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Test dvd

A Canterbury Tale

DVD - Région 2
Institut Lumière
Parution : 6 / 12 / 2006

Image

Deuxième fournée Powell / Pressburger pour l’Institut Lumière, qui continue sur la lancée de l’excellentissime Narcisse Noir. Le DVD témoigne d’un amour du travail bien fait : un master excellent malgré quelques scories, une compression quasiment invisible, et surtout une gestion des contrastes tout simplement époustouflante. Les noirs sont vraiment noirs, les blancs vraiment blancs, et une scène comme celle de la conférence de Colpeper devrait durablement vous imprimer la rétine. Un DVD pour vous, cinq pour votre entourage, et voilà un Noël réussi.

Son

Même constat qu’au dessus : du très bon boulot, et un son clair et distinct sur l’unique piste anglaise mono… Sous-titres blancs avec liseré noir, discrets et bien intégrés.

Suppléments

A l’instar des autres DVDs de la collection, A Canterbury Tale est accompagné d’un luxueux livret de 48 pages. On y retrouve les traditionnels extraits de l’autobiographie du cinéaste (Une vie dans le cinéma, chez Actes Sud), 15 pages dans lesquelles Powell revient presque plus sur son histoire d’amour mouvementée avec Deborah Kerr que sur le film lui-même. On en apprend d'ailleurs d'avantage dans les récits de tournage de John Sweet, qui sur 5 pages, revient sur le casting et le tournage de l’œuvre. Filmographies des acteurs, de l’équipe et fiches techniques complètent le livret.

Présentation du film (7mn) : Un quart d’heure brillant et passionné, lu par l’un des plus célèbres spécialistes français de Michael Powell (le texte est en fait de Natacha Thiéry, auteur d’une thèse de doctorat sur Michael Powell). En une dizaine de chapitres, Bertrand Tavernier et l’auteur du texte reviennent sur les thèmes principaux du film, et sur l’innovation incessante du génial réalisateur anglais. Une bonne introduction au film, qu’on conseillera de regarder… après le film, au risque de deviner le fin de mot de l’intrigue.

Bande-annonce des 6 autres films de Michael Powell édités par L’Institut Lumière : Le Narcisse Noir, Les Chaussons Rouges, Le 49° Parrallèle, The Life and Death of Colonel Blimp, Je sais où je vais et Le Voyeur.

Souvenirs de Michael Powell (9mn). Episode 5 de l’entretien au long cours avec Thelma Schoonmaker, réalisé par l’Institut Lumière à l’occasion de la sortie des 7 DVD consacrés à Michael Powell. La veuve du cinéaste revient sur A Canterbury Tale, Deborah Kerr, Sheila Sim... puis distille dans la foulée quelques anecdotes sur la cible des Archers, ou l’incarnation et la religion selon Powell. Instructif, passionnant et émouvant - même si l’on aurait été curieux de connaître l’avis de la monteuse attitrée de Martin Scorsese sur l’incroyable raccord faucon / Spitfire au début du film.

Les audaces d’un aventurier (18mn) : Analyse du film, plus fouillée que dans l’introduction. Tavernier revient face caméra (et non plus en voix-off) raconter la beauté de ce grand film incompris. Le réalisateur de Coup de Torchon insiste en particulier sur les acteurs, et sur le personnage de Colpeper, personnage fascinant qu’admiraient et détestaient à la fois Pressburger et Powell - dogmatique et intolérant, cultivé et amoureux des belles choses, il est un des héros les plus complexes et énigmatiques des deux artistes. Vingt minutes de haute volée ! A noter des extraits plutôt ternes, qui témoignent du travail effectué sur la copie DVD.

Le cinéma britannique de l’effort de guerre (24mn) : L’historien du cinéma Charles Drazin évoque le cinéma anglais sous la Seconde Guerre Mondiale, le rôle d’Alexander Korda, puis de Michael Powell et Emeric Pressburger, dont les efforts originaux en matière de propagande furent controversés (Colonel Blimp notamment). 24 minutes denses et érudites, tournées à l'Institut Lumière de Lyon, pour mieux cerner les enjeux du film, et le replacer dans son contexte historique.

A Pilgrim’s return, le retour de John Sweet à Canterbubry (23mn) : Soixante ans plus tard, John Sweet retourne sur les lieux du tournage, dans le petit café de Canterbury (aujourd'hui un Starbucks apparemment) où furent filmées les retrouvailles de Bob Johnson avec son copain de régiment. La voix est plus tremblante qu’en 43, mais ce timbre inimitable de Donald Duck enroué est toujours là. Sans langue de bois, l’acteur amateur évoque un film "bizarre", et un Michael Powell difficile et exigeant, loin des featurettes complaisantes dont on nous abreuve à longueur de suppléments. 23 minutes instructives, et assez touchantes, notamment quand l’acteur se remémore son retour à une vie normale, après le tournage, et après la guerre.

Par Xavier Jamet - le 24 novembre 2006