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Test blu-ray

Walerian Borowczyk

BLU-RAY - Région 2, B
Carlotta
Parution : 22 / 2 / 2017

Image

LES COURTS METRAGES (DVD)

Suivant la volonté de Borowczyk qui ne souhaitait pas que ses courts métrages soient montrés dans un ordre chronologique, cette sélection de douze films s'enchaîne ici suivant un ordre défini par sa collaboratrice de longue date Dominique Duvergé-Ségrétin. On peut également accéder à une lecture unitaire des courts. Déception : l'absence de ses courts métrages tournés en Pologne avec Jan Lenica, ou encore de Terra Incognita où il utilisait l'écran d'épingles d'Alexeieff. Sans aller jusqu'à demander l'ensemble de la trentaine de courts métrages réalisés par Boro (l'un des rares cas de cinéaste qui continua tout au long de sa carrière à revenir à la forme courte après être passé au long), l'absence de ses premiers essais et de sa collaboration avec Lenica est regrettable. Ceci étant, la qualité technique est au rendez-vous (ce qui n'aurait peut-être pas été le cas avec ses oeuvres antérieure tournées en Pologne) et ces films rares nous sont proposés ici dans des copies impeccables. On ne peut qu'être agréablement surpris de voir que le court métrage peut aussi avoir les honneurs d'un beau travail de restauration.

LE THéÂTRE DE monsieur et madame kabal (dvd)

Le film se lance sans menu. C'est le seul des DVD à ne proposer aucun bonus, les modules concernant les courts métrages et l'animation se trouvant en fait sur le disque des courts. La copie est très propre et si des taches sont bien visibles, elles semblent bien être d'origine, correspondant à des défauts et des salissures présentes sur le papier. Le trait et l'animation étant très simples et le film lui-même très court, le format SD n'impacte pas vraiment la qualité de visionnage.

goto, l'île d'amour (dvd)

La copie a été restaurée par Arrow, en étroite collaboration avec Daniel Bird et le producteur Dominique Duvergé-Ségrétin, fidèle collaboratrice du cinéaste. Le négatif original n'a pas pu être retrouvé. Un positif à grain fin a donc été scanné pour la restauration en 2K. Une copie du négatif 35mm a pu être également utilisée à certains moments. Si la copie est impeccable, nettoyée de toute scorie, on regrette néanmoins que Carlotta n'ait pas opté pour la reprise de l'édition Blu-ray proposée par Arrow. On perd beaucoup en granulosité à cause d'un lissage excessif ainsi qu'en définition comme en témoigne ce comparatif :

Comparatif 1   Comparatif 2   Comparatif 3

Le résultat demeure cependant satisfaisant pour un standard SD, avec des contrastes correctement gérés et une palette de gris bien étendue, mais on ne comprend pas l'absence de ce titre en HD alors qu'il était à portée de main.

blanche (dvd)

La présente édition souffre de noirs bouchés ainsi que d'un lissage là encore un brin excessif. Les surfaces lisses présentent de légers artefacts de compression. Des défauts qui auraient pu disparaître en Blu-ray, aussi l'on regrette là encore que Carlotta n'ait pas pu opter pour un coffret reprenant toutes les éditions HD d'Arrow. Dommage car la copie est très bien restaurée et les couleurs très justement traduites.

contes immoraux (blu-ray & DVD*)

Contes immoraux a été restauré en 2K en Grande-Bretagne à l'initiative du distributeur Arrow. Le film est constitué de quatre courts métrages. Le premier, La Marée, entièrement tourné en extérieur, est celui qui propose l'image la plus séduisante. C'est aussi celui où le talent visuel de Borowcyck s'exprime le mieux par une qualité de montage résolument moderne et un travail sur les gros plans très inspiré. L'excellent travail de restauration et d'encodage achève de faire de cette première partie de Contes Immoraux un joli moment de cinéma. Thérèse Philosophe, le deuxième conte, est le moins probant techniquement, c'est aussi le plus abîmé avec quelques rayures verticales assez vilaines. Cette partie semble avoir été tournée avec une pellicule de moindre qualité. Elle est plus granuleuse et moins sensible. La profondeur de champ peine à se manifester, le rendu se rapprochant plus du 16mm que du 35 mm. La compression est impeccable et n'est jamais intrusive (contrairement au concombre de Thérèse...). Erzsebet Bathory a été tourné en extérieur pour sa première partie et en intérieur pour la deuxième partie. L'esthétique de ce conte est plus dépouillée, se rapprochant sensiblement du cinéma de Pasolini. Le rendu général est assez satisfaisant, bien que moins probant que sur La Marée, le grain y est moins bien rendu, ce qui n'empêche pas que l'image y soit joliment définie. Le dernier conte présente les mêmes qualités que le précédent. Tourné entièrement en intérieur, Lucrezia Borgia est assez platement éclairé, on y cherche vainement l'inspiration esthétique qui caractérise le travail de Boroczwyk sur les précédents contes.

la bête (blu-ray & DVD *)

La Bête est à l'origine l'un des courts métrages intégré aux Contes immoraux, Borowczyk en a finalement fait un long métrage en construisant son film autour de ce conte. La différence de type de pellicule utilisée ne choque pas, car ce conte est un rêve que le personnage féminin prolonge en songe érotique à son réveil. Ainsi la séquence érotique avec la Bête parait plus granuleuse et baigne dans une lumière plus diffuse que le reste du film. L'ensemble est finalement assez cohérent, parfaitement restauré en 2K et soigneusement encodé. Les contrastes sont soignés et la colorimétrie relativement neutre.

