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Test blu-ray

Mille milliards de dollars

BLU-RAY - Région B
Gaumont Vidéo
Parution : 29 / 6 / 2022

Image

Après être passé dans les mains de multiples éditeurs, Mille milliards de dollars arrive chez Gaumont Vidéo et pour la première fois en Blu-ray. Si le master est le plus récent en date, le film n'a pas pour autant été restauré pour l'occasion, il s'agit d'un possible scan 2K qui a sans doute servi au DVD sorti par Pathé en 2016, sur lequel ont été appliqués quelques ajustements supplémentaires par le laboratoire VDM. La copie est totalement nettoyée et assez stable, les images sont de bonne facture, suffisamment précises et avec un niveau de détail correct qui permet de jolis gros plans. Côté étalonnage, les contrastes sont bien ajustés malgré un rendu plutôt clair, et une colorimétrie toujours nuancée qui évite une modernisation trop appuyée, avec un certain respect apparent des teintes d'origine. La patine argentique est discrète mais palpable. La scène du tribunal en noir & blanc reste un cran en deçà, niveau précision, avec une petit montée de grain, soit à cause du traitement photochimique qui a été nécessaire pour supprimer la couleur, soit parce qu'elles ont été tournées directement en noir & blanc, avec une pellicule aux caractéristiques différentes. Des conditions de visionnage très recommandables.

DVD Lancaster/Aventi (2008) vs. Blu-ray Gaumont (2022) : 1 2 3 4 5 6 7 8

Son

Un bon rendu général côté sonore, avec un spectre qui englobe aigus, graves et mediums sans en laisser de côté. La piste est bien nettoyée, il ne subsiste aucun souffle, pas de traces d'usure. On peut presque sentir un léger grésillement sur les voix, sans impact sérieux, qui sont au demeurant très claires, bien mises en avant et correctement équilibrées avec les ambiances et les arrière-plans (ténus mais présents).

Suppléments

Gaumont accompagne Mille milliards de dollars de trois suppléments très intéressants qui abordent chacun un aspect du film :

David contre Goliath (33 min - HD)
Le réalisateur Patrick Malakian, fils d'Henri Verneuil et stagiaire sur Mille milliards de dollars, raconte quelques souvenirs de tournage, notamment un savoureux retard de Patrick Dewaere, et fait une bonne analyse du film qu'il resitue dans la filmographie du cinéaste. Mille milliards de dollars rejoint les histoires d'individus qui s'opposent à des institutions ou des hiérarchies, montrant de nouveau que Verneuil était non seulement très moderne sur la forme mais aussi visionnaire sur les faits de société, lorsqu'il anticipe de plusieurs décennies les GAFA qui exploitent les failles fiscales. Patrick Malakian raconte la cinéphilie de son père, très imprégné du cinéma américain dont il recherchait avant tout à reproduire l'"efficacité". Au gré de petits détails, le fils dresse finalement un portrait du cinéaste qu'était son père, dévoilant quelques méthodes de travail, les recherches en amont pour connaître le sujet à fond ou l'importance de l'impact visuel, ici via le décor de la salle GTI ("un personnage capital"). Il revient sur la découverte du livre - et surtout du titre ("qui lui donne envie"), et sur sa collaboration avec Patrick Dewaere, "le bon choix" inattendu, sentant que l'acteur s'est sans doute "auto-encadré" pour mieux rentrer dans le style Verneuil. Malakian, en bon professionnel, livre également quelques critiques intéressantes sur la construction du scénario, regrettant des éléments qui arrivent trop tard et affaiblissent l'empathie et l'intérêt pour le héros. Un module passionnant.

L'homme de verre (26 min - HD)
Le metteur en scène et écrivain Engerrand Guépy évoque Patrick Deweare, comédien "intégral" qui n'a toujours pas été remplacé, auquel il a consacré un roman en 2016. Il est celui qui a le mieux incarné en France l'évolution du jeu d'acteur, mélange d'une formation à l'ancienne "façon Gérard Philipe" avec l'école américaine des années 70 de l'Actor's Studio, "comme si on avait Brando en même temps". Un acteur toujours bon, quel que soit le type de rôle, "un parfait Tom Hanks à la française" dont le jeu naturel et serein de Mille milliards de dollars a pu parfois contrebalancer certaines lourdeurs de mise en scène. C'est son premier grand rôle totalement positif, Dewaere incarnant un journaliste intègre et sans nuances négatives alors que l'acteur a toute la presse à dos suite à un dérapage. Pour Engerrand Guépy, le film est une nouvelle occasion de se réconcilier avec le grand public, un choix "parfait" pour incarner "un chevalier contre le système", en même temps qu'il est "une respiration" pour l'acteur après plusieurs rôles très sombres. Il trouve Dewaere apaisé et sent "une forme d'équilibre" dans ses rapports avec Henri Verneuil, mais évoque cependant la fragilité chronique du comédien et le suicide d'un homme "cerné"...

Les règles du jeu (17 min - HD)
Le journaliste et Docteur en économie Christian Chavagneux résume en quelques minutes la thématique du film, le rôle croissant des multinationales dans l'économie mondiale et surtout leur pouvoir de plus en plus grand sur les états. Il raconte comment Henri Verneuil s'inspire d'un livre sorti en 1969, dont l'hypothèse était déjà devenue réalité, pour "sortir le débat de la technicité des économistes" et en faire un sujet grand public. Malgré sa dénonciation très timide du capitalisme financier, Mille milliards de dollars est, pour Christian Chavagneux, le seul film qui décrive aussi bien la stratégie d'évitement fiscal des multinationales, notamment par les transferts artificiels de profits. Il remarque que le livre et le film n'ont pas anticipé la mondialisation économique qui explosera au milieu des années 90, et la part de la France qui a parfaitement joué le jeu, battant notamment les USA en nombre de salariés de grandes entreprises à l'étranger...

Bande-annonce (2 min 34 s - HD)


En savoir plus

Taille du Disque : 45 985 219 197 bytes
Taille du Film : 36 343 375 872 bytes
Durée : 2:11:05.000
Total Bitrate: 36,97 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 33,48 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 33487 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1564 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 37,561 kbps
Subtitle: English / 31,434 kbps
Subtitle: French / 2,228 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 18 juillet 2022