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Test blu-ray

Sueurs froides

BLU-RAY - Région A, B, C
Universal Pictures Video
Parution : 30 / 10 / 2012

Image

C'est un très beau master qui offre une image de qualité - que ce soient les contrastes parfaitement réglés, la copie presque immaculée ou le grain cinéma respecté. Les plus observateurs pourront parfois déceler d'infimes défauts de colorimétrie (décoloration de certaines parties de l'image) dus à une pellicule altérée. Mais rien qui n'enlève la très forte impression de rendu des couleurs, magistrale. La définition est quant à elle très correcte, souvent bonne, mais ne dépasse jamais un certain niveau que l'on aurait souhaité encore plus poussé : le tranchant de l'image, les textures nous apparaissent parfois limités. Si l'on peut s'étonner d'une telle réaction, en regard de la qualité de ce Blu-ray, c'est qu'en le comparant avec La Main au collet, un autre film de Hitchcock filmé en Vistavision et sorti cette année en HD, Vertigo est sans doute un petit peu moins impressionnant et laisse l'impression que cela peut être encore amélioré. Les techniques utilisées à la prise de vue (images filtrées, plus diffuses) ne sont pas à mettre en cause. L'investissement nécessaire à la restauration d'un tel titre (l'un des plus prestigieux du catalogue Universal) n'a simplement pas été suffisant. Pas de nouveau scan HD, et encore moins de restauration 4K : Universal est certainement reparti d'un master HD utilisé pour son édition DVD de 2008. Même si le résultat est très bon et surpasse ce qu'on avait connu jusqu'alors, il est certain que l'éditeur proposera dans quelques années une copie encore meilleure, peut-être parfaite. On aurait seulement aimé que ce soit celle-ci...

Son

Basée sur la restauration effectuée en 1996 à partir des éléments originaux, la version originale est sans surprise d'un excellent niveau, restituant musique et ambiances avec une grande fidélité, sans les dénaturer (malgré un remix en 5.1 et l'utilisation enveloppante des voix arrières). La version française fait bien pâle figure à côté : un simple mono d'origine avec peu de subtilité, de la saturation et un souffle assez présent.

Suppléments

L’obsession autour de Vertigo (30 min - SD - 4/3)
Produit en 1997 à l’occasion de la sortie du film nouvellement restauré, ce documentaire alterne brèves explications sur la restauration par les deux responsables du projet (James C. Katz et Robert A. Harris) et coulisses de la production du film. Le résultat est extrêmement frustrant car il y avait matière à un making of très complet vu la qualité des participants, des collaborateurs du film (acteurs, scénariste, directeur artistique, producteur), et les nombreux thèmes abordés. Mais malgré les moyens investis, chaque étape n’est que survolée - surtout Bernard Hermann à qui l’on ne consacre qu’à peine 1 minute, beaucoup moins que les costumes ! Ce documentaire dure une demi-heure alors qu’il aurait dû faire au moins deux heures.

Partenaires de crime : les collaborateurs d’Hitchcock (55 min - SD)
Ces modules consacrés à Saul Bass (11 min), Edith Head (17 min), Bernard Herrmann (15 min) et Alma Réville (13 min) forment, malgré une durée limitée, des portraits bien documentés et plutôt complets, riches en informations et anecdotes. On préfèrera les analyses, parfois pertinentes, sur les collaborations de Saul Bass ou Bernard Herrmann avec le maître du suspense. Le module sur Alma Reville (Mme Hitchcock) ne nous apprend malheureusement pas grand-chose de neuf, le personnage gardant encore tout son mystère.


Hitchcock/Truffaut (15 min)
Document audio (mis en image avec des extraits du film) du célèbre entretien que Truffaut conduit au début des années 60. Hitchcock aborde notamment certaines faiblesses du livre de Boileau et Narcejac, dont est adapté Vertigo, en faisant comprendre comment il les a surmontées. En dévoilant l’explication policière une demi-heure avant la fin du film, il réussit à prolonger la curiosité du spectateur. Ecouter Hitchcock parler du vrai sens (sexuel) de certaines scènes est un moment passionnant, non seulement pour l’explication en elle-même mais aussi pour la façon avec laquelle il transmet son idée (l’histoire du petit garçon sur les genoux de sa mère).

Fin censurée à l’étranger (2 min - SD - 4/3)
Epilogue tourné pour satisfaire les comités de censure étrangers. A prendre comme un document plus qu’une scène coupée, car elle n’apporte rien au film et à l’intrigue.

Les archives de Vertigo
Plus de 400 photos, affiches ou croquis présentés dans un format « timbre poste » : ils apparaissent minuscules sur un écran 16/9.

Commentaire audio de William Friedkin
Le réalisateur de French Connection ou de L'Exorciste s'attelle à l'exercice du commentaire avec plus ou moins de bonheur. Même s'il donne quelques anecdotes ou analyses pertinentes (le parallèle entre Scottie et Hitchcock quand ils imposent aux femmes des tenues et des coiffures spécifiques, etc.), il ne s'éloigne jamais assez de la paraphrase, résumant essentiellement ce que l'on est en train de voir à l'image. Il insiste beaucoup sur les thèmes de l'obsession et de la culpabilité sans que la démonstration soit réellement efficace, approfondie sur la longueur. On regrettera d'autant plus que les précédentes éditions vidéo du film contenaient un commentaire collégial du producteur Herb Coleman, d'un biographe de Bernard Hermann et des restaurateurs James Katz et Robert Harris, certainement rempli d'informations passionnantes.

Bande-annonce originale (2 min 29 - SD - 4/3) et de la version restaurée (1 min 23 - SD - 4/3)
Dommage que ces bandes-annonce ne soient pas présentées en HD.

L’ère de Lew Wasserman (9 min - HD)
Pour fêter les 100 ans du studio, un module rendant hommage à un ancien agent de stars devenu l’un des plus talentueux dirigeants d’Hollywood.

Par Stéphane Beauchet - le 2 janvier 2013