histoire d'un péché (dvd)

On retrouve les mêmes défauts que sur les autres titres proposés en DVD mais aussi les mêmes qualités, avec une copie impeccable et des couleurs bien rendues.

dr jekyll et les femmes (blu-ray & DVD *)

Le négatif original du film a été scanné en 2K sur un scanner Arriscan dans un laboratoire britannique. Le Arriscan est un scanner de fabrication allemande, il est aujourd'hui  le plus utilisé en Europe. On ne sera donc pas surpris de retrouver pour ce titre cette image précise et nuancée que l'on retrouve sur les restaurations réalisées par les laboratoires Eclair ou l'Immagine Ritrovata qui utilisent le même scanner. L'étalonnage de cette restauration a été supervisé par le chef opérateur du film, Noel Véry. Un filtre diffuseur a été placé devant l'objectif de la caméra à la prise de vue, ainsi l'image baigne dans une lumière assez diffuse. On notera également une légère diffraction de la lumière sur les brillances, généralement caractéristique de la présence d'un filtre optique placé devant l'objectif. Ce n'est pas un défaut, mais un choix esthétique parfaitement respecté par ce Blu ray qui d'autre part, ne présente aucun artefact de compression.

(*) Le test concerne le Blu-ray. La Bête et Les Contes immoraux sont en outre disponibles à la vente en éditions Blu-ray single.

Son


LES FILMS EN DVD

Tout comme l'image, les bandes sonores des différents films ont été parfaitement restaurées. Pas de souffle ou de grésillements à regretter, les dialogues sont toujours très clairs et le mixage offre un bon rendu d'ensemble. La plupart des films sont en mono et ont souvent été post-synchronisés.

contes immoraux (blu-ray *)

Les trois Blu ray de ce coffret proposent les pistes  sonores en PCM  codés sur 24 bits. Pour Contes Immoraux, comme pour tous les autres films le mixage est en mono d'origine. Celui-ci ne présente pas de problème majeur, la restauration est probante. On notera juste pendant un bref moment un accroc de la musique sur Thérèse Philosophe.

la bête (blu-ray *)

Le mixage mono d'origine est soigné, il est clair que Walerian Borowczyk était un réalisateur techniquement exigeant, comme tous les cinéastes formés en Pologne dans les années 50. Cela se voit et ça s'entend dans tous ses films. Ce n'était pas le cas de tous les cinéastes français qui ont oeuvré dans le cinéma érotique dans les années 70.

dr jekyll et les femmes (blu-ray)

Pour ce titre, il est dommage que Carlotta ne propose pas la version anglaise que Arrow avait incluse dans son édition anglaise en plus de la version française. Beaucoup d'acteurs d'origine étrangère comme Patrick Magee sont-post synchronisés dans ce film. Cela dit, la version française ne démérite pas et est tout à fait satisfaisante. La musique du film est assez expérimentale et mérite d'être écoutée à fort volume. La piste sonore étant très bien restaurée, l'écoute à fort volume ne s'accompagnera pas d'un souffle gênant.

Suppléments


livres inedits

Le Dico de Boro
Ce livret de 92 pages qui se présente sous la forme d'un Abécédaire nous propose une plongée dans l'univers de Borowczyk. Les textes écrits par Daniel Bird (qui est un peu le "commissaire d'exposition" de ce coffret, réalisant la plupart des bonus et en supervisant l'ensemble) et Michael Brooke livrent de précieuses informations sur les films et mettent en exergue les thèmes, les images, les obsessions, les figures du style du cinéaste. On y croise pêle-mêle des considérations sur l'érotisme et le grotesque dans son cinéma ou sur l'influence de Daumier et de la Renaissance. Ses principes de mise en scène sont largement évoqués tout comme son goût pour la littérature, la musique et les arts graphiques qui nourrissent constamment son oeuvre. Limpide, précis et documenté, ce livret est le guide idéal pour le voyage en Boro auquel que ce somptueux coffret nous invite à faire.

Camera Obscura
Ce second livret de 216 pages se découpe en trois parties. Dans la première, Daniel Bird nous propose une introduction à l'oeuvre de Borowczyk, de ses débuts dans l'animation jusqu'à La Bête, s'attardant sur chacun des longs métrages et nous livrant de précieuses informations et pistes de lecture. La deuxième partie compile de nombreux articles parus dans la presse ou à l'occasion d'expositions et de rétrospectives. Signés Robert Benayoun, Pascal Vimenet et Patrice Leconte pour la France, ils sont surtout l'oeuvre de nombreux critiques et cinéastes anglais : Peter Graham, Chris Newby, Craig Lapper, Philip Strick ou encore David Thompson. Parmi les textes plus récents, on trouve une contribution du réalisateur Bertrand Mandico, auteur par ailleurs en 2011 d'une biographie fantasmée du cinéaste, Boro in the Box. La troisième partie propose un long entretien avec le cinéaste paru en 1969 dans Les Cahiers du Cinéma. C'est Jacques Rivette qui se retrouva en charge de cette interview (avec Michel Delahaye et Sylvie Pierre) et non Patrice Leconte, pourtant le spécialiste de l'animation et de Boro à la maison Cahiers, Il s'en amuse dans l'introduction : "Borowczyk est assurément un Martien pour Jacques Rivette, du moins une bête curieuse, un cinéaste à part, qui échappe à toute rationalisation, à toute idée pré-construite, et le face-à-face de ces deux-là ne pouvait être que singulier." Ce long entretien est effectivement rendu d'autant plus passionnant que le dialogue se fait entre les deux cinéastes, qu'ils échangent d'égal à égal, changeant le rapport habituel entre l'analyste et celui qui fait. Belle cerise sur le gâteau de cet impeccable livret qui ouvre les portes de l'univers Boro.

