Pour Eisenreich, le film porte un réalisme très cru et montre les conséquences de cette crise majeure sur la population, comment cet appauvrissement est exploité par les aristocrates. Pabst propose un film avec de multiples entrées, montre différentes classes sociales et, déjà, des points de vue féminins prépondérants. Pour le critique, le film de Pabst est presque un film féministe avant l'heure, montrant le désir féminin instrumentalisé par les hommes alors même que pointe une ironie très forte sur l'aristocratie et la classe financière. Techniquement, le film est aussi étonnant puisque teinté, afin d'illustrer les différentes atmosphères des scènes. C'est d'ailleurs la première et unique fois que Pabst utilisera ce procédé, assez répandu au temps du muet.

DVD "L'amour de Jeanne Ney"

Présentation de Pierre Eisenreich (6 min)
Avec L’Amour de Jeanne Ney en 1927, Pabst propose un film totalement protéiforme. Selon le critique, on distingue deux parties dans l’œuvre. La première est une sorte de prologue qui décrit la conquête du territoire russe par les Bolcheviks dans les années 20. Débutant comme un thriller/film politique, l’ambiance migre avec son personnage principal. Lors de la seconde partie qui se déroule à Paris, le réalisateur allemand filme avec brio la vitalité de la capitale à la fin des années 1920. C’est l’occasion pour Eisenreich de créer un pont cinématographique, et Pabst d’annoncer un néo-réalisme qui n’existe pas encore. Et, finalement, ce dernier de ne pas être un pionner seulement par ses thématiques (crise social, érotisme féminin...) mais aussi grâce à sa mise en scène.


L'Amour de Jeanne Ney, version américaine (86 min)
Cette version alternative d'époque, muette et sans accompagnement musical, avec cartons en anglais (sans sous-titres français), dure 20 minutes de moins que la version originale allemande. Si des explications sont données en préambule d'un point de vue technique (deux négatifs tirés du matériel original, avec des angles de caméra différents), on pourrait regretter que cette version ne soit pas accompagnée d'une contextualisation plus importante. Néanmoins, on peut constater qu'il ne semble pas y avoir de changements majeurs dans la première partie et que l'intrigue bolchévique et la relation d'amour impossible entre Jeanne (Edith Jéhanne) et Andreas (Uno Henning) conserve la même ambition lyrique. C'est alors au niveau de la seconde partie, à Paris, que vont apparaître des changements plus importants. L'intégration de Jeanne dans sa nouvelle famille est raccourcie tandis que les affaires mafieuses entre l'espion (Fritz Rasp) et l'oncle de Jeanne, ainsi que son attitude venimeuse envers sa jeune nièce, ont aussi moins de place à l'écran. Diminuant, de fait, le caractère néfaste des deux hommes. Censure (?) plus importante, l'incroyable partie néo-réaliste de Pasbt sur la vitalité du Paris des années 20 est inexplicablement supprimée... Le film dans son ensemble ne souffre alors pas véritablement de ces différentes coupes du point de vue de l’intrigue, qui restent respectueuses des différentes thématiques et enjeux de l'œuvre. Il perd néanmoins en profondeur ce qu'il gagne en simplicité. L’ambition de Pabst s’en trouve quelque peu désavouée tandis que la suppression d’une des plus belles séquences néo-réaliste du film, lors de l’arrivée de l’amant de Jeanne à Paris, reste un vrai mystère...

Blu-ray "Loulou" (+DVD)

Présentation de Pierre Eisenreich (10 min - 1080i)
Le critique de la revue Positif évoque brièvement Loulou, le film de plus connu de Pabst et "un chef-d'oeuvre absolu", à la "subversion rare". Il parle d'un film imprévisible et plein d'énergie, inspiré d'un auteur sulfureux, pour lequel le réalisateur a su faire "une critique extrêmement acerbe de la faiblesse masculine". Même si l'héroïne a aussi des défauts et des faiblesses, Pabst a choisi le camp des femmes, "salut de l'humanité", face au "monde des bourreaux masculins". Pierre Eisenreich revient sur le jeu moderne et spontané de Louise Brooks, très critiqué à l'époque. Sa beauté "exceptionnelle" est filmée "comme une idole" par un réalisateur maître dans la direction d'acteurs (et d'actrices...).


