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Arizona au début du XXème siècle. Le prospecteur Cable Hogue est trahi par ses « collègues » Taggart et Bowen qui le dépouillent de son cheval et de ses biens avant de l’abandonner au beau milieu du désert. Hogue erre plusieurs jours sur cette terre hostile, haranguant le Seigneur pour qu’Il lui prodigue de l’eau. Il tombe par miracle sur une source d’eau inconnue des habitants de la région. L’idée lui vient de faire payer son usage aux gens de passage assoiffés. L’un de ces voyageurs itinérants est un prêtre étrange et sentencieux nommé Joshua, plutôt sympathique, porté sur le sexe et prêchant pour sa propre chapelle. Sa source se trouvant sur le point de passage de la diligence, Cable Hogue décide d’en tirer profit. Il se rend dans la ville proche de Dead Dog pour faire enregistrer son nouveau bien et obtenir un prêt d’argent. Il y rencontre une belle prostituée Hildy, avec qui les relations prennent un tour inédit après une première occasion manquée. Sa petite entreprise se développe ; sa résidence en plein désert, qu’il a nommée Cable Springs, est devenue un relais incontournable pour la compagnie de transport. Hildy vient le rejoindre bien qu’elle pense à s'installer à San Francisco pour épouser un homme riche, ce qu’elle fera malgré les sentiments qu’elle éprouve pour lui. Argent et amour, la réussite est à portée de main. Mais Cable Hogue est toujours obsédé par l’idée de se venger de Taggart et Bowen qu’il espère bien croiser à nouveau un jour dans cet endroit perdu, après ces trois dernières années d’existence confortable. Sans oublier l’irruption de la modernité symbolisée par l’automobile. Dieu lui a-t-il accordé ses faveurs pour mieux les lui reprendre ensuite ? |
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« Dit it ever occur to you, Cable, how wise and bountiful
God was to put breasts on a woman ? Just the right number in just
the right place. Did you ever notice that, Cable ? »
(« As-tu jamais remarqué, Cable, comme Dieu est
sage d’avoir donné aux femmes des seins ? Le bon nombre
à la bonne place. »)
Peckinpah se permet bien des audaces pour créer un univers en constant décalage qui permet d’entrevoir son film comme un véritable conte existentialiste tirant vers la fable morale. Il évolue régulièrement entre tendresse et ironie burlesque. Plusieurs chansons ont été composées pour The Ballad of Cable Hogue (le titre d’origine donne une idée bien plus juste de la nature de l’œuvre que sa traduction), elles sont l’œuvre de Richard Gillis. L’une d’elle, Butterfly Mornings, célèbre l’amour unissant Cable et Hildy et revient comme une antienne quand il s’agit de conférer au film un parfum de nostalgie. Le cinéaste nous fait partager des séquences élégiaques quand il filme le couple s’adonnant à leurs jeux amoureux. Ils en viennent même à chanter la chanson qui leur est destinée ! La dimension sexuelle n’est pas évacuée, bien au contraire. Le sexe est filmé de front, il est même glorifié, sans aucune vulgarité et avec une veine paillarde qui ne refuse cependant pas une forme de grâce. Cela commence par l’utilisation du zoom puis des cadrages répétitifs et obsessionnels sur la poitrine avantageuse d’Hildy lors de leur première rencontre dans la rue centrale de Dead Dog. Puis deux belles séquences de bain sont disposées en parallèle dans la narration : lors de la première, Hildy lave Cable de sa crasse afin de le recevoir dans son lit, lors de la seconde en plein désert, les positions sont inversées et la plantureuse Stella Stevens n’est pas avare de ses charmes avant de se faire surprendre par l’arrivée de la diligence.
Dans une autre séquence, Sam Peckinpah livre l’une
des plus belles scènes de sa filmographie lors de leurs retrouvailles
filmées en nuit américaine - scène dans laquelle
Peckinpah filme ses comédiens reproduire chacun leur tour
les mêmes mouvements au seuil de la chambre à coucher-
, moment miraculeux qui confine à la poésie grâce
à l’utilisation de la lumière et de cadrages
d’une beauté saisissante. Ce traitement est symptomatique
d’un film qui brouille les cartes et fonctionne en ruptures
de tons surprenants. A l’exemple de cette scène hilarante
qui montre Joshua aller consoler chez elle une jeune femme pleurant
la perte de son frère en lui pelotant les seins entre deux
sermons, avant l’arrivée inopinée du mari qu’il
parvient de justesse à associer à ses prières
! Ces
Face à ce monstre du cinéma américain, on
n’aurait pas donné cher d’une partenaire affichant
simplement un physique affriolant. Stella Stevens, aperçu
dans Il faut marier papa
(1963) de Vincente Minnelli, et surtout révélée
la même année par Docteur Jerry et Mister Love
de Jerry Lewis, n’a pas fait la carrière qu’elle
méritait au vu de son interprétation dans Un
nommé Cable Hogue. Peckinpah l’avait engagée
après l’avoir repérée dans une mauvaise
comédie, dans laquelle elle versait des larmes après
avoir provoqué le rire. Attiré par son naturel, il
l’a estimée apte à interpréter Hildy
la prostituée au grand cœur. Dotée d’un
corps sculpté pour la luxure, Stella Stevens défend
son personnage avec une justesse et une sensibilité qui s’accordent
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Image
: L’image proposée par ce DVD est plus qu’appréciable.