BONUS LES COURTS METRAGES

Présentation et analyse des courts métrages

Introduction de Terry Gilliam (1 min)
Marqué par la découverte des films d'animation de Boro, Gilliam avoue cependant ne pas les avoir revus depuis 30 ou 40 ans. Ce qui explique son intervention particulièrement courte qui, sortie de vagues superlatifs, n'apporte aucune information digne d'intérêt.

Un film n'est pas une saucisse : Borowczyk et le court-métrage (27 min 09)
Boro ouvre ce documentaire en expliquant son plaisir à tourner des courts métrages d'animation. Son besoin même, tant c'est dans cette forme d'expression qu'il se sent au plus près de son art. S'ensuivent des interventions de deux proches collaborateurs de Boro (que l'on retrouvera dans la plupart des bonus) : Dominique Duvergé-Ségrétin et André Heinrich. Ils racontent à tour de rôle la naissance et le fonctionnement des Cinéastes associés que Boro rejoint en arrivant en France et où ils se rencontrent. Dans cette société, créée sous l'impulsion de deux étudiants de l'IDHEC, le département animation représentait la moitié de l'activité. C'est Anatole Dauman qui, en découvrant le travail de Boro en Pologne, fait produire par cette société son premier films français : Les Astronautes. Un carton précise à propos de ce film le rôle qu'a joué Chris Marker, le cinéaste assurant n'avoir rien fait d'autre qu'aider le cinéaste à travailler en France en mettant son nom au générique et de lui avoir suggéré de remplacer un canari par une chouette. Les intervenants insistent sur son goût pour les objets, son approche artisanale du cinéma. Mais aussi sur le fait que Boro ne s'intègre jamais vraiment à l'équipe, préférant travailler en solitaire chez lui, ne venant tourner dans la société que lorsque la technique le réclamait. Duvergé-Ségrétin raconte ensuite leur départ des Cinéastes associés et la création de Pantaleon Films et passe en revue les différents films qu'elle a alors produits pour lui.



Blow Ups : Les oeuvres sur papier de Borowczyk (4 min 41)
Un carton rappelle que Borowczyk a étudié aux Beaux Arts de Cracovie de 1946 à 1951. Il y a appris le style coloriste, "adaptation polonaise du post-impressionnisme français". En 1949, le gouvernement communiste fait du "réalisme socialiste" l'esthétique officielle du pays. Boro, lui, travaille comme satiriste pour divers journaux. Il fait également des lithographies puis, au milieu des années 50, oeuvre comme affichiste. On retrouve souvent dans ses films des dessins de sa composition et il réalise souvent lui-même des affiches et des outils de communication, concevant des flyers et des invitations aux projections de presse. Après avoir arrêté le cinéma, il revient à la peinture et imagine la "pulvérographie", une technique que le documentaire ne nous explique malheureusement pas (mais qui fait l'objet d'une entrée dans Le Dico de Boro). Ce passionnant - mais trop court - bonus évoque ainsi l'ensemble de sa palette d'artiste, survolant les époques et les styles en présentant un large panel de ses oeuvres.

Publicités : Holy Smokes (1963, 9 min 30) - Le Musée (1964, 1 min 45) - Le Petit Poucet (1964, 1 mn 43)
Le premier est un long exposé sur le cigare entièrement en animation de papier découpé, rappelant tout à fait les oeuvres à venir de Terry Gilliam. Les deux suivants sont des publicités pour les Pâtes françaises. Dans Le Musée, Boro anime quelques tableaux dont les personnages attendent impatiemment le repas que le gardien leur apporte après le départ du dernier visiteur. Dans le suivant, il propose une animation basique s'inspirant de l'esthétique des livres de contes. Ces deux publicités (le premier film étant d'un usage plus mystérieux... un film institutionnel peut-être ?) sont des exemples de son travail dans ce domaine alors qu'il était aux Cinéastes associés. Boro n'y est pas à son meilleur en terme d'invention mais il glisse dans ces films quelques idées sympathiques.

BONUS goto, l'île d'amour

Introduction de Craigie Horsfield (7 min 53)
L'artiste peintre raconte sa découverte du film alors qu'il est encore étudiant à la Saint Martin's School of Art. Il se rend au cinéma avec deux camarades de classe et ils sortent si bouleversés par l'expérience que l'un d'eux prendra comme nom d'artiste John Goto ! Horsfield évoque la frontière ténue entre animation et prises de vues réelles chez Boro, en particulier dans ce film où les acteurs bougent comme des marionnettes et où chaque séquence se déroule dans un cadre unique. Il voit un tout très cohérent dans la carrière de Boro, de ses premiers courts métrages d'animation à Goto, des extraits de ces différents films venant d'ailleurs dresser d'intéressants parallèles visuels entre ces oeuvres. Toute cette période lui évoque les films lettres de Chris Marker des années 40 et 50, et il voit dans Goto l'apothéose de cette première période de Boro, comme La Jetée l'est pour celle de Marker.

