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Test blu-ray

Le Renne blanc

BLU-RAY - Région B
Tamasa
Parution : 10 / 11 / 2020

Image

Classique du cinéma finlandais, Le Renne blanc a été restauré en 4K en 2016 par la Cinémathèque de Finlande à partir du négatif original. Cette restauration est d'un très bon niveau, même si on peut parfois constater quelques petits défauts mineurs. Les contrastes sont très soutenus, sans pulsations, et les images bénéficient d'une magnifique gamme de gris, avec de superbes plans de nature. L'ensemble présente une bonne définition, avec un niveau de détail palpable et relativement efficace, soutenu par un grain fin et discret. La copie est plutôt stable et a été globalement bien nettoyée, mais il persiste fréquemment de petits points blancs, quelques rares poils en bord de cadre ou d'infimes petites rayures de pellicule. On notera que les plans truqués (fondus) ont été visiblement compliqués à fabriquer à l'époque, leur rendu est nettement en deçà : manque de finesse et de contraste, blancs limités. On signalera enfin un encodage légèrement perfectible, qui laisse parfois passer quelques effets de posterisation (banding). Cette nouvelle restauration enterre en tout cas très largement la précédente, qui était sortie en DVD en France chez Artus, en 2011. On notera un réajustement bienvenu de l'étalonnage, notamment pour les plans nocturnes qui ressemblaient à du plein jour...

comparatif DVD Artus (2011) vs. Blu-ray Tamasa (2020) : 1 2 3 4 5 6 7 8

Son

Jamais doublé en Français, Le Renne blanc est uniquement proposé en version originale. Malgré une probable restauration, le rendu reste limité en raison de l'état des éléments originaux. On sent une dynamique très réduite et un spectre qui atteint très rapidement la saturation. La musique (omniprésente) en souffre forcément un peu mais conserve heureusement son impact. Les voix sont, elles, sujettes à quelques sifflantes. L'ensemble est bien équilibré avec les ambiances, pour une restitution sans doute assez fidèle du mixage d'origine. La piste a été complètement nettoyée, aucun souffle intempestif en arrière-plan n'est à déplorer. On signalera que le film est proposé en "simple" Dolby Digital, format à faible débit généralement réservé au DVD...

Suppléments

Un film singulier et précurseur (13 min - 1080i)
Journaliste, écrivain, directeur de L'Intégrale Midi-Minuit Fantastique depuis 2011 et spécialiste de la Hammer, Nicolas Stanzick livre une excellente et très complète analyse du Renne blanc, "film OVNI" dans le cinéma finlandais qui reprend l'univers poétique et ancestral des Universal Monsters. Stanzick remarque le monde habité par l'indicible, la "dualité irrésolue" de La Féline, entre pureté et bestialité, ou la frustration comme "mobile de la monstruosité déchaînée". Le Renne blanc s'inspire donc des classiques du genre mais anticipe en même temps le cinéma fantastique des années 60, notamment celui de la Hammer, et se permet peut-être de montrer pour la première fois les crocs du vampire. Stanzick évoque la puissance hypnotique du film, son abstraction visuelle et le "dépaysement sous le soleil de minuit". Il revient sur la puissance narrative du conte et son rapport au réel, avec le témoignage d'une société en crise personnifiée par une "rebelle à l'ordre établi".

Autour du peuple Sami (28 min - 1080i)
Le réalisateur Corto Fajal a partagé la vie des Sámis pendant six ans pour son documentaire Jon, face aux vents. Il évoque ce peuple d'éleveurs nomades, anciens Lapons qui durent se sédentariser, héros du Renne blanc et objet de fantasmes pour les Scandinaves. Il explique leur rapport à la nature, la cohabitation avec le monde moderne, leur perception de la vie si différente de la nôtre, notamment par la place de la femme, gardienne des éléments de vie. Corto Fajal revient sur la représentation des Sámis dans Le Renne blanc qui, malgré une démarche cinématographique sincère, conserve une imagerie folklorique et rappelle le traitement des Indiens dans les westerns : costumes traditionnels pour mieux les crédibiliser, dénigrements (ils sont forcément alcooliques). Le réalisateur revient sur la culture chamanique, sujet tabou et très secret pour les Sámis , et son incompatibilité avec le culte d'un dieu, comme on peut le voir dans le film, par cette sorte de totem qui pourrait être un héritage des Vikings. Un excellent entretien qui apporte un point de vue original et inédit sur une culture ancestrale, et une intéressante mise en perspective du film de 1952.

Bande-annonce 2019 (1 min 40 - 1080i)

Le film est également accompagné d'un livret de 14 pages comprenant une analyse d'Olivier Rossignot parue sur le site Culturopoing, qui évoque la mécanique classique du conte ("qui en dit toujours bien plus que le conte") et son héroïne damnée qui rappelle celle de La Féline. Le Renne blanc est l'histoire d'un tiraillement entre deux spiritualités autant que le "plaisir du voyage vers l'inconnu d'une contrée", entre documentaire et fantastique. Le livret revient également sur le parcours du réalisateur Erik Blomberg, et donne quelques explications sur le peuple Sámis et la culture chamane, illustrée dans le film par le tambour magique et le Seidi, lieu sacré et passerelle vers le monde des esprits.

En savoir plus

Taille du Disque : 22 258 257 672 bytes
Taille du Film : 13 429 413 888 bytes
Durée : 1:08:09.291
Total Bitrate: 26,27 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 24,87 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 24874 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / Dolby Digital Audio / 2.0 / 48 kHz / 192 kbps / DN -4dB
Subtitle: French / 3,817 kbps
Subtitle: French / 0,004 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 18 février 2021

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