France, 1942. Soupçonné de "pensées gaullistes", l’ingénieur Philippe Gerbier est incarcéré, puis transféré à la Gestapo, d’où il parvient à s’évader. Il se révèle être l’un des chefs de la Résistance, des hommes et des femmes que tout sépare, sauf la nécessité d’agir : Luc Jardie, le philosophe mathématicien, son frère Jean-François, tête brûlée tenté par l’aventure - chacun ignorant tout des activités de l’autre -, Mathilde, Le Masque, le Bison, et une poignée d’autres anonymes… C’est un long voyage au bout de la nuit qui commence pour ces soldats de la clandestinité, entre transmissions de renseignements et assassinats politiques, traqués par la Gestapo et la police de Vichy. Un voyage qui sera sans issue pour la plupart d’entre eux.

L'Armée des Ombres
Réalisé par Jean-Pierre Melville
Avec Lino Ventura, Simone Signoret, Paul Meurisse, Jean-Pierre Cassel, Christian Barbier, Claude Mann
Scénario :Jean-Pierre Melville, d'après le roman de Joseph Kessel
Photographie : Pierre Lhomme, Walter Wottitz
Musique : Eric Demarsan
Une Production Jacques Dorfmann
France - 138 mn - 1969

Tout commence par un plan fixe. La Place de l’Etoile, filmée depuis les Champs Elysées vides. Un cortège entre dans le champ. La troupe allemande menée par une section de tambours s’avance vers nous de façon inéluctable. Le cadre n’offre aucune issue, le spectateur ne peut que subir leur progression. Comme les soldats se rapprochent, la caméra fait un léger travelling descendant, comme écrasée par l’armée. Puis l’image se fige. Fondu au noir. En un simple plan, Jean-Pierre Melville exprime toute la douleur de celui qui a vu son pays s’effondrer sous la botte brune. Ce plan est d’ailleurs celui dont le réalisateur se disait le plus fier, avec le mythique plan séquence du Doulos, entre autre pour le défi logistique qu’il représentait : répétition à 3 heures du matin sur l’Avenue d’Iéna, puis tournage à 6 heures, sonorisé par des vrais bruits de bottes allemandes. Défi également à cause d’une tradition empêchant encore la présence d’acteurs portant l’uniforme allemand sur l’avenue - Vincente Minnelli avait dû y renoncer pour Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse. Ce problème n’était d’ailleurs pas une nouveauté pour Melville, qui avait dû ‘voler’ les plans d’Howard Vernon marchant en uniforme dans les rues de Paris, deux ans seulement après la fin de l’occupation, dans Le Silence de la Mer. Mais il ne faudrait pas voir dans ce plan un simple caprice de réalisateur attiré par la démesure, car mieux que tout autre il donne le ton du film, et on ne regrettera pas que Melville ait in-extremis décidé de le monter en ouverture - à l’origine, il concluait l’œuvre.

Melville montre donc l’omniprésence de la présence allemande comme un sombre suaire recouvrant tout. L’occupation militaire est anonyme - aucun nom, même d’officier, n’est prononcé -, l’ennemi devient une entité globale. Mais les forces pétainistes ne sont pas oubliées, même si elles ne sont montrées que par touches - ainsi, les plans fugitifs du drapeau français flottant sur le camp d’internement, ou le coup d’œil sur l’affiche de propagande "Le Maréchal tient ses promesses". L’occupation est partout, et rejoint même les personnages dans les lieux où ils devraient se sentir plus libre - ceci est limpide en voyant le raccord entre la façade du siège de la Gestapo et le quartier général de la France Libre, et plus encore lorsque Gerbier s’apprête à quitter sa chambre londonienne - le fameux ultime coup d’œil melvillien à la pièce dont on sait qu’on ne la reverra jamais - et que l’on entend déjà les pas des SS dans la salle où Félix a été torturé. L’univers carcéral est partout pour les héros melvilliens.