La Porte dévergondée : sculptures sonores de Borowczyk (12 min 43)
Maurice Corbet présente une exposition de sculptures sonores réalisées par Borowczyk. Des constructions en bois avec moult mécanismes qui montrent selon le curateur l'intérêt que l'artiste portait avant tout à la matière et au mouvement. Il poursuit en expliquant que Boro filmait avec autant d'attention les acteurs que les objets, et l'on retrouve dans ces sculptures tout le soin avec lequel l'artiste travaillait la matière et les textures. Il nous présente ensuite quelques-unes de ces sculptures : la Caisse de résonance tournante, la Grande crécelle, le Cylindre-sauterelle, l'Orgue rouge, Silence, le Tourne-disque de haute précision, les Pièces détachées femelle et mâle, l'Âme suisse, la Porte dévergondée, la Flèche ultra-rapide, la Boîte noire vivante... Autant d'oeuvres regroupées en 1997 au Château d'Annecy que ce bonus nous permet de découvrir.


L'Univers concentrationnaire : tournage de Goto, l'île d'amour (20 min 29)
Trois intervenants évoquent le tournage du film et la personnalité de Boro. Jean-Pierre Andréani raconte le souci du détail de Boro et sa direction d'acteurs toute particulière, le cinéaste guidant précisément leurs gestes, leurs positions, mais ne s'intéressant jamais à la psychologie des personnages. L'opérateur caméra Noël Véry détaille ses choix pour la lumière et le noir et blanc (le refus de toute ombre, l'utilisation de longues focales uniquement...) et évoque lui aussi la personnalité très singulière de Boro. Deux très intéressantes interventions qui permettent de mieux cerner le cinéaste, celle de l'assistant-caméraman Jean-Pierre Platel se révélant quant à elle tout à fait facultative.

Bande annonce (3 min 36)

BONUS blanchE

Introduction de Leslie Megahey (3 min 44)
Le réalisateur irlandais souligne la façon dont Boro met en scène ses séquences en circonscrivant les actions dans un cadre très figé, ce qui a pour effet que l'on est spectateur du film mais jamais acteur. Un "regard très frontal qui donne une impression assez froide, objective à toute l'histoire." Il perçoit également dans ce film l'influence des peintures médiévales, des miniatures. Il souligne avec justesse les audaces de mise en scène et l'épure du film avant de conclure sur l'importance qu'a pu avoir pour lui ce film, une véritable révélation qui lui a fait comprendre que l'on pouvait tourner un film historique en dehors des canons de la BBC, que l'on pouvait faire autre chose que des films d'époque "sur-éclairés, sur-colorés, sur-costumés, sur-écrits."


Ballade de la captive : Tournage de Blanche (27 min 14)
Patrice Leconte raconte sa découverte de Borowczyk lors d'un festival de court métrage à Tours. Grand amateur d'animation, il tombe tout de suite sous le charme de l'univers absurde du cinéaste polonais. Les Cahiers du Cinéma, qui n'a dans sa rédaction aucun connaisseur en cinéma d'animation, lui propose d'écrire un article sur Le Théâtre de Mr et Mme Kabal. Leconte est honoré d'être publié dans la prestigieuse revue et surtout très heureux de pouvoir écrire sur ce cinéaste qu'il admire. Propulsé spécialiste de Borowczyk, il récidive pour Goto. A sa sortie de l'IDHEC, Leconte demande à Borowczyk un poste de second assistant sur le film qu'il s'apprête à tourner, Blanche. Comme ce dernier était très honoré par ses articles des Cahiers, Leconte peut ainsi faire ses débuts sur un plateau de cinéma. André Heinrich était, quant à lui, premier assistant sur le film. Il raconte comment Jacques Perrin est entré dans la production, gonflant le budget initial du film (de un million de francs à un million cinq-cent mille), donnant ainsi beaucoup d'aise à Boro. Perrin qui va finalement quitter la production, stoppant le tournage avant qu'un mécène ne vienne au secours du film, car il ne parvient pas à imposer Catherine Deneuve au cinéaste pour jouer le rôle de Blanche.

Heinrich détaille la minutie du cinéaste qui storyboarde le film et prépare soigneusement chaque élément, pouvant passer trois jours à voir comment une armure se fabrique même si c'est pour au final que l'atelier n'apparaisse que quelques secondes dans le film. On retrouve ensuite l'assistant-caméra Noël Very qui note l'évolution de la mise en scène depuis Goto, avec quelques séquences plus classiques mais toujours cette inventivité, cette facilité pour les "bricolages à la Méliès", qui lui vient de ses débuts dans le cinéma d'animation. Il raconte comment Boro, après avoir vu les premiers rushes éclairés par Durban, demande à tout refaire, repartant à zéro en imposant sa "Goto Light". Dominique Duvergé-Ségrétin, sa fidèle productrice, évoque sa direction d'acteurs particulière, avec des comédiens souvent décontenancés par l'absence d'indications, ce qui associé à son français approximatif et à la présence de la très étrange Ligia conférait au plateau une ambiance toute particulière. Tous témoignent du contrôle absolu de Boro. Comment il fabrique lui-même les objets du film, comment c'est lui que l'on retrouve au petit matin en train de peindre un mur, les choix de lumière qu'il impose à son chef-opérateur Durban, comment il dessine chaque cadre, chaque mouvement d'appareil.