On remarquera certes l’apparition régulière mais fugitive
de quelques points blancs et noirs, mais la copie se distingue néanmoins
par sa propreté. Les couleurs sont pimpantes et bien saturées
(peut-être un peu trop pour ce qui concerne les rouges), et les
contrastes parfaitement gérés (avec des noirs non bouchés).
Si la définition se révèle excellente, on notera
que la compression se fait par moments un peu voyante pour une édition
Warner, mais la gêne est vraiment minime. Les quelques raccords
lumière surprenants sont dus aux conditions de tournage. Si la
restauration n’est pas aussi éclatante que celles de Coups
de feu dans la Sierra et La Horde sauvage, le
plaisir de se trouver en face d’un master rendant justice à
l’œuvre de Peckinpah est une nouvelle fois au rendez-vous.Son : Malgré des aigus parfois un peu trop appuyés, la piste mono anglaise reste plutôt agréable à l’écoute. Propre, claire, avec une bonne dynamique et bénéficiant d’un bon équilibre entre voix, ambiances et musique, elle se révèle à la hauteur de l’image. La version française mono porte, comme souvent, les voix en avant et accuse malheureusement un peu de souffle. Mais elle n’est pas déshonorante pour autant. Le doublage est correct (la richesse et l’intensité de l’interprétation de Jason Robards ne trouve cependant pas son équivalent dans notre langue, c’était attendu, mais la voix française est bien choisie) et les chansons sont également traduites, ce qui peut être considéré comme un bon point vu leur importance dans la narration du film. |
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| iLe
menu principal est fixe et musical. Le chapitrage, fixe
et muet, est divisé en 29 segments répartis sur 5 pages. Les suppléments ne comportent aucun sous-titres. Commentaire
audio du producteur/réalisateur Nick Redman et des auteurs
Paul Seydor, Garner Simmons et David Weddle. Les joyeux partenaires habitués
des nouvelles éditions DVD consacrées à Sam Peckinpah
sont une nouvelle fois réunis pour une discussion autour de The
Ballad of Cable Hogue. Il fallait s’y attendre, pour ce
film atypique, nous avons droit à un commentaire un peu différent
dans le ton. Il paraîtra moins fourni en analyses que les autres
travaux, mais les quatre hommes compensent par une plus grande sensibilité
et une belle émotion desquelles transparaissent l’amour véritable
qu’ils portent à Peckinpah, l’homme et son œuvre.
Ils se lâchent parfois et ne peuvent contenir leurs nombreux rires
ni leurs sentiments les plus intimes (on décompte plusieurs blancs
dans leurs échanges verbaux). Cependant la qualité de leur
prestation n’en souffre pas réellement et l’on retrouve
ce qui fait la richesse de leur apport à cette collection : analyse
des thèmes du film (religiosité, rêve américain,
hommage du cinéaste à ses anciens, repères biographiques,
jeu avec les stéréotypes, etc.), analyse filmique (équilibre
entre drame, poésie et comédie burlesque, attention particulière
aux petits détails, références à John Ford,
théâtralité de la mise en scène, la musique
de Goldsmith et les chansons de Gillis, le sexe explicite, etc.) et anecdotes
de tournage et de production. C’est un plaisir plusieurs fois renouvelé
que d’écouter ces quatre exégètes discourir
et échanger leurs ressenti sur de tels morceaux de cinéma. The
Ladiest Damn’d Lady (27’) : réalisé
en 2005 par Nick Redman, ce sympathique documentaire est une interview
de la comédienne Stella Stevens. Elle évoque sa carrière
d’actrice et ses débuts à Hollywood avant d’en
venir plus précisément à The Ballad of Cable
Hogue : sa vision du personnage d’Hildy et du scénario
(elle insiste sur l’histoire d’amour tragique), l’univers
du film, ses anecdotes de tournage et sa relation avec le réalisateur.
Elle ne mâche pas ses mots en abordant ses rapports conflictuels
avec Peckinpah qu’elle juge sévèrement, bien qu’elle
témoigne d’une vraie affection pour ce dernier. On pourra
regretter la réalisation chichiteuse de cet entretien (décadrages
inutiles, changements d’angles et variations de mise au point saugrenus,
« flous artistiques », mouvements de caméra amateur,
etc.). Cependant, la fraîcheur et la sensibilité de Stella
Stevens offrent un parfum de nostalgie bienvenu dans un supplément
qui reste, il faut l’avouer, plutôt anecdotique.Sam Peckinpah Trailer Gallery : cinq bandes-annonces sont proposées. Coups de feu dans la Sierra (2’42’’), La Horde sauvage (2’52’’), Un nommé Cable Hogue (2’55’’), Guet-apens (4’12’’) et Pat Garret et Billy le Kid (3’16’’). Exception faite de la première, aucune de ces bandes-annonces n’est au bon format. Leur qualité technique va de correcte à médiocre et permettent indirectement d’apprécier la restauration des films. James Dean Trailer (1’44) : il s’agit d’une bande promotionnelle constituée d’extraits de films de l’acteur mythique à l’occasion de la réédition des DVD en version collector. |
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