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Portraits

jean esptein partie 1 : chez Albatros

En 1924, Pathé rencontre des problèmes financiers et se voit contraint de fusionner avec Cinéromans. Epstein, ses films et ses projets basculent dans ce nouveau groupe qui n'a pas les mêmes attentions que les anciens dirigeants de Pathé vis-à-vis des cinéastes de l'Avant-garde qu'ils abritent en leur sein. Si Epstein avait eu quelques bras de fer avec son producteur, notamment sur Coeur fidèle, il avait pu mener ses films à peu près comme il l'entendait. Il sait que la donne a radicalement changé mais se trouve coincé par le contrat qu'il a signé. « Vous êtes invités cordialement à venir voir comment j'enterre là mes prétentions au Grand Cinéma d'Art. Je ne suis pas enragé, mais je m'inquiète moi-même beaucoup » écrit-il dans à Abel Gance à la veille du tournage de La Goutte de sang, le nouveau projet qu'il doit tourner pour Cinéromans. Les rapports avec la production sont exécrables et lorsque les dirigeants découvrent le premier montage du film, ils signifient sans détour à Epstein la rupture de son contrat. Ils font retourner des scènes par Maurice Mariaud, reprennent le montage, si bien qu'Epstein désavoue le résultat final, demandant le retrait de son nom de toute publicité. C'est entre ce tournage et la sortie du film que le cinéaste signe avec Les Films de l'Albatros, société fondée en 1919 par des Russes exilés. Pendant dix ans, le studio Albatros s'imposera comme un vivier de talents, la politique de la maison étant d'embaucher des cinéastes français de renom, dont une partie qui s'est illustrée dans les différents mouvements d'Avant-Garde, et de leur adjoindre le savoir-faire des techniciens et artistes venus de Russie. En 1924, la société est dirigée par Alexandre Kamenka, qui vient de quitter Pathé Consortium. C'est lui qui rallie au studio Marcel L'Herbier, René Clair et donc Jean Epstein qui - pendant les deux années où il sera sous contrat avec la firme - signera quatre longs métrages : Le Lion des Mogols, Le Double amour, L'Affiche et Les Aventures de Robert Macaire.

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Par Olivier Bitoun - le 9 juin 2014

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