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Test dvd

Freud, passions secrètes

DVD - Région 2
Rimini Editions
Parution : 12 / 9 / 2017

Image

Imaginez un vieux master assez sale et aux noirs charbonneux, avec un effet similaire de dédoublement des contours à celui que l'on peut constater lors de la difficile superposition des trois bandes du Technicolor, le tout passé à l'aide d'une truelle au réducteur de bruit. Faites-vous à l'idée d'une copie à l'aspect flou et cireux tout du long, comme si vous regardiez des pantins du musée Grévin se mouvoir dans un environnement totalement lissé. Pas besoin de s'appesantir plus longuement sur l'image de cette galette numérique. Il se serait agi d'un vieux film rarissime retrouvé alors qu'on le croyait perdu, passe encore ; en l'occurrence, ce que nous propose Rimini s'avère de mon point de vue - qui ne sera probablement pas partagé par les moins exigeants - totalement rédhibitoire.

Son

Une seule piste sonore est proposée, la version originale avec le choix d'insérer ou non les sous-titres. Celle-ci ne s'avère malheureusement pas meilleure que l'image, faisant son âge, souvent sourde, grésillante, moyennement claire et manquant fortement du moindre dynamisme. Au vu de ce qui nous est proposé au niveau son et image, on comprend mieux pourquoi l'éditeur n'a pas souhaité sortir le film en Blu-ray.

Suppléments

"Cerises sur le gâteau" : une bande-annonce d'époque à l'état lamentable et non sous-titrée ainsi que deux suppléments réalisés par Rose Night, la boîte de production de Christophe Champclaux et Linda Tahir, Freud le film oublié (22 min 00) suivi de Freud, secrets d'adaptation (12 min 18). Il s'agit en fait d'une seule et même intervention de la psychanalyste et écrivain Marie Laure Susini coupée en deux pour gonfler le nombre de bonus. Nous n'avons rien à redire concernant les propos de cette dame qui s'avère très intéressants, sincèrement convaincue par ce que John Huston a compris de Freud et enthousiaste à propos de son film qu'elle considère comme un chef-d'oeuvre. Elle aborde aussi bien la genèse de l'oeuvre que son scénario, sa mise en scène et son interprétation tout en parlant évidemment du sujet qu'elle connait le mieux, la psychanalyse. Seulement, une fois encore, nos incompétents de chez Rose Night viennent nous déconcentrer de ce commentaire intéressant par une bouillie d'images jusqu'à l'écoeurement entre diaporamas de photos moisies et intégration d'extraits du film et de la bande-annonce lorsqu'ils sentent que l'intervenante a suffisamment parlé. Intervenante filmée par un plan fixe surexposé, les réalisateurs étant même incapables de régler leurs projecteurs.

Un travail à peine digne d'un amateur novice mais qui deviendra plus intéressant en l'écoutant seulement puisque ainsi l'entretien mené par Marie-Laure Susini ne sera pas pollué par ce bric-à-brac d'images montées n'importe comment ! Une fois encore, quelle tristesse de constater que les éditeurs n'ayant que peu de moyens se sentent obligés de faire appel à Rose Night qui commence également à avoir pignon sur rue dans le domaine de l'édition cinéma. Déprimant !

Un ratage de la part d'un éditeur par ailleurs fort sympathique et à qui nous n'en tiendrons évidemment pas rigueur. Rappelons que beaucoup de réussites parsèment leur catalogue, à commencer il y a quelques mois à peine par leur édition très satisfaisante d'un film jusque-là violemment malmené, La Maison rouge de Delmer Daves.

Par Erick Maurel - le 21 septembre 2017

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