Plaisirs obscurs : Portrait de Walerian Borowczyk (60 min)
Ce documentaire d'une heure vise à cerner la personnalité et l'oeuvre de Boro au travers d'un long entretien (en français) avec le cinéaste enregistré en 1984. L'artisanat, le film comme vision d'un seul homme, de l'artiste... : Boro décrit sa vision du métier de cinéaste. Il précise la différence entre son travail et la vision "réaliste" d'un Disney qui vise à une recréation photographique et qui abandonne par là l'expressivité et l'inventivité dans la recréation du monde que le cinéma d'animation permet, cette "alchimie" que Boro voit dans le langage cinématographique. Il oppose à la création industrielle, "privée d'âme", d'un film une conception artisanale, qu'il trouve dans l'animation bien sûr mais aussi dans ses longs métrages en prises de vues réelles où il délègue, certes, mais fait tout pour rester seul maître à bord. A un moment, Boro se met à sa table de montage pour montrer le court qu'il est en train de terminer, Scherzo infernal. On passe de l'écran de contrôle à un extrait du film en lui-même, une histoire de diables racontée par Yves Robert. L'intervieweur "attaque" ensuite, et plutôt de manière virulente, sur la représentation du sexe dans son cinéma, jugeant Boro comme un pervers. Le cinéaste exprime sa position sur la représentation de la sexualité à l'écran, de manière un peu confuse il faut l'avouer, mais on le sent extrêmement vexé par son association à la pornographie. L'interview se clôt sur l'influence présumée de la peinture sur son cinéma (ce que Boro rejette) et son imprégnation de la culture polonaise (ce qu'il réfute également). L'entretien est ponctué de très nombreux de films judicieusement choisis (dont un très beau montage de deux minutes qui ouvre le documentaire) ainsi que de furtives images de tournages. Un documentaire souvent intéressant même si Boro enfonce quelques fois des portes ouvertes, faute aussi à un intervieweur (Keith Griffiths) dont les relances manquent parfois de pertinence.

Au bout des fusils (1972, 10 min 35)
Ce court métrage de Peter Graham (écrivain, traducteur et critique de cinéma) doit sa présence dans les bonus du fait que Borowczyk était aux prises de vues, en compagnie de ses fidèles collaborateurs Guy Durban et Noël Very. Boro qui s'est également occupé du montage et a fait financer le film par sa productrice Dominique Duvergé-Ségrétin. On y suit l'élevage de faisans destinés à être abattus à la chasse, de leur naissance en juillet à septembre, ce "jour de fête" attendu des chasseurs. Le film vaut surtout pour la mise en scène de la battue dans les forêts, une séquence quasi expérimentale jouant sur le son angoissant d'un orgue bientôt remplacé par le fracas de coups de feu ininterrompus que les martellements de l'orgue finissent par reproduire. Efficace dans sa dénonciation de la chasse et bénéficiant d'une grande efficacité dans son montage, ce court documentaire se révèle être un joli exercice de style au ton pamphlétaire. Il prouve l'attachement de Boro à la nature, ce qui nous ramène à une anecdote racontée par Noêl Verny plus avant : dans Blanche, il demande à Durban de filmer les pieds de deux combattants. Le chef opérateur s'en étonne et Boro de lui expliquer qu'il se fiche du combat entre les deux hommes, mais pas de toutes ces créatures, ces champignons, écrasés par leurs gros godillots !

Derrière les lignes ennemies : tournage de Au bout des fusils (5 min)
Peter Graham raconte comment Boro l'a aidé à réaliser son court documentaire. On y apprend que le film a été tourné en Sologne, sur un domaine appartenant à Francis Bouygues et que son directeur de marketing n'a compris qu'ils tournaient un pamphlet contre la chasse que lors de la projection du film à Paris, menaçant alors Graham de lui casser la gueule ! Graham se souvient de Boro comme d'une personnalité très sympathique et drôle, à l'humour grinçant.

bonus contes immoraux

Contes immoraux : montage l'âge d'or (2 h 05)
Carlotta propose une version du film datant de 1974 et intégrant un cinquième segment, situé entre Thérèse philosophe et Erzsébet Bathory : La Bête du Gévaudan. On y suit la fuite d'une Belle poursuivit dans la forêt par une Bête lubrique, son viol par la créature et contre toute attente le plaisir qu'elle y prend, jusqu'à retourner la situation et achever la Bête à force de la chevaucher. Borowczyk va par la suite tourner de nouvelles scènes (toutes celles contemporaines) pour faire de ce segment le long métrage que l'on connaît.

