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Test blu-ray

The Lodger

BLU-RAY - Région A, B, C
Elephant Films
Parution : 21 / 10 / 2014

Image

L'éditeur Elephant Films continue d'enrichir sa désormais conséquente collection autour du cinéma anglais et du catalogue Granada/ITV. Il reprend la restauration initiée par le British Film Institute, en partie financée par la Film Foundation et Park Circus, qui était sortie en blu-ray en 2012 chez Network, en Angleterre. Malheureusement, et c'est le seul défaut notable de cette édition, le master 1080p de Network se retrouve en 1080i après avoir traversé la Manche. Le film est désormais diffusé à la vitesse de 25 images/seconde (avec une durée de 87 min sur l'édition française) au lieu de 24 images/seconde (et une durée qui passe à 91 min sur le blu-ray anglais). Nous perdons ainsi la bonne vitesse de défilement des images - si tant est que celle de la restauration du BFI fut la bonne (car à l'époque du muet, il n'existait pas de véritable vitesse standard : les moteurs des caméra ayant surtout été utilisés à l'arrivée du parlant).

Concernant la restauration, le résultat est tout simplement magnifique. L'image de The Lodger a été stabilisée et massivement nettoyée, il ne subsiste que d'infimes rayures, montrant l'avancée remarquable des restauration numériques pratiquées aujourd'hui. Pour un film de cet âge, le niveau de définition est assez étonnant : le trait est fin, avec du détail et un léger grain. C'est un très beau scan HD qui pêche malheureusement par une gestion des contrastes un peu légère : s'il reste un effet de pompage récurrent dû à l'usure du temps, le manque de densité dans les noirs fait ressortir les défauts de pellicule, notamment les instabilités chimiques. Mais le film est présenté en version teintée et cette colorisation compense finalement assez bien ces désagréments. Cependant, le défaut reste bien visible pendant les quelques séquences non teintées (dont une à partir de la 32e minute, par exemple) dont la palette des noirs tendrait plutôt vers les gris.

Son

Le film est accompagné par une nouvelle bande originale, écrite par Nitin Sawhney et enregistrée avec le London Symphony Orchestra. Le compositeur, dont l'une des caractéristiques est de mélanger les genres musicaux dans ses oeuvres, propose ici un score relativement efficace mais qui, bien qu'orchestré, aurait pu s'éloigner encore davantage des accompagnements habituels des films muets. On relèvera un thème récurrent assez intéressant et, surtout, l'utilisation d'une chanson - chose plutôt rare, semble-t-il. Jean-Pierre Dionnet, dans les suppléments, rapproche cette musique du travail de Kurt Weill, donnant selon lui à l'ensemble, une tonalité presque allemande. Techniquement, nous perdons la piste LPCM plein débit du disque anglais mais le rendu de l'édition française reste plus que convenable avec un rendu cristallin, une bonne dynamique et beaucoup de subtilités. 

Suppléments

Le film est proposé à la fois en blu-ray et en dvd, leur contenu est identique.

Si le blu-ray anglais proposait un module sur la nouvelle orchestration dirigée par Nitin Sawhney, non repris sur l'édition française, celle-ci contient heureusement son lot de suppléments. Comme c'est désormais la tradition pour cette collection anglaise éditée par Elephant Films, The Lodger est accompagné par les interventions de Jean-Pierre Dionnet. Pendant sa présentation du film (16 min - 1080i), il revient sur la manière de travailler d'Hitchcock, un créateur compliqué avec ses collaborateurs, avec un côté autoritaire, pointilleux et très organisé. Dionnet partage quelques réflexions sur le film ("le premier dont Hitchcock est à peu près content, sauf de la fin") qui est une paraphrase du mythe de Jack l'éventreur. Il revient également sur la carrière d'Hitchcock dont on retrouve ici certains des éléments qui deviendront sa signature (le voyeurisme, le MacGuffin, les caméos). On sent Dionnet relativement inspiré et ce module est finalement assez agréable à suivre.

Jean-Pierre Dionnet rempile avec Hitchcock 9 (9 min - 1080i), une sorte de portrait d'Hitchcock et de son style émergeant à travers "neuf bonnes raisons" de voir les neuf films de sa période muette qui ont survécu. C'est une sorte de présentation d'une collection dans la collection qui sera sans doute peu à peu disponible chez l'éditeur, au fur et à mesure de l'avancement des restaurations supervisées par le British Film Institute.


Hitchcock : aux origines du suspense (24 min - SD - VOST) est un documentaire britannique produit en 2000, consacré à la période anglaise du réalisateur. Racontée par des historiens, biographes ou collaborateurs (dont le futur réalisateur Roy Ward Baker), l'ensemble est très classique mais néanmoins fourni. Si l'on parle encore et toujours de certaines scènes désormais célèbres (le plafond transparent de The Lodger par exemple), des apparitions du réalisateur (même Jean-Pierre Dionnet y a fait allusion) ou de sa relation avec Alma Reville, le documentaire retrace le parcours passionnant d'une figure légendaire du cinéma avec quelques titres-phares comme Les 39 marches ou Une femme disparaît. Des anecdotes plus personnelles permettent également de connaître un peu plus l'homme, entre professionnalisme et excentricités.

On retrouve enfin une galerie de photos, mais elles sont en petit format, et un certain nombre de Bandes-annonces des collections initiées par l'éditeur autour du cinéma anglais, présentées par l'inépuisable Jean-Pierre Dionnet : Hitchcock, Powell-Pressburger, Carol Reed, Alexander Korda, films fantastiques, drames et mélodrames historiques, policiers...

En savoir plus

Taille du Disque : 23 797 751 536 bytes
Taille du Film : 17 626 296 768 bytes
Durée : 1:26:29.600
Bitrate Vidéo Moyen : 23,9 Mbps
Total Bitrate: 27,17 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 23971 kbps / 1080i / 25 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1761 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)

Par Stéphane Beauchet - le 16 octobre 2014