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Test dvd

Fin août à l'hôtel Ozone

DVD - Région 2
Malavida
Parution : 14 / 9 / 2022

Image

Format 4/3 respecté. Si la copie restaurée donne globalement satisfaction (bien qu'elle manque parfois de piqué), il faut compter, outre quelques griffures, des marques faites à même la pellicule, telles des croix bien visibles revenant à plusieurs reprises durant le film.

Son

Un mono d'époque. Le film étant entièrement post-synchronisé, le rendu des voix est lisse et « propre »  en l'état.

Suppléments

Le livret de 12 pages fourni avec le film comprend une analyse par Jean-Gaspard Pálenícek de celui-ci, divisée en trois axes : son inscription dans le cadre plus général de la science-fiction tchécoslovaque (au cinéma, mais pas que) ; sa critique par des tenantes tchèques de la « théorie du genre » (et comment ce grief peut être pris au sérieux tout en étant nuancé) ; ce que le film évoque quant à la menace nucléaire (forcément un argument de vente en ce moment) et le totalitarisme de milieu de XXème siècle de l'autre côté du Rideau de Fer. Très utile à une bonne appréhension du film, elle est accompagnée d'un entretien d'époque de Jan Schmidt, éclairant quant à l'état d'esprit de cette œuvre.

Josef Kilián est un court-métrage co-réalisé par  Pavel Jurácek et Jan Schmidt en 1964, dont la restauration par le National Film Archive de Prague (en collaboration avec des laboratoires hongrois ainsi que l'aide de subventions islandaises, lichtensteinoises et norvégiennes) est ici proposée. Il est dûment précisé que celle-ci respecte l'état de la copie originale... révélant les pratiques des laboratoires de l'époque aussi bien que la volonté des auteurs. En effet, le film est une fable absurdiste qui a en partie servi aux deux cinéastes de terrain d'expérimentations, notamment quant à des points de montage inattendus (et parfois hasardeux). Narrativement, esthétiquement, le film exhale (c'est sa force et sa limite) une inspiration franchement kafkaïenne, à partir de l'argument simple d'un célibataire praguois (Karel Karel Vašícek) décidant de louer un chat puis incapable de le rendre du fait que l'animalerie où il l'a déniché le félin n'existe plus. Cet argument simple est le motif à une dérive le confrontant à une bureaucratie inepte et implacable, le film se voulant autant le révélateur par l'absurde d'un système social dysfonctionnel que son allégorie. Le tout aboutit à une métaphore dont l'interprétation est relativement libre - peut-être l'élément qui rattache le plus ce film court à la liberté de ton des Nouvelles Vagues mondiales. Le statut  ici de Jurácek en tant que co-auteur confirme qu'il l'était probablement à peu de choses près également sur Fin août à l'hôtel Ozone.

Par Jean Gavril Sluka - le 21 septembre 2022