
Réalisé
par Jean-Luc Godard
Avec Jean-Paul Belmondo, Anna Karina,
Graziella Galvani, Dirk Sanders, Samuel Fuller, Raymond Devos, Jean-Pierre
Léaud, Hans Meyer, Làszlò Szabò
Scénario Jean-Luc Godard
D’après Le démon
d’Onze heures (Obsession) de Daniel White
Musique : Antoine Duhamel
Directeur de la photographie : Raoul
Coutard
Montage : Françoise Collin
Produit par : Georges de Beauregard
Un film Rome-Paris Films et Dino de Laurentiis Cinematographica (Rome)
France - 112’ - 1965 |

Studio
Canal
Couleur / 105 mn (durée vidéo)
Zone 2
Format : 1,85 – 16/9 compatible
4/3
Langues : français – anglais
- allemand
Sous-titres : anglais – espagnol |


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Ferdinand
Griffon est un jeune père de famille un peu désabusé
qui vient de perdre son emploi à la télévision.
Un soir, alors qu’il revient d’une désolante
soirée mondaine chez ses beaux-parents, il réalise
que la baby-sitter qui était venue garder ses enfants
est un ancien flirt, Marianne Renoir. Il décide de
tout quitter et de partir avec elle vers le Sud de la France,
dans un grand périple où se mêleront trafic
d’armes, complots politiques, rencontres incongrues,
mais aussi des pauses bucoliques et des déchirements
amoureux… |
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Quand
il entame la préparation de Pierrot le Fou,
en 1965, Jean-Luc Godard a déjà réalisé
9 films en à peine six ans. Depuis le foudroyant
A bout de souffle, qui a posé en 1959 les
bases de son œuvre singulière, l’ancien
critique des Cahiers du cinéma s’est affirmé
comme un cinéaste extrêmement prolifique, enchaînant
les projets malgré des accueils critiques très
partagés et des succès publics plus que relatifs.
Du drame de guerre (Les carabiniers) au pamphlet
futuriste (Alphaville), en passant par la comédie
(Une femme est une femme) et la tragédie
amoureuse (Le mépris), Godard a réinterprété
de nombreux genres avec un ton très personnel, imposant
un style à la fois cohérent et accidenté,
respectueux d’un art qu’il vénère
tout en étant profondément iconoclaste. De
film en film, il n’a cessé d’approfondir
ses recherches formelles, basées sur une constante
remise en question du matériau filmique, ainsi que
sa science du montage, qui s’apparente plus chez lui
à un collage d’impressions qu’à
une recherche de cohérence narrative classique. Ce
souci de la forme va de pair avec l’affirmation d’un
regard à la fois éclairé et décalé
sur l’époque, politique, sociologie et critique
de la société s’entrechoquant en un
joyeux fracas dans des films résolument tournés
vers leur temps. A ces observations sur le temps présent,
dont l’ironie trahit le plus souvent une profonde
inquiétude, s’ajoutent de nombreuses citations
littéraires, dans un jeu perpétuel de correspondances
entre présent et passé. Lecteur et cinéphile
boulimique, Godard ouvre ses œuvres aux pensées
qui l’ont formé, parsemant ses dialogues de
citations et ses images de clins d’œils à
ses films de chevet. De là lui vient sans doute sa
réputation déjà fortement ancrée
dans les esprits d’artiste cérébral,
porté aux nues par ses adeptes, jugé maniéré
et dogmatique par ses nombreux détracteurs. Pourtant,
il se dégage surtout des premières œuvres
du cinéaste une fièvre et une passion qui,
plutôt que d’être étouffées
par le poids du style et des multiples références,
s’expriment à travers eux avec fulgurance.