A la sortie du film, Melville reçut de nombreux reproches. Certains l’accusèrent même d’avoir fait une œuvre dogmatique gaulliste. D’autres rirent lors de l’apparition du Général De Gaulle. Pourtant, L’Armée des Ombres n’a rien d’une œuvre militante : aucun parti ni section n’est cité, le seul communiste déclaré est le jeune électricien pour lequel Gerbier se prend d’affection, tout en le qualifiant d’«enfant perdu». Si d’autres ont reproché à Melville d’avoir appliqué ses codes du film de gangsters à L’Armée des Ombres, c’est pourtant l’originalité de ce traitement qui donne sa force à la représentation de la Résistance. Les soldats de L’Armée des Ombres obéissent à des codes indicibles et immuables, ils n’agissent pas par idéologie, mais parce qu’ils doivent le faire. De fait, leur comportement s’apparente par bien des aspects à celui des bas-fonds : des silences, des regards - parmi d’autres, le dernier lancé par Mathilde, terriblement ambigu -,… et la conscience de ce qui doit être fait. Car Melville n’héroïse jamais ses personnages, et montre crûment les aspects les plus durs de leur entreprise - et la séquence la moins marquante n’est pas l’exécution du jeune traître, bruitée uniquement par ses cris d’agonie étouffés par le bâillon. De lui, nous ne saurons jamais rien, ni de son passé, ni des motifs de sa trahison. Nous savons seulement que cela devait être fait. Et nul n’en tire ni gloire ni fierté. Seul le personnage de Jean-François échappe quelque peu à ce schéma : il agit moins par devoir que par attirance pour l’aventure, renforcée par sa certitude d’avoir « la baraka ». Certitude qui le poussera à accomplir un acte héroïque, et d’apparence inutile. Son sacrifice et son martyr permettront néanmoins d’abréger les souffrances de Félix. La froideur de la description des agissements des résistants est encore accentuée par le dispositif de la mise en scène, presque théâtrale : on note en effet de nombreux plans fixes, où les personnages entrent et sortent du cadre immobile. Ces séquences renforcent encore les rares travellings du film, qui prennent une force notable, notamment celui sur Gerbier s’échappant de la Gestapo, et plus encore celui sur le corps de Mathilde. L’autre force du film vient sans doute des comédiens. On le sait, Melville avait souvent des rapports conflictuels avec ceux-ci. Par exemple, il n’adressait plus la parole à Lino Ventura, et les deux hommes communiquaient seulement par assistants interposés, le réalisateur faisant tout pour agacer son interprète principal. Méthode contestable sans doute, pourtant le résultat est là : Lino Ventura n’a jamais été aussi bon que dans L’Armée des Ombres, où il est stupéfiant de colère rentrée. On pourrait en dire tout autant de la performance de Paul Meurisse, impeccable en statue du commandeur, transposition évidente - entre autres - de Jean Moulin.

Melville portait ce projet en lui depuis bien longtemps, sans doute depuis sa découverte du roman de Joseph Kessel en 1943. Alors que le livre était un témoignage à chaud sur la Résistance, le réalisateur se proposa d’en offrir une lecture plus distanciée, qu’il qualifia de ‘rêverie rétrospective’. Le terme appliqué à cette période pourrait choquer, et pourtant… ‘L’Armée des Ombres est le livre sur la Résistance : c’est le plus beau et le plus complet des documents sur cette époque tragique de l’histoire de l’humanité. Néanmoins, je n’avais pas l’intention de faire un film sur la Résistance. J’ai donc enlevé tout réalisme, à une exception près : l’Occupation allemande’ (1) Et force est de constater que sous une apparente structure réaliste, le film est peut-être plus onirique qu’il n’en a l’air de prime abord. L’Armée des Ombres est construit en épisodes, souvent reliés par des ellipses, sans véritable trame globale. D’où une impression de revivre des souvenirs, impression accentuée par toute la dernière partie. Certains détails sont en effet troublants : dans son ultime cachette, Gerbier déclare en voix ne jamais avoir revu ‘ni Mathilde ni les autres’, ce qui est contredit par la dernière séquence. De même, lorsque il est emmené dans le corridor pour y être fusillé, il se remémore certains épisodes, or le dernier souvenir, la couverture d’un livre de Luc Jardie, est un plan qui n’interviendra que plus tard dans le film. Que devons-nous en conclure ? La dernière partie en serait-elle que le fruit de l’imagination de Gerbier durant les secondes précédant sa mort ? Il dit après tout lui-même que s’il s’en persuade il ne mourra jamais. Le trouble ressenti lors de la vision de L’Armée des Ombres vient en partie de cette hésitation, similaire à celle que provoquera plus tard Il Etait une Fois en Amérique. L’étrange charme d’une ‘rêverie’, comme le dit Melville.

Jean-Pierre Grumbach, qui prit le nom de Melville en entrant dans la Résistance, raconte que lorsqu’il a projeté le film à Joseph Kessel, celui-ci s’est mis à sangloter en découvrant les phrases qui annoncent le destin tragique des personnages survivants, phrases qui n’étaient pas dans le scénario à l’origine. Et la sécheresse de ces sentences conclut le film sur une note d’émotion inattendue laissant le spectateur bouleversé par le sacrifice de ses hommes et femmes. L’Armée des Ombres, une contribution essentielle au Devoir de Mémoire, et l’un des plus beaux films que nous ait offert le cinéma français.

