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Test dvd

Coffret John Ford

DVD - Région 2
Opening
Parution : 23 / 1 / 2007

Image

L'impression générale qui ressort de l'analyse technique est un confort de visionnage inattendu pour des films peu connus, et très anciens pour deux d'entre eux. La propreté de l'image est à saluer, aucune scorie ne vient parasiter la vision (on relèvera une instabilité passagère du film dans Quatre hommes et une prière et quelques rares rayures sur What Price Glory). Une restauration de la pellicule d'origine a manifestement été opérée. Les images présentent une belle luminosité, de très beaux contrastes (certaines hautes lumières de Steamboat Road the Bend sont néanmoins un peu brûlées), et une définition rarement prise en défaut (Steamboat Round the Bend toujours, mais c'est le film le moins récent). Quant à la compression, elle est exemplaire, l'encodage a été fait avec sérieux. L'absence de lissage intempestif fait que le grain cinéma ressort bien. Enfin What Price Glory affiche un Technicolor resplendissant (même si un peu jauni), avec un respect pour ses variations colorimétriques. Bref, de l'excellent travail.

Son

Les bandes-son sont claires, propres, et sans souffle. Si celle de Steamboat Road the Bend est un peu étouffée, l'ensemble présente une dynamique appréciable même si l'équilibre entre dialogues et ambiances est souvent à l'avantage des premiers. La piste sonore de What Price Glory est logiquement la plus vivante, mais les trois bandes-son mono sont dans l'ensemble très satisfaisantes.

Suppléments

Le coffret se présente sous la forme d'un fourreau à deux volets s'ouvrant dans le sens vertical et contenant trois DVD au format amaray "slim".

DVD Steamboat Round the Bend

Présentation du film par Noël Simsolo (4'19'')
Dans cette introduction, Simsolo évoque rapidement l'historique du film (au moment de la transformation de la 20th Century Fox), présente succinctement Will Rogers et donne quelques clés pour une meilleure réception de ce film qui est pour lui « majeur pour comprendre le système Ford. »

Chapitrage fixe et musical : 8 chapitres disponibles sur deux pages

L'Autre John Ford (54') réalisé par Noël Simsolo
Jean Collet, professeur honoraire des universités, enseignant de cinéma et critique dans le magazine Etudes, est notamment l'auteur de John Ford, la violence et la loi (Michalon, 2004). Filmé assis dans un fauteuil, Collet nous parle de John Ford autrement que par ses westerns, et concentre son argumentaire autour des trois films présents dans ce coffret. Ce documentaire est illustré d'extraits des trois longs métrages. Collet insiste sur le travail d'artisan de John Ford, son amour des personnages et la sensibilité qui se dégage de son style sans recours au pathos. Il aborde chaque film individuellement et donne des pistes d'analyses intéressantes pour chacun d'entre eux, même si ses propos sont parfois redondants avec les images. L'homme, passionné et défendant l'idée de plaisir, tient un véritable discours sur le cinéma qui parvient souvent à émouvoir. Il est néanmoins permis de ne pas être toujours d'accord avec sa conception du cinéma, surtout lorsqu'il se contredit. Par exemple, quand il attaque frontalement la politique des auteurs et affirme la sobriété et la simplicité du cinéaste, pour lequel, selon lui, on ne retient jamais un plan en particulier… tout en discourant pendant 50 mn sur ce qui constitue sa spécificité et sa signature formelle. Cette interview reste néanmoins suffisamment riche pour en vanter les mérites. On n'en attendait pas moins de Noël Simsolo qui apparaît comme le responsable éditorial de cette édition.

DVD Quatre hommes et une prière

Présentation du film par Noël Simsolo (4'52'')
Le film fait partie d'une nombreuse série de longs métrages que John Ford accumule en très peu d'années. Simsolo rappelle brièvement les conditions de tournage, les rapports que Ford entretient avec les Anglais, et doit bien admettre que d'autres cinéastes auraient pu tirer cette histoire vers des sentiers moins balisés (il cite Walsh, Von Sternberg, ou Hitchcock habitué à traiter de la formation d'un couple au milieu des péripéties du scénario).

Chapitrage fixe et musical : 10 chapitres disponibles sur deux pages

DVD What Price Glory

Présentation du film par Noël Simsolo (3'28'')
S'il nous renseigne un peu trop succinctement sur l'origine du projet, Simsolo survole le film sans trop donner de clés sur les enjeux développés par Ford. Quand il aborde le traitement de l'héroïsme par le cinéaste, cette courte introduction s'interrompt brutalement. Frustrant.

Docteur Ford et Mister Mocky (33') réalisé par Noël Simsolo
Simsolo interviewe le réalisateur français qui donne ses impressions sur le cinéma de John Ford, le tout étant illustré par des photos et des extraits des trois films. On aime bien Jean-Pierre Mocky, l'homme et son cinéma. Mais après avoir vu cet entretien, on se demande quel peut être son intérêt au sein de ce coffret. Même si son admiration pour Ford est sincère. On connaît l'athéisme forcené de Mocky qui lui a valu de tourner quelques films formidables et décapants. Mais sa fixation sur le catholicisme de John Ford est-elle vraiment susceptible de donner un éclairage intéressant sur la portée symbolique du cinéma du cinéaste américain ? Mocky n'aime pas son côté moraliste, soit. Mais cette obsession se perd dans une impasse et n'apporte rien de concluant. D'autant qu'elle évacue toute complexité sur l'artiste et son œuvre, même si Mocky doit bien reconnaître plus tard que Ford était un être multiple. Il commet parfois des erreurs, comme le fait de dire que le cinéaste ne s'intéressait pas à la production de films alors qu'il avait des activités de producteurs avec Merian C. Cooper. Il va même jusqu'à avancer que la personnalité de Ford devait être différente de ce que nous enseignent ses films. On se permettra de penser autrement. On continue avec la misogynie avérée de John Ford et le simplisme de sa relation aux Indiens. Ce qui ressort finalement de cet entretien, c'est que Mocky s'évertue à nous expliquer ce que Ford et son cinéma n'étaient pas, bien plus que ce qu'ils étaient. Bref, une belle déception.

Par Ronny Chester - le 20 février 2007

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