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Test dvd

Coffret Werner Herzog n°2

DVD - Région 2
Opening
Parution : 5 / 10 / 2006

Image et son

Les Nains aussi ont commencé petits : La qualité d’image est ici très inférieure à celle des autres films présents sur les deux coffrets. Les contrastes sont peu relevés et le master n'est pas exempt de défauts (points blancs, rayures dont une persistante qui dure plus de deux minutes). La compression est moyenne, avec du bruit numérique sensible sur les fonds clairs. L’image est en outre un peu retaillée. La bande son mono allemand est elle tout a fait correcte, sans défauts notables.

L'Énigme de Kaspar Hauser : Opening annonce une version entièrement remasterisée du film. Si le master est propre, l’édition est cependant décevante, couverte d’un grain numérique omniprésent et souvent très gênant, surtout dans la première demi heure du film. Dommage, car les couleurs sont quant à elles assez belles, la lumière bien rendue (avec cependant des scènes trop éclaircies), toutes choses dont on peut profiter à partir d’une heure de film où le grain numérique tend à disparaître. Les pistes mono françaises et allemandes sont de bonnes qualité mais manquent cependant d’un peu de dynamique.

La Ballade de Bruno : L’image se révèle ici de très bonne qualité. Le master est très propre, la compression très satisfaisante, la définition impeccable, ce qui n’est pas le cas des autres films présents sur ces coffrets et qui manquent dans l’ensemble de piqué. Les couleurs sont également très bien rendues. Par contre, l’image est recadrée et l’on se trouve dans un rapport d’image proche de 1.55 pour 1 au lieu du 1.66 attendu. Pistes sons originale ou doublée en français sont pleinement satisfaisantes, chaudes, claires, sans défauts notables.

Fitzcarraldo : Ce film bénéficie également d’une version remasterisée. Si l’image est assez granuleuse, la compression est de bonne tenue et les couleurs sont bien rendues. Rien d’exceptionnel au final, mais cette édition se regarde néanmoins avec plaisir. Les bandes sons, version originale comme version française, manquent de dynamique. Les voix sont assez étouffées. Pas de problème de souffle ou de parasites à noter. Le film a été tourné en anglais et entièrement post synchronisé en allemand selon le souhait d’Herzog, ce qui fait que le doublage n’est pas toujours très heureux même dans la version originale.

Suppléments

Interview de Werner Herzog (2ème partie, 2004, 59 mn, anglais stf).
Suite de l’entretien avec Denis Parent qui interroge Herzog, à propos de Fitzcarraldo, sur ce que symbolise pour lui le fleuve. La discussion démarre ainsi sur la signification de certains aspects de son film (la conquête de l’inutile, le rôle des animaux…) et Herzog joue partiellement le jeu, préférant cependant parler de ses collaborateurs, de ses amitiés et raconter des anecdotes que vraiment aller au cœur de son œuvre. Ainsi, partant du rôle de la musique dans ses films il dérive tout naturellement sur son amitié avec Florian Fricke et prend un plaisir évident à partager ses souvenirs de ce personnage hors du commun. Il évoque ensuite sa rencontre avec Bruno S. et les tournages de L’Énigme de Kaspar Hauser et de La Ballade de Bruno. La presse allemande l’accuse d’avoir exploité Bruno S. ce qui permet à Herzog de faire le point sur la façon très dure dont les critiques allemands l’ont jugé (exploiteur d’indiens, dictateur fou, mégalomane, fasciste), toujours avec humour et sans amertume même si l’on sent que l’homme a pu être blessé par cette incompréhension virant parfois à la cabale.

Portrait de Werner Herzog (“Portrait Werner Herzog”, 1986, 29 mn).
L’éditeur s’excuse dans un carton d’introduction des nombreux défauts du programme. Datant de 1986, c'est un reportage pour une télé allemande qui s’ouvre sur Herzog à la fête de la bière. On le voit entouré d’amis sur une tablée couverte de pichets, ou en haut d’une roue surplombant la foule… cette mise en scène simplement pour expliquer qu’il n’apprécie guère la foule. Un soudain cut nous emmène en pleine campagne où l’on retrouve notre héros au pied d’une petite chapelle paisible, non loin du village de son enfance. Herzog parle de la marche et nous emmène à sa suite dans les Alpes du Sud à la rencontre de son ami Reinhold Messner avec qui il a un projet de film dans l’Himalaya. Tout est de cet acabit et le reportage fait d’Herzog un personnage romantique, le filmant enveloppé d’une cape et parcourant les montagnes, écrivant de la poésie devant des paysages grandioses et solitaires. Romantisme dont parle également Lotte Eisner, que l’on retrouve ici en compagnie d’Herzog pour évoquer le cinéma allemand. Contrairement à son habitude, Herzog accepte cette étiquette de romantisme et parle de son amour pour la peinture de Kaspar D. Friedrich. Herzog évoque très brièvement quelques uns de ses films dont on peut voir des extraits. Parmi ceux-ci, on note des images en couleur de Signes de vie et surtout deux séquences du premier tournage de Fitzcarraldo avec Jason Robarbs et Mick Jagger. Herzog nous entraîne sur les lieux de son enfance, là où il s’entraînait à sauter à ski, là où Dieu lui est apparu, à Carnac où il a imaginé Fitzcarraldo… un reportage télé au final très classique et peu approfondi, Herzog se contentant la plupart du temps de raconter ses habituelles aventures de tournages.