(1) Rui Nogueira, Le Cinéma selon Jean-Pierre Melville (Petite Bibliothèque des Cahiers du Cinéma, 1996), p. 164



Image :
Tout comme l’édition Studio Canal, ce Criterion part de la version restaurée sous la supervision de Pierre Lhomme en 2004. Le résultat est toujours aussi impressionnant, tant dans la définition que dans la tenue des couleurs – NTSC oblige celles-ci sont peut-être un peu chaudes, on conseillera donc d’opter pour un réglage approprié au noir au blanc et de monter la température de couleurs au maximum, le rendu sera alors parfait. Avantage non négligeable de cette édition ; la compression se fait cette fois invisible, aucune pixellisation n’est à déplorer. A ce jour, l’édition de référence de ce film admirable.

Son : Criterion nous offre un excellent mono restauré, puissant et clair, les dialogues ont une belle présence et sont toujours intelligibles. Une version stéréo est également proposée, mais elle est sensiblement moins dynamique.

The Criterion Collection
145 mn
Zone 1
Menu musical et animé
Chapîtrage fixe
Format cinéma : 1.85 : 1
Format vidéo
: 16/9 compatible 4/3
Langues : français mono 1.0 et stéréo 2.0
Sous titres : anglais




Image :
Un carton en ouverture du film précise que le film a été restauré par Studio Canal avec la participation active de Pierre Lhomme. Et le moins que l’on puisse dire est que le rendu de l’image est impressionnant. Là où les diffusions télévisées laissaient entrevoir un film platement terne, ce DVD révèle un considérable travail sur les couleurs froides, en particulier le cyan. Très belle gestion des contrastes : pour une fois, la séquence de la barque vous paraîtra vraisemblable. Une remarquable restitution d’une œuvre majeure. Il est dommage que la compression se montre parfois trop visible dans les arrière-plans, en particulier lors des séquences intégralement nocturnes.

Son :
Une piste mono d’origine nous est proposée. Plutôt bien restaurée, elle est parfaitement intelligible, mais manque juste un peu de dynamisme lors des passages musicaux. Ce défaut est réparé par le nouveau mixage en surround également offert, mais qui comporte hélas quelques effets un peu trop artificiels.

Studio Canal
138 mn
Zone 2
Menu fixe et musical
Chapîtrage fixe
Format cinéma : 1.85 : 1
Format vidéo
: 16/9 compatible 4/3
Langues : Français mono d'origine et Dolby Surround
Sous titres : aucun

Disque 1 :

- Commentary : auteur de Jean-Pierre Melville, un américain à Paris, Ginette Vincendeau nous livre ici un excellent commentaire, ouvertement didactique mais d’une grande richesse ; elle dissèque bien entendu la mise en scène, n’omettant aucune référence au reste de sa filmographie, mais précise également de nombreux points historiques et relève des détails qui pourraient échapper au spectateur peu attentif. Elle s’exprime en anglais non sous-titré, mais son débit modéré permet de la suivre avec aisance.

- Trailers : Criterion nous présente la bande-annonce originale française – 2 mn 57 – ainsi que celle créée par Rialto pour la sortie américaine de 2006 – 1 mn 48 -, cette dernière étant sans doute trop spectaculaire pour le film qu’elle défend.

Disque 2 :

- ‘Jean-Pierre Melville, Filmmaker’ – 4 mn 22 : ce court reportage est tiré de l’émission Chroniques de France et sort des archives de Gaumont-Pathé. Son principal intérêt est d’être essentiellement composé d’images de tournage ; on voit par exemple la mise en place du défilé allemand devant l’Arc de Triomphe. Détail amusant, certains plans montrent Lino Ventura s’entretenant avec le cinéaste, ce qui vient contredire ce qu’on a toujours lu, à savoir que les deux hommes ne s’adressaient la parole que par assistant interposé. La tension est néanmoins palpable. Ce segment se termine sur des images de Melville écrivant.

- Pierre Lhomme – 14 mn 07 : le chef opérateur était interrogé en 2006 à l’occasion de la restauration de L’Armée des ombres, restauration effectuée en grande partie grâce à ses souvenirs car il ne subsiste pas de matériel de référence de qualité suffisante. Il nous raconte ses relations parfois difficiles avec Melville, cinéaste autoritaire s’il en est, et nous apporte des informations passionnantes sur le tournage : ainsi, la première conversation dans la rue entre Félix et Jean-François est tournée en studio devant un agrandissement photographique d’un décor que Melville avait repéré trop tard. Il explique également que le teint blafard des visages a été obtenu en ajoutant des couleurs chaudes aux décors qui étaient ensuite supprimées à l’étalonnage.

Un module de sept minutes nous propose ensuite une démonstration du travail de restauration effectué. On admirera tout particulièrement la récupération ‘partielle’ de 140 images perdues du plan d’ouverture.

- Françoise Bonnot – 10 mn 57 : fille de Monique Bonnot, monteuse attitrée de Melville, Françoise Bonnot avait déjà travaillé comme assistante monteuse sur Deux hommes dans Manhattan. Déjà récompensée par un Oscar pour Z, elle nous parle de ses relations de travail avec l’homme au stetson – amusante anecdote sur le problème du montage son des bruits de bottes allemandes. Bonus en anglais non sous-titré.