A la recherche de Loulou (60 min - SD - 4/3)
Produit par Hugh Hefner en 1998, ce documentaire raconté par Shirley MacLaine retrace l'étonnant parcours de Louise Brooks, "femme libre et indépendante" qui montera à New York à l'âge de quinze ans, tentera sa chance dans des compagnie de danse (elle intègrera les Ziegfeld Follies) avant d'être lancée dans le cinéma, sous la direction de Howard Hawks ou William A. Wellman. Elle sera "la première actrice d'envergure à quitter Hollywood pour travailler en Allemagne", avec Pabst : son jeu moderne et naturel, associé à un "érotisme puissant" marqueront à jamais l'Histoire du cinéma. Mais sa forte personnalité et un tempérament rebelle lui fermeront rapidement les portes des studios. Elle vivra alors au jour le jour, retournant dans sa province natale ou acceptant du travail plus ou moins décent, jusqu'aux années 50 où une rétrospective à la Cinémathèque française la remettra au goût du jour. Un documentaire très classique qui, s'il reste suffisamment informatif pour résumer de la vie de l'actrice, n'en reste pas moins très superficiel dans les détails.



Blu-ray "Journal d'une fille perdue" (+DVD)

Sous mon bouc je suis nue (12 min - 1080p)
Un essai vidéo de David Cairns, produit pour l'édition anglaise Eureka en 2014, qui analyse Journal d'une fille perdue et sa peinture d'une société hypocrite et cruelle. Cairns décrypte plusieurs scènes du film et fait un parallèle entre Brooks ("icône garboesque") et l'héroïne qui projette malgré elle les fantasmes des hommes. Il revient entre autres sur l'autobiographie détruite de Brooks et les déboires de Pabst, après-guerre, pour avoir continué à travailler sous le régime nazi...

Présentation de Pierre Eisenreich (7 min - 1080i)
Toujours très éclairant, Eisenreich revient sur cette nouvelle collaboration du "miracle artistique" Pabst/Brooks, avec un film très personnel qui illustre les préoccupations sociales et érotiques du réalisateur. Il atteint ici "un point de subversion comme jamais", pousse le trait au point de se confronter à la censure, avec une fin expurgée. Cet ultime film muet de Louise Brooks est une "totale mise en scène des regards" dans une peinture sociale qui montre un changement d'époque, "un épuisement de l'ancien monde"...

Blu-ray "L'enfer blanc de Piz Palu" (+DVD)

Présentation de Pierre Eisenreich (7 min - 1080i)
Brève mais instructive présentation de Piz Palü, "grand film de divertissement" choisi pour compenser l'échec de Loulou, et dans lequel Pabst retrouve son actrice fétiche, à la "connexion miraculeuse et exceptionnelle". S'éloignant du drame pour le divertissement populaire, il s'implique dans un genre (le film de montagne) très prisé à l'époque, avec une maîtrise technique impressionnante, une puissance visuelle et poétique qu'il double d'éléments très personnels, comme lorsqu'il sonde l'intériorité des personnages.

DVD "Quatre de l'infanterie"

Présentation de Pierre Eisenreich (6 min)
Quatre de l'infanterie est le premier film parlant de Pabst et Pierre Eisenreich d'insister sur la différence de style avec la période dite muette du réalisateur, où ses obsessions habituelles (femmes, érotisme, lutte des classes) sont laissées de côté pour un film de guerre, un film de soldats animé par le pacifisme. Anti-guerre, mais pas anti-militaire. Eisenreich évoque le film comme le premier d'une trilogie se composant de La Tragédie de la mine et L'Opéra de Quat'sous et appuie sur la mise en scène de Pabst qui utilise avec virtuosité les effets sonores, maintenant permis par le cinéma (il y a de nombreuses explosions, notamment) tout en montrant l'horreur de la guerre dans son plus simple appareil : de la boue, des barbelés, des obus, des explosions, la mort et deux camps partageant chacun leurs responsabilités.

La ligne de Siegfried (2 min)
Documentaire muet réalisé par les services d'information américains sur des soldats allemands, installant de la musique et préparant ce qui ressemble à une fête sur la ligne Siegfried.