Introduction de Daniel Bird (5 min 12)
Cette introduction prend la forme de textes de Daniel Bird entrecoupés de plusieurs extraits du film. Le premier texte est une retranscription d'une intervention de Bird dans le New Statesman suite à la projection au London Film Festival de 1973 de deux segments des Contes immoraux ainsi que d'Une collection particulière. Bird évoque les réactions choquées des spectateurs et s'étonne que le festival ait osé proposé ces films, quitte à tout de même les censurer. Un deuxième texte, visiblement plus récent, présente les grandes lignes du film. On y apprend que dans le jury ayant récompensé le film du Prix de L'Âge d'or se trouvait le peintre Max Ernst. Et également qu'avec ses 360 000 entrées, les Contes immoraux se plaçait comme deuxième titre érotique le plus populaire en France, derrière Emmanuelle. Se pose alors la question de savoir si Boro s'était vendu et Bird de rappeler que l'érotisme était présent dès les premières oeuvres du cinéaste.

L'Amour se révèle : tournage de Contes immoraux (16 min 40)
Selon Dominique Vergé, assistante réalisatrice sur le film, tout débute avec la découverte par Boro des écrits d'André Pieyre de Mandiargues mais les Contes immoraux tiennent aussi à l'impulsion du producteur Anatole Dauman qui demande au cinéaste d'imaginer des épisodes avec "un brin d'érotisme". Elle rappelle que ce n'est pas nouveau dans le cinéma de Boro, mais souligne que pour le producteur ce pouvait effectivement être une opération lucrative à une époque où le genre commence à avoir le vent en poupe dans les salles. Noël Very, l'un des quatre cameramen du film, parle, lui, "d'érotisme politique". Il poursuit en évoquant la technique du film, notamment l'objectif 25-250 qu'il utilisait déjà pour Blanche mais dont l'usage devient bien plus systématique sur les Contes. Very est promu chef opérateur sur le film suite au désistement de Guy Durban. Il va changer la façon de tourner de Boro, utilisant des zooms et une caméra mobile qui ont l'heur de beaucoup plaire au cinéaste qui jusqu'ici préférait les cadres fixes et limitait au maximum les mouvements d'appareil. Very explique également qu'il a inventé vers cette époque une monture de caméra spécialement pour Borowczyk, sorte d'ancêtre de la steadycam (dont il deviendra un opérateur renommé) permettant une grande liberté de mouvement dans le tournage à l'épaule. Dominique Vergé fait ensuite le tour du casting et au rayon anecdotes, elle raconte avoir trouvé l'actrice de Thérèse philosophe dans la société de mannequin Elite, où elle travaillait comme standardiste ! Autre anecdote, la novice Isabelle Adjani avait été retenue en casting pour jouer Julie dans La Marée mais elle refusa de crainte d'être cataloguée dans le cinéma érotique dès son premier rôle au cinéma. Very enchaîne en parlant de Fabrice Luchini, qui avait tapé dans l'oeil de Boro mais qui laissait de marbre tout le reste de l'équipe.

Boro Brunch : réunion d'équipe (7 min 16)
Noël Véry réunit en 2014 d'anciens collaborateurs de Boro : Dominique Duvergé que l'on ne présente plus, Florence Dauman (la fille d'Anatole Dauman, directrice d'Argos Films, qui fait une apparition dans le film), Philippe d'Argila (époux de la costumière attitrée de Boro, Piet Bolscher), Zoe Zurtrassen (script sur L'Art d'aimer) et Dominique Rivolier-Ruspoli (compagne de Mario Ruspoli, le pape de Lucrèce Borgia). Ils évoquent à tour de rôle quelques souvenirs des tournages avec le cinéaste. Le problème de ce bonus, c'est sa durée, la seule présentation des différents protagonistes en occupant un bon quart. Pour le reste, c'est une discussion informelle sympathique mais au final assez anecdotique, les intervenants parlant finalement plus d'eux que du cinéaste.



Une collection particulière, montage Oberhausen (1973, 13 min 44)
Boro ouvre ici sa collection de jouets et d'oeuvres érotiques qu'il racontait avoir chinés aux Puces de Paris. Photos coquines de la Belle Epoque, gravures et peintures du XIXème siècle, jouets mécaniques ou optiques, images animées des premiers temps du cinéma ou encore visions cochonnes qui ne se dévoilent qu'avec certains jeux de lumières... le choix est large. Un commentaire est lu par André Pieyre de Mandiargues, un écrivain que Boro adapta par deux fois (La Marée dans Les Contes Immoraux et La Marge). Daniel Bird relève dans Le Dico de Boro que nombre des objets ici exposés semblent porter la patte du cinéaste et ressemblent beaucoup à ses créations de sculptures en bois. Le doute est donc permis quant à l'authenticité de cette déclaration... La censure britannique interdisant toute représentation de zoophilie, le film est entrecoupé de coupures au noir survenant lors de la projection d'un film datant des origines du cinématographe dont on devine le sujet au seul premier plan visible. D'autres coupes interviennent ensuite sur des dessins animés, mais sans que ne soit compréhensible leur raison d'être, les images semblant bien innocentes. Boro s'amuse de ces coupes en les affichant clairement et en en rajoutant des inutiles, manière pour lui de se moquer des censeurs. D'ailleurs cette visite se fait sous l'oeil d'un policier des moeurs que Boro retourne souvent contre le mur mais qui revient constamment surveiller ce qui se passe. Jusqu'à ce que son pantalon ne finisse par libérer son sexe turgescent... Le film est également proposé dans une version courte de 11 min 40 où la séquence des coupures n'est pas montée.