Car avant d’être un penseur complexe et un styliste
provocateur, Godard est surtout un romantique désabusé,
ce que viendra confirmer son chef-d’œuvre Le
mépris. Les citations littéraires ou
cinématographiques, mais aussi picturales, sont souvent
là pour témoigner de sa dévotion à
l’art de ses pairs et à la beauté, tandis
que les signes du temps ne semblent être souvent que
des scories qui s’interposent entre ses personnages
et leur désir d’amour absolu. On meurt souvent
d’amour dans les films de Godard, et Pierrot le
fou ne viendra pas contredire cette règle.
Ne sachant pas trop sur quelle base partir pour son dixième
long-métrage, Godard se penche sur Le démon
d’onze heures (Obsession), un roman de Daniel
White publié dans la Série Noire, et dont
il a acheté les droits deux ans plus tôt. Il
pense initialement à Sylvie Vartan et à Richard
Burton pour les rôles principaux, qui seront finalement
attribués à sa muse Anna Karina et à
Jean-Paul Belmondo. De toute évidence, ce casting
aura une influence capitale sur un projet dont Godard avouera
ne pas avoir tout de suite sut quoi faire. D’abord
parce que le couple que le cinéaste forme avec la
jeune comédienne, et à qui on doit déjà
5 œuvres communes, subit depuis quelques mois sa plus
grave crise. Nul doute que ce climat de rupture marque énormément
Godard, qui donne à la comédienne son rôle
le plus complexe et le plus négatif depuis le début
de leur union. Jusqu’ici, les personnages joués
par Anna Karina étaient de jeunes filles touchantes
et fragiles, symbolisant l’amour meurtri ou révélé,
et que Godard filmait toujours avec affection et générosité.
Cette fois-ci, Marianne Renoir est une femme énigmatique,
à la fois vive et morbide, enthousiaste et meurtrière,
qui manipule son compagnon tout en lui permettant de vivre
selon son désir de liberté. Elle est celle
qui rend le rêve possible. C’est également
elle qui le détruira. Quant à Jean-Paul Belmondo,
sa présence en tant que premier rôle renvoie
directement à l’inaugural A bout de souffle,
ce qui donne d’emblée à ce nouveau projet
l’aspect d’un "film-bilan".
Armé d’un roman, dont il suivra l’intrigue
avec une certaine fidélité, et d’un
couple idéal pour incarner toutes ses obsessions,
Godard s’aventure dans un tournage hasardeux mais
inspiré. Accompagné de son fidèle directeur
de la photographie, Raoul Coutard, il revient au scope et
à la couleur après plusieurs films en noir
et blanc, ce qui est l’occasion pour lui de radicaliser
l’utilisation des bleus et des rouges qu’il
avait déjà abordée dans Le mépris.
Ainsi, il n’hésite pas à appliquer des
filtres colorés sur son objectif lors de la scène
de la réception chez les Expresso, au cours de laquelle
Ferdinand croise des individus amorphes qui ne s’expriment
qu’en slogans publicitaires. Plus tard, il ira jusqu’à
demander à Belmondo de se barbouiller le visage de
peinture bleue, avant qu’il ne s’entoure de
dynamite rouge et jaune, au cours d’une scène
finale désormais mythique. Entre ces deux coups d’éclat,
le film est une véritable symphonie colorée,
ce qu’annonce l’ouverture du film, au cours
de laquelle Ferdinand lit un texte d’Elie Faure sur
Velàsquez à sa petite fille (les références
à la peinture sont très nombreuses dans le
film, de l’évocation du suicide de Nicolas
de Staël au nom de Marianne Renoir). Dès qu’ils
quittent Paris, laissant derrière eux une famille
pour Ferdinand et un cadavre pour Marianne, les deux héros
ne feront qu’aller vers leurs couleurs de prédilection.