DVD 'L'opéra de quat'sous'

Présentation de Pierre Eisenreich (6 min, 720p)
Eisenreich apporte sa précieuse expertise dès le début de la présentation, précisant que le film de Pabst est l'adaptation d'un opéra de Bertolt Brecht et Kurt Weill - les deux premiers s'étant d'ailleurs rencontrés mais pour une entente de courte durée lorsque, semble-t-il. Bretch a émis des réserves sur le scénario de Pabst car les thématiques majeures de l'œuvre avaient été modifiées par le réalisateur allemand. Pierre Eisenreich insiste ensuite sur la mise en scène très opératique de Pabst. L'Opéra de Quat'sous est son deuxième film parlant, réalisé en 1931. Il parvient à créer un grand film subversif, d'une jouissance théâtrale et opératique importante dans un univers totalement reconstruit, factice, et où, en habitué de l'érotisme féminin, il va traiter pour la première fois de l'érotisme masculin.

Un opéra du peuple (20 min)
Christine Roger, maître de conférences en université, analyse non pas le film de Pabst mais l'opéra de Bretch et Weill dont celui-ci est tiré, une proposition très intéressante puisqu'elle permet de mettre en lumière l'œuvre originale. Retraçant les débuts de la collaboration entre Brecht et Weill, Roger met en exergue les idéaux communs des deux auteurs qui avaient la volonté de révolutionner leur temps, sa culture, tout en critiquant le pouvoir en place, dans un contexte historique très difficile. De passionnants éléments historiques sont apportés puisque Christine Roger évoque les premières représentations de l'opéra en 1928 et son succès immédiat (près de 250 représentations à la suite), à une époque où Brecht n'était pas encore au sommet et où, malgré son succès, les thématiques profondes de la pièce (critique de la bourgeoisie et du capitalisme) n'ont pas été comprises par le public de l'époque. Roger de préciser enfin que L'Opéra de Quat'sous n'est alors pas un vraiment un opéra dans le sens classique du terme mais plutôt une pièce en musique. C'est à dire que Brecht développe un théâtre où sa volonté est de présenter des pièces en rupture, avec le texte parlé d'un côté et les chansons de l'autre. On peut penser que c'est, avant tout, ce théâtre d'avant-garde qui a intéressé Pabst.

DVD 'La tragédie de la mine'

Présentation de Pierre Eisenreich (7 min)
Eisenreich considère que La Tragédie de la mine, réalisé en 1931, est le dernier film de la fameuse trilogie communautaire engagée avec Les Quatre de l'infanterie et continuée avec L'Opéra Quat'sous. Ce serait la synthèse des deux précédents films, aussi liée à l'approche du cinéma parlant de Pabst dans un œuvre où le son devient une puissance guerrière, prenant le pas sur les dialogues. Inspiré d'un fait réel, où des mineurs allemands ont aidé des Français lors d'une explosion à l'intérieur d'une mine, Pabst change le contexte mais en profite pour tourner une fable pacifiste et proposer une réconciliation entre la France et l'Allemagne par le biais de cet acte héroïque.

Courrières – 1906 (22min)
Amy Benadiba, directrice-conservatrice au Centre Historique Minier de Lewarde, apporte un éclairage historique passionnant sur la catastrophe de Courrières en 1906, qui a inspiré le film. Plus de 1 000 mineurs sont tués dans un « coup de poussières » tandis que les secours arrivent très rapidement sur les lieux et, symbole essentiel du film de Pabst, seront épaulés par des sauveteurs allemands quelques jours plus tard. Amy Benadiba raconte de manière très documentée les journées suivant le drame et nous apprend notamment que certains mineurs sont parvenus à sortir seuls des mines près de 3 semaines après la catastrophe ! L'adaptation de Pabst est bien évidemment mentionnée, notamment par rapport à la temporalité différente, le film se passe dans les années 30, dans un contexte différent entre la France et l'Allemagne, mais aussi au niveau des conditions de travail des mineurs.

