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Test dvd

Panic sur Florida Beach

DVD - Région 2
Carlotta
Parution : 1 / 6 / 2011

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Carlotta propose un packaging luxueux et un menu DVD sous forme de comics, coloré, sympathique et nostalgique. Bref, comme le film.
Peut-on louer Carlotta plus qu’il n’a déjà été fait ? Elle est maintenant loin, l’horrible version zone 1 Universal avec son bruit vidéo à rendre fou un nostalgique de la VHS. L’éditeur prend le risque d’éditer un film relativement récent, connu uniquement des admirateurs d’un cinéaste de moins en moins connu. Il le transforme par passion, rendant ainsi grâce à son sujet. Que dire ? Colorimétrie chaude, transfert impeccable, définition à tomber par terre. Les années 60 ne sont pas loin. Et encore, il paraît que ce n’est rien à coté du Blu-ray...

Son

C’est peut être ici que l’on peut se montrer le plus étonné et admiratif tant Carlotta a réussi en partie à balayer les défauts du vieux master inaudible de la précédente version.

Suppléments

- Mant (L’homme-fourmi) : 16mn - Noir et Blanc (1992)
C’est le véritable cadeau de cette édition. l’intégrale de Mant, le film dans le film, une idée déjà présente dans le script original de Jerico Stone. A son propos, Dante aimait à dire que ce n’était pas son œuvre mais celle de Lawrence Woolsey. Le film est campé par quelques acteurs emblématiques du passé dont Kevin McCarthy (L’Invasion des profanateurs de sépulture) et Robert Cornthwaite, une des stars de The Thing from Another World. Construit en moins de dix scènes, il puise sa force de sa manière ultra sérieuse de raconter une histoire aberrante. Comme les œuvres dont il s’inspire, et en particulier Them ! de Gordon Douglas, les divers scientifiques exposent quelques mots savants pour rendre à peu près crédible l’absurde postulat de départ : la transformation après irradiation d’un marchand de chaussures en fourmi. Postulat qui évidemment concentre les peurs des enfants de Matinee au moment de la crise des missiles de Cuba. Dante s’amuse avec des séquences et des dialogues volés dans plusieurs films. On laissera au cinéaste dans ses copieux entretiens le soin d’expliquer quelles sont ses principales influences et trouvailles.

Mant est amusant de par son sérieux à raconter une histoire extraordinaire, de par sa manière à faire vivre un personnage de science fiction dans un monde ultra banal et quotidien. Les acteurs jouent tous en en faisant des tonnes. On comprend aussi, grâce à Mant, la manière dont les films d’horreur distillaient leur discours politique. Dans le cas de Mant, la fourmi est tout simplement l’élément étranger qui va peu à peu dévorer l’âme d’un brave Américain lambda. Dans une curieuse scène, le militaire et le scientifique s’affrontent sur la façon de combattre l’ennemi : soit par la science qui apporte la compassion soit par les armes. Dante arrête son film à ce moment-là comme s’il ne voulait pas trancher entre fabriquer la fiction de gauche compassionnelle à laquelle il croit avec son scénariste Charlie Haas ou le film de droite belliqueux. Cette indécision sur la fin se fait l’écho de l’ambivalence de sa mise en scène dans Mant : réaliser un pastiche sérieusement ou un film d’horreur sérieux avec ironie. Ainsi pour les effets spéciaux, le cinéaste refusa de n’employer que des trucs ringards et voulut que son équipe fasse des efforts avec les moyens des années 90 pour donner encore une illusion de crédibilité. Malgré les trouvailles, les artifices sont tous visibles. Indécision ou choix de l’ambivalence ?


Réalisé avant le début du tournage de Panic sur Florida Beach, Mant remporta un tel succès que le studio pria Joe Dante de réaliser 40 minutes supplémentaires. Ce qu’il ne fit bien entendu jamais. Pour autant, l’illusion que le film existe prit des proportions incongrues puisque on affubla Mant d’un numéro de série, d’un dossier avec plusieurs photos de Woolsey présentant Mant sans jamais faire mention de John Goodman ou de Matinee.



Il faut noter que dans Panic sur Florida Beach, on trouve une autre parodie qui, cette fois, pastiche les productions familiales Disney avec Dean Jones du début des années 60 que Dante détestait : The Shook-Up Shopping Cart. A cette époque, Disney aimait à animer les objets d’une âme humaine. Dante imagine ainsi un vieil homme réincarné en caddie de supermarché. Même humour tarte à la crème, même direction outrée, mêmes dialogues débiles mais dont le premier rôle féminin est tenu par une toute jeune comédienne alors inconnue : Naomi Watts. A noter que c’est dans The Shook-Up Shopping Cart que l’on peut voir des nonnes passer dans la rue, figures que Dante s’amuse à insérer dans tous ses films.

- Préface de Joe Dante (6 minutes)
Merveilleux entretien avec Michael Henry Wilson où le cinéaste, comme à son habitude, se montre prolixe en anecdotes et explique comment il a réalisé ce petit bijou de Mant.

- Bande-annonce de Mant
Elle ouvre également Matinee. C’est un petit chef-d’œuvre en soi qui fait immédiatement écho à la menace nucléaire. On laisse aux futurs spectateurs le plaisir de découvrir les slogans aberrants et hilarants.

- Paranoïa en Fourmi Vision (31 minutes)
Joe Dante parle. C’est toujours le même bonheur de voir et d’entendre le réalisateur des Gremlins raconter le tournage et la genèse problématiques de Matinee. Il se montre d’ailleurs sceptique quant à son film, notamment par rapport à la reconstitution de la paranoïa américaine en 1962. Fourmillant d’anecdotes, Dante se montre critique, comme à son habitude, sur le monde moderne et le cinéma d’aujourd’hui. Réalisé par le grand Michael Henry Wilson (auteur de célèbres entretiens avec Scorsese, Eastwood…), ce documentaire est encore un très beau cadeau de la part de Carlotta.

- Making of d’époque (4 minutes)
Court making of de promotion pour la sortie du film en 1993

- Bande-annonce de Matinee qui s’achève par une scène du film où l’on voit un gamin dire qu’il « ira le voir deux fois. »

- Galerie photos

Par Frédéric Mercier - le 28 mai 2011