Menu
Test blu-ray

Le Pays de la violence

BLU-RAY - Région B
Sidonis / Calysta
Parution : 5 / 12 / 2020

Image

Il existe assez peu de points de comparaison (le film a été très peu édité, aussi bien en SD qu'en HD à l'international), mais pour peu qu'on puisse en juger, il s'agit probablement d'un master assez ancien : dans le traitement du grain (assez dense) comme dans le rendu chromatique, on peut estimer que l'ensemble manque un peu de finesse. On peut aussi s'interroger sur la nature (et la diversité éventuelle) des sources, dans la mesure où pas mal de plans de qualité assez médiocre subsistent, et où, au sein d'une même séquence, des plans de qualités très hétérogènes peuvent se succéder (par exemple la confrontation entre Charles Durning et Tuesday Weld, autour de 1h18'50''). Il faut aussi relever que certaines expérimentations techniques de John Frankenheimer, par exemple ces plans avec une amorce en premier plan nette, un arrière-plan net, et un entre-deux flou, donnent des effets plus ou moins heureux en haute-définition.

Ceci étant posé, on peut néanmoins apprécier la qualité générale de définition, particulièrement appréciable dans les séquences lumineuses en extérieur (dans les séquences plus sombres, le fourmillement du grain peut manquer de naturel), ainsi qu'une propreté sans défaut.

Son

Les deux versions proposées (version originale et version française) sont extrêmement similaires, et pour les séquences sans dialogues, on n'observe pas de différence particulière dans le traitement assez dynamique des ambiances ou de la musique. La différence s'opère principalement sur les séquences dialoguées, donc, et le mixage de la version française (par nature postsynchronisée) dégage plus nettement les dialogues, qui se fondent parfois dans l'atmosphère générale en VO. Autrement dit, la VF est plus claire mais (indépendamment de la perte des accents et des nuances dans le jeu des comédiens) moins naturelle.

Suppléments

Cette édition offre plusieurs suppléments intéressants, assez complémentaires, qui méritent d'être salués.

Dans le coffret, un livret d'une centaine de pages contient un texte assez complet d'Olivier Père (qui évoque le tournage du film, l'apport de Johnny Cash, ou la carrière des principaux acteurs) puis la retranscription complète de l'entretien-fleuve accordé par John Frankenheimer à Michel Ciment et Bertrand Tavernier (initialement publié dans Positif n°122).

Sur le disque, un premier supplément, assez long, donne à Thierry Frémaux (31 min 48 - HD) l'occasion de s'exprimer sur le film : on le sait, le délégué général du Festival de Cannes et directeur de l'Institut Lumière n'est ni un analyste ni un universitaire, et il faut accepter le côté un peu décousu de son intervention, qui privilégie parfois l'anecdotique (pour Frémaux, s'il faut citer un film connu dans la carrière de Frankenheimer avant Le Pays de la violence, ce serait L'Homme de Kiev car "c'est le film qui passait à la télévision française le soir de la mort de Pompidou") et délivre quelques affirmations contestables (Frankenheimer, cinéaste d'une  "tradition bien établie" dont on "serait bien en peine de définir le style", vraiment ?). Pour autant, Thierry Frémaux est un passeur et un enthousiaste, et il transmet son affection, communicative, pour ce film "indépendant produit par un studio mainstream", à la valeur "anthropologique". Pour finir, on vous laisse découvrir pour quelle raison, selon Thierry Frémaux, c'est indirectement grâce à John Frankenheimer qu'Elephant de Gus Van Sant a remporté la Palme d'Or au Festival de Cannes 2003.

Il n'y aurait que l'intervention de Frémaux, on serait en droit de rester sur sa faim ; mais le module suivant, des scènes commentées par Jean-Baptiste Thoret (17 min 33 - HD), en est le parfait complément. Profondément analytique (jusqu'à l'éventuel excès d'analyse, on connaît les marottes de Thoret), ce supplément témoigne d'une érudition et d'une connaissance sans failles de l'oeuvre de Frankenheimer, ce qui permet des mises en perspective, des rebonds ou des ponts d'une oeuvre à l'autre. Pour autant, très écrit et surtout très lu (précisons que Thoret n'apparaît jamais à l'image), le résultat est un objet glacé, qui manque de la chaleur dont témoignait Frémaux de son côté. Complémentaires, nous disions.

Plusieurs modules sont ensuite spécifiquement consacrés à la figure de Johnny Cash : dans le making-of (11 min 32), on assiste à des sessions d'enregistrement de certaines chansons, sur les images du film et à de brèves images du tournage ; on voit ensuite le "Man in Black" méditer sur l'âge révolu des trains à vapeur, puis chanter City of New Orleans dans un wagon (3 min 54) ; et enfin, deux captations, l'une de I Walk the Line (2 min 08, non sourcée), l'autre de Flesh and Blood (3 min 06, le 15 avril 1970 dans le Johnny Cash Show)

A noter également une bande-annonce d'époque, mais aucunes traces de présentations de Patrick Brion ou de Bertrand Tavernier (comme annoncé sur le site de l'éditeur), ni par ailleurs des célèbres scènes alternatives, figurant dans le premier montage du film, notamment concernant la mort de Hunnicutt ou le plan final.

En savoir plus

Taille du Disque : 40 470 706 176 bytes
Taille du Film : 26 758 539 264 bytes
Durée : 1:36:44
Video: MPEG-4 AVC Video / 30841 kbps / 1080p / 23.976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Anglais / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2093 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit,
Français / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1829 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit / DN -1dB)
Sous-titres: Français amovibles

Par Antoine Royer - le 19 janvier 2021