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Test dvd

Rendez-vous à Bray

DVD - Région 2
La Vie est belle
Parution : 14 / 6 / 2006

Image

Magnifique master restauré, rendant parfaitement justice au travail de Ghislain Cloquet et à ses lumières. La compression ne souffre d’aucun défaut, le grain d’origine nous venge des lissages à tout crin, les différentes nuances de couleurs sont parfaitement rendues et le contraste, primordial pour ce film ténébreux, est digne des plus belles réussites du support. Une réussite exemplaire, à l’image de l’effort éditorial conséquent fourni avec le film.

Son

Là encore, c’est parfait. Equilibrée, claire et distincte, la numérisation rend merveilleusement hommage a la richesse du travail de Delvaux et Devreese.

Suppléments

Superbe objet, composé d’un digipack comprenant un petit livret (une interview de Delvaux à la sortie du film) à la mise en page étudiée, d’un DVD consacré au film avec deux premiers bonus, d’un second DVD entièrement dédié aux suppléments, d’un CD composé d’extraits musicaux, et enfin de la nouvelle de Julien Gracq (Le roi Cophetua). Les amateurs du film vont tout simplement tomber à la renverse !

DVD 1

Sur le tournage (RTBF 1971) : Magazine de cinéma d’époque (Le petit carrousel illustré), en noir et blanc. Le journaliste belge rend visite à André Delvaux sur son plateau, en France, lors du dernier jour de tournage. Assez scolaire (notamment dans ses voix-off), ce petit reportage permet toutefois de voir le cinéaste et Anna Karina à l’œuvre… Un peu plus tard dans la soirée, le décor (une bâtisse bourgeoise) prend feu. Un incident, certes grave et impressionnant, qui prend finalement le pas sur l’approche documentaire initialement consacrée au tournage. Le tout est du coup un peu anecdotique.

Cinescope : Anna Karina, invitée d’un émission de télévision (en noir et blanc) de 1971, propose à André Delvaux de parler de leur film commun, Rendez-vous à Bray. Epoque révolue où l’on pouvait discuter cinéma posément à la télévision : le réalisateur fait l’éloge de son actrice dans une ambiance de franche camaraderie d’autant plus agréable que Delvaux se révèle un invité affable et passionné. Le cinéaste apporte un éclairage intéressant sur Rendez-vous à Bray, et ce document rare ouvre au bout du compte quelques pistes pertinentes sur le style Delvaux. Les amateurs de Karina regretteront par contre le peu de temps de parole qui lui est accordé, l’actrice restant finalement tout aussi mystérieuse que son personnage. A noter une fin brutale et une image un peu abîmée (sans que cela soit catastrophique), mais que l’éditeur à la politesse d’expliquer.

Bande-annonce - L’affiche du film - 38 photos de tournage

DVD 2

Rendez-vous avec André Delvaux
: Présentation du film par Philippe Reynaert (auteur notamment d’un mémoire sur l’adaptation de Gracq par Delvaux), qui développe en une vingtaine de minutes les principaux axes de lecture de Rendez-vous à Bray : rapports cinéma/musique, adaptation littéraire, richesse picturale du film… Le propos est riche, précis, rondement mené : un complément indispensable au film.

Avec Dieric Bouts : moyen-métrage d’André Delvaux (1975). Etonnant et très audacieux dans sa forme, ce film court (30mn) est une réflexion sur la peinture, que Delvaux élargit à la création artistique tout entière dès l’entame grâce à un très beau générique, qui met en parallèle les destins et travaux de Dieric Bouts (peintre flamand du XV°) et du cinéaste. Comme dans Rendez-vous à Bray, la caméra est un pinceau, avec lequel Delvaux dessine une Histoire de l’Art d’une intelligence folle. Pour vous en convaincre, ce texte de Jacqueline Aubenas dans le Catalogue du Centre du Film sur l'Art : "Un des grands classiques du film d'art. L'idée développée par André Delvaux est de mettre le peintre et le cinéaste en parallèle, tous deux artistes travaillant sous contrat. Rapprochés par une situation économique identique, hommes d'un même pays, la Flandre, leurs sensibilités communes dialoguent pendant tout le film. Se déroule devant nous l’œuvre de chacun : Bouts avec le jugement dernier et la cène, Delvaux avec sa mise en scène qui est recherche de traces et de permanences. Cette complicité donne au film une émotion qui fait sentir une proximité cachée par le décalage du temps et le décrochage de l'inspiration. La notion d'époque - l'écart de quelques siècles - est gommée au profit de celle de la permanence et du regard. Nous sommes devant deux artisans qui veulent mettre dans leur cadre un certain nombre d'éléments, découper l'espace d'une manière précise, représenter une réalité qui les touche parce qu'elle dit l'angoisse de la mort et la douceur de la vie. Le texte du film, à la fois scénario et commentaire, chose rare, s'écoute comme un poème. Le montage fait naître une syntaxe de phrase-image. La musique est composée comme un son et, inversement, tout son devient musique".

Moviola : Entretiens croisés d’André Delvaux et de Frédéric Devreese (en flamand sous-titré français). Où l’on découvre les méthodes de travail du cinéaste et de son compositeur attitré à travers divers extraits (surtout de L’œuvre au Noir). Les deux artistes comparent notamment le rôle de la musique de film dans le cinéma américain des années 40 avec leur conception de la bande sonore, plus intimiste. La connaissance encyclopédique de Delvaux, les explications pédagogiques de Devreese (en situation devant son piano) éclairent ce reportage passionnant quant au rapport musique/image, si important dans le cinéma du réalisateur belge.

1001 films : très beau court métrage, allégorie poétique sur la nécessaire restauration des films comme instrument de mémoire. Une fois de plus, Delvaux fait montre d’un amour des arts (ici, le cinéma des origines) d’une sincérité assez bouleversante.

Filmographie : dix pages fixes résumant la carrière et la filmographie d’André Delvaux. Plus une page déroulante de remerciements.

Le roi Cophetua : la nouvelle de Julien Gracq (plus une préface de l’auteur) dans un petit ouvrage offert avec le coffret. 77 pages aux Editions La Presqu’île (1970).

Rendez-vous les yeux fermés : CD de 36 minutes, composé de plages musicales tirées du film (Brahms, Fauré, Frédéric Devreese) mêlées à des extraits des dialogues. Pour prolonger le film sur CD, et mieux comprendre encore les liens indéfectibles entre musique et cinéma chez Delvaux.

Par Xavier Jamet - le 18 mai 2006