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Test dvd

Le Voyeur

DVD - Région 2, 5
Institut Lumière
Parution : 8 / 11 / 2006

Image

Le DVD présente la version restaurée en 2005, et il s’agit globalement d’une réussite. La copie est d’une grande propreté, à l’exception de points blancs éparts et de quelques minuscules griffures qui ne gênent en rien le visionnage. Les couleurs retrouvent leur éclat, et le contraste est remarquable. Rien à redire de la définition, satisfaisante en dehors de quelques plans en fondu, et du grain. En revanche, la compression se fait ponctuellement visible, et on déplore quelques fourmillements dans les arrière-plans.

Son

Un mono d’origine correct, mais qui montre occasionnellement ses limites lors des passages en musique, qui peuvent saturer dans les aigus.

Suppléments

Disque 1 :

- Présentation du film par Bertrand Tavernier (6 mn 56) : sur des images fixes du film et des photographies de tournage, Bertrand Tavernier présente en voix off la gestation du film, son tournage et sa postérité, et en dégage les principaux enjeux. Un modèle de présentation synthétique.

- Bandes-annonces (2 mn 25) : une bande-annonce au ton très Swinging London avant l'heure, abîmée mais dans un état présentable. On trouvera également dans cette section les bandes-annonces d'autres films de Michael Powell sortis par l'Institut Lumière : Je sais où je vais, A Canterbury Tale, Le Narcisse Noir, Les Chaussons Rouges et 49e parallèle.

Disque 2 :

- Souvenirs de Michael (Épisode 7, 11 mn 53) : Thelma Schoonmaker confie à Bertrand Tavernier que Michael Powell était conscient d’avoir réalisé un film subversif, et qu’il était prêt à en assumer les conséquences. Celles-ci prirent hélas la forme de très grande difficultés à exercer son métier ; il ne renonça pourtant jamais à rêver des films qu’il ne tournerait jamais. Alors qu’il vivait ses derniers jours sous morphine, il imagina un plan de charge de guerriers mongols qui terrifia l’infirmière qui s’occupait de lui. Thelma Schoonmaker explique enfin que Powell eut tout de même la joie de voir son œuvre redécouverte par de nouvelles générations de cinéastes et de spectateurs, qui lui rendirent sa gloire méritée.

- Les Audaces d'un aventurier (18 mn 40) : Bertrand Tavernier revient ici plus en détails sur la gestation du film, et surtout sur sa réception ; il compare le traitement de Powell par la critique à celui reçu précédemment par Henri-Georges Clouzot pour Le Corbeau – comparé à Mein Kampf, et pour lequel le réalisateur sera menacé d’une interdiction de tourner à vie – et Vittorio Cottafavi pour La flamme qui ne s’éteint pas – le cinéaste néo-réaliste se verra ensuite cantonné aux péplums. Tavernier explique les grandes difficultés financières dont à souffert Michael Powell par la suite, et regrette qu’il n’ai pas tiré tous les fruits de la réévaluation tardive du Voyeur.

- A Very British Psycho / Une psychose toute britannique (50 mn 41, 1997) : Ce documentaire de Chris Rodley (auteur notamment de l'excellent livre d’entretiens avec David Lynch paru aux éditions des Cahiers du Cinéma) suit deux fils conducteurs. D’une part, il donne la parole à plusieurs critiques, certains jeunes - Geoff Andrew, Charlotte O’Sullivan -, et d’autres ayant vu Le Voyeur à sa sortie - Derek Hill, Alexander Walker, David Robinson, Anna Massey… peu d’entre eux ont changé d’avis. Ils évoquent le choc reçu par la découverte du film dans le contexte de l’époque. L’autre fil est dédié à l’histoire de Leo Marks, depuis son enfance dans la célébrissime librairie familiale du 84 Charing Cross Road jusqu’à son activité de créateur de codes au sein du SOE. Très intéressant.

- Mon film culte (14 mn 26) : avec Les Yeux sans visage, 2001 : l’odyssée de l’espace et Videodrome, Le Voyeur fait partie des films fétiches de Gaspard Noé. Le réalisateur de Irréversible explique sa passion pour le film de Michael Powell, dont il vante la perfection tout en expliquant son rapport à sa propre scoptophilie, dont il dit qu’on ne peut ‘guérir’ qu’en devenant réalisateur.

- L'Affiche du Voyeur (2 mn, 2006). Gaspard Noé explique que le scoptophile doit posséder d'une manière ou d'une autre l'œuvre qui le fascine et c'est ainsi qu'il en est venu à chercher toutes les affiches existantes de certains films à ses yeux fondamentaux. Il évoque ici les « deux affiches mortelles » anglaises de l'époque qui selon lui étaient tellement fortes qu'elles ont participé à la gêne profonde qui a accompagné la sortie du film. Gaspard Noé parle finalement de son propre besoin de s'accrocher à des éléments concrets afin de lutter quelque part contre la déliquescence du monde, contre le temps qui corrompt... jusqu'à se comparer à Mark Lewis, son modèle inavoué !

Tous ces suppléments sont sous-titrables en français ou en anglais.

- Livret de 48 pages. Ce livret est construit autour d'extraits de Une vie dans le cinéma, l'autobiographie de Michael Powell parue en deux tomes chez Institut Lumière / Actes Sud. Michael Powell raconte la genèse du film, sa rencontre avec Léo Marks, le tournage, la façon dont il a présenté ce projet aux principâux acteurs et enfin la réception du film à sa sortie puis l'engagement de Martin Scorsese pour sa réhabilitation. Une introduction co-signée par Thierry Frémeaux et Bertrand Tavernier ouvre ce livret très richement illustré et complété par des biographies des acteurs, de Powell et Pressburger ainsi que d'une bibliographie sélective.



Matériel utilisé : lecteur Toshiba HD-XE1 relié en HDMI à un projecteur tri-LCD Sanyo Z5 et en optique à un ampli Yamaha DSP-A5 couplé à des enceintes JM Lab Chorus.

Par Franck Suzanne - le 8 novembre 2010

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