Le bleu du ciel et de la mer pour lui. Le rouge du sang
pour elle. Aux nombreuses citations picturales du film s’ajoutent
l’imagerie publicitaire, assimilée à
la dégradation d’une société
qui conspue la beauté, et l’esthétique
de la bande dessinée (Ferdinand lit les Pieds Nickelés
; les scènes d’"action" sont découpées
en vignettes dédramatisées évoquant
les bandes humoristiques). En cela, l’art du détournement
d’images populaires et le "montage-collage"
de Godard évoquent souvent le Pop Art. Bien entendu,
ces associations d’images n’ont pas pour seule
vocation de "décorer" un film qui sait
miraculeusement trouver sa cohérence au milieu de
son chaos de citations. Occupant souvent l’ensemble
du cadre, les reproductions d’œuvres d’art
qui traversent le film figurent les idéaux de ses
personnages, tout comme les statues grecques du mépris
renvoyaient aux rêves de puissance du producteur américain
et au désir du héros joué par Michel
Piccoli de confondre son histoire intime avec les grands
mythes.
A
l’image de son héros qui cherche un peu de
beauté dans "un monde d’abrutis",
Godard construit son film sur un antagonisme constant entre
le désordre et la grâce, entre la violence
et la sérénité. D’un tournage
qu’on imagine volontiers chaotique, il tire une œuvre
foisonnante, d’une rare liberté de ton, où
tout semble pouvoir arriver. Lors de la soirée mondaine
évoquée plus haut, Ferdinand rencontre en
la personne de Samuel Fuller celui qui est en quelque sorte
la conscience du film, comme Fritz Lang l’était
dans Le mépris. En décrivant un film
comme "un champ de bataille" où
se mêlent "l’amour, la haine, l’action,
la violence et la mort", le cinéaste américain
donne le ton d’une œuvre fiévreuse, entièrement
vouée à ‘l’émotion’.
Bien avant les tentatives de déconstructions narratives
d’un Tarantino, Godard nous projette dans un spectacle
bariolé et sans cesse déroutant, où
l’on peut prendre son petit déjeuner à
côté d’un mort et se mettre à
chanter les amours sans lendemain, ou bien croiser Raymond
Devos criant le dégoût que lui inspire sa femme
dans un petit port désert. Facéties d’un
cinéaste en pleine possession de son art, qui filme
ce qui lui vient à l’esprit et jette à
l’écran ce qui lui chante, comme autant de
coups de pinceaux. De là naît un jeu perpétuel
avec le spectateur, qui se voit interpellé par les
personnages au détour d’une conversation amoureuse,
pris à partie, les yeux dans les yeux, par Marianne
lorsqu’elle réclame le droit de vivre et, par
là même, constamment invité à
s’impliquer émotionnellement dans l’expérience
qui se déroule devant lui. S’il ne perd jamais
de vue l’histoire qu’il veut nous raconter (ou
plutôt les histoires, drame intime, intrigue criminelle
et constat sur l’époque s’entremêlant
sans cesse), Godard conçoit son film comme un fracas
d’émotions contradictoires, du rire au désespoir
le plus déchirant, pour aboutir à un morceau
d’émotion pure. Plans de nature impressionnistes
et giclées de violence foudroyante se succèdent,
liés entre eux par une musique aux accents tantôt
pathétiques ou survoltés. Porté par
le charisme de ses interprètes, et notamment par
un Jean-Paul Belmondo qui sait apporter une sensualité
et une dynamique physique remarquables à son personnage,
Godard parvient à faire cohabiter dans son film deux
mouvements apparemment contradictoires. Un mouvement intime
et narcissique, le film prenant souvent l’aspect d’un
journal intime, comme en témoignent les innombrables
gros plans sur le cahier de notes de Ferdinand. Un mouvement
plus ample, embrassant une aventure rocambolesque, aux nombreuses
péripéties.
De même que les références visuelles,
les allusions au contexte de l’époque se bousculent
dans Pierrot le fou dans un collage sciemment désordonné.
Marianne semble appartenir à un réseau de
trafic d’armes, et les évocations de guerres
sont nombreuses dans le film. Mais si Godard cite le Viêt-Nam,
l’Algérie et le Yémen à travers
des graffitis sur les murs ou des actualités diffusées
à la radio ou au cinéma, il n’est pas
ici question pour lui d’en faire le véritable
sujet de son film. Le contexte d’actualité
se présente comme un danger latent, des signes d’un
monde au bord de l’explosion que Ferdinand cherche
à fuir et dont Marianne cherche à profiter.