La cité des électriciens (20min)
Ce deuxième supplément complète parfaitement le premier puisque celui-ci s'arrête sur les conditions de travail et de vie des mineurs, des débuts (ou presque) du métier à sa période plus récente. Isabelle Mauchin, directrice-conservatrice à la Cité des Electriciens, met en exergue l'évolution du métier de mineur en rapport à son lieu de vie. Alors que le métier, dans ses premiers temps, était juste un complément à d'autres activités ouvrières, les compagnies minières vont chercher à créer une véritable communauté et pour cela construire de véritables cités avec logements, sanitaires, puits, laveries et tout le nécessaire pour la fédérer. Communauté qui aura ses propres lois et gouvernances, les conditions de vie assez rudimentaires n'empêchant pas une vie sociale active. Là aussi, les liens faits avec le film de Pabst apportent énormément et permettent de mieux appréhender l'œuvre du réalisateur tout en lui faisant gagner une grande profondeur.

DVD "Don Quichotte"

Présentation de Pierre Eisenreich (6 min)
Don Quichotte est le second film de la dite « période de l'exil », où Pabst a quitté l'Allemagne déçu par le nationalisme ambiant et plus particulièrement la montée du nazisme. Eisenreich précise que Pabst tourne le film en France pour reconstituer la Mancha, cette région espagnole imaginaire inventée par Cervantes. Le film est avant tout un musical, une comédie musicale à la manière de L'Opéra de Quat'sous et Pabst va choisir ses acteurs dans cet objectif : l'immense « basse » Feodor Chaliapin, et particulièrement le chansonnier Dorville, dont les physiques correspondent parfaitement aux physiques du duo Don Quichotte / Sancho Panza. Pour Eisenreich, l'œuvre du réalisateur allemand est un vrai divertissement populaire, pour un public très large, et fait fidélité au roman (excepté peut-être sur le personnage de Dulcinée qui apparaît dans le film comme un peu plus moqueur que dans l'œuvre littéraire) et, comme ne manque pas de le relever l'analyste, met en exergue des thématiques de l'imaginaire et de l'obsession chères à de nombreux réalisateurs. En témoigne d'ailleurs la fameuse malédiction Don Quichotte, qui empêcha notamment Orson Welles et Terry Gilliam (qui est finalement arrivé au bout de ses peines !) d'adapter le film malgré plusieurs essais alors même que Pabst, des années plus tôt, le termina donc... 3 fois !

DVD "Le procès"

Présentation de Pierre Eisenreich (6 min)
Le Procès est le premier film d'après-guerre de Pabst, tourné en 1948. Pour Eisenreich et la plupart des observateurs du réalisateur, c'est le film du rachat car Pabst a collaboré avec le régime nazi et, à l'époque, risque d'être mis au banc de la « société du spectacle ». Les films réalisés sous l'égide du nazisme lui ont bien évidemment porté préjudice mais ont aussi malheureusement mis en sommeil ses thématiques habituelles comme le pacifisme ou le féminisme. L'analyste apporte des précisions intéressantes sur la préproduction de l'œuvre et les difficultés rencontrées par le cinéaste pour la mise en projet du long métrage. D'abord à cause de son sujet (l'antisémitisme) et ensuite concernant la recherche d'un lieu pour le tournage... Cela n'empêche pas le film d'être formellement passionnant et Pabst d'être récompensé par la médaille d'or du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise en 1948.

DVD "La fin d'Hitler"

Présentation de Pierre Eisenreich (6 min)
La fin d'Hitler serait, pour Pierre Eisenreich, le premier volet d'un dytique qui trouverait sa conclusion avec C'est arrivée le 20 juillet. Les deux films ont d'ailleurs été tournés la même année, en 1955. Dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'analyste ne considère pas ce film comme une œuvre du rachat pour le réalisateur allemand, même si ce dernier réalise un film profondément anti-nazi. Pabst s'attache à raconter, à travers un film d'intérieurs (qui se déroule intégralement ou presque dans un bunker d'un Berlin déjà envahi par les troupes soviétiques), les derniers joueurs du dictateur et comment sa folie le mène à sa perte, dans un rite d'autodestruction auquel assiste son état-major. Selon Eisenreich, Pabst règle ses comptes non seulement avec le nazisme mais aussi avec sa propre collaboration durant cette période, créant des liens forts avec des scènes issues de films précédents et notamment Paracelse en 1943. Sur le plan stylistique, le film répond cette fois à L'Opéra de Quat'sous et à La Tragédie de la mine puisque se concentrant complètement dans une ambiance claustrophobe, très froide, mais aussi un sentiment de réalisme et une acuité très forte.