Bande-annonce

bonus la bête

Introduction de Peter Bradshaw (1 min 40)
Le critique britannique ne tarit pas d'éloges sur Borowczyk qu'il considère comme l'équivalent de Cocteau ou Bunuel. Au-delà des superlatifs sur l'oeuvre et l'homme, il n'y a pas grand-chose à glaner dans ce bonus si ce n'est l'enthousiasme non feint de Bradshaw.

Le Tournage de La Bête (55 min 30)
Des images du tournage en 16mm, sans son, montées dans l'ordre du film sont commentées par le caméraman Noël Véry. On voit Boro s'affairer dans les décors, plaçant précisément chaque objet, réglant chaque détail, guidant les faits et gestes de comédiens qui semblent parfois décontenancés, comme Dalio qui ne comprenait rien de ce tournage. C'était aussi le cas des nouveaux collaborateurs techniques et artistiques découvrant la méthode du cinéaste mais Véry, qui "parlait couramment le Boro", se chargeait de les rassurer en les voyant si perdus au début du tournage. Boro ne peut s'empêcher de mettre la main à la pâte, c'est un véritable artisan dans sa conception de la réalisation. Il suit de près le maquillage, les costumes, les coiffures et même s'il fait confiance à ses collaborateurs, il ne peut s'empêcher de toujours venir mettre une touche finale à chaque élément du film. Ce making of témoigne de l'énergie qu'il déployait sur un plateau, de son intense concentration, de son goût du détail mais aussi de la bonne humeur qui régnait sur le tournage.

Folie de l'extase : l'évolution de la Bête (4 min 09)
On découvre ici une lettre et des croquis de Boro adressés au producteur Anatole Dauman dans le but d'expliquer la manière dont il prévoit la conception de la bête; On apprend dans la conclusion de ce bonus que Boro avait tenté au début des années 90 de donner une suite au film dans laquelle le fils d'une Duchesse se transformait en phoque à l'âge de 4 ans et demi...


Escargot de Vénus (1975, 4 min 28)
Ce court métrage est constitué de dessins fixes de Bona Tibertelli de Pisis (l'épouse de Pieyre de Mandiargues) capturés au banc-titre. La caméra se promène dans ces esquisses coquines au son de flûtes roumaines virevoltante et joyeuses. Un texte mi-scientifique mi-érotique vient expliquer la physiologie sexuelle de l'escargot, cet animal hermaphrodite qui inspire le sujet des dessins où des couples aux identités sexuelles floues se mélangent.

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bonus histoire d'un péché

Introduction d'Andrzej Klimowski (7 min 59)
Le camarade de Craigie Horsfield (cf. l'introduction de Blanche) raconte à son tour sa découverte du cinéma de Boro. Lui se souvient des courts métrages du cinéaste qu'ils diffusaient avant les films qu'ils présentaient au ciné-club de la Saint Martin's School of Art. Les techniques de découpage et de photomontage utilisés par Boro dans ses courts d'animation faisaient même l'objet d'exercices avec leurs professeurs. Klimowski se concentre sur le travail graphique de Boro (mais aussi sur celui de son partenaire Jan Lenica) ou encore sur le milieu artistique polonais, et il n'est question d'Histoire d'un péché que dans la dernière minute de cette introduction qui aurait eu plus sa place sur le DVD des courts métrages, en lieu et place de celle très dispensable de Terry Gilliam.

Le Premier pécheur (22 min 33)
Entretien avec l'actrice du film, Grazyna Dlugolecka. Elle évoque ses partenaires de jeu et la direction d'acteurs de Boro. Elle aussi convient qu'il ne s'intéressait que de loin aux acteurs, qu'il les dirigeait d'abord en tenant compte de la scénographie de la scène, en fonction des objets et des lieux, comme s'il manipulait des marionnettes d'un théâtre imaginaire. Pas de discussion sur les personnages, pas d'analyse. Pour Boro, l'acteur doit simplement trouver sa place juste dans le cadre, dans le décor, et se contenter de lire son texte. Son soutien, elle le trouve chez le chef opérateur Zygmunt Samosiuk. C'est lui qui la guide et la conseille. Ils tournent même la scène de l'accouchement et de l'infanticide sans Boro, interdit de plateau car sa nervosité aurait gâché ces séquences. La mise en scène diffère d'ailleurs beaucoup, avec une caméra virevoltante, instable, des mouvements brusques qui tranchent avec le côté plutôt posé de la mise en scène du reste du film. Le seul bonus de ce disque véritablement relié au film.

La Boîte à musique (18 min 14)
Le réalisateur David Thompson s'intéresse à l'utilisation de la musique dans le cinéma de Boro. Musique médiévale, baroque, classique, concrète... Au travers d'une série d'exemples parfaitement choisis, Thompson propose une analyse érudite (mais toujours très claire et compréhensible par tous) de la façon dont le cinéaste sélectionne ses musiques pour faire sens. Non pas pour illustrer mais pour conférer une atmosphère d'ensemble, jouant souvent du contrepoint, comme une nouvelle couleur qu'il ajouterait à sa palette pour peindre ses films. On sent que Thompson maîtrise parfaitement son sujet et qu'il s'est intéressé de près à cette facette de la mise en scène de Boro que le spectateur risquerait fort de ne pas déceler sans la vision de ce précieux éclairage.