Burden of Dreams (94mn, 1982, vf).
Ce film sidérant est un making of de Fitzcarraldo réalisé par Les Blank qui suivit le tournage du film pendant cinq semaines. Burden of Dreams montre la façon dont Herzog a travaillé avec les indiens, les multiples mésaventures du tournage, ses relations conflictuelles avec Kinski. Les Banks ramène de très nombreuses images des différents campements installés dans la jungle, du tournage à Iquitos, de la descente des rapides, de l’incroyable odyssée qu’est le hissage du bateau en haut de la montagne, offrant ainsi une illustration parfaite au récit du tournage écrit par Herzog (Conquête de l’inutile). Des interviews d’Herzog et d’autres participants à l’aventure (techniciens, ingénieurs, indiens…) ponctuent le film mais l’essentiel de la narration est faite en voix off par Les Banks qui rend compte de l’atmosphère de ce tournage hors norme. On sent la volonté de fer du réalisateur qui lui permet de contrecarrer les doutes qui saisissent son entourage, leur lassitude suite aux multiples interruptions de tournage, la tension qui ne cesse de monter. Très intéressant également tout ce qui entoure les indiens, leurs modes de vies, les questions qu’ils se posent sur ce tournage, sur cet homme étrange qu’est Herzog. L’ascension du bateau est le grand moment du film avec la descente des rapides, passage absolument sidérant où la petite équipe et les acteurs paniquent sur le bateau qui heurte violemment les rochers, la lentille de la caméra qui vole sous le choc, le chef opérateur qui se coupe la main, Kinski qui hurle…
Le film est chapitré en douze parties. Seule la version française est disponible, le narrateur doublant les personnes interviewées à l’image et le commentaire de Les Banks.


Les Blank

L'Énigme de Kaspar Hauser : Commentaire audio de Werner Herzog. Dans ce commentaire, mené par Norman Hill, Herzog parle essentiellement de l’histoire de Kaspar Hauser et de la vie de son interprète, Bruno S. Mais il évoque aussi l’influence de Klaus Wyborny, un cinéaste d’avant-garde allemand qui l’a aidé pour les scènes de rêve du film et, plus généralement, de tous ceux qui ont marqué sa vie, artistes, sportifs ou acteurs, Bruno S. et Klaus Kinski en tête.

Fitzcarraldo : Commentaire audio de Werner Herzog et du producteur Lucki Stipetic. « On aurait dit que notre projet était maudit dès le premier jour ». Herzog et son frère évoquent les innombrables problèmes qui se sont abattus sur le film, depuis la préproduction jusqu’à la fin du tournage, ainsi que du difficile financement de ce projet ambitieux. Herzog parle d’un film très maîtrisé, d’un tournage certes fou mais très préparé. Contrairement aux rumeurs, les accidents ont été rares : un homme se fait mordre par un serpent et doit se couper lui-même le pied à la tronçonneuse, sachant qu’il n’a que cinq minutes avant l’arrêt cardiaque ; deux accidents d’avions qui surviennent durant le tournage ; deux hommes sont blessés par flèche par une tribu indienne…des accidents « classiques » pour Herzog et qui n’ont pas à voir avec le tournage en lui-même. Le cinéaste rejette l’image de risque-tout qu’on lui colle (le documentaire de Les Blank joue d’ailleurs là-dessus), il explique qu’il ne cherche jamais la complication mais juste ce qui convient au film. Lucki Stipetik salue la maîtrise de son frère sur le tournage, Herzog expliquant en retour que le film n’aurait jamais pu être mené à bien sans sa fidélité et son efficacité, le producteur gérant non seulement l’aspect financier, la panique des partenaires mais aussi toute l’intendance, faisant parvenir nourriture et matériel alors que l’équipe est à 1300 kilomètres d’Iquitos et que les voies sont impraticables. Un commentaire audio qui complète et dément en partie l’image colportée par Burden of Dreams.

Bandes annonces : Kaspar Hauser (2’25, allemand nst), Fitzcarraldo (3’, allemand, sous titrée anglais)

Par Olivier Bitoun - le 20 septembre 2011

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