- L’Invité du Dimanche – 30 mn 17 : ce supplément est constitué d’extraits d’une émission diffusée à la télévision française en mars 1969. On y voit tout d’abord des images de tournage de la dernière séquence ainsi que de celle du meurtre de la sentinelle, entrecoupées d’une interview sur le plateau de Simone Signoret. Puis Jean-Pierre Melville, Jean-Pierre Cassel, Paul Meurisse et Paul Crauchet sont interrogés par François Chalais et Jacques Chancel dans une ambiance détendue. L’émission se termine sur les propos de Joseph Kessel expliquant pourquoi il a écrit L’Armée des ombres alors que telle n’était pas sa volonté au départ, ainsi que sur un dialogue entre Melville et André Dewavrin, alias Colonel Passy. Des propos émouvants, des images rares, à l’arrivée un supplément précieux.

- Melville et L’Armée des Ombres : reprise du supplément figurant déjà sur l’édition Studio Canal, pour les détails se reporter à sa fiche technique.

- The Resistance :

- Le Journal de la Résistance – 34 mn 07 : ce film est composé d’images tournées sur le vif par une douzaine de reporters, menée par Jean Painlevé et Jean Grémillon, lors de l’insurrection parisienne d’août 1944. Des images d’histoire assez bien conservées, présentées dans un état satisfaisant, et commentées en anglais non sous-titré par Noel Coward.

- Simone Signoret et Lucie Aubrac – 5 mn 25 : le personnage de Mathilde est, entre autres, inspiré de Lucie Aubrac. Simone Signoret évoque ici celle qui fut son professeur avant la guerre, et ses difficultés à incarner à l’écran un personnage dont les actions et l’héroïsme sont encore proches de nous. Elle évoque également sa maquilleuse, Maud Bégon, elle aussi résistante. Ce module se termine par des propos de Lucie Aubrac, expliquant qu’elle n’aurait jamais songé devenir une héroïne de cinéma.

- Ouvrez les guillemets – 23 mn 20 : ce jour de 1973, Bernard Pivot recevant dans l’ancêtre d’Apostrophes l’ancien ministre et résistant Henri Frenay, auteur d’un ouvrage polémique sur les relations entre les réseaux français et Londres. Il était confronté à Claude Bourdet, Marcel Degliame, au général De Bénouville et au colonel Passy. M. Martinet et son épouse, premiers imprimeurs clandestins de Combat, s’expriment également.

Cette remarquable édition est complétée par un livret illustré comprenant un texte d'Amy Taubin sur l'importance historique du film, un article de Robert O. Paxton sur les sources d'inspiration pour les personnages, ainsi qu'une traduction du chapitre consacré à L'Armée des ombres de l'ouvrage de Ruy Nogueira.

- Filmographies : filmographies plus ou moins sélectives de Jean-Pierre Melville, Lino Ventura, Simone Signoret, Jean-Pierre Cassel, Paul Crauchet, Christian Barbier, Claude Mann et Paul Meurisse.

- Affiches et photos : quelques photos du film - aucune ne montre le tournage - et surtout des affiches, française et étrangères.

- Bande-annonce : étonnante bande-annonce d’époque, portée par la voix off de Melville citant la phrase attribuée à Blaise Pascal : ‘Je ne puis croire que les histoires dont les témoins se feraient égorger’. Restituant parfaitement l’atmosphère du film, elle est en assez bon état. Remarquez que Melville a glissé son portrait parmi ceux des acteurs incarnant les résistants.



- Jean-Pierre Melville et l’Armée des Ombres
- 27 mn 30 : ce documentaire replace rapidement L’Armée des Ombres dans la carrière de Melville, puis donne très largement la parole aux survivants de l’équipe : Jean-Pierre Cassel, Pierre Lhomme, Françoise Bonnot et Eric Demarsan évoquent en détails leurs souvenirs du tournage, qui fut rude par bien des aspects, Melville n’ayant pas pour habitude de ménager ses hommes. Le documentaire donne également la parole à deux cinéastes ayant bien connu l’homme au stetson, Philippe Labro et Bertrand Tavernier. On retiendra tout particulièrement les propos de ce dernier, qui analyse très finement certains aspects du film. Parmi les nombreuses anecdotes, citons celle racontée par Françoise Bonnot, qui nous explique que Melville l’a emmenée peaufiner le montage dans les cabines de projection alors que le film avait déjà été montré, replaçant le défilé allemand en ouverture.

En savoir plus
La fiche Imdb de L'Armée des ombres
Rui Nogueira, Le Cinéma selon Jean-Pierre Melville
(Petite Bibliothèque des Cahiers du Cinéma, 1996)
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