Histoires d'un péché (11 min 20)
Sous-titré Guide de l'utilisateur de Walerian Borowczyk, ce bonus inventorie les quatre clés du cinéma de Boro : les objets, le cadre, le mouvement, les moeurs. Des inscriptions à l'écran commentent chacune d'elles et de nombreux extraits viennent étayer l'exposé. Un résumé extrêmement bien fait, pertinent, qui mériterait d'être vu en premier dans l'exploration des bonus tant il pose les bases de tout ce qui est développé dans ce très riche coffret.

bonus dr jekyll et les femmes

Retour à Méliès : Borowczyk et les pionniers du cinéma d'animation (6 min 31)
Ce module revient sur la conception de l'animation selon Boro. Il intervient à l'écran (toujours à sa table de montage de Scherzo Inferno) pour expliquer qu'il n'y a pas pour lui de différence entre les films dits d'animation et les films en prises de vues réelles : dans les deux cas il s'agit de la succession d'images fixes qui recréent l'illusion de mouvement. Le bonus revient ensuite sur sa passion pour les objets du pré-cinéma et pour les premiers réalisateurs, Méliès, Reynaud, Cohl... On apprend d'ailleurs que lorsqu'on lui demandait quels étaient ses cinéastes préférés, Boro citait Chaplin, Keaton, Eisenstein mais un seul réalisateur de l'ère du parlant : Vittorio De Sica.

Jouet joyeux (1979, 2 min 17)
Il s'agit d'un court métrage très rare de Borowczyk (évoqué dans le bonus précédent.) pour lequel le cinéaste s'inspire de célèbres séquences réalisées par Emile Reynaud pour son Praxinoscope. Des saynètes bien connues s'enchaînent tranquillement au son d'un orgue de barbarie. Puis un scratch vient bloquer la belle mécanique et les films se mettent à s'emballer : les personnages se dédoublent, les scènes se mélangent, le mouvement est pris de soubresauts... L'ambiance enfantine manque même de tourner au grivois avant qu'un coup de sifflet ne stoppe la projection. Noir, on recharge les films, et tout rentre dans l'ordre. Un hommage simple et amusant à ce pré-cinéma que Boro affectionnait tant.


Hello Dr Jekyll (11 min 16)
Udo Kier raconte qu'il a été approché pour la première fois par Boro pour tourner dans un film à sketches, le cinéaste pensant à lui pour incarner Gilles de Rais. Ce segment ne devait pas se concentrer sur les tueries du tristement célèbre compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, mais sur son procès durant lequel il fit un long monologue d'une dizaine d'heures. Le projet ne se fait pas mais Boro propose à Kier d'interpréter un autre célèbre tueur dans son film Lulu (1980), et non des moindres puisqu'il s'agit de Jack L'Eventreur. Ils se retrouvent pour ce Dr Jekyll et les femmes dans lequel Kier doit au départ interpréter et le Dr Jekyll et son double maléfique avant qu'il ne soit décidé de les faire jouer par deux acteurs différents. Lui aussi revient sur la méticulosité de Boro pour tout ce qui touche aux décors et aux accessoires et sur le fait qu'une fois choisis, il ne s'occupait plus beaucoup de ses acteurs sur le plateau.

Phantasmagorie de l'intérieur (14 min 01)
Ce bonus s'ouvre sur le tableau que l'on découvre dans le film : La Femme en bleu lisant une lettre de Vermeer. On y apprend que la femme de Vermeer était torturée par son frère psychotique qui la battait avec sa canne alors qu'elle était enceinte. Outre cette anecdote qui fait puissamment écho au film, un autre parallèle est proposé avec la façon dont les cadres de Boro et sa façon de placer ses acteurs dans les décors s'inspirent des compositions du peintre flamand. Le supplément poursuit en déclinant quelques spécificités de la mise en scène de Dr Jekyll : la cartographie impossible de la demeure, la réduction progressive des espaces, la manière différente dont Boro filme les femmes (cadres serrés et à-plats) et les hommes (avec beaucoup de profondeur de champ)... Ces différentes pistes sont proposées lors de cartons suivis de nombreux extraits. Extraits un peu trop présents par ailleurs car s'ils illustrent bien le propos, ils laissent au final assez peu de place à une analyse que l'on aurait aimé voir plus poussée.


Les Yeux qui écoutent (10 min)
Quelques cartons nous expliquent qui est le musicien Bernard Parmengiani et son rôle au sein du GRM de Pierre Schaeffer. Un court extrait d'une entretien donné par le musicien en 2008 donne quelques explications sur sa manière de travailler avec Boro. Puis l'on découvre quelques exemples de ses travaux d'accompagnement d'oeuvres audiovisuelles avec Jan Lenica, Peter Folder, Piotr Kamler - qui intervient en personne pour témoigner de la façon dont Parmengiani créait ses compositions. Le composition Wlodzimierk Koronski revient quant à lui sur le fait que Boro a été l'un des premiers à s'intéresser à la musique expérimentale dans le cadre d'une utilisation cinématographique.

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En savoir plus

Disc Title: LA BETE
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Disc Title: CONTES IMMORAUX
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Disc Title: DR JEKYLL ET LES FEMMES
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Audio: French / LPCM Audio / 1.0 / 48 kHz / 1152 kbps / 24-bit

Par Jean-Marc Oudry (tests BR) et Olivier Bitoun (tests DVD et bonus) - le 24 février 2017

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