Si le farouche pacifisme du cinéaste est palpable,
la guerre dont parle véritablement ce film est sans
conteste celle que se livrent ses deux personnages principaux.
Car s’il s’appuie sur une intrigue de roman
noir, avec son héros manipulé et sa femme
vénale, Pierrot le fou est avant tout un
film qui traite de l’impossibilité d’un
couple à regarder dans la même direction. En
quittant femme et enfants pour suivre Marianne dans une
ténébreuse aventure à laquelle il ne
comprend rien, Ferdinand n’aspire qu’à
goûter à un semblant de liberté auprès
de celle qu’il aime. Une grande partie du film raconte
leur vie en marge, sur une plage évoquant une île
déserte, dans un climat d’abord bucolique,
puis peu à peu gangrené par l’incompréhension.
"Tu me parles avec des mots et moi, je te regarde
avec des sentiments" lui reproche Marianne. "Tu
n’as jamais d’idée ! Rien que des sentiments"
lui rétorque Ferdinand. A travers leurs scènes
de dispute, on peut lire sans peine un témoignage
de la dégradation du couple Godard-Karina, une forme
d’adieu, mais aussi une déchirante analyse
de cet échec. La détresse du cinéaste-Pygmalion
délaissé par sa protégée est
palpable, lors de ces scènes où Marianne reste
hermétique aux aspirations artistiques et poétiques
de son compagnon. Si Alphaville, tourné
juste avant, racontait l’histoire d’une femme
sauvée du désastre par un homme venu lui apporter
la poésie, Pierrot le fou prend le contre-pied total
de ce fantasme masculin. Marianne ne veut pas être
"sauvée" et elle entraînera Ferdinand
dans son mode de vie violent et destructeur. Mais au-delà
d’une misogynie revancharde, on peut voir aussi une
forme d’autocritique dans ce portrait d’un homme
qui voit son couple se détruire sans vraiment réagir.
Idéaliste, romantique et passionné, Ferdinand
est aussi un homme aveugle et déboussolé,
totalement déconnecté d’un quotidien
qui lui échappe, perdu parmi les hommes mais aussi
en lui-même. "Je voudrais être unique.
J’ai l’impression d’être plusieurs".
Ce déchirement ne trouve d’issue que dans l’explosion
littérale de Ferdinand, face à "la
mer allée avec le soleil" de Rimbaud. Alors
enfin les voix des deux amants peuvent se rejoindre pour
l’éternité, comme s’il n’y
avait d’harmonie possible que dans un temps suspendu.
Pierrot
le fou peut alors être vu comme une lettre d’adieu
du cinéaste à sa comédienne, le constat
d’un amour absolu impossible à vivre ici-bas.
Lorsqu’il sort en novembre 1965, Pierrot le fou est
sanctionné par une interdiction aux moins de dix-huit
ans, pour cause d’anarchisme intellectuel et moral.
S’il divise la critique, il est vigoureusement défendu
par des personnalités telles que Françoise
Giroud ou Louis Aragon, qui lui consacrent un article enflammé
dans Les Lettres Françaises. Malgré
la présence de Jean-Paul Belmondo, qui est devenu
une des plus grandes stars françaises grâce
à de grands films populaires comme Un singe en
hiver ou L’homme de Rio, le film n’attire
pas le public et ne rentre pas dans ses frais. Au fil des
années, il acquiert pourtant le statut de "film-culte"
et sa réputation dépasse largement les frontières
françaises. Ainsi, des cinéastes tels que
Bernardo Bertolucci ou Martin Scorsese se réclameront
de son influence, marqués qu’ils ont été
par la liberté narrative de ce film foncièrement
novateur.