Afrika (4 min)
Actualités de propagande pour le public espagnol, avec un titre probablement attribué en référence aux « Afrikakorps », du nom des divisions allemandes de Panzers parcourant les déserts de Libye et d'Egypte ainsi que la Tunisie pendant la Seconde Guerre mondiale. On observe la commémoration de l'attentat de Munich de 1939, visant le Fürher et faisant huit morts et soixante-trois blessés parmi les troupes allemandes. Il est saisissant de constater que le peuple est tout d'abord plus heureux de voir son leader en vie que de commémorer la mort de ses soldats. Ce dernier parcourt les rues, serrant les mains des veuves, immensément applaudi et célébré telle une rock star...

DVD "C'est arrivé le 20 juillet"

Présentation de Pierre Eisenreich (6 min)
Il s'agit donc du deuxième film d'un dytique débuté avec La Fin d'Hitler. Film anti-nazi, Pabst décide de mettre en images un événement héroïque au sein de la Wehrmacht. L'opération Walkyrie, qui verra une tentative d'assassinat (manqué) sur Adolf Hitler (et qui sera d'ailleurs adapté en 2008 par Bryan Singer, avec Tom Cruise dans le rôle-titre, dans une production à l'envergure hollywoodienne cette fois). Pour Eisenreich, Pabst utilise ce film pour proposer une mise en scène hyper réaliste où il va narrer les événements de manière très linéaire, presque chronologique. Il dépeint des personnages à la limite de l'abstraction qui vont être dépassés par l'ampleur de leur projet. L'analyste rapproche l'œuvre d'un aspect très « langien », d'une énergie qui apparaît tout au long du long-métrage et Pabst de faire un film sur le destin où la fatalité n'existe pas, et où des choix héroïques mèneront des hommes à leur perte.

OSS-291 (4 min)
Document d'actualités sur l'attentat du 20 juillet où l'on peut voir Hitler rendre visite aux blessés de l'attentat dont il était la cible. Le peuple allemand, soulagé, montre sa gratitude et sa confiance à son leader. Les actualités continuent ensuite avec des images du major Remer, soldat « politique » qui a désobéi aux ordres pour sauver le dictateur.

Bombing plot (8 min)
Quelques heures après l'attentat du 20 juillet, Hitler reçoit de nombreux généraux et hommes politiques pour des débats d'importance, alors que les procès à la suite de ce même attentat ont lieu dans un tribunal surpeuplé de soldats nazis... Les images d'archives du jugement, totalement partial, sont saisissantes. Le dernier extrait fait quelque peu redite avec le précédent bonus puisque nous retrouvons les mêmes images du major Remer, promu pour son héroïsme et s'adressant à ses soldats.

Bande-annonce originale (3 min)

En savoir plus

Blu-ray 1 : Loulou

Taille du Disque : 40 759 659 801 bytes
Taille du Film : 26 670 950 400 bytes
Durée : 2:14:41.666
Total Bitrate: 26,40 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 24,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 24996 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: German / Dolby Digital Audio / 2.0 / 48 kHz / 192 kbps / DN -4dB
Subtitle: French / 5,501 kbps

Blu-ray 2 : Journal d'une fille perdue

Taille du Disque : 22 808 985 909 bytes
Taille du Film : 19 109 083 968 bytes
Durée : 1:48:11.960
Total Bitrate: 23,55 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 25,01 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 25019 kbps / 1080i / 25 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: German / Dolby Digital Audio / 2.0 / 48 kHz / 192 kbps / DN -4dB
Subtitle: French / 5,227 kbps

Blu-ray 3 : L'enfer blanc du Piz Palu

Taille du Disque : 27 729 079 973 bytes
Taille du Film : 26 326 468 608 bytes
Durée : 2:13:25.720
Total Bitrate: 26,31 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 24,89 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 24890 kbps / 1080i / 25 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: German / Dolby Digital Audio / 2.0 / 48 kHz / 192 kbps / DN -4dB
Subtitle: French / 2,088 kbps

Par Stéphane Beauchet (Blu-ray) et Damien Le Ny - le 3 février 2020

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