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Critique de film
Le film

Peur de la peur

(Angst vor der Angst)

Partenariat

Analyse et critique

Le complément idéal à Martha et Effi Briest a déjà le mérite d'avoir un très beau titre. C'est aussi un très beau téléfilm, pas immédiatement séduisant (le papier peint marronnasse, les mêmes plans d'intérieur allemand qui reviennent) mais aussi important qu'un de ses films au cinéma. Fassbinder filme l'angoisse existentielle de Margot, jeune mère au foyer. Cette version un peu plus sobre, plus rentrée, plus fantastique de Une Femme sous influence se rapproche du Cassavetes : si quelques pistes sociales d'explication sont proposées, la raison profonde de la peur de la peur de Margot échappe au spectateur. Elle a juste peur, c'est tout. Lorsque l'image du film se trouble lors de ses crises d'angoisse, on n'est pas loin de la nouvelle fantastique fin de siècle style Maupassant. La présence de Kurt Raab en voisin fantomatique – et qui voit elle une sorte de double – renforce cette sensation. De Martha et Effi Briest, Fassbinder en extrait d'abord la trouille, avec un minimum de marxisme. Peur de la peur est encore un festival pour Margit Carstensen, qui n'a pas son pareil pour nous faire comprendre que dans l'espace de sa cuisine circa 1976, personne ne l'entend crier.

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La fiche IMDb du film
Par Leo Soesanto - le 27 octobre 2006