Autoportrait à peine masqué et "film-somme",
Pierrot le fou marque indéniablement la
fin d’une époque pour son auteur. S’il
retrouve Anna Karina à deux reprises (pour l’exsangue
Made in USA et un sketch du Plus vieux métier
du Monde), la magie née de leur association
est définitivement évanouie. Se tournant vers
un cinéma sociologique de plus en plus dénué
de romanesque, à mille lieues du romantisme exubérant
de Pierrot le fou, Jean-Luc Godard s’éloigne
peu à peu du circuit commercial pour s’absorber
en 1969 dans la production collective. Il faut attendre
1979 et Sauve qui peut (la vie) pour le voir revenir
à un cinéma plus "traditionnel".
Mais ceci est une autre histoire, Godard ayant depuis longtemps
rompu ce qui le reliait à Pierrot le fou,
qu’il dit ne plus aimer beaucoup.
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Image
: Même si elle est disponible un peu partout à
prix léger, nous ne saurions trop déconseiller
l’édition Opening. La copie est terne et l’encodage
n’est pas franchement une réussite. Heureusement,
Studio Canal a depuis rectifié le tir, en éditant
Pierrot le fou dans sa collection Série
Noire. Le film retrouve ici ses couleurs flamboyantes, dans
une belle copie servie par un encodage très correct.
Le son : Un mono clair et précis,
qui rend avec fidélité la partition déchirante
d’Antoine Duhamel et la singulière musicalité
d’une bande sonore toute godardienne. Les non-initiés
seront sans doute surpris, dans un premier temps, par les
coupes brutales de la musique ou les baisses de niveau sonore
des dialogues. Pas de panique : tout cela est voulu par
le cinéaste. Les versions doublées en anglais
et en allemand, qui dénaturent totalement le travail
du cinéaste et de son ingénieur du son, font
simplement office de curiosités.
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Si
l’idée d’éditer Pierrot
le fou dans une collection Série Noire est
tout à fait respectable, elle révèle
ces limites quand on aborde les bonus de ce DVD. Il est
certes intéressant de relier le film à la
littérature populaire dont le cinéaste s’est
inspiré, mais on regrette que l’éditeur
n’ait pas cherché à replacer ce film
dans son contexte, par le biais d’archives d’époque
ou d’interviews de certains participants. Espérons
qu’un éditeur comme Criterion se penchera
un jour sur ce chef-d’œuvre et qu’il
nous offrira des suppléments dignes de son inépuisable
richesse.
La présentation du film
(3’39’’): sympathique introduction par
l’écrivain Jean-Bernard Pouy (et non par
le directeur de la collection Série Noire, comme
indiqué sur la jaquette), qui rappelle à
quel point Godard s’est affranchi du livre d’origine
pour livrer un film foisonnant, constamment novateur et
ludique, et fortement autobiographique.
Les filmographies de Jean-Luc Godard,
Jean-Paul Belmondo et Anna Karina
Galerie de photos et d’affiches
Une présentation
de la Collection Série Noire : en fait, une photo
minuscule et illisible des jaquettes de la collection.
La bande-annonce : très fidèle
à l’esprit de Pierrot le fou, la
bande-annonce d’époque consiste en une sorte
d’inventaire à la Prévert. Composée
de très courts extraits du film ou des rushes et
de phrases tirées des monologues de ses personnages,
elle semble avoir été conçue par
le cinéaste lui-même, tant elle a valeur
de manifeste esthétique. Curieusement, l’éditeur
nous propose la même bande-annonce doublée
en anglais et en allemand.
Commentaire audio de Jean-Bernard Pouy,
auteur de romans de la Série Noire : prolongeant
sa présentation, le créateur du Poulpe se
livre à l’exercice périlleux du commentaire
audio, pour partager sa passion pour le film. Parfois
brillamment analytique et pertinent, ce monologue est
cependant un peu laborieux sur la longueur. Il a le mérite
de souligner le foisonnement d’idées et d’audaces
du film, mais il manque un peu de dynamisme pour retenir
notre attention durant près de deux heures.
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